Les Arabes doivent «se réveiller» face aux menaces sur l’identité régionale, selon le chef de la Ligue arabe

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, s’entretenant  avec le président palestinien Mahmoud Abbas, dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, l’année dernière. (Fichier/AFP)
Le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, s’entretenant avec le président palestinien Mahmoud Abbas, dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, l’année dernière. (Fichier/AFP)
Le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, prend la parole lors d'une conférence de presse après le 29e Sommet arabe à Dhahran, en Arabie saoudite, le 15 avril 2018. (Reuters)
Le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, prend la parole lors d'une conférence de presse après le 29e Sommet arabe à Dhahran, en Arabie saoudite, le 15 avril 2018. (Reuters)
Short Url
Publié le Mardi 29 septembre 2020

Les Arabes doivent «se réveiller» face aux menaces sur l’identité régionale, selon le chef de la Ligue arabe

  • Pour Ahmed Aboul Gheit, l'accord de paix historique, ainsi qu'un accord de normalisation similaire négocié par les États-Unis entre Israël et le Bahreïn, ont réussi à mettre un terme définitif aux projets israéliens d'annexion
  • «Mettez fin à la Ligue arabe… et nous remettons la région à la Turquie et à l'Iran qui établiront la région du Moyen-Orient, permettront à Israël d'entrer et de contrôler toute la région »

LE CAIRE: Le secrétaire général de la Ligue arabe a appelé les Arabes à «se réveiller» face aux menaces croissantes que font peser l’Iran, la Turquie et Israël sur l’identité régionale.

Ahmed Aboul Gheit prévient que toute érosion du rôle de la Ligue – celui de promouvoir des relations politiques, économiques, culturelles et sociales plus étroites entre les États membres – pourrait conduire à un «transfert» du contrôle de la région vers d’autres pays.

Il souligne que l'Iran et la Turquie s'ingèrent dans les affaires de nombreux États arabes, que l'Éthiopie impose son pouvoir sur les eaux du Nil et que la question palestinienne se complique. Tout cela fait pression sur la Ligue arabe et toute la région.

Il condamne aussi les récents appels à mettre fin aux travaux de la Ligue arabe. «Mettez fin à la Ligue arabe… et nous remettons la région à la Turquie et à l'Iran qui établiront la région du Moyen-Orient, permettront à Israël d'entrer et de contrôler toute la région.»

«Nous, les Arabes, devons nous réveiller, car une pression menaçante pèse sur l'identité arabe de la région», ajoute-t-il.

Aboul Gheit a ainsi commenté la situation alors qu'il parlait aux médias de son espoir d'une «action» palestinienne à la suite de l'accord de normalisation des relations politiques et économiques entre Israël et les Émirats arabes unis.

Pour lui, l'accord de paix historique, ainsi qu'un accord de normalisation similaire négocié par les États-Unis entre Israël et le Bahreïn, ont réussi à mettre un terme définitif aux projets israéliens d'annexion de certaines parties de la Cisjordanie.

Il explique néanmoins qu’il comprend les préoccupations des Palestiniens concernant les accords, et accuse l’administration du président américain, Donald Trump, d’avoir été injuste envers eux. Dans le sillage des accords d'Oslo (entre Israël et l'Organisation de libération de la Palestine), les États arabes avaient commencé à ouvrir des bureaux en Israël, note Aboul Gheit, mais à la suite du soulèvement, ils ont retiré leurs représentants.

Depuis le printemps arabe, un certain nombre de pays arabes se sont effondrés ou ont été affaiblis sous l'influence d'autres partis régionaux, explique-t-il. Les conditions internes ont conduit à l'émergence d'un islam politique à une échelle sans précédent, laissant une situation actuelle qu'il qualifie de catastrophique.

Les prétendus accords d'Abraham entre Israël, le Bahreïn et les Émirats arabes unis ont été signés le 15 septembre à la Maison-Blanche, sous les auspices du président américain, Donald Trump.

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com 

 

 


La Turquie met en garde contre «une crise migratoire durable» au Moyen-Orient

La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit. (AFP)
La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit. (AFP)
Short Url
  • "Si la guerre et l'occupation s'étendent, il est possible que cela se transforme en une crise migratoire durable, avec des réfugiés cherchant refuge hors des frontières de leur pays", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan
  • M. Fidan, qui juge "impératif de mettre un terme au plus vite" aux violences, a précisé qu'il se rendrait en visite à compter de mercredi dans plusieurs pays de la région afin de discuter des "mesures à prendre"

ISTANBUL: La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit.

"Si la guerre et l'occupation s'étendent, il est possible que cela se transforme en une crise migratoire durable, avec des réfugiés cherchant refuge hors des frontières de leur pays", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, lors d'une conférence de presse à Ankara avec son homologue canadienne Anita Anand.

M. Fidan, qui juge "impératif de mettre un terme au plus vite" aux violences, a précisé qu'il se rendrait en visite à compter de mercredi dans plusieurs pays de la région afin de discuter des "mesures à prendre".

"La situation humanitaire au Liban est extrêmement préoccupante et risque de s'aggraver en cas d'offensive terrestre (israélienne)", a abondé à ses côtés la cheffe de la diplomatie canadienne, Anita Anand.

 

 


Liban: le bilan des frappes israéliennes s'élève à 912 morts

Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé. (AFP)
Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé. (AFP)
Short Url
  • Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé
  • Selon l'armée, deux soldats ont été tués "par une frappe israélienne ennemie alors qu'ils circulaient à moto" sur une route de Nabatiyé dans le sud

BEYROUTH: Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé.

Le ministère fait en outre état de 67 femmes et 38 personnels médicaux parmi les tués. Le bilan précédent annoncé la veille par les autorités faisait état de 886 morts.

 

 


L’Arabie saoudite appelle l’ONU à agir contre l’islamophobie

L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie. (Capture d’écran/UNTV)
L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie. (Capture d’écran/UNTV)
Short Url
  • Le harcèlement public, les stéréotypes nuisibles et le vandalisme des mosquées « créent la division, approfondissent la méfiance et compromettent les efforts pour bâtir des sociétés inclusives et stables », déclare l’envoyé
  • L’ambassadeur Abulaziz Alwasil exhorte les gouvernements et les plateformes en ligne à renforcer les protections légales et à garantir la responsabilité pour les crimes haineux visant les musulmans

NEW YORK : L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie, soulignant en particulier l’importance des protections légales, de l’éducation et de la coopération internationale.

Il a décrit l’islamophobie comme « un défi sérieux et croissant » et a mis en garde contre ses effets sociaux plus larges.

« Lorsque les musulmans sont harcelés dans l’espace public, lorsque des mosquées sont vandalisées et que des stéréotypes nuisibles se diffusent dans le discours public et sur les plateformes numériques, les conséquences vont bien au-delà d’une seule communauté », a-t-il déclaré.

« Elles créent la division, renforcent la méfiance et compromettent les efforts pour construire des sociétés inclusives et stables. »

Abulaziz Alwasil a exhorté les gouvernements, les autorités éducatives et les plateformes numériques à agir.

« Les gouvernements doivent renforcer les protections légales contre la discrimination et garantir la responsabilité en cas de crimes haineux visant les musulmans, les mosquées et les institutions islamiques », a-t-il ajouté.

« Les efforts doivent également s’attaquer à la propagation des discours de haine sur les plateformes numériques, où la désinformation et les narratifs hostiles peuvent rapidement influencer les perceptions et alimenter l’intolérance. »

L’envoyé saoudien a souligné l’importance de la coopération internationale et l’engagement de Riyad sur cette question.

« L’Arabie saoudite réaffirme que lutter contre l’islamophobie est une part indispensable de la promotion du respect de la diversité religieuse », a-t-il déclaré.

« Lorsque les nations travaillent ensemble pour promouvoir la tolérance et le respect mutuel, elles renforcent les bases d’une coexistence mondiale pacifique. »

« Le Royaume d’Arabie saoudite reste fermement engagé à faire progresser les efforts internationaux pour combattre l’islamophobie, contrer les narratifs qui incitent à l’hostilité et à la discrimination contre les musulmans, en renforçant la coopération, en poursuivant l’engagement avec l’ONU et en soutenant les initiatives qui favorisent la compréhension et le dialogue. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com