Trans Europ Express, un rêve de trains directs à travers l'Europe

Pour son "Trans Europ Express 2.0" (ou TEE 2.0), le gouvernement allemand envisage pour commencer quatre lignes transeuropéennes, dont trois passeraient en France: Paris-Bruxelles-Cologne-Berlin-Varsovie, Berlin-Francfort-Lyon Saint-Exupéry-Barcelone, Amsterdam-Bruxelles-Roissy CDG-Lyon Saint-Exupéry-Montpellier-Barcelone et Amsterdam-Cologne-Bâle-Milan-Rome. (AFP).
Pour son "Trans Europ Express 2.0" (ou TEE 2.0), le gouvernement allemand envisage pour commencer quatre lignes transeuropéennes, dont trois passeraient en France: Paris-Bruxelles-Cologne-Berlin-Varsovie, Berlin-Francfort-Lyon Saint-Exupéry-Barcelone, Amsterdam-Bruxelles-Roissy CDG-Lyon Saint-Exupéry-Montpellier-Barcelone et Amsterdam-Cologne-Bâle-Milan-Rome. (AFP).
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Publié le Mercredi 30 septembre 2020

Trans Europ Express, un rêve de trains directs à travers l'Europe

  • Des trains à grande vitesse directs entre Paris et Varsovie, ou entre Berlin et Lyon ou Barcelone? C'est le pari du gouvernement allemand
  • Pour son "Trans Europ Express 2.0" (ou TEE 2.0), le gouvernement allemand envisage pour commencer quatre lignes transeuropéennes, dont trois passeraient en France

PARIS :  Des trains à grande vitesse directs entre Paris et Varsovie, ou entre Berlin et Lyon ou Barcelone? C'est le pari du gouvernement allemand, qui veut d'ici à 2025 faire renaître le mythique réseau des Trans Europ Express, pour notamment offrir une alternative à l'avion.

L'Allemagne, qui occupe la présidence tournante de l'Union européenne, a récemment présenté aux Etats membres un dossier complet visant à reconstituer un réseau transeuropéen de liaisons ferroviaires rapides, allant d'une capitale à l'autre de jour comme de nuit.

"Nous voulons mieux interconnecter les liaisons ferroviaires à travers l'Europe", a résumé le ministre allemand des Transports, Andreas Scheuer.

Il faudrait selon lui intégrer ces liaisons transfrontalières au cadencement des horaires que l'Allemagne entend généraliser vers 2025, en se coordonnant d'un pays à l'autre. 

"Alors, le voyage en train (deviendrait) vraiment intéressant, même sur de longues distances", offrant une alternative crédible et respectueuse de l'environnement à l'avion, a-t-il lancé.

M. Scheuer revendique l'héritage doré des "Trans Europ Express" (TEE), des trains rapides qui ont parcouru l'Europe de l'Ouest de 1957 à 1991 -- et ont marqué les esprits, inspirant entre autres le groupe allemand de musique électronique Kraftwerk. 

Mais sa vision est beaucoup plus démocratique, puisque ceux-ci étaient exclusivement destinés à la clientèle affaires, n'offrant que des places de première classe (avec supplément). Le Deutsche Bahn, la compagnie publique allemande, possède encore la marque.

Pour son "Trans Europ Express 2.0" (ou TEE 2.0), le gouvernement allemand envisage pour commencer quatre lignes transeuropéennes, dont trois passeraient en France: Paris-Bruxelles-Cologne-Berlin-Varsovie, Berlin-Francfort-Lyon Saint-Exupéry-Barcelone, Amsterdam-Bruxelles-Roissy CDG-Lyon Saint-Exupéry-Montpellier-Barcelone et Amsterdam-Cologne-Bâle-Milan-Rome.

Il avance même des horaires: parti de Paris-Nord à 09H00, le TEE numéro 1 arriverait ainsi à Bruxelles-Midi à 10H30, à Cologne à 12H15, à Berlin à 16H45 et Varsovie à 22H15... avec de nombreuses correspondances possibles.

Une partie du trajet se ferait à grande vitesse, mais les temps de parcours d'un bout à l'autre pourraient dépasser les treize heures!

 Coentreprise paneuropéenne

Ils ont vocation à être améliorés, de même que la construction d'infrastructures nouvelles --comme un tunnel entre l'Allemagne et le Danemark-- permettrait selon Berlin d'ajouter quatre autres lignes: Paris-Bruxelles-Hambourg-Stockholm, Paris-Stuttgart-Munich-Vienne-Budapest, Berlin-Munich-Innsbruck-Bologne-Rome et Stockholm-Copenhague-Berlin-Munich.

S'ajoutent des lignes de train de nuit moins rapides, dont Paris-Berlin, Francfort-Barcelone via Strasbourg, Lyon et Montpellier, Paris-Vienne puis Budapest et Zagreb, Paris-Copenhague-Stockholm, Berlin-Nice via Milan, etc.

"La commissaire (aux transports Adina) Valean se réjouit de l'opportunité de discuter des détails du Trans Europ Express", a indiqué à l'AFP Stefan de Keersmaecker, un porte-parole de la Commission européenne.

"Il est évident que le rail devrait jouer un rôle de premier plan dans notre futur mix de transport, tant pour les passagers que pour le fret", a-t-il remarqué. "Tous les efforts communs pour accroître l'attractivité du secteur sont bienvenus."

A Paris, l'entourage du ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari voit plutôt l'initiative allemande d'un bon œil, notamment le volet concernant les trains de nuit.

L'initiative du gouvernement allemand s'inscrit dans une dynamique favorable au ferroviaire outre-Rhin: le train est perçu comme stratégique par Berlin, qui entend moderniser le rail dans le cadre d'une politique de verdissement de son secteur des transports. Il souhaite notamment doubler le nombre de passagers d'ici à 2030, avec plus de 90 milliards d'euros d'investissements à la clef.

Et pour ses TEE 2.0, la présidence allemande de l'UE se montre résolument optimiste: "Etant donné que la transposition nécessite +juste+ une concertation des entreprises ferroviaires en ce qui concerne les horaires, l'homologation (du matériel), l'interconnexion des lignes ainsi que les tarifs, une réalisation à court terme semble envisageable."

Elle propose la création d'une coentreprise, "par exemple" par la SNCF et la Deutsche Bahn, "à laquelle pourront participer d'autres chemins de fer intéressés et ambitieux" comme les NS néerlandais, les ÖBB autrichiens et les CFF suisses. 

"Cette société, admise en tant qu'entreprise ferroviaire indépendante, achètera auprès des sociétés mères les services nécessaires pour produire son offre", écrit Berlin dans sa présentation.

Ce volontarisme peut surprendre, alors qu'une bonne partie des grandes compagnies nationales parlent plutôt de concurrence dans les pays voisins. 

La SNCF a prudemment préféré ne pas s'exprimer, n'ayant pas été contactée.


Trump dit que les Etats-Unis pourraient ne pas venir en aide à l'Otan en cas de besoin

Le président américain Donald Trump a à plusieurs reprises exprimé sa frustration face au manque de soutien des alliés occidentaux et à leur réticence à engager des forces pour aider à rouvrir le détroit d’Ormuz dans le contexte de sa guerre avec l’Iran. (Reuters)
Le président américain Donald Trump a à plusieurs reprises exprimé sa frustration face au manque de soutien des alliés occidentaux et à leur réticence à engager des forces pour aider à rouvrir le détroit d’Ormuz dans le contexte de sa guerre avec l’Iran. (Reuters)
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  • Donald Trump menace que les États-Unis pourraient ne pas soutenir l’OTAN en cas de besoin, critiquant l’Alliance pour ne pas avoir répondu aux demandes américaines pour sécuriser le détroit d’Ormuz
  • Il dénonce le coût élevé de l’OTAN pour les États-Unis et loue l’avancée de l’opération militaire américaine contre l’Iran, alors que le trafic dans le détroit reste fortement perturbé

MIAMI: Donald Trump a déclaré vendredi que les Etats-Unis pourraient ne pas venir en aide à l'Otan en cas de besoin, réitérant ses critiques contre l'Alliance atlantique, lors d'un forum d'affaires à Miami.

"Ils n'étaient tout simplement pas là", a déclaré le président américain, se référant à la demande de Washington - restée lettre morte - de soutien militaire de ses alliés pour sécuriser le détroit d'Ormuz.

"Nous dépensons des centaines de milliards de dollars par an pour l'Otan, des centaines de milliards, pour les protéger, et nous aurions toujours été là pour eux, mais maintenant, au vu de leurs actions, je suppose que nous n'avons plus à l'être, n'est-ce pas ?", a-t-il dit.

Ces dernières semaines, le président américain a multiplié les prises de parole belliqueuses envers l'Otan, la qualifiant notamment sur son réseau Truth Social de "TIGRE DE PAPIER" et de "LACHES". Les Etats-Unis "s'en souviendront", avait-il déjà déclaré jeudi en Conseil des ministres.

Le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon s'étaient dit prêts, dans un communiqué conjoint le 19 mars, "à contribuer aux efforts appropriés visant à garantir la sécurité de la traversée du détroit", où transite en temps normal un cinquième de la production de pétrole mondiale. Ils avaient cependant exclu toute participation militaire directe.

Le trafic dans ce passage étroit est pratiquement paralysé, entraînant une flambée des prix de l’énergie.

Lors de sa prise de parole à Miami, devant des chefs d'entreprise et des investisseurs réunis pour le sommet du "FII Priority", Donald Trump a une nouvelle fois assuré que l'opération militaire contre l'Iran, qui va entrer dans sa cinquième semaine, se passait pour le mieux.


La guerre au Moyen-Orient entre dans son deuxième mois, Washington espère la finir sous deux semaines

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio en route vers la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 près de Paris vendredi. (Reuters)
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio en route vers la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 près de Paris vendredi. (Reuters)
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  • Le conflit entre Israël et l’Iran s’intensifie et s’étend régionalement (Yémen, Liban, Golfe), avec des frappes continues, des victimes civiles croissantes et des risques majeurs (notamment nucléaire et énergétique)
  • Les États-Unis visent une issue rapide sans troupes au sol, tandis que les tensions font grimper les prix du pétrole et aggravent l’instabilité humanitaire et économique mondiale

TEHERAN: La guerre au Moyen-Orient entre samedi dans son deuxième mois sans donner le moindre signe d'apaisement, Israël et l'Iran continuant à se bombarder mutuellement et les Etats-Unis assurant que leurs objectifs seront atteints d'ici deux semaines.

Dans une nouvelle extension d'un conflit qui a fait flamber les prix de l'énergie dans le monde entier, Israël a annoncé avoir été visé pour la première fois depuis le début de la guerre par un missile tiré depuis le Yémen, où les rebelles Houthis soutenus par Téhéran avaient peu de temps plus tôt menacé de se joindre au conflit.

A Téhéran, un journaliste de l'AFP a entendu une dizaine de violentes explosions samedi à l'aube et vu des panaches de fumée noire s'élever depuis l'est de la capitale. Peu de temps plus tard, comme lors des nuits précédentes, l'armée israélienne a annoncé être en train de "frapper des cibles du régime" dans la ville.

La centrale nucléaire de Bouchehr, dans le sud de l'Iran, a été frappée pour la troisième fois en dix jours, selon l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) citant des responsables iraniens. Même si aucun dégât sur le réacteur actif et aucune fuite radioactive n'ont été signalés, le directeur de l'AIEA Rafael Grossi a de nouveau appelé "à une retenue militaire maximale pour prévenir le risque d'un accident nucléaire".

En Israël, au moins une personne a été tuée et deux autres blessées à Tel-Aviv, selon les services de secours, peu après une alerte de l'armée faisant état de tirs de missiles depuis l'Iran. Deux autres personnes ont été blessées par du shrapnel dans le sud du pays.

Le chef du commandement intérieur de l'armée israélienne, Miki David, a déclaré dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux qu'un missile à sous-munitions avait provoqué des "destructions considérables" dans un immeuble résidentiel.

"L'appartement a été touché par une bombe à sous-munitions (...) qui a traversé le toit, a traversé un étage, puis a explosé au deuxième étage", a-t-il expliqué.

Les armes à sous-munitions sont conçues pour libérer sur une zone des dizaines de petites charges explosives. Outre le fait qu'elles ont un périmètre d'effet étendu, une partie de ces charges n'explose pas lors de l'impact et fait donc souvent des victimes dans la durée parmi la population civile. Ce type d'armes est interdit par une convention de 2008, signée par plus d'une centaine de pays dont ni l'Iran ni Israël ne font partie.

La guerre a été déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran. Depuis, le conflit touche durement les populations civiles dans la région et entraîne des perturbations sur la distribution de gaz et de pétrole qui bouleversent l'économie mondiale. Des pays du monde entier ont annoncé ces derniers jours des mesures pour répondre à la flambée des prix de l'énergie provoquée par le conflit.

- Espoir de négociations -

Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, a déclaré vendredi qu'il s'attendait à ce que les objectifs de guerre de Washington en Iran soient atteints dans "les deux prochaines semaines".

"Quand nous en aurons fini avec eux, dans les deux prochaines semaines, ils seront plus affaiblis qu'ils ne l'ont été dans l'histoire récente", a affirmé le ministre américain à des journalistes à l'issue d'une réunion du G7 près de Paris.

M. Rubio a aussi estimé que les Etats-Unis pouvaient encore atteindre leurs objectifs sans l'envoi de troupes au sol. Alors que, selon le Wall Street Journal et le site d'informations Axios, Washington envisage d'envoyer au moins 10.000 soldats supplémentaires dans la région.

"Posez le pied sur le sol iranien, et 150 dollars deviendra le prix plancher du pétrole", a promis le vice-président iranien Esmael Saghab Esfahani sur X. Le cours du Brent a terminé en hausse vendredi à plus de 112 dollars.

L'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui dit avoir l'espoir de tenir des discussions dans la semaine avec l'Iran, qui continue de riposter.

Selon plusieurs médias américains, au moins 12 soldats américains ont été blessés, dont deux grièvement, dans la nuit de vendredi à samedi par une attaque iranienne contre la base aérienne Prince Sultan, en Arabie saoudite, qui a également endommagé deux avions ravitailleurs.

La République islamique a appelé les civils à se tenir à l'écart des forces américaines présentes au Moyen-Orient, et notamment d'éviter les hôtels de la région accueillant des militaires américains.

Aux Emirats arabes unis, cinq personnes, de nationalité indienne, ont été blessées samedi lors d'un incendie provoqué par des chutes de débris provenant de l'interception d'un missile balistique au-dessus d'une zone industrielle d'Abou Dhabi, selon les autorités.

- "Pris en étau" -

Un mois après le début de la guerre, les civils de tous bords continuent de payer un tribut exorbitant. Comme à Téhéran, où les nuits sont rythmées par les bombardements.

Ensieh, une dentiste de Téhéran, dit "perdre un peu plus espoir chaque jour". Aujourd'hui, "nous sommes pris en étau entre trois puissances devenues folles", soupire cette femme de 46 ans.

"La guerre a arraché une partie de moi", ajoute-t-elle.

La situation empire aussi au Liban, entraîné dans la guerre dès le 2 mars lorsque le mouvement chiite Hezbollah, soutenu par Téhéran, a commencé à tirer des roquettes sur Israël.

L'aviation israélienne a continué vendredi à bombarder le sud du Liban, la plaine de la Bekaa (est) et la banlieue sud de Beyrouth, considérés comme des bastions du Hezbollah, selon les médias officiels libanais qui ont recensé plusieurs morts.

Le Hezbollah a affirmé pour sa part se livrer à des combats "au corps à corps" dans le sud, où Israël mène une profonde incursion en vue d'élargir une "zone tampon" le long de sa frontière.

Selon le dernier bilan officiel vendredi, la guerre a fait 1.142 morts et plus d'un million de déplacés au Liban.


Witkoff voit des «signaux forts» en faveur d'un accord avec l'Iran

Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
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  • "Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche
  • Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur

WASHINGTON: Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur.