Les États-Unis vont-ils transférer leurs équipements turcs essentiels vers la Grèce?

Un avion ravitailleur quadriréacteur Boeing KC-135R Stratotanker, appartenant à la force aérienne US, atterrit à la base aérienne d’Adana, en Turquie. (Reuters)
Un avion ravitailleur quadriréacteur Boeing KC-135R Stratotanker, appartenant à la force aérienne US, atterrit à la base aérienne d’Adana, en Turquie. (Reuters)
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Publié le Mercredi 30 septembre 2020

Les États-Unis vont-ils transférer leurs équipements turcs essentiels vers la Grèce?

  • Les États-Unis envisagent de transférer leurs équipements militaires de la base aérienne d’Incirlik au sud de la Turquie vers la baie de Souda sur l’île grecque de Crète
  • Les relations entre la Grèce et les États-Unis ont atteint un niveau historique qui contraste fortement avec les liens de plus en plus tendus entre la Turquie et la Grèce

ISTANBUL: Washington aurait entamé des pourparlers sur le transfert de ses équipements militaires essentiels de la base aérienne d’Incirlik au sud de la Turquie vers l’île grecque de Crète, signe apparent de sa frustration face à l’aventurisme régional d’Ankara.

Par ailleurs, les relations entre la Grèce et les États-Unis ont atteint un niveau historique qui contraste fortement avec les liens de plus en plus tendus entre la Turquie et la Grèce.

Le ministre grec des Affaires Étrangères, Nikos Dendias, a rencontré le Secrétaire d’État Mike Pompeo dimanche, un jour après que le représentant américain a discuté de la Crète avec le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis.

La visite de Pompeo dans la région, la deuxième au cours des deux dernières semaines, est considérée par certains experts comme un avertissement symbolique à Ankara, qui signifierait que les États-Unis ont d'autres options concernant leurs moyens de défense.

La fermeture potentielle de la base aérienne d’Incirlik et le blocage de l'accès américain au site ont longtemps été utilisés par Ankara pour faire chanter les décideurs américains en période de crise bilatérale.

Cependant, selon le quotidien britannique The Times, ce sont les États-Unis qui envisagent maintenant de transférer leurs équipements principaux, y compris leur arsenal nucléaire, d’Incirlik vers la base de la baie de Souda en Crète.

Les États-Unis ont récemment levé sur Chypre un embargo de trois décennies sur les armes, permettant la vente d'équipements de défense non létaux — un autre pilier du partenariat américain en matière de sécurité, la nation insulaire visant également à restreindre l'accès naval russe.

Le discours anti-occidental persistant de la Turquie, son insistance à conserver le système de défense antimissile S-400 de fabrication russe malgré les avertissements de l'Occident, ainsi que la coopération américaine avec la milice kurde syrienne YPG — qu'Ankara considère comme un groupe terroriste —sont à l’origine du différend récent entre les États-Unis et la Turquie.

L’alternative à Incirlik a récemment été proposée par le sénateur américain Ron Johnson, qui préside le sous-comité des affaires étrangères du Sénat.

Johnson aurait déclaré que la présence américaine en Turquie était menacée, ce qui est l'une des raisons pour lesquelles Washington « renforce » sa présence en Crète.

« Je sais que nombreux sont ceux qui attribuent une valeur stratégique considérable à Incirlik. La base a une fonction politique importante et est considérée comme un symbole politique de la relation entre les États-Unis et la Turquie », a affirmé Aaron Stein, directeur de recherche à l'Institut de recherche sur la politique étrangère, à Arab News.

« Avant la guerre contre Daech, c’était un trou perdu, sans avion assigné et avec peu à faire. La principale raison pour laquelle elle reste ouverte est parce qu'il s'agit d'une installation de stockage d'armes nucléaires », a-t-il ajouté.

Stein a indiqué que les États-Unis envisageaient de construire des bases en Grèce, notamment dans la baie de Souda et à Andravida.

« C'est le lieu convenable. La Grèce est ouverte à une plus grande présence américaine, pour l'instant, et les tensions avec Ankara sont considérables », a-t-il lancé.

La base aérienne d’Incirlik, qui est contrôlée par l’armée turque, a été ouverte pour les opérations aériennes menées par la coalition occidentale dirigée par les États-Unis en juin 2015, afin de lancer des frappes contre Daech en Syrie.

Au cours des 30 dernières années, l’armée américaine avait le droit d’utiliser la base turque pour les opérations de l’OTAN. Environ 2 500 soldats sont hébergés à la base, qui abrite un escadron d'avions A-10 Warthog et des dizaines d'armes nucléaires.

En décembre, le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé de fermer les bases d’Incirlik et de Kurecik si Washington imposait des sanctions pour l'achat du système de défense aérienne russe.

Par ailleurs, une sixième série de pourparlers militaires techniques entre la Turquie et la Grèce menée par l'OTAN, pour résoudre le conflit de la Méditerranée orientale, s'est tenue mardi à Bruxelles, quelques heures après que la Turquie a effectué un exercice naval au large des eaux grecques.

Max Hoffman, analyste de la Turquie du Center for American Progress basé à Washington, estime que les pourparlers avec la Grèce font partie d’un effort à plus long terme des États-Unis pour protéger les bases et l'accès, compte tenu des risques politiques dans les relations avec la Turquie , ainsi qu’une approche de politique étrangère de plus en plus agressive d'Erdogan.

« Les États-Unis ont également élargi leurs options en Jordanie et ont commencé à consolider leurs liens avec Chypre », a-t-il précisé à Arab News.

Selon Hoffman, les États-Unis feront part de leurs inquiétudes à la Turquie si Erdogan continuait sur cette voie de confrontation.

« C'est le reflet de la profonde inquiétude au sein du gouvernement américain concernant la trajectoire de la Turquie, malgré la ligne directe d'Erdogan avec Trump », a-t-il ajouté.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le président libanais à Rome jeudi pour évoquer l'avenir de la force de l'ONU

Le président libanais Joseph Aoun a déclaré que le Liban privilégiait une prolongation du mandat de la Finul, une option à laquelle Israël s’oppose. (Archives/Agence de presse libanaise)
Le président libanais Joseph Aoun a déclaré que le Liban privilégiait une prolongation du mandat de la Finul, une option à laquelle Israël s’oppose. (Archives/Agence de presse libanaise)
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  • Le président libanais Joseph Aoun se rendra à Rome pour discuter de l’avenir de la Finul, dont le mandat expire fin 2026
  • Beyrouth privilégie une prolongation de la mission de l’ONU, mais envisage une force internationale alternative avec la France et l’Italie pour éviter un vide sécuritaire

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun se rendra à Rome jeudi pour des discussions sur le futur de la force de maintien de la paix dans son pays, dont le mandat expire fin 2026, a affirmé à l'AFP un responsable libanais.

La visite intervient après que la France et l'Italie, qui fournissent d'importants contingents de militaires à cette Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), ont dit en juin vouloir établir une coalition internationale pour lui succéder.

M. Aoun doit rencontrer son homologue Sergio Mattarella et la Première ministre Giorgia Meloni pour discuter de "l'avenir des forces internationales, notamment à la lumière de l'initiative franco-italienne visant à mettre en place une force pour remplacer la Finul", a indiqué le responsable sous couvert d'anonymat.

Selon lui, le président libanais rencontrera également le pape Léon XIV au Vatican et l'informera "des contacts que le Liban a établis depuis le début des négociations" avec Israël.

Le Liban et Israël ont mené au printemps des pourparlers directs, accueillis à Rome à deux reprises, et ont abouti en juin à la conclusion d’un accord-cadre sous l'égide des Etats-Unis, qui prévoit le désarmement du Hezbollah, un retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le déploiement de l'armée libanaise dans la région, en commençant par des "zones pilotes".

Le Liban avait été entraîné début mars dans le conflit entre l'Iran d'une part, Israël et les Etats-Unis d'autre part, lorsque le Hezbollah a ciblé Israël en soutien à Téhéran, avant de subir une riposte aérienne et terrestre.

M. Aoun a déclaré que le choix privilégié du Liban est une prolongation du mandat de la Finul, à laquelle Israël s'oppose. Le Liban et plusieurs autres pays redoutent un vide sécuritaire si la Finul se retire sans alternative.

Lundi, le président libanais a indiqué que "le second choix consiste à adopter une formule qui garantisse la présence continue des forces internationales dans le sud" du pays, aux côtés de l'armée libanaise "et en coordination avec elle".

Début juin, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres avait estimé "nécessaire" le maintien d'une présence militaire de l'ONU, proposant trois options allant de près de 2.000 à plus de 5.500 personnels en uniforme.

Le mois dernier, 86 députés libanais ont signé une lettre exhortant le Conseil de sécurité de l'ONU à maintenir les Casques bleus.

La Finul compte actuellement 7.500 Casques bleus, provenant d'une cinquantaine de pays. Présente au Liban depuis 1978, elle n'a pas empêché la résurgence des conflits.

Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis juin, Israël mène encore des frappes ponctuelles au Liban. Les forces israéliennes ont établi dans le sud du Liban ce qu'elles désignent comme une "zone de sécurité", sur une bande d'environ 10 kilomètres de large, le long de la frontière.


L'Iran offre 30.000 dollars pour tuer ou capturer des soldats américains

L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme. (AFP)
L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme. (AFP)
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  • "Quiconque tue ou capture et remet à l'armée de la République islamique d'Iran un militaire américain envahisseur recevra une récompense équivalente à 30.000 dollars, soit cinq milliards de tomans"
  • En employant le terme "envahisseur", Amir Hatami suggère qu'il s'agirait du cas où l'Iran ferait l'objet d'une violation de son territoire

TEHERAN: L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme.

Le chef d'état-major de l'armée, Amir Hatami, a affirmé que ce dispositif avait été mis en place à la suite d'un "grand nombre de demandes" de personnes souhaitant contribuer financièrement, selon l'agence officielle Irna.

"Quiconque tue ou capture et remet à l'armée de la République islamique d'Iran un militaire américain envahisseur recevra une récompense équivalente à 30.000 dollars, soit cinq milliards de tomans", a-t-il déclaré, en utilisant cette unité monétaire informelle équivalant à 10.000 rials iraniens.

En employant le terme "envahisseur", Amir Hatami suggère qu'il s'agirait du cas où l'Iran ferait l'objet d'une violation de son territoire.

Aucun déploiement connu de troupes américaines au sol n'a eu lieu en Iran pendant la guerre au Moyen-Orient, à l'exception d'une mission de sauvetage menée en avril pour porter secours à un pilote américain dont l'appareil s'était écrasé.

"Les courageuses femmes iraniennes qui accompliront une telle action recevront le double de cette récompense", a-t-il ajouté.

La guerre entre Téhéran et Washington a été déclenchée le 28 février par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre la République islamique qui a répliqué en lançant des frappes sur les pays du Golfe alliés de Washington.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un accord-cadre en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats.

L'Iran et les Etats-Unis ont depuis échangé sporadiquement des frappes qui se concentrées principalement autour du stratégique détroit d'Ormuz.


L'émissaire de Trump se rendra en Israël pour tenter d'aplanir les divergences sur Gaza

Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien. (AFP)
Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien. (AFP)
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  • M. Netanyahu, sur la sellette avant les élections législatives d'octobre dont le résultat paraît incertain, a promis qu'il n'y aurait pas de retrait et a mis en doute la volonté du Hamas de se désarmer
  • Le Hamas de son côté a insisté sur le fait qu'il soutenait l'accord. "Nous continuons à attendre que les médiateurs et la partie américaine fassent pression sur Netanyahu et son gouvernement pour les contraindre à respecter la feuille de route"

JERUSALEM: Jared Kushner, l'émissaire et gendre de Donald Trump, se rendra en Israël la semaine prochaine pour tenter d'aplanir les divergences entre les deux alliés sur le plan américain pour la bande de Gaza, a déclaré une source au sein du "Conseil de paix".

Il se rendra avec Nikolaï Mladenov, le haut représentant pour ce territoire palestinien du "Conseil de paix" créé par le président américain, en Israël et en Egypte, un pays médiateur-clé.

Cette visite interviendra après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rejeté publiquement le 9 août la feuille de route américaine en 15 points annoncée fin juillet par M. Mladenov, qui prévoit le désarmement du Hamas et le retrait israélien de la bande de Gaza.

Si ce mouvement islamiste palestinien l'a acceptée, Israël a dit lier tout départ de ses soldats à un "véritable" désarmement du Hamas.

Selon une source au sein du "Conseil de Paix", MM. Kushner et Mladenov espèrent "des discussions constructives" sur le plan de paix global de Donald Trump pour la bande de Gaza, dont le premier jalon a été le cessez-le-feu décrété en octobre 2025. Depuis, les frappes israéliennes ont diminué en intensité, sans s'arrêter pour autant.

"Les Etats-Unis et Israël s'accordent sur l'issue souhaitée à Gaza, c'est-à-dire un Hamas démilitarisé", a précisé la même source, qui a requis l'anonymat.

"Nous allons écouter les préoccupations soulevées et discuter des prochaines étapes", a-t-elle poursuivi.

Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien.

Mais M. Mladenov est ensuite revenu sur ses propos et a déclaré qu'Israël n'aurait pas à retirer ses forces tant que le Hamas ne se serait pas entièrement désarmé.

M. Netanyahu, sur la sellette avant les élections législatives d'octobre dont le résultat paraît incertain, a promis qu'il n'y aurait pas de retrait et a mis en doute la volonté du Hamas de se désarmer, exigeant que celui-ci détruise ses armes de manière vérifiable.

Le Hamas de son côté a insisté sur le fait qu'il soutenait l'accord. "Nous continuons à attendre que les médiateurs et la partie américaine fassent pression sur Netanyahu et son gouvernement pour les contraindre à respecter la feuille de route", a dit à l'AFP Bassem Naim, membre du bureau politique de ce mouvement islamiste.

Il a appelé les Etats-Unis à "empêcher la perturbation du processus (de mise en oeuvre) de l'accord de cessez-le-feu pour des raisons politiques et électorales".