« L'année des licornes »: les startups indiennes en plein boom

 Sur une photo prise le 7 mai 2013, le développeur de logiciels et entrepreneur indien Nischal Shetty (à droite), pose dans son bureau de Vashi, à la périphérie de Mumbai. (AFP)
Sur une photo prise le 7 mai 2013, le développeur de logiciels et entrepreneur indien Nischal Shetty (à droite), pose dans son bureau de Vashi, à la périphérie de Mumbai. (AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 31 décembre 2021

« L'année des licornes »: les startups indiennes en plein boom

  • Au total, 44 entreprises indiennes ont acquis en 2021 le statut envié de « licorne », profitant d'un vif regain d'intérêt des investisseurs internationaux
  • Les fonds étrangers ont investi plus de 35 milliards de dollars dans les startup indiennes en 2021, trois fois plus qu'en 2020

BOMBAY : Pour Sumit Gupta, l'année 2021 s'est avérée excellente: il a fêté ses 30 ans, il s'est marié, et la valeur de CoinDCX, la startup qu'il a fondée en Inde, a dépassé le milliard de dollars.

Après avoir travaillé sans relâche en pleine pandémie pour financer et développer CoinDCX, une plateforme de cryptomonnaies, son équipe s'est finalement accordé quelques jours de repos pour fêter l'événement sur une plage de Goa, sur la côte ouest de l'Inde.

"Cela a fait beaucoup de bien à tout le monde", raconte M. Gupta. "Notre périple a été très, très excitant. J'ai énormément appris. L'avenir de l'Inde s'annonce radieux".

Au total, 44 entreprises indiennes ont acquis en 2021 le statut envié de "licorne" (startups valorisées à un milliard de dollars ou plus), profitant d'un vif regain d'intérêt des investisseurs internationaux.

"Avec de la persévérance, il est tout à fait possible de créer une licorne en Inde", affirme M. Gupta, selon qui le pays, cinquième économie mondiale, "est plein d'opportunités".

Les fonds étrangers ont investi plus de 35 milliards de dollars dans les startup indiennes en 2021, trois fois plus qu'en 2020, selon des données recueillies par la plateforme d'analyse des entreprises technologiques Tracxn. L'argent coule à flots dans tous les secteurs innovants, de la finance à la santé en passant par les jeux de hasard.

Les entreprises chinoises ont longtemps été les favorites des fonds étrangers. Mais un récent tour de vis réglementaire mené par Pékin pour freiner la surchauffe dans le secteur internet a fait perdre des milliards de dollars en valeur boursière à des géants comme Baidu, Alibaba ou Tencent.

Par ricochet, les investissements dans les startup chinoises ont fondu, passant de 73 milliards de dollars en 2020 à seulement 54,5 milliards en 2021, selon une analyse de GlobalData.

Cette désaffection profite à l'Inde, autre marché de plus d'un milliard d'habitants qui bénéficie d'une armée d'entrepreneurs au niveau d'éducation élevé et d'infrastructures numériques de plus en plus solides.

Record d'entrées en Bourse 

"L'Inde a 13 ou 14 ans de retard sur la Chine pour ce qui est de la taille de son marché", estime Siddharth Mehta, fondateur de la firme d'investissements Bay Capital Partners. "Le marché du numérique en Inde atteint moins de 100 milliards de dollars aujourd'hui, mais il pourrait facilement atteindre les 1.000 ou 2.000 milliards dans 10 ou 15 ans", prédit-il.

Parmi les groupes qui manifestent un intérêt croissant pour l'Inde figurent le géant japonais Softbank, qui a investi 3 milliards de dollars dans le pays cette année, les chinois Tencent et Alibaba, ou encore les fonds américains Sequoia Capital et Tiger Global.

"Je crois en l'avenir de l'Inde. Je crois en la passion des jeunes entrepreneurs en Inde. L'Inde va devenir grande", prophétisait début décembre le fondateur de Softbank, Masayoshi Son.

L'Inde a également connu en 2021 un nombre record d'entrées en Bourse de startups, comme celles de l'application de livraison de repas Zomato ou la plateforme de produits de beauté Nykaa dont les fondateurs sont devenus milliardaires.

Les bonnes performances affichées par la Bourse de Bombay, qui a pris 125% entre avril 2020 et octobre 2021, et une profusion d'applications de boursicotage incitent de plus en plus d'Indiens, pour la plupart jeunes, à se lancer dans l'investissement en ligne.

Une tendance qui n'est pas sans risques, avertissent les experts, selon lesquels beaucoup des nouvelles firmes pourraient s'avérer grossièrement surévaluées.

L'entreprise de paiement en ligne Patym, qui n'a pas encore réalisé le moindre bénéfice, a ainsi perdu 40% de sa valeur depuis son introduction à la Bourse de Bombay en novembre, la plus grosse de 2021 en Inde.

Et l'afflux de capital dans le secteur technologique ne résoud guère les problèmes économiques de fond d'un pays où la pauvreté reste immense. Beaucoup des quelque 10 millions de jeunes qui arrivent sur le marché du travail chaque année survivent de petits boulots instables et misérablement payés.

Un problème que ne connaissent pas les cols blancs de la high-tech, secteur dans lequel la demande de travailleurs qualifiés dépasse l'offre.

Les startups, les caisses pleines, s'arrachent les meilleurs talents en leur faisant miroiter salaires élevés, actions et même motos et billets pour des matches de cricket.

"Les recruteurs n'arrêtent pas d'appeler", raconte à l'AFP un candidat qui ne souhaite pas donner son nom. "Les salaires ont gonflé depuis l'an dernier et on dirait que tout le monde recrute. Les gens changent de travail tout le temps".

 


Ameublement: Roche Bobois souffre d'un marché morose

 La morosité du marché de l'ameublement depuis la période faste du Covid-19 continue d'effriter le bénéfice net de Roche Bobois, en baisse de plus de 35% en 2025 à 10,2 millions d'euros, après une année 2024 déjà compliquée. (AFP)
La morosité du marché de l'ameublement depuis la période faste du Covid-19 continue d'effriter le bénéfice net de Roche Bobois, en baisse de plus de 35% en 2025 à 10,2 millions d'euros, après une année 2024 déjà compliquée. (AFP)
Short Url
  • Roche Bobois explique avoir été fortement pénalisé l'an dernier par la faiblesse du dollar et les taxes douanières mises en place par Donald Trump aux Etats-Unis, premier marché de l'enseigne
  • La zone États-Unis/Canada affiche ainsi un Ebitda en repli de 13,3%, à 30 millions d'euros, par rapport à 2024.

PARIS: La morosité du marché de l'ameublement depuis la période faste du Covid-19 continue d'effriter le bénéfice net de Roche Bobois, en baisse de plus de 35% en 2025 à 10,2 millions d'euros, après une année 2024 déjà compliquée.

Le chiffre d'affaires de l'enseigne d'ameublement haut de gamme résiste mieux mais s'affiche en repli de 2,8%, à 402,5 millions d'euros, selon un communiqué publié jeudi.

L'excédent brut d'exploitation (Ebitda) - un indicateur de la rentabilité - diminue de 4,3%, à 71,2 millions d'euros, dans la fourchette annoncée par le groupe.

Roche Bobois explique avoir été fortement pénalisé l'an dernier par la faiblesse du dollar et les taxes douanières mises en place par Donald Trump aux Etats-Unis, premier marché de l'enseigne.

La zone États-Unis/Canada affiche ainsi un Ebitda en repli de 13,3%, à 30 millions d'euros, par rapport à 2024.

La France a également beaucoup souffert avec un Ebitda en baisse de 9,3%, à 16,8 millions d'euros, "en lien avec la baisse des volumes" des ventes.

Ces résultats en baisse sont compensés par la bonne tenue de la marque de canapés Cuir Center, également propriété du groupe, qui affiche une croissance de son Ebitda de 25%, à 7,7 millions d'euros, "grâce à sa bonne performance commerciale et à la fermeture de magasins non rentables en 2024".

Après ce nouvel exercice difficile, Roche Bobois proposera de verser un dividende de 0,80 euro par action lors de sa prochaine assemblée générale, contre 1,25 euros l'an dernier.

Le groupe dit aborder 2026 avec "prudence compte tenu du contexte géopolitique actuel qui pèse sur la vigueur de la consommation et des effets de change toujours peu favorables".

Roche Bobois détient actuellement un réseau de 339 magasins en propre ou franchisé dans 54 pays, ses principaux marchés étant l'Amérique du Nord, la France et le reste de l'Europe.

 


L'UE choisit Lille pour le siège de la future Autorité douanière européenne

Bâtiment destiné à accueillir l’Autorité douanière européenne à Lille, 25 mars 2026. (AFP)
Bâtiment destiné à accueillir l’Autorité douanière européenne à Lille, 25 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • Lille a été choisie pour accueillir le siège de la future Autorité douanière européenne (EUCA) en 2028, après avoir battu Rome et huit autres villes, renforçant le rôle stratégique de la France dans le commerce et la logistique européens
  • La ville bénéficiera d’une implantation à Euralille, au cœur des axes logistiques européens, avec environ 250 emplois prévus d’ici 2034, dans le cadre de la réforme du système douanier de l’UE

BRUXELLES: Lille a été choisie mercredi pour accueillir le siège de la future Autorité douanière européenne, face à huit autres villes candidates, prenant ainsi sa revanche après avoir vu lui échapper l'Autorité européenne du médicament en 2017.

La métropole du nord de la France, chef lieu de la région des Hauts-de-France, était en concurrence avec Rome, finaliste, ainsi que Varsovie, Zagreb, Bucarest, La Haye, Liège, Porto et Malaga.

"C'est le choix d'une métropole ouverte et pleinement européenne, une fierté pour la France. Nous serons au rendez-vous", a salué le président français Emmanuel Macron, sur le réseau X.

La décision a été prise conjointement par le Parlement européen et le Conseil de l'UE, l'instance qui représente les 27 États membres, via une procédure spéciale.

Le Conseil et le Parlement européen avaient chacun présélectionnés Lille et Rome, sans se concerter. Il a fallu ensuite trois tours de scrutin pour les départager.

L'Autorité douanière de l'Union européenne (également connue sous son acronyme anglais EUCA) doit voir le jour en 2028. Sa création est l'un des principaux éléments de la réforme du système douanier européen, avec une nouvelle plateforme des données douanières, qui centralisera les informations des 27 États membres.

- "Au carrefour de l'Europe" -

"Fier de cette victoire collective: élus, entreprises, universités, une mobilisation exemplaire de tout le territoire", s'est félicité le maire de Lille, Arnaud Deslandes, dans un message sur X.

"Ça montre aussi que la France n'est pas isolée en Europe, contrairement à ce que beaucoup disent ou souhaiteraient", a assuré à l'AFP Xavier Bertrand, président du conseil régional des Hauts-de-France.

Ce dernier y voit la preuve de "l'attractivité" de la région et des "atouts techniques clairs" de la candidature lilloise, laquelle avait tiré les leçons de 2017, lorsque la ville avait vu lui échapper l'Agence européenne du médicament, autrefois installée à Londres et transférée à Amsterdam après le Brexit.

Il salue aussi "un réel travail collectif" qui montre "l'influence et le rayonnement des Hauts-de-France".

"C'est un choix judicieux", a estimé aussi l'eurodéputé néerlandais Dirk Gotlink (PPE, droite), l'un des représentants du Parlement dans cette procédure.

"La France est l'un des principaux pays douaniers d'Europe, un colis sur trois entrant dans l'UE transite par son territoire. La situation stratégique de Lille, au carrefour de l'Europe, en fait le centre névralgique de cette autorité. Ce choix envoie un signal clair: la France jouera un rôle central dans l'avenir de notre union douanière", a-t-il souligné dans un communiqué.

Selon les propositions de la Commission européenne, la future agence devrait employer 250 personnes en équivalent temps plein d'ici 2034.

Elle aidera à moderniser les procédures de contrôle et de taxation des biens importés dans l'UE, alors que les services douaniers européens sont de plus en plus engorgés par l'afflux de colis de faible valeur en provenance de Chine.

Des auditions s'étaient déroulées fin janvier au Parlement européen pour aider à départager les candidatures.

Celle de Lille avait été défendue à cette occasion par l'ex-ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, et Xavier Bertrand.

L'Autorité sera installée dans un bâtiment du quartier d'affaires d'Euralille, à deux pas des gares de Lille-Flandres et Lille-Europe.

La France avait fait valoir la situation géographique privilégiée de la capitale des Hauts-de-France, située "au carrefour des grandes routes de la logistique et du commerce international européen", et à une demi-heure de Bruxelles, des institutions européennes et de l'Organisation mondiale des douanes.


Le dollar remonte avec la perspective de troupes américaines au Moyen-Orient

Des conteneurs sont visibles au terminal à conteneurs de Lianyungang, dans la province du Jiangsu, dans l'est de la Chine, le 24 mars 2026.  (AFP)
Des conteneurs sont visibles au terminal à conteneurs de Lianyungang, dans la province du Jiangsu, dans l'est de la Chine, le 24 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • Selon Axios, le président et son administration envisagent de s'emparer de l'île de Kharg, d'où partent environ 90% des exportations de brut de l'Iran, afin de forcer Téhéran à rouvrir le détroit d'Ormuz
  • Or le Wall Street Journal rapporte que Washington va envoyer dans la région entre 2.200 et 2.500 Marines capables de mener des opérations amphibies

LONDRES: Le dollar profite mardi de la remontée des cours de l'énergie, après des informations de presse selon lesquelles l'armée américaine va déployer des troupes supplémentaires au Moyen-Orient, douchant les espoirs de négociations évoquées la veille par Donald Trump.

Vers 10H30 GMT (11H30 à Paris), la devise américaine prenait 0,22% à l'euro, à 1,1587 dollar.

"L'optimisme prudent des marchés financiers, suscité par le report des frappes contre les infrastructures énergétiques iraniennes par le président Trump, s'est dissipé durant la séance asiatique après la publication d'informations pessimistes", et "le dollar s'est apprécié", résume Carol Kong, analyste chez CBA.

Selon Axios, le président et son administration envisagent de s'emparer de l'île de Kharg, d'où partent environ 90% des exportations de brut de l'Iran, afin de forcer Téhéran à rouvrir le détroit d'Ormuz.

Or le Wall Street Journal rapporte que Washington va envoyer dans la région entre 2.200 et 2.500 Marines capables de mener des opérations amphibies.

Par ailleurs, deux infrastructures énergétiques iraniennes ont finalement été visées par des frappes israélo-américaines, a affirmé tôt mardi l'agence de presse Fars, tandis que le ministère iranien des Affaires étrangères a nié lundi être en pourparlers avec les Etats-Unis.

Lundi, la livre sterling avait gagné jusqu'à 1% face au dollar, et le rendement obligataire britannique à 10 ans a connu un nouveau sommet depuis 2008, à 5,12%, avant de retomber de concert.

Depuis, la devise britannique relâchait mardi 0,26% au billet vert, à 1,3396 dollar, et les taux d'emprunt se sont apaisés.

Les marchés, qui anticipaient la veille quatre hausses de taux de la Banque d'Angleterre cette année, tablent désormais sur entre deux et trois, d'après Bloomberg.

"Les conditions sont exceptionnellement difficiles à remplir pour que la Banque d'Angleterre relève son taux directeur, déjà en territoire restrictif", et au vu de données économiques faibles, estime en effet Chris Turner, analyste chez ING.

L'indice d'activité PMI au Royaume-Uni a faiblit en mars, à 51, contre 53,7 en février, et moins que les 52,8 projetés par le consensus des analystes sondés par Bloomberg, selon les chiffres publiés mardi par S&P Global.

Mercredi, sera dévoilée l'inflation en février dans le pays, qui ne capturera cependant pas les effets de la guerre.

Le prix d'une once d'or progressait aussi de 0,27%, à 4.419,40 dollars.

La veille, les cours des métaux précieux s'étaient brièvement effondrés, les investisseurs préférant engranger leurs bénéfices sur l'or et l'argent pour récupérer des liquidités, plus facilement mobilisables et accessibles.