Frankly Speaking: L'Arabie saoudite bientôt premier marché pour Rolls-Royce au Moyen-Orient

Torsten Muller-Otvos, directeur général de Rolls-Royce, s'est exprimé lors d'une interview accordée à Frankly Speaking, une série d'entretiens vidéo avec des personnalités influentes au Moyen-Orient et sur la scène internationale. (Photo fournie).
Torsten Muller-Otvos, directeur général de Rolls-Royce, s'est exprimé lors d'une interview accordée à Frankly Speaking, une série d'entretiens vidéo avec des personnalités influentes au Moyen-Orient et sur la scène internationale. (Photo fournie).
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Publié le Jeudi 31 mars 2022

Frankly Speaking: L'Arabie saoudite bientôt premier marché pour Rolls-Royce au Moyen-Orient

  • L'Arabie saoudite est en passe de devenir l'un des principaux marchés du Moyen-Orient pour la Rolls-Royce, dans la mesure où les femmes et les jeunes sont de plus en plus nombreux à s'intéresser à cette marque de luxe
  • Le PDG de Rolls-Royce, Torsten Muller-Otvos, affirme que la marque prend la tête des voitures de luxe dans la transition vers les voitures électriques

DUBAÏ: L'Arabie saoudite pourrait s'imposer comme le premier marché pour les voitures Rolls-Royce au Moyen-Orient, grâce aux grands changements entrepris dans le pays, a confié à Arab News Torsten Muller-Otvos, directeur général du constructeur de voitures de luxe.

«L'Arabie saoudite est un marché important. Je m'attends à un plus grand potentiel en Arabie saoudite dans les années à venir, dans la mesure où le marché s'ouvre et se développe», a déclaré M. Muller-Otvos, en faisant référence au décret royal de 2017 qui a autorisé les Saoudiennes pour la première fois à conduire et à obtenir un permis de conduire.

«On voit les femmes conduire nos voitures pour la première fois en Arabie saoudite et c'est ce qui me permet de prévoir que ce marché deviendra un marché immense d'ici quelques années. Il s'imposera probablement comme le premier marché dans toute la région. Qui sait? C'est possible au niveau du potentiel, sans oublier les autres facteurs qui entrent en jeu», ajoute-t-il.

M. Muller-Otvos s'est exprimé lors d'une interview accordée à Frankly Speaking, une série d'entretiens vidéo avec des personnalités influentes au Moyen-Orient et sur la scène internationale.

 

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Une voiture Rolls-Royce vintage est présentée à l'exposition du King Abdullah II Car Museum à Amman, en Jordanie, le 18 février 2016. (Shutterstock).

Dans l'interview, le directeur de la société de voitures de luxe allemandes conçues en Grande-Bretagne a évoqué la stratégie adoptée par Rolls-Royce pour passer au modèle électrique, les incidences de la pandémie de Covid-19 sur les ventes mondiales et régionales, et les conséquences de la montée du prix du pétrole sur les ventes de voitures d'élite.

Il a également abordé les caractéristiques personnalisées et extravagantes que les clients de la région demandent à intégrer à leurs voitures.

Fondée en Grande-Bretagne il y a cent-quinze ans, la marque Rolls-Royce appartient à la société allemande BMW depuis 2003. Elle est considérée comme la marque de prestige ultime en automobile, de la Californie à Shanghai, et attire particulièrement les clients du monde arabe.

La transition observée aujourd'hui sur le secteur du transport dans le monde, associée à la forte croissance des ventes de véhicules électriques, a pesé sur la société Rolls-Royce ainsi que sur les autres constructeurs de voitures à essence. Néanmoins, M. Muller-Otvos affirme que Rolls-Royce donne l'exemple en matière de fabrication de voitures électriques de luxe.

«Je dirais que nous sommes des précurseurs dans ce domaine», précise-t-il. «En effet, nous ne faisons pas partie de ce que j'appellerais l'industrie automobile “ordinaire”. Nous avons atteint le sommet du luxe. Et vous savez probablement que nos voitures occupent la première place dans le créneau des voitures “ultraluxueuses” dans le monde entier.»

La première Rolls-Royce électrique, baptisée Spectre, sera disponible au Moyen-Orient à partir de 2023. «La Spectre sera une Rolls-Royce époustouflante et remarquable, soyez-en sûrs, affirme M. Muller-Otvos. Nous avons pris notre temps dans la fabrication de cette voiture puisque c'est avant tout une Rolls-Royce. D’abord, nous ne pouvons pas compromettre les attentes de nos clients; ensuite, il s’agit d’une voiture électrique.»

Le modèle Spectre – dont le prix s'élèvera à environ 350 000 dollars (1 dollar = 0,88 euro) pour une voiture d'entrée de gamme, selon les spécialistes – misera sur les caractéristiques traditionnelles des voitures Rolls-Royce. «C'est une voiture silencieuse. Le bruit du moteur ou de l'échappement ne fait pas partie de notre philosophie», explique-t-il.

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Rolls-Royce a annoncé la sortie de sa première voiture électrique d'ici à 2023. (Fourni).

 

Certains facteurs commerciaux et réglementaires ont en outre encouragé Rolls-Royce à se lancer dans la construction de voitures électriques. «À travers le monde, de nouvelles règlementations sont promulguées; elles interdiraient dans quelques années aux voitures non électriques de circuler dans les centres-villes. Ces mesures ne seront pas favorables à notre marque.»

La vedette de la transition vers les véhicules électriques n'est autre que la Tesla d'Elon Musk. Nombreux sont les constructeurs automobiles traditionnels qui rejoignent le mouvement des véhicules électriques sur les principaux marchés. Toutefois, M. Muller-Otvos estime que la Rolls-Royce dispose d'atouts traditionnels qui lui permettront de rivaliser sur ce marché particulièrement concurrentiel.

«Rolls-Royce ne s'est jamais contentée de se distinguer par son moteur. Cela appartient aux autres marques, mais pas à la nôtre. Nous sommes fiers d'avoir atteint le sommet du luxe. Nous utilisons des matériaux de première qualité et un savoir-faire exceptionnel. La construction d'un seul de ces magnifiques chefs-d'œuvre prend au moins 1 000 heures de travail», souligne-t-il.

Pour M. Muller-Otvos, c'est l’évolution démographique de la clientèle de Rolls-Royce qui inspire le passage aux véhicules électriques. «Nous assisterons à une évolution progressive, à mon avis. Les jeunes sont particulièrement séduits par les voitures électriques. Nous avons également remarqué qu'une fois que vous conduisez une voiture électrique, vous ne retournerez jamais à une voiture à essence», affirme-t-il.

Par le passé, la clientèle de Rolls-Royce était constituée en grande partie d’hommes: hommes d'affaires prospères, des célébrités, ou encore des membres de familles royales. Ce profil est en train de changer.

«Au début de ma carrière – j'occupe ce poste depuis près de douze ans –, la moyenne d'âge des clients de Rolls-Royce se situait autour de 56 ans. La moyenne d'âge est passée à 43 ans. Nous avons rénové, réinventé et rafraîchi la marque de façon considérable. Nous comptons désormais de jeunes clients aux quatre coins du monde», a-t-il déclaré.

C'est notamment au Moyen-Orient que les Rolls-Royce attirent le plus de femmes. «Lorsque j'ai rejoint la société, les femmes représentaient 1% de notre clientèle dans le monde. Ce pourcentage est passé à 15% aujourd'hui, et je pense qu'il continuera à augmenter, en particulier au Moyen-Orient. Les femmes sont nombreuses à prendre le volant. Cette proportion est de l'ordre de 20% au Moyen-Orient, un chiffre relativement élevé», dit-il.

Le désir de personnaliser les voitures constitue depuis longtemps une importante source de revenus pour Rolls-Royce – le luxe sur mesure, comme l'appelle le constructeur automobile. En effet, les riches clients versent des sommes supplémentaires pour doter leurs voitures de fonctionnalités particulières.

Cette personnalisation prend parfois des allures de jeu de couleurs et d'accessoires farfelus qui pourraient horrifier les amateurs traditionnels des voitures Rolls-Royce. Cependant, M. Muller-Otvos, tout comme la société Rolls-Royce, ne se considère pas comme un arbitre des goûts personnels.

«Imaginez, pour un instant, une carrosserie de couleur orange vif et un intérieur jaune. Ce mariage de couleurs peut sembler étrange à Londres, mais il est splendide ici, sous le soleil radieux. Je pense que nous devons toujours garder cela à l'esprit. Je ne souhaite en aucun cas juger – avec mes préférences européennes – les clients du reste du monde. Rolls-Royce n'est pas chargée de surveiller les goûts de ses clients», a-t-il déclaré.

Ils ont toutefois reçu une demande pour un accessoire de luxe trop extravagant: un client fortuné a demandé de munir le tableau de bord d'un réfrigérateur à cigares.

«Installer un humidificateur sur le tableau de bord est une demande excessive que nous avons refusé de réaliser. Ce n'était malheureusement pas possible sur le plan technique, car cela nous aurait privés de l'homologation (l’acte par lequel une autorité administrative d’un État, atteste de la conformité du véhicule aux réglementations concernant les exigences techniques applicables pour la sécurité et les émissions de véhicules, NDRL)», a-t-il déclaré.

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La Cullinan a été testée sur les terrains les plus rudes du monde, y compris les déserts d'Arabie. (Avec l'aimable autorisation de rolls-roycemotorcars.com).

 

Cela fait des années que Rolls-Royce occupe une place particulière dans le monde arabe; cela remonte à l'époque où le Premier ministre britannique Sir Winston Churchill a offert au roi Abdelaziz d'Arabie saoudite une voiture Phantom personnalisée en guise de cadeau pour célébrer la fin de la guerre.

Les ventes du constructeur automobile Rolls-Royce ont fortement chuté au début de la pandémie de Covid-19. L'usine de Goodwood, au Royaume-Uni, a été obligée de suspendre sa chaîne de production et d'interrompre les livraisons pendant deux mois.

Mais cette stagnation a vite débouché sur une forte accélération des ventes au Moyen-Orient et dans le reste du monde dès que la relance a été amorcée. Celle-ci a fait écho à une hausse des ventes de produits de luxe dans le monde entier. L'explication donnée par M. Muller-Otvos est assez intrigante.

«Plusieurs clients m'ont confié qu'ils s'étaient rendu compte qu'ils risquaient de mourir subitement, et beaucoup d'entre eux ont même vécu cette expérience de près. Ils se sont donc dit: “On ne vit qu’une seule fois, profitons de la vie maintenant sans attendre”», a-t-il déclaré.

 

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La Rolls-Royce Phantom VIII, la vedette historique des voitures Rolls-Royce, est très prisée au Moyen-Orient. (Shutterstock).

La Cullinan marque l'entrée de la marque Rolls-Royce sur le marché des SUV de luxe. Elle connaît une popularité particulière dans la région du Golfe, au même titre que la Black Badge Ghost.

Par ailleurs, les fluctuations du marché pétrolier continuent de façonner la force de l'économie – et celle des ventes de Rolls-Royce – comme d'habitude dans la région.

«Le prix du pétrole est un bon indicateur permettant d'évaluer la solidité de l'économie dont nous dépendons fortement», explique M. Muller-Otvos. «Si l'économie se porte bien, il en va de même pour nous.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.


Le ministre saoudien de l’Investissement : «Notre économie offre d’importantes opportunités aux entreprises françaises»

 Le ministre saoudien de l’Investissement, Fahad Al-Saif, et le ministre français de l’Économie, des Finances, de l’Industrie, de l’Énergie et de la Souveraineté numérique, Roland Lescure. Asharq Al-Awsat
Le ministre saoudien de l’Investissement, Fahad Al-Saif, et le ministre français de l’Économie, des Finances, de l’Industrie, de l’Énergie et de la Souveraineté numérique, Roland Lescure. Asharq Al-Awsat
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  • M. Al-Saif a indiqué que les entreprises françaises détenaient environ 650 licences d’investissement dans le Royaume.
  • Selon lui, cela reflète l’ampleur de l’activité des entreprises françaises et les opportunités croissantes offertes par l’économie saoudienne

PARIS: Le ministre saoudien de l’Investissement, Fahad Al-Saif, a déclaré lundi que les investissements directs étrangers (IDE) français en Arabie saoudite avaient atteint 16,3 milliards d’euros, soulignant que la France était la quatrième source d’IDE du Royaume.

Il a ajouté que la présence des entreprises françaises en Arabie saoudite s’étendait désormais à plus de 18 secteurs.

S’exprimant lors de l’ouverture de la Table ronde franco-saoudienne sur l’investissement organisée à Paris, à laquelle participait également Roland Lescure, ministre français de l’Économie, des Finances, de l’Industrie, de l’Énergie et de la Souveraineté numérique, M. Al-Saif a indiqué que les entreprises françaises détenaient environ 650 licences d’investissement dans le Royaume.

Selon lui, cela reflète l’ampleur de l’activité des entreprises françaises et les opportunités croissantes offertes par l’économie saoudienne.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la visite officielle en France du prince héritier et Premier ministre Mohammed ben Salmane. Organisée par le ministère de l’Investissement, elle rassemble des responsables gouvernementaux, des chefs d’entreprise et des dirigeants de grandes sociétés des deux pays.

Les discussions portent sur les opportunités d’élargir les partenariats dans des secteurs tels que l’industrie, les transports et la logistique, l’intelligence artificielle et les infrastructures numériques, entre autres. La signature de nouveaux accords et protocoles d’accord est également prévue.

L’énergie, domaine phare de la coopération

Le ministre de l’Investissement a souligné que le secteur du pétrole et du gaz figurait parmi les industries les plus susceptibles de bénéficier du renforcement des relations saoudo-françaises, compte tenu de la présence de longue date des entreprises françaises dans le secteur énergétique du Royaume.

La coopération s’étend également à l’ensemble du paysage énergétique, notamment aux énergies renouvelables, à l’hydrogène et aux infrastructures de réseau, tandis que les entreprises françaises continuent de renforcer leur présence dans les domaines de l’énergie, de l’industrie, des transports, de la construction, de l’eau et des services.

L’énergie reste l’un des domaines phares de l’engagement français en Arabie saoudite, parallèlement aux opportunités croissantes dans de nouveaux secteurs étroitement liés à la dynamique de diversification économique du Royaume dans le cadre de la Vision 2030.

De l’énergie et de l’industrie à l’intelligence artificielle

Le partenariat d’investissement entre les deux pays s’étend de plus en plus au-delà des secteurs traditionnels pour s’orienter vers la nouvelle économie, en particulier l’intelligence artificielle, les infrastructures numériques, la culture, les industries créatives et l’exploitation minière.

L’intégration de ces secteurs à l’ordre du jour de la table ronde reflète les efforts des deux parties pour transformer des liens économiques bien établis en partenariats d’investissement dans certains des secteurs connaissant la croissance la plus rapide, en tirant parti de la demande croissante sur le marché saoudien et des capacités technologiques et industrielles des entreprises françaises.

Les entreprises françaises sont déjà présentes dans des secteurs tels que les transports et la logistique, les services liés à l’eau et à l’environnement, l’hôtellerie et la santé. À mesure que l’économie saoudienne poursuit son expansion, de nouvelles opportunités apparaissent dans les domaines des technologies de pointe et de l’industrie manufacturière.


Arabie saoudite: le pari d’une mobilité nouvelle pour accompagner la Vision 2030

Le directeur général d’Alstom pour le Moyen-Orient, Mohamed Khalil. (Photo fournie)
Le directeur général d’Alstom pour le Moyen-Orient, Mohamed Khalil. (Photo fournie)
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  • L’Arabie saoudite ne construit pas seulement des infrastructures de transport : elle met en place un écosystème de mobilité intégré
  • Du métro de Riyad au tramway d’AlUla, la stratégie saoudienne associe technologies de pointe, développement durable et valorisation des territoires

PARIS: En quelques années, l’Arabie saoudite a engagé une transformation spectaculaire de ses infrastructures de transport, portée par la Vision 2030.

Mais derrière les projets ferroviaires, les métros et les nouveaux tramways, l’ambition qui se dessine est celle de construire un pays davantage connecté, plus accessible et capable d’accompagner sa diversification économique et touristique.

« L’Arabie saoudite a connu l’une des transformations les plus importantes au monde dans le domaine des transports ces dernières années », indique le directeur général d’Alstom pour le Moyen-Orient, Mohamed Khalil.

De son point de vue, ce qui frappe n’est pas seulement l’ampleur des investissements, mais surtout leur cohérence, le Royaume cherchant à mettre en place « un écosystème de mobilité intégré et tourné vers l’avenir », reliant les villes, les communautés, les pôles économiques et les principales destinations du pays.

Le transport n’est plus considéré comme une simple infrastructure destinée à faciliter les déplacements, mais comme un instrument de développement économique, d’amélioration de la qualité de vie et même de politique environnementale.

Riyad, laboratoire d’une mobilité intégrée

Dans le cadre de cette transformation, le métro de Riyad constitue le projet le plus emblématique, puisque la capitale saoudienne a fait le choix de concevoir un réseau complet dès l’origine, plutôt que de construire progressivement des lignes au gré de l’expansion urbaine.

« Ce qui distingue Riyad, c’est que le réseau a été conçu comme un ensemble cohérent dès le départ », explique Khalil, qui souligne une différence importante avec de nombreuses métropoles internationales ayant développé leurs réseaux pendant plusieurs décennies, en ajoutant progressivement de nouvelles lignes et de nouvelles technologies.

Le réseau de Riyad s’étend sur 176 kilomètres, compte 85 stations et comprend six lignes. Il a été conçu pour répondre aux besoins d’une capitale en pleine expansion.

Alstom intervient directement sur les lignes 3, 4, 5 et 6, avec 116 trains sans conducteur, des systèmes de signalisation avancés et des technologies destinées notamment à récupérer l’énergie produite lors du freinage. Le groupe assure également des services de maintenance à long terme.

Mais pour Khalil, l’intérêt du métro de Riyad tient précisément à cette combinaison entre technologies internationales et besoins locaux. « Riyad se distingue non pas parce qu’elle reproduit le modèle d’une autre ville, mais parce qu’elle associe des technologies éprouvées dans le monde entier aux besoins spécifiques de mobilité de la capitale », résume-t-il.

Le succès du réseau commence déjà à se mesurer à l’usage. Selon les chiffres communiqués par Khalil, plus de 100 millions de passagers l’ont emprunté au cours de ses neuf premiers mois d’exploitation.

Cette fréquentation permet également à Alstom d’observer la manière dont le système fonctionne et évolue à mesure que les habitudes de déplacement changent.

Pour Alstom, l’Arabie saoudite est donc devenue bien davantage qu’un marché parmi d’autres. « C’est aujourd’hui l’un des marchés de la mobilité les plus passionnants au monde », affirme Khalil.

La raison tient à la dimension même du projet saoudien : le Royaume ne cherche pas uniquement à multiplier les infrastructures ferroviaires, mais veut construire un système capable de soutenir « la croissance économique future, le développement urbain et l’amélioration de la qualité de vie ».

Cette ambition ouvre naturellement de nombreuses perspectives pour un groupe comme Alstom, dont l’expertise couvre aussi bien le matériel roulant que la signalisation, les solutions numériques et la maintenance.

Les prochaines étapes devraient notamment faire une place croissante aux solutions numériques, à la maintenance prédictive et aux technologies de transport à faible empreinte carbone.

À AlUla, le tramway au service du tourisme durable

Mais l’un des aspects les plus intéressants de la stratégie saoudienne est que cette révolution des transports ne s’arrête pas aux grandes villes : elle accompagne également l’apparition de nouvelles destinations économiques, culturelles et touristiques.

Le projet de tramway d’AlUla en est l’illustration la plus originale. Dans cette région où les paysages désertiques et les vestiges de civilisations anciennes constituent l’un des principaux atouts touristiques du Royaume, il fallait imaginer une solution de mobilité capable de s’intégrer à un environnement exceptionnel.

« Le projet de tramway d’AlUla démontre comment la mobilité peut relier le passé et le futur », explique Mohamed Khalil, et la formule résume bien la philosophie du projet : utiliser les technologies les plus modernes sans dénaturer un patrimoine qui fait précisément la singularité d’AlUla.

La ligne, longue de 22,4 kilomètres, desservira 17 stations et reliera cinq grands quartiers historiques, dont plusieurs sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Elle sera équipée de 20 tramways Citadis B fonctionnant sur batterie, sans caténaire, avec un système innovant de recharge au sol. Alstom fournit également les systèmes de signalisation, de communication et d’alimentation, ainsi que la maintenance du matériel roulant.

L’idée est particulièrement séduisante et fait du déplacement lui-même une partie de l’expérience touristique, puisque le tramway doit permettre de découvrir AlUla tout en limitant son impact visuel et environnemental.

« Il s’agit bien plus que d’un simple tramway », résume Khalil, car il constitue une combinaison entre développement durable, intégration dans l’environnement et expérience des passagers.

L’Arabie saoudite ne construit pas seulement des moyens de transport : elle redessine progressivement sa géographie et la manière dont ses habitants et ses visiteurs pourront la parcourir. Cette mutation représente une opportunité exceptionnelle pour Alstom.


France-Arabie saoudite: un forum économique au cœur des ambitions de la Vision 2030

Le président de la FIFA, Gianni Infantino (2e à partir de la gauche), le président français Emmanuel Macron et le prince héritier et Premier ministre d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane assistent à la cérémonie de clôture de la Coupe du monde d'e-sport au Grand Palais à Paris, en France, le 23 août 2026. (Photo : Teresa SUAREZ / POOL / AFP)
Le président de la FIFA, Gianni Infantino (2e à partir de la gauche), le président français Emmanuel Macron et le prince héritier et Premier ministre d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane assistent à la cérémonie de clôture de la Coupe du monde d'e-sport au Grand Palais à Paris, en France, le 23 août 2026. (Photo : Teresa SUAREZ / POOL / AFP)
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  • Plusieurs accords et protocoles d’entente couvrant différents secteurs devraient être signés à cette occasion, renforçant ainsi les perspectives de coopération entre entreprises françaises et saoudiennes
  • Cette dynamique s’inscrit dans le cadre du rapprochement économique engagé entre Paris et Riyad et des ambitions de la Vision 2030, le vaste programme lancé en 2016 par le prince héritier Mohammed ben Salmane

PARIS: Dans le cadre de la visite officielle en France de Son Altesse Royale le prince Mohammed ben Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, prince héritier et Premier ministre d’Arabie saoudite, Paris accueille aujourd'hui une table ronde franco-saoudienne sur l’investissement, réunissant de hauts responsables gouvernementaux, des dirigeants d’entreprises et les PDG de grands groupes des deux pays.

Organisée par le ministère saoudien de l’Investissement, cette rencontre vise à approfondir les relations économiques et financières entre la France et l’Arabie saoudite et à transformer les opportunités de coopération en investissements et projets concrets.

Des secteurs stratégiques au cœur des discussions

Les échanges réuniront les principaux acteurs économiques des deux pays autour de plusieurs secteurs prioritaires, notamment les partenariats industriels, les transports et la logistique, l’intelligence artificielle et les infrastructures numériques. D’autres domaines seront également à l’ordre du jour, parmi lesquels l’énergie, le tourisme, la culture, le jeu vidéo, les technologies quantiques et la santé.

Plusieurs accords et protocoles d’entente couvrant différents secteurs devraient être signés à cette occasion, renforçant ainsi les perspectives de coopération entre entreprises françaises et saoudiennes.

Cette dynamique s’inscrit dans le cadre du rapprochement économique engagé entre Paris et Riyad et des ambitions de la Vision 2030, le vaste programme lancé en 2016 par le prince héritier Mohammed ben Salmane pour diversifier l’économie saoudienne et réduire sa dépendance aux hydrocarbures.

Pour la France, l’objectif est notamment de permettre à ses entreprises de participer aux grands projets liés à cette transformation économique. Paris entend également renforcer sa présence dans les préparatifs de l’Exposition universelle de Riyad 2030, tout en attirant davantage de capitaux et d’investissements saoudiens.

« Les choses sont encore en discussions pour certains projets, mais il y aura beaucoup, beaucoup d’accords économiques dans différents secteurs qui seront signés lundi », avait indiqué vendredi la présidence française.

Des projets emblématiques en perspective

Parmi les projets évoqués figure notamment un projet d’implantation, en région parisienne, d’un parc d’attractions inspiré du célèbre manga japonais Dragon Ball. Selon une source proche du dossier citée début août, les discussions entre les autorités françaises et une société d’investissement saoudienne seraient déjà très avancées.

Au-delà des grands projets, la table ronde doit contribuer à renforcer les liens entre les communautés d’affaires des deux pays et à favoriser l’émergence de partenariats industriels et technologiques de long terme.

L’énergie et la logistique au cœur des enjeux

Au niveau ministériel, une réunion doit également porter sur la diversification des routes d’approvisionnement énergétique. La question revêt une importance particulière alors que le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le transport des hydrocarbures, demeure verrouillé par l’Iran.

La coopération dans les transports, la logistique et les infrastructures numériques apparaît ainsi comme un autre axe majeur du partenariat, dans un contexte où l’Arabie saoudite accélère la modernisation de ses infrastructures et le développement de nouveaux secteurs économiques.