Pourquoi les écoles du CCG pourraient se tourner vers un modèle hybride

De nos jours, les étudiants exigent une plus grande flexibilité au niveau pédagogique, selon un responsable du secteur de l'éducation, alors que les sondages révèlent que les parents ne privilégient pas le même modèle d'enseignement. (AFP)
De nos jours, les étudiants exigent une plus grande flexibilité au niveau pédagogique, selon un responsable du secteur de l'éducation, alors que les sondages révèlent que les parents ne privilégient pas le même modèle d'enseignement. (AFP)
De nos jours, les étudiants exigent une plus grande flexibilité au niveau pédagogique, selon un responsable du secteur de l'éducation, alors que les sondages révèlent que les parents ne privilégient pas le même modèle d'enseignement. (AFP)
De nos jours, les étudiants exigent une plus grande flexibilité au niveau pédagogique, selon un responsable du secteur de l'éducation, alors que les sondages révèlent que les parents ne privilégient pas le même modèle d'enseignement. (AFP)
De nos jours, les étudiants exigent une plus grande flexibilité au niveau pédagogique, selon un responsable du secteur de l'éducation, alors que les sondages révèlent que les parents ne privilégient pas le même modèle d'enseignement. (AFP)
De nos jours, les étudiants exigent une plus grande flexibilité au niveau pédagogique, selon un responsable du secteur de l'éducation, alors que les sondages révèlent que les parents ne privilégient pas le même modèle d'enseignement. (AFP)
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Publié le Dimanche 26 décembre 2021

Pourquoi les écoles du CCG pourraient se tourner vers un modèle hybride

  • L'enseignement combiné, dit hybride, a gagné en popularité depuis que la pandémie de Covid-19 a éclaté
  • Les parents ne partagent pas les mêmes avis sur les bienfaits des cours à distance;ils estiment que cette méthode risque de priver leurs enfants de certaines compétences pratiques

DUBAÏ : L'enseignement à distance et les salles de classe virtuelles sont devenus la norme dans la plupart des régions du monde en proie à la pandémie de Covid-19 qui sévit depuis 2020.

Les informations sont véhiculées par le biais de forums de discussion, de vidéoconférences et de tests en ligne. Quant aux activités éducatives, elles ont été repensées selon différents formats et méthodes qui font appel, pour la plupart, à la technologie informatique via l'Internet.

Les nouveaux variants inquiétants qui émergent, tels que l'omicron, et la recrudescence des cas dans plusieurs régions du monde laissent présager que l'enseignement à distance est loin d'être une solution temporaire ; il est là pour rester.

En Irak, des élèves portant des masques assistent aux cours le premier jour de la rentrée à Mossoul. (AFP)
En Irak, des élèves portant des masques assistent aux cours le premier jour de la rentrée à Mossoul. (AFP)

La pandémie a certes bouleversé le calendrier scolaire de plus de 1,7 milliard d'étudiants dans le monde. Elle a par ailleurs donné un coup de pouce à la numérisation, en transformant la façon dont les élèves étudient, travaillent et communiquent entre eux.

Ce qui n’était au départ qu’une solution temporaire permettant aux écoles et aux universités de boucler l'année scolaire dans le respect d'une distanciation sociale stricte s'impose aujourd'hui comme un élément incontournable de notre système éducatif.

L'enseignement en ligne est désormais intégré aux méthodes pédagogiques. Il vient détrôner les méthodes traditionnelles d'enseignement en classe. On assiste ainsi à la naissance d'un nouveau modèle hybride alliant enseignement en ligne et enseignement présentiel.

Pour un grand nombre d'enseignants des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), ce modèle constitue une approche plus « pragmatique » et plus « économe » pour l'apprentissage au 21e  siècle. Selon Jeffrey Smith, directeur des partenariats entre écoles chez iCademy Middle East, la tendance à l'avenir repose sur l'apprentissage combiné, dit hybride.

« Les étudiants et les familles s'attendent aujourd’hui à une flexibilité plus poussée que celle offerte par l'enseignement traditionnel », explique Jeffrey Smith à Arab News. Il attribue ce changement en grande partie à l'évolution des exigences qui sous-tendent le monde du travail moderne.

Les EdTech – ou technologies de l'éducation – reflètent elles aussi cette nouvelle tendance. En effet, la demande de solutions d'apprentissage en ligne a explosé pendant la pandémie. Le secteur des EdTech est appelé à atteindre une valeur de 404 milliards de dollars en 2025, contre 227 milliards de dollars en 2020.

Dans les universités du Conseil de coopération du Golfe (CCG), la demande de cours en ligne et hybrides avait déjà augmenté bien avant que la pandémie ne survienne. « Les cours en ligne encouragent les étudiants à persévérer, ce qui augmente leurs chances d'obtenir un diplôme et accroît les revenus des universités », explique M. Smith.

Les enseignants et les conférenciers ont eux aussi été contraints de s'adapter aux réalités imposées par la pandémie de Covid-19. (AFP)
Les enseignants et les conférenciers ont eux aussi été contraints de s'adapter aux réalités imposées par la pandémie de Covid-19. (AFP)

Dans le cas de l'Arabie saoudite qui représente le plus grand marché en matière d'éducation parmi les pays du CCG, près de 77 % des cours ont été dispensés à distance tout au long de la pandémie, comme le révèle une étude publiée en juin par Citrix Systems, société de cloud computing (informatique en nuage, NDRL).

L'étude a été réalisée auprès d'un échantillon de cadres supérieurs, de responsables informatiques, d'enseignants et d'administrateurs dans des universités saoudiennes. La majorité des répondants (81 %) considèrent que les méthodes d'apprentissage hybrides amélioreront l'expérience d'apprentissage au cours de la prochaine année universitaire et la moitié d'entre eux estiment que cette nouvelle méthode améliorera considérablement l'apprentissage.

Aux Émirats arabes unis (EAU), au Qatar, à Oman, à Bahreïn et au Koweït, des établissements universitaires de renom se sont également engagés à numériser leur système éducatif.

Comme on pouvait s'y attendre, le marché des technologies éducatives et des salles de classe virtuelles au Moyen-Orient et en Afrique est appelé à atteindre 7,1 milliards de dollars d'ici à 2027, selon une étude de The Insight Partners.

L'Europe compte actuellement la plus vaste communauté EdTech, et plus de la moitié des 20 premières entreprises d'EdTech de l'Europe sont implantées au Royaume-Uni – ce pays est l'un des plus importants fournisseurs de solutions intelligentes en matière d'éducation dans les pays du Golfe.

Firefly en est un exemple : ce portail consulté par plus d'un million d'élèves, d'enseignants et de parents est disponible dans plus de 600 écoles aux Émirats arabes unis (EAU), au Qatar, à Oman et en Arabie saoudite.

Le marché des EdTech et des salles de classe intelligentes au Moyen-Orient et en Afrique devrait atteindre 7,1 milliards de dollars d'ici à 2027. (Photo d'archive AFP)
Le marché des EdTech et des salles de classe intelligentes au Moyen-Orient et en Afrique devrait atteindre 7,1 milliards de dollars d'ici à 2027. (Photo d'archive AFP)

L'Applied Science University (ASU) au Bahreïn atteste de la montée en puissance de l'apprentissage en ligne : après la levée des restrictions imposées par la Covid-19, les étudiants ont eu le choix de retourner au campus ou de poursuivre leurs études à distance pour l'année universitaire 2021.

« 25 % de nos étudiants ont décidé de se rendre au campus contre 75 % qui ont préféré poursuivre leurs études à distance », confie à Arab News Ghassan Aouad, président de l'ASU.

On attache certes une grande importance aux incidences « psychologiques » défavorables que peut avoir la pandémie sur les étudiants. Toutefois, M. Aouad souligne les avantages considérables que présente l'apprentissage en ligne.

« Nous avons dispensé à nos étudiants des connaissances de très grande qualité ; enregistrer tous les cours a sans doute été avantageux », ajoute-t-il.

« La transition vers l'enseignement en ligne a en outre permis de renforcer les connaissances informatiques, la gestion du temps et l'autonomie des étudiants », a-t-il ajouté.

Le modèle hybride comporte bien entendu des inconvénients, dans la mesure où la moitié de la population mondiale – ou presque –  n'a pas accès à l'internet. Les établissements ne possédant pas une bonne infrastructure numérique sont confrontés à des problèmes de technologie, d'accessibilité et de communication entre enseignants, étudiants et parents.

De nombreuses écoles et universités n'étaient pas disposées à faire face à cette transition lorsque la pandémie a frappé. Elles ont été contraintes de se tourner vers l'enseignement en ligne pour survivre.

En effet, un rapport publié récemment par l'Unicef indique qu'au moins 460 millions d'étudiants dans le monde sont incapables de suivre des cours à distance parce qu'ils ne disposent pas des équipements ou des infrastructures nécessaires.

Pour assurer une meilleure intégration, les écoles et les universités redoublent d'efforts pour ramener les étudiants dans les salles de classe. Les EAU ont récemment adopté des protocoles de sécurité visant à retourner à 100% aux cours en présentiel à compter de janvier 2022.

Dans la même optique, le gouvernement saoudien a consacré plus d'un milliard de SAR à la réhabilitation des établissements conformément aux protocoles de sécurité. Cette démarche vise à garantir un retour sans heurts dans les écoles et les universités pour les étudiants et le personnel.

L'Autorité saoudienne des produits alimentaires et pharmaceutiques a approuvé d'administrer le vaccin Pfizer pour les enfants âgés de 5 à 11 ans, ce qui permettra aux élèves de ce groupe d'âge de réintégrer les salles de classe.

Si les modèles d'apprentissage à distance fournissent une réponse adaptée aux défis liés à la pandémie, peu de gens considèrent que les cours traditionnels en classe sont révolus.

Près de la moitié de la population du monde n'a pas accès à l'internet. (AFP)
Près de la moitié de la population du monde n'a pas accès à l'internet. (AFP)

« Je ne pense pas que le modèle hybride reposera à parts égales sur les deux méthodes », affirme M. Aouad. « L'enseignement traditionnel sur le campus continuera de prendre le dessus et comportera un volet virtuel.  Cette combinaison deviendra la norme, surtout pour les cours généraux. En revanche, les étudiants devront se rendre sur le campus pour assister aux cours pratiques ».

Selon lui, les compétences en matière de relations interpersonnelles, d'analyse et de réflexion critique nécessaires aux étudiants pour réussir dans plusieurs professions ne peuvent être transmises au moyen d'une webcam.

De toute évidence, les parents ne partagent pas les mêmes avis sur les bienfaits des cours en présentiel et à distance. Un récent sondage mené par le gouvernement des Émirats arabes unis et auquel 28 171 personnes ont répondu révèle que 59 % des parents privilégient les cours à distance contre 41 % qui sont favorables aux cours en présentiel.

George Tharakan, père d'un garçon de 10 ans qui fréquente l'Apple International Community School à Dubaï, estime que l'apprentissage à distance a amélioré l'interaction entre les membres de la famille, évité les harcèlements en milieu scolaire et permis aux parents d'aider leurs enfants à faire leurs devoirs et leurs activités.

Les compétences en matière de relations interpersonnelles, d'analyse et de réflexion critique nécessaires aux étudiants pour réussir dans plusieurs professions ne peuvent être transmises au moyen d'une webcam. (Photo fournie)
Les compétences en matière de relations interpersonnelles, d'analyse et de réflexion critique nécessaires aux étudiants pour réussir dans plusieurs professions ne peuvent être transmises au moyen d'une webcam. (Photo fournie)

Il reconnait en revanche que les cours en ligne ne permettent pas à son enfant d’interagir avec d'autres élèves, ils l’amènent à privilégier la dactylographie ou la communication verbale au détriment de la rédaction écrite, et l’exposent à des problèmes techniques.

Aaliyah Khan, mère de deux enfants, se dit impressionnée par la transition rapide et sans heurts vers l'apprentissage en ligne au cours de la pandémie. Elle continue toutefois à privilégier l'apprentissage traditionnel dans les salles de classe.

« Les cours doivent être dispensés en ligne uniquement lorsque cela est nécessaire, et ne doivent pas être un choix. Je ne suis pas non plus favorable aux méthodes hybrides, car elles contraignent les élèves à passer beaucoup de temps devant l'écran, et je ne suis pas favorable à cette pratique », explique Mme Khan à Arab News.

« Grâce aux cours en présentiel, les élèves établissent des relations sociales et des liens sains. Voilà pourquoi les êtres humains sont des animaux sociaux. Outre les avantages sociaux que procurent les cours en classe, ils permettent aux élèves de mieux se concentrer et de participer plus activement aux activités pédagogiques ».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 

EN CHIFFRES

1,7 milliard d'étudiants ont vu leur éducation interrompue par la pandémie de Covid-19.

 

460 millions de jeunes à travers le monde n'ont pas la possibilité de poursuivre leurs études à distance.

 

404 milliards de dollars sera la valeur du secteur EdTech à l'échelle mondiale d'ici 2025, contre 227 milliards de dollars en 2020.


Liban: nouvelles frappes israéliennes malgré la prolongation de la trêve

Des personnes se tiennent au milieu des décombres et des gravats près de bâtiments endommagés et effondrés après des bombardements israéliens nocturnes sur la ville de Tyr, dans le sud du Liban, le 16 mai 2026. (AFP)
Des personnes se tiennent au milieu des décombres et des gravats près de bâtiments endommagés et effondrés après des bombardements israéliens nocturnes sur la ville de Tyr, dans le sud du Liban, le 16 mai 2026. (AFP)
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  • Israël a mené de nouvelles frappes dans le sud du Liban après avoir ordonné l’évacuation de plusieurs villages, malgré la prolongation récente de la trêve entre les deux pays lors de négociations à Washington
  • Les violences continuent d’aggraver la crise humanitaire : plus de 400 personnes ont été tuées depuis le début de la trêve et près d’un million de personnes ont été déplacées au Liban depuis le début du conflit régional

BEYROUTH: Israël mène de nouvelles frappes sur le sud du Liban samedi après avoir ordonné aux habitants de neuf villages d'évacuer, malgré la prolongation d'un mois et demi de la trêve lors de négociations entre les deux pays la veille à Washington.

"Les forces de défense israéliennes ont commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah dans plusieurs zones du sud du Liban", a affirmé l'armée israélienne dans un communiqué.

L'Agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle) a rapporté des frappes sur au moins cinq villages du sud, précédées un mouvement d'exode des habitants vers Saïda, la grande ville du sud, et Beyrouth.

L'armée israélienne avait auparavant ordonné aux habitants de neuf villages des régions de Saïda et Nabatiyé de les évacuer en prévision de frappes.

Ces frappes sur le sud dévasté se poursuivent malgré l'annonce vendredi soir de la prolongation d'une trêve entrée en vigueur le 17 avril entre les deux pays, et qui devait expirer dimanche.

Israël et le Liban mènent des négociations à Washington, les premières depuis des décennies entre les deux pays qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Le Hezbollah pro-iranien est opposé à ces négociations et continue de revendiquer des attaques contre l'armée israélienne qui occupe désormais une partie du sud du pays, et épisodiquement contre le nord d'Israël.

Plus de 400 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes au Liban depuis le début de la trêve, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

Le Liban a été entraîné dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars et près de 3.000 personnes ont été tuées et plus d'un million déplacées depuis, selon les chiffres officiels.


"J'aurais voulu passer le bac": déception après l'annulation des examens au Moyen-Orient et au Mali

Une femme passe devant une école fermée à Beyrouth le 18 novembre 2024, dans le contexte de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
Une femme passe devant une école fermée à Beyrouth le 18 novembre 2024, dans le contexte de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
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  • Le ministère français de l’Éducation a annulé les épreuves du brevet et du baccalauréat dans plusieurs pays du Moyen-Orient et au Mali en raison de la situation sécuritaire, remplaçant les examens par les moyennes annuelles des élèves
  • De nombreux élèves et enseignants au Liban expriment leur déception, estimant que le bac représentait une récompense symbolique pour leurs années de travail et craignant une perte du prestige du diplôme français

BEYROUTH: "J'aurais voulu passer le bac comme une récompense de mon travail": des élèves et professeurs expriment leur déception après la récente annonce de l'annulation des épreuves écrites et orales du brevet et du bac dans les établissements français de pays du Moyen-Orient et au Mali.

Cette année, les candidats scolarisés dans les établissements français homologués du Bahreïn, des Émirats arabes unis, d'Irak, d'Iran, d'Israël, du Koweït, du Liban, du Qatar et du Mali, ainsi que ceux inscrits en classes réglementées auprès du Centre national d'enseignement à distance (Cned), "se verront attribuer leur moyenne annuelle dans les enseignements concernés", a indiqué mardi le ministère français de l'Education nationale.

Cette mesure, liée à la guerre au Moyen-Orient et à la situation sécuritaire critique au Mali, concerne les épreuves écrites du diplôme national du brevet, les épreuves anticipées de français, à l'écrit comme à l'oral, et de mathématiques du baccalauréat général et technologique, ainsi que les épreuves de spécialité et de philosophie et le grand oral en classe de Terminale.

"Les candidats se présentant sous statut individuel pourront se présenter à la session de remplacement prévue en septembre 2026", tant pour le brevet que pour le baccalauréat, a précisé le ministère.

"J'aurais voulu faire le bac honnêtement, donc j'étais un peu triste d'apprendre qu'ils vont l'annuler", a réagi Yana Abdallah, 18 ans, élève du Collège des Saints-Coeurs Kfarhbab, au Liban.

Pour cette élève, qui affiche entre 16 et 17/20 de moyenne, se confronter à l'examen aurait marqué symboliquement la fin d'un cycle: "Nous avons travaillé pour le bac depuis notre entrée à l'école", rappelle-t-elle. Le passer aurait été comme une "récompense pour toute la fatigue que m'a valu mon travail".

Son école, qui se basera sur les notes du contrôle continu, n'a pas exclu la possibilité d'organiser un second bac blanc pour ne pas léser les élèves.

Les examens organisés "étaient jusqu'à présent comme une préparation mais sans que les élèves n'y mettent toute leur concentration", souligne Yana Abdallah, jugeant que son établissement essaye de les aider "autant que possible".

- "Suite désastreuse" -

Selon les chiffres de l'ambassade de France, le Liban compte en Terminale 3.166 élèves dans des établissements officiellement reconnus par les autorités et 402 élèves en candidats libres.

"Je suis contre l'annulation de ce diplôme, chaque fois que le bac a été annulé, la suite a été désastreuse", a témoigné auprès de l'AFP Hyam Merheb, 73 ans, à la retraite, ancienne enseignante de français pendant 45 ans au Liban.

"Le bac français a gardé son prestige malgré tous les événements par lesquels on est passé", juge-t-elle. "C'est la seule image encore positive que l'on peut avoir de notre pays et de l'enseignement tel qu'il était auparavant".

La décision du gouvernement est "incompréhensible", "tout le monde était prêt" pour faire passer les épreuves, avec des aménagements (moins de textes à préparer pour l'oral de français, par exemple), a aussi réagi auprès de l'AFP une enseignante et représentante syndicale du Grand lycée franco-libanais de Beyrouth, qui souhaite rester anonyme.

"Personne ne s'attendait à cette décision, les élèves de terminale avaient reçu leur convocation ce (mardi) matin", a-t-elle rapporté, déplorant avoir appris la nouvelle par la presse.

A Bamako au Mali, l’école française "Liberté" comptait à la rentrée de septembre 1.380 élèves, dont 600 en classe d'examens. "Mais, nous en avons perdu 80 en cours d'année, partis à cause de l’insécurité", a appris l'AFP auprès de membres de l’association des parents d’élèves de l’établissement.

"Notre combat est de faire en sorte que le lycée puisse ouvrir à la rentrée de septembre prochain", poursuit-on de même source.

En raison de la situation sécuritaire critique, les cours sont désormais assurés uniquement en ligne.

Selon le ministère, des mesures d'aménagement pourront également être décidées dans d'autres pays, jusqu'à 15 jours avant le début des épreuves, si les conditions locales ne permettent pas leur organisation.

Le coup d'envoi du baccalauréat sera donné le 11 juin avec l'épreuve écrite anticipée de français pour les élèves de Première.


Le Liban et Israël prolongent leur cessez-le-feu de 45 jours

Des délégations du Liban et d’Israël participent cette semaine à des discussions à Washington qui ont conduit à une prolongation du cessez-le-feu existant. (Département d’État)
Des délégations du Liban et d’Israël participent cette semaine à des discussions à Washington qui ont conduit à une prolongation du cessez-le-feu existant. (Département d’État)
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  • Le Liban et Israël ont accepté de prolonger leur cessez-le-feu de 45 jours après des discussions jugées « positives » à Washington
  • Malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril, les frappes israéliennes contre le Hezbollah au Liban ont continué, causant des centaines de morts selon les autorités libanaises

WASHINGTON: Israël et le Liban ont donné leur accord à une prolongation d'un mois et demi du cessez-le-feu pendant de nouvelles négociations entre les deux pays à Washington, même si de nouvelles frappes israéliennes ont visé le sud du Liban vendredi.

Côté iranien, le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a dit avoir "reçu des messages" de Washington en faveur de la reprise des négociations pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient, ajoutant être ouvert à une aide de Pékin.

Le cessez-le-feu israélo-libanais, qui arrivait à expiration dimanche, "va être prolongé de 45 jours afin de permettre de nouveaux progrès", a annoncé la diplomatie américaine après une nouvelle session de négociations directes entre des représentants d'Israël et du Liban jeudi et vendredi.

Le département d'Etat américain a précisé qu'il organiserait un nouveau cycle de discussions les 2 et 3 juin. D'ici là, le Pentagone réunira des délégations militaires des deux pays le 29 mai.

L'ambassadeur d'Israël à Washington, Yechiel Leiter, a déclaré à l'issue des pourparlers qu'il serait essentiel de garantir la sécurité de son pays.

"Il y aura des hauts et des bas, mais les chances de réussite sont grandes ", a-t-il écrit sur le réseau X.

La délégation libanaise a salué de son côté une prolongation qui ouvre la voie "à une stabilité durable", mais insisté sur la nécessité d'un "processus par étapes et vérifiable", soutenu par Washington.

- "Irresponsable" -

S'exprimant depuis le Liban, le Premier ministre Nawaf Salam a accusé le Hezbollah pro-iranien d'avoir entraîné le pays dans une nouvelle guerre "irresponsable".

"Assez de ces aventures irresponsables servant des projets ou intérêts étrangers", a-t-il lancé, appelant au soutien des pays arabes, et plus largement de la communauté internationale, dans les négociations avec Israël.

Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 17 avril, Israël poursuit ses frappes au Liban, disant viser le Hezbollah, et le mouvement chiite continue de tirer des roquettes sur des positions israéliennes.

Le Liban a annoncé la mort de six personnes, dont trois secouristes du Comité islamique de santé, affilié au Hezbollah, dans un bombardement israélien dans le sud du pays.

Plus de 400 personnes ont péri dans des frappes israéliennes au Liban depuis le début de la trêve, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

Au moment des discussions à Washington vendredi, l'armée israélienne a émis des ordres d'évacuation pour une dizaine de secteurs dans le sud du Liban et annoncé "mener des frappes contre l'infrastructure du Hezbollah dans la région de Tyr".

- "Des femmes et enfants" -

"Il n'y a ici que des femmes, des enfants et des personnes âgées. Cette frappe cause de nouveaux déplacements de personnes", a déclaré à l'AFP Hafez Ramadan, qui vit près de l'immeuble visé par la frappe, qui abritait selon lui surtout des déplacés.

Les frappes à Tyr ont fait 37 blessés, dont six membres du personnel médical de l'hôpital, quatre enfants et neuf femmes, selon le ministère de la Santé.

Le Hezbollah a revendiqué des attaques de drones contre des casernes dans le nord d'Israël, ainsi que d'autres contre les forces israéliennes positionnées dans plusieurs localités libanaises frontalières. L'armée israélienne est déployée dans cette zone pour pouvoir, selon elle, protéger la population du nord d'Israël des tirs du mouvement pro-iranien.

Israël, comme les Etats-Unis, appelle Beyrouth à désarmer le Hezbollah.

"Le Liban négocie pour un avenir dans lequel ses frontières seront respectées (et) sa souveraineté assurée seulement" par son armée,  a souligné aussi la délégation libanaise à Washington.

Un des hauts responsables du mouvement pro-iranien, Mahmoud Qomati, a qualifié les négociations avec Israël "d'humiliantes" et dénoncé "un complot contre le pays".

- "Bonnes intentions" -

Du côté de Téhéran, le ministre des Affaires étrangères, en visite en Inde, s'est dit ouvert à une aide de la Chine pour mettre fin au conflit, au lendemain de propos à Pékin de Donald Trump, selon qui son homologue chinois Xi Jinping a proposé d'aider à rouvrir le détroit d'Ormuz.

"Nous savons que (les) Chinois ont de bonnes intentions. Toute initiative de leur part susceptible de soutenir la diplomatie serait donc la bienvenue", a déclaré M. Araghchi.

Les Gardiens de la Révolution iraniens permettent désormais à davantage de navires de passer par le détroit, quasi paralysé par Téhéran depuis le début de la guerre, a affirmé la télévision publique.

La veille, la chaîne avait fait état de plus de 30 navires autorisés à transiter par le détroit, qui voit passer d'ordinaire un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

De son côté, le porte-avions français Charles-De-Gaulle et son escorte sont arrivés "sur zone" au large de la péninsule arabique où ils sont prépositionnés en cas de déclenchement d'une mission "neutre" pour rétablir la navigation dans le détroit d'Ormuz, a annoncé la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo.