Covid: le gouvernement tente de faire face à une flambée des contaminations

Le Premier ministre Jean Castex (à gauche) et le ministre de la Santé Olivier Véran (à droite) en conférence de presse (Photo, AFP).
Le Premier ministre Jean Castex (à gauche) et le ministre de la Santé Olivier Véran (à droite) en conférence de presse (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 29 décembre 2021

Covid: le gouvernement tente de faire face à une flambée des contaminations

  • Trois jours après avoir franchi les 100000 contaminations en 24 heures, la France a battu mardi son record en enregistrant 179807 nouveaux cas de Covid-19
  • Un niveau jamais vu depuis le début de la crise sanitaire, qui témoigne de l'extrême contagiosité du variant Omicron

PARIS: Les contaminations à la Covid-19 explosent en France, sous la poussée du variant Omicron avec un nouveau record à près de 180.000 cas, au lendemain d'une nouvelle série de mesures annoncées pour tenter de faire face à la crise sanitaire.

Trois jours après avoir franchi les 100.000 contaminations en 24 heures, la France a battu mardi son record en enregistrant 179.807 nouveaux cas de Covid-19, selon les données des autorités sanitaires.

Un niveau jamais vu depuis le début de la crise sanitaire, qui témoigne de l'extrême contagiosité du variant Omicron.

"Tout laisse à penser que nous pourrions atteindre plus de 250.000 cas par jour d'ici au début du mois de janvier", a pronostiqué lundi le ministre de la Santé Olivier Véran lors d'une conférence annonçant de nouvelles mesures.

A l'issue d'un Conseil de défense suivi d'un Conseil des ministres exceptionnels, le Premier ministre Jean Castex a dévoilé la nouvelle riposte du gouvernement: pas de couvre-feu le 31 décembre ou de report de la rentrée scolaire, mais un retour des jauges, fixées à 2.000 personnes maximum en intérieur et 5.000 en extérieur, le recours "obligatoire" au télétravail "là où c'est possible", l'interdiction des concerts debout et de la consommation debout dans les bars et cafés.

"Je pense qu’il aurait fallu intervenir quand Omicron a commencé à apparaître en Europe" mi-décembre, a réagi mardi dans Le Monde l'épidémiologiste Dominique Costagliola, également directrice de recherche à l'Inserm. "Au contraire, on a joué à la roulette russe en espérant le meilleur".

Selon Santé publique France, le nombre de malades du Covid-19 hospitalisés continue de progresser (17.405 mardi, dont 3.416 en soins critiques).

«Dissuader les rassemblements»

Afin de limiter "l'impact sur la société d'une multiplication des contaminations et des cas contacts, qui peut entraîner une paralysie des services publics et privés", le gouvernement doit "ajuster" d'ici à la fin de la semaine les règles d'isolement pour les personnes testées positives et leurs cas contacts.

En attendant, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a indiqué que les élèves des classes de primaire où un cas positif de Covid a été diagnostiqué devraient présenter au moins deux tests négatifs à plusieurs jours d'intervalle, contre un actuellement, pour revenir à l'école.

Il a précisé ultérieurement à l'AFP qu'il ne s'agissait que d'une "hypothèse de travail qui est étudiée en lien avec les autorités de santé" et que la rentrée des classes aurait lieu comme prévu le 3 janvier, selon les règles actuelles.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a, lui, demandé aux préfets, dans un télégramme consulté par l'AFP, de prendre des mesures pour "dissuader les rassemblements" et imposer le port du masque en centre-ville, notamment pour la Saint-Sylvestre.

Concernant le télétravail, le gouvernement souhaite imposer aux entreprises récalcitrantes des amendes administratives, a annoncé la ministre du Travail Elisabeth Borne aux partenaires sociaux au cours d'une visioconférence mardi.

Ces amendes "seront introduites par amendement dans le projet de loi" qui va transformer le pass sanitaire en pass vaccinal et qui sera examiné en commission mercredi à l'Assemblée nationale, a rapporté Michel Beaugas, secrétaire confédéral Force ouvrière. 

«Reconnaissance»

Quant à la vente d'autotests pour dépister le Covid-19, elle est désormais autorisée dans les grandes surfaces, et donc hors pharmacies, jusqu'au 31 janvier 2022. Il s'agit pour le gouvernement "de diversifier les circuits d'approvisionnements et de ventes" face une demande "sans précédent".

Le monde culturel s'est également alarmé de l'interdiction des concerts debout. Plusieurs artistes, comme Julien Doré, Eddy de Pretto ou Hoshi, ont ironisé sur les jauges qui s'appliquent aux concerts mais pas aux meetings politiques.

Pour couper court à la polémique, le parti présidentiel LREM a annoncé qu'il appliquerait les jauges à ses meetings.

Le monde du sport s'inquiète aussi. Le retour des jauges va "frapper durement les clubs de rugby professionnel" dont les ressources sont liées "à plus de 60 %" à la présence du public, a averti la Ligue nationale de rugby (LNR).

Dès mardi matin, Jean Castex était sur le terrain pour se rendre, accompagné d'Olivier Véran, dans un service de réanimation à Créteil, au sud-est de Paris.

Le Premier ministre n'est pas arrivé les mains vides, annonçant une prime mensuelle de 100 euros nets pour les infirmières des services de soins critiques et de réanimation dès janvier 2022.

Environ 24.000 personnes sont concernées par cette revalorisation salariale, "une reconnaissance indispensable", a-t-il dit.


"La France vous aime", "l'Arménie avec l'Europe", clame Macron sur les lieux du séisme de 1988

Le président français Emmanuel Macron, accompagné du Premier ministre arménien Nikol Pashinyan et du président arménien Vahagn Khachaturyan, s’éloigne après avoir rendu hommage au mémorial des victimes du séisme de 1988, à Gyumri, le 5 mai 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, accompagné du Premier ministre arménien Nikol Pashinyan et du président arménien Vahagn Khachaturyan, s’éloigne après avoir rendu hommage au mémorial des victimes du séisme de 1988, à Gyumri, le 5 mai 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron réaffirme à Gyumri l’amitié forte entre la France et l’Arménie, en évoquant la mémoire du séisme de 1988 et le soutien historique français
  • Il soutient une Arménie tournée vers l’Europe et la paix, malgré les tensions passées avec l’Azerbaïdjan, en insistant sur un partenariat durable

ARMENIE: "La France vous aime !", "l'Arménie avec l'Europe" : Emmanuel Macron a conclu mardi sa visite d'Etat dans cette ex-république soviétique sur un message appuyé d'amitié et pro-européen depuis Gyurmi, ville martyre du tremblement de terre de 1988.

"Personne n’a oublié ce jour de décembre 1988 où les horloges se sont arrêtées, où la ville a été touchée et où le monde s’est levé +pour toi Arménie+", a lancé le président aux milliers d'habitants réunis sur la place Vardanants, au coeur de la cité reconstruite, pour un concert franco-arménien.

Deuxième ville du pays, Gyumri a été détruite à 60% lors du séisme qui fit près de 26.000 morts le 7 décembre 1988. A proximité immédiate de la Turquie, elle abrite aussi toujours aujourd'hui une base russe, héritée de l'URSS.

"Pour toi Arménie", chanson emblématique écrite par Charles Aznavour pour les victimes du tremblement de terre, avait été entonnée juste avant sur scène par l'orchestre d'Etat et le Choeur académique national d'Arménie.

"L'héritage de Charles Aznavour demeure immense et précieux pour les peuples arméniens et français", a proclamé la présentatrice du concert entre deux interprétations.

Les artistes Patrick Fiori et Joyce Jonathan ont aussi ajouté à la touche française, avec en toile de fond des écrans géants aux couleurs de la France.

Le Premier ministre Nikol Pachinian, qui accompagnait le président, était aussi un peu en campagne dans cette ville symbole à un mois des élections législatives du 7 juin.

Les deux dirigeants se sont d'ailleurs prêtés à un long bain de foule après s'être inclinés devant le monument aux victimes du séisme sur une autre note de Charles Aznavour ("Emmenez-moi").

Le tremblement de terre avait alors eu une forte résonnance en France, pays qui abrite une importante diaspora arménienne (400.000 personnes).

La France "s’est mobilisée", dépêchant plus de 500 sapeurs-pompiers et militaires sur place, a rappelé Emmanuel Macron.

"Après l’enfer, après l’hiver, c’est un nouveau printemps", a-t-il salué, citant les paroles de "Pour toi Arménie", sans esquiver les "difficultés" du pays ces dernières années avec le long conflit territorial contre l'Azerbaïdjan, autre héritage de l'URSS.

Nikol Pachinian a conclu un accord de paix après la reconquête de l'enclave du Karabakh, majoritairement peuplée d'Arméniens, par Bakou en 2023, malgré le traumatisme ressenti dans la population.

"Comme Gyumri est là, avec ce nouveau visage, l’Arménie avance en paix, en stabilité, avec l’Europe", a estimé Emmanuel Macron sous les applaudissements.

"Comme nous étions là en décembre 1988, nous étions là dans les pires heures de 2020 (de la guerre, ndlr) et nous serons là aujourd'hui et demain à vos côtés. N'oubliez jamais que la France vous aime", a assuré Emmanuel Macron.


La France va signer un accord de partenariat stratégique avec l'Arménie

Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat. (AFP)
Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat. (AFP)
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  • La France, où vit la plus grande diaspora arménienne après celles en Russie et aux Etats-Unis, avec 400.000 personnes, a une longue histoire d'amitié et de solidarité avec ce petit pays très francophile de trois millions d'habitants
  • Le président français y a d'ailleurs été accueilli par de nombreuses marques de sympathie, des plus hauts dirigeants de l'Etat aux badauds qui l'ont applaudi dans les rues d'Erevan aux cris de "Vive l'Arménie ! Vive la France!"

EREVAN: Emmanuel Macron achève mardi une visite d'Etat en Arménie, ex-république soviétique partagée entre aspirations européennes et liens historiques avec la Russie, par la signature d'un partenariat et de contrats destinés à intensifier une relation bilatérale déjà dense.

La France, où vit la plus grande diaspora arménienne après celles en Russie et aux Etats-Unis, avec 400.000 personnes, a une longue histoire d'amitié et de solidarité avec ce petit pays très francophile de trois millions d'habitants.

Le président français y a d'ailleurs été accueilli par de nombreuses marques de sympathie, des plus hauts dirigeants de l'Etat aux badauds qui l'ont applaudi dans les rues d'Erevan aux cris de "Vive l'Arménie ! Vive la France!"

Au premier jour de la visite lundi, Emmanuel Macron a rappelé cette "relation singulière", l'accueil à Marseille (sud de la France) des réfugiés fuyant les massacres d'Arméniens perpétrés par l'Empire ottoman lors de la Première guerre mondiale, la mobilisation de la France lors du tremblement de terre de 1988 en Arménie, l'influence du chanteur Charles Aznavour dans les deux pays.

La chanson française était d'ailleurs à l'honneur au dîner d'Etat : Emmanuel Macron a entonné la "Bohême" de Charles Aznavour avec le président arménien Vahagn Khatchatourian au piano et le Premier ministre Nikol Pachinian à la batterie. Son homologue a aussi interprété les "Feuilles mortes" d'Yves Montand.

"La Russie pas là"

La France a aussi toujours soutenu l'Arménie dans son combat meurtrier face à l'Azerbaïdjan après la chute de l'URSS en 1991. "Beaucoup en Europe nous regardaient comme des bêtes étranges" quand d'autres préféraient cultiver leurs relations énergétiques et commerciales avec Bakou, a raconté le président français.

Au plus fort de la guerre autour de l'enclave séparatiste du Karabakh en 2023, la Russie qui compte encore 4.000 soldats en Arménie, "n'était pas là, pas plus qu'elle n'est là pour le Venezuela quand il a des problèmes (...) ou le régime malien lorsqu'il est bousculé par les terroristes", a-t-il lancé.

Le président a aussi salué le choix de l'Arménie et de son Premier ministre, Nikol Pachinian, de "se tourner vers l'Europe", malgré les avertissements à peine voilés de la Russie.

Une aspiration consacrée par la tenue lundi du sommet de la Communauté politique européenne, avec une quarantaine de dirigeants de toute l'Europe, et du premier sommet UE-Arménie mardi à Erevan.

"Le choix que vous avez fait de l'indépendance pleine et entière, de la paix, de la stabilité dans cette région, le choix de l'Europe et de la prospérité sont ceux que nous soutenons (...). Nous voulons être de cette aventure", a lancé M. Macron lors du dîner en son honneur au palais présidentiel.

Le rapprochement avec l'UE reste toutefois entravé par les liens forts unissant Erevan et Moscou, tous deux membres de l'Organisation du traité de sécurité collective, alliance militaire dont fait toujours partie l'Arménie malgré le gel de sa participation en 2024.

L'Arménie, enclavée entre l'Azerbaïdjan, l'Iran, la Géorgie et la Turquie, avec laquelle la frontière est toujours fermée, mise sur la paix pour développer ses connexions terrestres, énergétiques et commerciales et sortir de son isolement.

Efforts de défense 

"Cette nouvelle ère de coopération régionale peut mettre le Caucase encore plus au milieu d'un carrefour entre l'Europe et l'Asie", souligne l'Elysée.

Dans ce contexte, Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat.

La coopération de défense inclut déjà un volet aérien avec la commande de trois radars français et la formation par la France de soldats arméniens. L'Arménie a aussi passé commande de 36 canons Caesar en 2024.

Des contrats vont également être signés dans le domaine des transports, a indiqué l'Elysée, évoquant des "prospects potentiels pour Airbus" ainsi que "l'engagement de l'Etat français" dans la construction d'un tunnel sur l'axe routier arménien nord-sud.

Le président s'inclinera dans la matinée au Mémorial commémorant les massacres d'Arméniens à Erevan. Il visitera le musée Matenadaran qui renferme une vaste collection de manuscrits anciens arméniens et va conclure un accord de coopération avec la Bibliothèque nationale de France.

Le président Macron et le Premier ministre Pachinian se rendront aussi à Gyumri, ville martyr du tremblement de terre qui fit quelque 25.000 morts le 7 décembre 1988 dans le nord-ouest du pays.


Macron dénonce les frappes iraniennes «inacceptables» contre les Emirats

Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis. (AFP)
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  • "Les frappes iraniennes aujourd'hui (lundi) contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables"
  • Il a de nouveau appelé à la réouverture du détroit d'Ormuz et à des garanties de sécurité pour les pays de la région

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis, qui ont fait état lundi des premières attaques de Téhéran en plus d'un mois dans la guerre au Moyen-Orient, avec des drones et des missiles de croisière.

"Les frappes iraniennes aujourd'hui (lundi) contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables", a dénoncé M. Macron tôt mardi sur X, assurant les Emirats du soutien de la France et appelant de nouveau à la réouverture du détroit d'Ormuz et à des garanties de sécurité pour les pays de la région.

Les frappes iraniennes aujourd’hui contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables.

Comme elle l’a fait depuis le début du conflit, la France continuera de soutenir ses alliés aux Émirats et dans la région pour la défense de leur territoire.…

— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) May 4, 2026