Paris se félicite du retour de l'ambassadeur d'Algérie

Une photo prise le 23 juillet 2021 montre un drapeau algérien flottant sur la façade de l'ambassade à Paris. (AFP)
Une photo prise le 23 juillet 2021 montre un drapeau algérien flottant sur la façade de l'ambassade à Paris. (AFP)
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Publié le Vendredi 07 janvier 2022

Paris se félicite du retour de l'ambassadeur d'Algérie

  • La reprise du dialogue intervient aussi à la veille du 60e anniversaire des accords d'Evian pour un cessez-le-feu en Algérie (18 mars 1962), qui ouvrirent la voie à l'indépendance de ce pays (5 juillet 1962)
  • Après trois mois d'absence, l'ambassadeur d'Algérie, Mohamed Antar-Daoud, a repris ses fonctions jeudi à Paris

PARIS: Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian s'est félicité vendredi du retour de l'ambassadeur d'Algérie à Paris, après trois mois de crise diplomatique, soulignant la volonté de la France de relancer le "partenariat" avec Alger.

"C'est une bonne nouvelle (...). Je me réjouis que l'ambassadeur revienne à Paris (...) Tout cela est très positif", a déclaré le ministre des Affaires étrangères sur BFM TV et la radio RMC. "Nous sommes dans une volonté de relance du partenariat avec l'Algérie. Nous avons une histoire commune, faite de complexité, de souffrances. Il faut dépasser cela et reprendre ensemble le chemin de la discussion".

Les dossiers majeurs portent sur les enjeux migratoires, économiques et sur la sécurité dans la région, a-t-il précisé. L'Algérie joue un rôle central dans la sécurité régionale, notamment au Mali, où la France est engagée militairement depuis huit ans contre le djihadisme.

La reprise du dialogue intervient aussi à la veille du 60e anniversaire des accords d'Evian pour un cessez-le-feu en Algérie (18 mars 1962), qui ouvrirent la voie à l'indépendance de ce pays (5 juillet 1962).

Après trois mois d'absence, l'ambassadeur d'Algérie, Mohamed Antar-Daoud, a repris ses fonctions jeudi à Paris. "Je suis à mon bureau", a-t-il confirmé vendredi à l'AFP, en rappelant "la volonté affichée des deux chefs d'Etat" d'apaiser les tensions.

Alger avait rappelé son ambassadeur le 2 octobre après des propos du président français Emmanuel Macron qui affirmait que l'Algérie, après son indépendance en 1962, s'était construite sur "une rente mémorielle", entretenue par "le système politico-militaire". Peu après, M. Macron avait fait savoir qu'il "regrettait les polémiques et les malentendus" avec l'Algérie.

Début décembre, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian s'était lui-même rendu en Algérie. "Nous avons eu avec les Algériens au cours des derniers mois quelques malentendus. C'est déjà arrivé. Il y a toujours eu des difficultés à un moment ou à un autre, mais on a toujours pu les résoudre", a glissé Jean-Yves Le Drian sur BFM TV.

Les relations entre La France, ex-puissance coloniale, et l'Algérie ont souvent connu des turbulences. La dernière crise aussi grave que celle d'octobre datait du 23 février 2005, quand le Parlement français avait adopté une loi reconnaissant un "rôle positif de la colonisation".


Carburants: L'exécutif maintient la pression sur les distributeurs

Au-delà de la vente à prix coûtant, qui pourrait rester limitée selon la filière, Emmanuel Macron a annoncé la reconduction en 2024 de «l'indemnité carburant travailleur», non sans revenir sur quelques promesses (Photo, AFP).
Au-delà de la vente à prix coûtant, qui pourrait rester limitée selon la filière, Emmanuel Macron a annoncé la reconduction en 2024 de «l'indemnité carburant travailleur», non sans revenir sur quelques promesses (Photo, AFP).
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  • Emmanuel Macron avait annoncé dimanche l'abandon de l'idée de vente à perte, rejetée par l'ensemble des distributeurs
  • Désireux de faire oublier au plus vite ce revers, le gouvernement entendait «battre le fer quand il était chaud», aux dires d'un conseiller ministériel

PARIS: A défaut de les convaincre de vendre à perte, le gouvernement maintient la pression sur les distributeurs de carburants en les réunissant mardi à Matignon pour leur demander de vendre "à prix coûtant" et alléger ainsi la facture des Français à la pompe, mais sa marge est étroite.

"Chacun doit prendre sa part", a insisté Elisabeth Borne qui a convié raffineurs, distributeurs et fédérations professionnelles rue de Varenne à 17H30 dans le but de "faire la transparence sur leurs marges et demander leur réduction".

Emmanuel Macron avait annoncé dimanche l'abandon de l'idée de vente à perte, rejetée par l'ensemble des distributeurs, et chargé sa Première ministre de réunir "cette semaine" les représentants de la filière.

Pourtant de l'aveu même des acteurs du secteur, l'impact de la vente à prix coûtant risque d'être "assez marginal", étant donné qu'elle est déjà pratiquée par les enseignes et que la grande distribution vend les carburants avec des marges de "quelques centimes", rappelle Patrice Geoffron, professeur à l'université Paris-Dauphine et directeur de l'équipe énergie-climat.

La tenue de cette rencontre, au lendemain d'un Conseil de planification écologique, illustre une nouvelle fois la difficulté de l'exécutif à concilier réduction des émissions polluantes et préservation du pouvoir d'achat grevé par la flambée des prix des carburants fossiles.

«Atterrissage»

Sur le pouvoir d'achat, "l'écologie est la réponse", a répondu Emmanuel Macron dimanche. Tout en affirmant que "la bagnole, (...) moi je l'adore".

Lundi, il a défendu une écologie "souveraine", "compétitive" et "juste", promettant de "reprendre le contrôle" du prix de l'électricité" face aux oppositions qui l'accusent de laisser la facture exploser, sans évoquer celle des carburants.

L'idée de vente à perte n'aura donc vécu qu'une semaine après son annonce par la Première ministre, accueillie avec circonspection voire réticence y compris au sein de la majorité.

Désireux de faire oublier au plus vite ce revers, le gouvernement entendait "battre le fer quand il était chaud", aux dires d'un conseiller ministériel, en conviant dès mardi les distributeurs.

Car "ce n'est pas le point d’entrée qui compte mais l'atterrissage", avance ce conseiller. "Si on trouve un calendrier, des volumes" lors de cette réunion à Matignon, "c’est positif", ajoute-t-il.

Mais "monter le ton" auprès de la grande distribution, réputée coriace dans les négociations, "est d'autant plus efficace que c’est crédible", prévient un autre conseiller.

Au-delà de la vente à prix coûtant, qui pourrait rester limitée selon la filière, Emmanuel Macron a annoncé la reconduction en 2024 de "l'indemnité carburant travailleur", non sans revenir sur quelques promesses.

La mesure devrait d'abord coûter environ 500 millions d'euros, alors que le gouvernement présente mercredi un budget d'économies visant à désendetter le pays.

Cette aide n'a pas ensuite convaincu les opposants du chef de l’État, qui dénoncent une "politique du chèque" et réclament en chœur des baisses de taxes.

«Solidarité»

L'abandon de la vente à perte sonne aussi comme un désaveu du président à l'égard de sa Première ministre, avec laquelle il a déjà connu des frictions.

Une ministre évoque "un truc monté pour (contrarier) la Première ministre" mais n'exclut pas non plus que l'exécutif ait "voulu faire un coup en allant vite".

Mme Borne "a le cuir épais", assure un conseiller. Et "elle s’en sort pas trop mal du fait que ça n’a pas été très commenté" puisque les caméras étaient braquées la semaine dernière sur le roi Charles III et le pape, avance un autre.

Un cadre de la majorité ne voit pas de dissension entre les deux têtes de l'exécutif car la proposition de vente à perte était "forcément tamponnée par le président".

Ce n'est donc ni la défaite de Mme Borne ou de l'exécutif mais davantage "une défaite de la solidarité qu’on souhaite mettre en place face à l'inflation", selon lui.


Immigration illégale: Macron appelle à l’action

Le président français Emmanuel Macron (Photo, AFP).
Le président français Emmanuel Macron (Photo, AFP).
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  • Emmanuel Macron a insisté sur l'importance de travailler avec les pays d'origine des migrants
  • Ce projet de loi suscite des débats au sein de la société française et au sein de la classe politique

PARIS: Le président français, Emmanuel Macron a récemment abordé la question de l'immigration dans le cadre du projet de loi sur l'immigration en France, qui vise à renforcer la lutte contre l'immigration illégale tout en créant un titre de séjour pour les métiers en tension. 

Ce projet de loi suscite des débats au sein de la société française et au sein de la classe politique, avec des divergences d'opinions marquées.

Dans une intervention télévisée le dimanche 24 septembre, lors des journaux de 20 heures de TF1 et France 2, Macron a reconnu que le pape François avait raison d'appeler à un engagement contre l'indifférence face à la situation des migrants. 

Cependant, il a également souligné que la France avait ses propres responsabilités et ses limites en matière d'accueil des migrants. Il a déclaré : "Nous devons être rigoureux. Nous ne pouvons pas accepter toute la misère du monde."

Trouver un consensus 

Le président français a dit s'efforcer de trouver un consensus sur cette question, notamment avec les partis politiques de droite

Il espère obtenir le soutien nécessaire pour faire adopter le projet de loi sur l'immigration, qui sera présenté par le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.

Lors de cette entrevue, le chef d’Etat français a insisté sur l'importance de s'attaquer aux causes profondes de l'immigration en travaillant avec les pays d'origine des migrants. Il suggère de conditionner l'aide de la France et de l'Union européenne à ces pays à une politique migratoire plus responsable et à la lutte contre les réseaux de trafiquants. 

Il a également exprimé également le souhait de coopérer avec des pays tels que la Tunisie et l'Algérie pour lutter contre ces réseaux de trafic. Dans cette optique, il propose d'exporter des experts et du matériel vers ces pays pour aider à démanteler ces réseaux.

Macron cherche également à impliquer l'Union européenne dans la lutte contre l'immigration clandestine, car il estime que la solution réside dans une approche européenne coordonnée.

En effet, l’Europe fait actuellement face à des vagues de migrants qu’elle peine à contrôler.

En Italie, après l'arrivée de 8.500 personnes sur la petite île de Lampedusa  en provenance d'Afrique du Nord, en seulement trois jours au début du mois, Mme Meloni a demandé à l'Union européenne de faire davantage pour aider à soulager la pression.

Bruxelles a accepté d'intensifier les efforts et a annoncé cette semaine qu'elle commencerait à débloquer de l'argent vers la Tunisie - d'où partent de nombreux bateaux - dans le cadre d'un pacte visant à endiguer la migration irrégulière à partir de ce pays.

(Avec AFP).


Les députés lancent l'examen du projet de loi «plein emploi», fustigé à gauche

L'examen du texte, qui doit reprendre mardi après-midi, devrait déborder sur la semaine prochaine (Photo, AFP).
L'examen du texte, qui doit reprendre mardi après-midi, devrait déborder sur la semaine prochaine (Photo, AFP).
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  • Les députés ont commencé lundi l'examen dans l'hémicycle du projet de loi «pour le plein emploi», farouchement combattu par la gauche
  • Le projet de loi prévoit que tous les inscrits sur la liste élargie des demandeurs d'emploi seraient tenus à de nouveaux «devoirs»

PARIS: Les députés ont commencé lundi l'examen dans l'hémicycle du projet de loi "pour le plein emploi", farouchement combattu par la gauche, marquant le coup d'envoi d'une semaine de rentrée chargée qui pourrait voir le déclenchement d'un premier 49.3 sur un autre texte.

La gauche, vent debout contre des mesures jugées "infantilisantes" à l'égard des plus précaires comme les allocataires du RSA, a défendu en vain une "motion de rejet" global du texte, largement repoussée (148 voix contre 62).

"Il faut en finir avec le totem de l'aide contre la pauvreté qui, parce que sans contrepartie, serait par essence meilleure que toutes les autres", a lancé le ministre du Travail, Olivier Dussopt, qui porte ce texte déjà adopté en première lecture au Sénat.

"C'est d'être accompagnés globalement, d'être insérés par le travail dont ont besoin les plus fragiles", a-t-il fait valoir, lançant à l'adresse des députés Insoumis qui l'interpellaient: "Ne parlez pas de travail, vous ne connaissez pas".

Pour atteindre l'objectif d'un taux de chômage à 5% d'ici à 2027, son texte propose de mieux coordonner les multiples acteurs du service public de l'emploi. Avec en clé de voûte l'opérateur Pôle Emploi, rebaptisé "France Travail".

Activités obligatoires

La priorité affichée est de mieux cibler les personnes les plus éloignées de l'emploi, en particulier les bénéficiaires du RSA, pour un "accompagnement plus personnalisé et plus intensif".

Ces allocataires - ainsi que certains jeunes suivis par les missions locales et les personnes suivies par un organisme d'insertion professionnelle des personnes handicapées - seraient désormais placés sur la liste des demandeurs d'emploi.

Les députés de la coalition Nupes et du RN se sont vivement opposés à cette inscription automatique, jugeant qu'elle ne tenait pas compte des situations particulières.

Ils ont aussi critiqué le fait que les conjoints des bénéficiaires du RSA soient également inscrits sur cette liste. Seulement ceux ayant un revenu mensuel de moins de 500 euros, a insisté Olivier Dussopt. Ce sera "une liste de fichage", a lancé de son côté le communiste Pierre Dharréville.

Les amendements visant à supprimer cette inscription automatique ont été rejetés, mais l'Assemblée n'est pas allée au bout lundi soir de l'article premier du projet de loi prévoyant cette mesure, qui doit s'appliquer à partir de 2025 au plus tard.

"Inutile", "superflu": toutes les oppositions ont par ailleurs fait front contre le changement de nom de Pôle Emploi, auquel s'était déjà opposé le Sénat. Mais leurs amendements ont été rejetés par le camp présidentiel.

Le projet de loi prévoit que tous les inscrits sur la liste élargie des demandeurs d'emploi seraient tenus à de nouveaux "devoirs" et à la possibilité d'une suspension de leur allocation en cas de manquement. Des mesures qui hérissent à gauche mais que la droite souhaite au contraire durcir.

"Nous pensons qu'en face du RSA il doit y avoir des contreparties", a défendu le député LR Philippe Juvin.

Le Sénat, à majorité de droite, avait inscrit noir sur blanc l'obligation d'accomplir de "15 à 20 heures" hebdomadaires d'activités, contre l'avis du gouvernement. Mais les députés ont précisé en commission que cela ne s'appliquerait que "si cela s'avère adapté à la situation particulière du demandeur d'emploi".

"Nos débats vont nous permettre de continuer à avancer", a assuré M. Dussopt, insistant sur le fait que les activités en question n'étaient pas du "travail gratuit" mais des "activités d'insertion et de formation".

Déjà un 49.3?

Le RN, également hostile à l'obligation chiffrée d'activités, a taclé par ailleurs la "complexité" de la nouvelle gouvernance de l'emploi.

Le rôle des collectivités devrait animer une partie des débats, avec LR en première ligne, déplorant une "recentralisation larvée" du service public de l'emploi.

L'examen du texte, qui doit reprendre mardi après-midi, devrait déborder sur la semaine prochaine.

D'ici là, le gouvernement pourrait avoir recours à un premier 49.3 pour faire passer sans vote la loi de programmation des finances publiques 2023-2027, au menu de l'hémicycle mercredi et jeudi.

Rejeté par l'Assemblée nationale il y a un an en première lecture, ce texte n'a pas la même importance qu'un budget. Mais la France pourrait être privée de près de 18 milliards d'euros de fonds européens en 2023 et 2024 s'il n'est pas adopté, affirme le gouvernement.