Prise dans la guerre, Lalibela, ville sacrée d'Ethiopie accueille des pèlerins pour Noël

Des pèlerins assistent à une célébration à l'église Sainte-Marie à la veille de Genna, le Noël orthodoxe éthiopien, à Lalibela, dans le nord de l'Éthiopie, le 6 janvier 2022. (Photo, AFP)
Des pèlerins assistent à une célébration à l'église Sainte-Marie à la veille de Genna, le Noël orthodoxe éthiopien, à Lalibela, dans le nord de l'Éthiopie, le 6 janvier 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 08 janvier 2022

Prise dans la guerre, Lalibela, ville sacrée d'Ethiopie accueille des pèlerins pour Noël

  • Alors que l'imprévisible conflit éthiopien entre dans sa deuxième année, les forces gouvernementales ont repris Lalibela fin décembre
  • Depuis, la ville a changé de mains deux fois, avant que les forces gouvernementales finissent par repousser le TPLF dans son bastion du Tigré

LALIBELA: Vendredi avant l'aube, parmi les autres pèlerins en blanc portant des bougies, Hailu Abera a remercié Dieu avec ferveur pour les célébrations de Noël organisées, malgré la guerre, dans les églises taillées dans le roc de Lalibela, dans le nord de l'Ethiopie.

Il y a quelques semaines encore, ce site situé dans la région de l'Amhara (nord) et inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l'Unesco, et ses incroyables lieux de culte orthodoxes, construits à partir du XIIe siècle, étaient sous contrôle des rebelles de la région voisine du Tigré. 

Alors que l'imprévisible conflit éthiopien entre dans sa deuxième année, les forces gouvernementales ont repris Lalibela fin décembre et des dizaines de milliers de fidèles y ont depuis afflué pour célébrer Genna, le Noël orthodoxe.

"Le contexte était très mauvais, et je ne m'attendais pas à pouvoir venir", confie Hailu Abera sous un haut mur d'une des églises excavées. "Quand j'ai entendu que la ville avait été libérée, j'ai décidé de fêter Noël à Lalibela et de respecter mon pacte avec Dieu".

Mi-2021, la prise de Lalibela, un des lieux les plus sacrés et connus d'Ethiopie, avec une série d'autres villes capturées lors d'une grande offensive des rebelles tigréens, avait fait la une de la presse internationale.

Des appels avaient été lancés au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), les rebelles ayant pris Lalibela, pour qu'il protège cet héritage culturel qui comprend notamment onze églises monolithiques.

Depuis, la ville a changé de mains deux fois, avant que les forces gouvernementales finissent par repousser le TPLF dans son bastion du Tigré (nord).

Sécurité renforcée

L'armée était présente en force pour ce jour de célébration, alors qu'une importante foule de fidèles effectuait le pèlerinage d'avant l'aube pour aller prier, précédant des prêtres orthodoxes dans leurs plus beaux atours, qui chantaient en se balançant.

"Je suis très heureux de célébrer cette fête ici, après avoir subi la guerre et la souffrance", a déclaré Yohannes Mekbib, diacre orthodoxe portant un turban blanc. "Cela rend particulière la célébration de cette année".

Très peu des touristes étrangers, qui viennent généralement en masse pour cet événement spectaculaire, étaient visibles.

Mais des Ethiopiens de la diaspora étaient dans la foule. Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a lancé un appel à ces derniers à revenir en grand nombre pour Noël, en signe de foi dans l'unité et la stabilité du pays.

"Nous avons répondu à l'appel lancé à la diaspora", a expliqué Solomon Gadisa, venu des Etats-Unis. "Nous allons évaluer la situation ici, dans notre pays, et nous la raconterons à ceux qui n'ont pu venir ici".

Le président éthiopien Sahle-Work Zewde, dont la fonction est essentiellement cérémoniale, faisait partie des pèlerins.

Les églises emblématiques de Lalibela semblent avoir été épargnées par la guerre. Mais la ville et ses infrastructures ont souffert: la fourniture d'électricité et d'eau courante reste intermittente et l'aéroport a été endommagé.

La guerre a éclaté en novembre 2020, lorsque le Premier ministre éthiopien a envoyé l'armée fédérale dans le Tigré afin d'en destituer les autorités locales, issues du TPLF, qui défiaient son autorité et qu'il accusait d'avoir attaqué des bases militaires.

Il avait promis une fin rapide au conflit mais 14 mois plus tard, le Tigré reste contrôlé par le TPLF et ses six millions d'habitants manquent de nourriture et de médicaments, soumis à ce que les Nations unies qualifient de blocus de facto de l'aide humanitaire.

De nombreux pèlerins ont probablement prié vendredi pour que le pays n'ait pas à souffrir encore plus. Comme Achashmar Dereje, qui est "venu pour fêter Noël dans l'espoir que Dieu nous sauve si quelque chose de mauvais se produit".


Avec l'ouverture de consulats, France et Canada marquent leur soutien au Groenland

Des passagers se préparent à embarquer à bord d’un avion d’Air Inuit alors qu’ils voyagent de Montréal à Nuuk, au Groenland, le 5 février 2026. (Christinne Muschi / The Canadian Press via AP)
Des passagers se préparent à embarquer à bord d’un avion d’Air Inuit alors qu’ils voyagent de Montréal à Nuuk, au Groenland, le 5 février 2026. (Christinne Muschi / The Canadian Press via AP)
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  • La France et le Canada ouvrent des consulats généraux à Nuuk, marquant leur soutien au Groenland face aux velléités américaines et renforçant la reconnaissance internationale de l’autonomie groenlandaise
  • Cette démarche s’inscrit dans une stratégie européenne et alliée visant à internationaliser la question du Groenland, tout en accompagnant le territoire dans sa montée en puissance diplomatique et politique

COPENHAGUE: La France et le Canada, qui s'opposent au projet de l'administration américaine de prendre le contrôle du Groenland, ouvrent chacun vendredi un consulat général à Nuuk, la capitale de ce territoire autonome danois, une reconnaissance pour le gouvernement local.

"C'est une victoire pour les Groenlandais de voir deux pays alliés ouvrir des représentations diplomatiques à Nuuk", estime Jeppe Strandsbjerg, politologue rattaché à l'Université du Groenland. "Les Groenlandais apprécient énormément le soutien face aux remarques de Trump".

La récente crise a débouché sur la conclusion entre le président américain et le secrétaire général de l'Otan d'un "cadre" en vue d'un accord sur l'avenir de l'île arctique, aux contours encore flous tandis qu'Américains, Groenlandais et Danois se retrouvent au sein d'un groupe de travail.

Le contenu de l'accord et la teneur des discussions n'ont pas été rendus publics.

Danemark et Groenland, qui partagent les préoccupations de Donald Trump sur la sécurité arctique, refusent tout transfert de souveraineté.

La décision française d'ouvrir un consulat est antérieure aux récentes tensions. Elle avait été annoncée en juin lors d'une visite du président Emmanuel Macron à Nuuk où il était venu exprimer la "solidarité européenne" pour l'île, critiquant déjà les velléités de Donald Trump de l'annexer.

Jean-Noël Poirier, ancien ambassadeur de France au Vietnam, a été nommé consul général.

Le Canada avait lui indiqué fin 2024 qu'il allait ouvrir un consulat général sur l'immense territoire arctique pour affermir la coopération avec les Groenlandais.

L'ouverture de ces représentations diplomatiques permet de dire "à Donald Trump que son agressivité envers le Groenland et le Danemark n'est pas seulement une question pour le Groenland et le Danemark, c'est aussi une affaire pour les alliés européens, mais également pour le Canada", souligne à l'AFP Ulrik Pram Gad, spécialiste de l'Arctique à l'Institut danois des études internationales.

"C'est un petit pas, cela fait partie de la stratégie de rendre le problème européen", insiste Christine Nissen, analyste du think-tank Europa, experte en questions de sécurité et de défense. "Ses conséquences ne sont évidemment pas seulement danoises, c'est un problème européen et global".

- Reconnaissance -

Pour la diplomatie groenlandaise, l'ouverture de consulats - qui dépendent formellement des ambassades de France et du Canada à Copenhague - c'est aussi "l'occasion de s'entraîner à l'indépendance en ayant des relations directes", note M. Strandsbjerg.

C'est une forme de reconnaissance pour leur autonomie grandissante, définie dans la loi-cadre de 2009.

"Les Groenlandais penseront, dans le cadre de leur propre quête de souveraineté, à avoir des contacts plus directs avec d'autres pays européens", dit Mme Nissen.

Cela permet de "réduire l'importance du rôle du Danemark en diversifiant la dépendance du Groenland vis-à-vis du monde extérieur, pour que tout ne vienne plus uniquement du Danemark, mais qu'il y ait davantage de relations sur les plans économique, commercial, des investissements, politique, etc.", abonde M. Pram Gad.

Le Groenland a des représentations diplomatiques auprès de l'Union européenne depuis 1992, à Washington depuis 2014 et à Reykjavik depuis 2017.

A Nuuk, l'Islande a ouvert son consulat général en 2013 et les Etats-Unis en 2020. Entre 1940 et 1953, les Américains avaient eu un premier consulat dans la paisible capitale groenlandaise.

La Commission européenne a elle ouvert un bureau en 2024.


Le président Trump déclare qu'il «travaille dur pour mettre fin» à la guerre au Soudan

Le président américain Donald Trump s'exprime lors du National Prayer Breakfast à Washington DC, jeudi. (Capture d'écran)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors du National Prayer Breakfast à Washington DC, jeudi. (Capture d'écran)
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  • M. Trump a déclaré pour la première fois qu'il commencerait à "travailler" sur la guerre au Soudan en novembre dernier, après que le prince héritier saoudien lui a demandé d'aider à mettre fin au conflit lors d'une visite aux États-Unis
  • "Sa majesté aimerait que je fasse quelque chose de très puissant en rapport avec le Soudan", a déclaré M. Trump lors du Forum d'investissement américano-saoudien

LONDRES : Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi qu'il "travaillait dur" pour mettre fin à la guerre au Soudan.

"Je travaille dur pour mettre fin à cette guerre. Nous sommes très proches d'y parvenir. Ce sera le neuvième, si nous ne réglons pas d'abord la question de la Russie et de l'Ukraine. Mais nous travaillons dur pour mettre fin à toute cette guerre. Nous sommes très près d'y parvenir. Nous l'avons presque fait", a déclaré le président lors du National Prayer Breakfast à Washington DC.

M. Trump a déclaré pour la première fois qu'il commencerait à "travailler" sur la guerre au Soudan en novembre dernier, après que le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman lui a demandé d'aider à mettre fin au conflit lors d'une visite aux États-Unis.

"Sa majesté aimerait que je fasse quelque chose de très puissant en rapport avec le Soudan", a déclaré M. Trump lors du Forum d'investissement américano-saoudien.

"Ce n'était pas dans mon programme, je pensais que c'était quelque chose de fou et d'incontrôlable", a-t-il ajouté.

"Mais je vois à quel point c'est important pour vous, et pour beaucoup de vos amis dans cette salle, le Soudan. Et nous allons commencer à travailler sur le Soudan".

Depuis son déclenchement en avril 2023, la guerre entre l'armée soudanaise et les forces paramilitaires de soutien rapide a tué des dizaines de milliers de personnes et en a déplacé près de 12 millions.


Pologne: l'ambassadeur américain rompt avec le président du Parlement à cause d'«insultes» envers Trump

Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix. (AFP)
Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix. (AFP)
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  • Le Premier ministre, Donald Tusk, a réagi aussitôt aux déclarations de l'ambassadeur, insistant sur le fait que "les alliés devraient se respecter et non pas se faire la morale"
  • Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix

VARSOVIE: L'ambassadeur des Etats-Unis à Varsovie a annoncé jeudi la rupture de "tout échange" avec le président de la chambre basse du Parlement polonais, qualifiant d'"insultes" ses propos sur son refus de soutenir Donald Trump pour le Prix Nobel de la Paix.

"Nous ne permettrons à personne de nuire aux relations américano-polonaises ni de manquer de respect à (Donald Trump) qui a tant fait pour la Pologne et le peuple polonais", a écrit l'ambassadeur Tom Rose sur X.

Le Premier ministre, Donald Tusk, a réagi aussitôt aux déclarations de l'ambassadeur, insistant sur le fait que "les alliés devraient se respecter et non pas se faire la morale".

Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix.

"Je ne soutiendrai pas la motion en faveur d'un prix Nobel de la paix pour le président Trump, parce qu'il ne le mérite pas", a alors déclaré M. Czarzasty.

Il a estimé que plutôt que se rapprocher davantage de la Maison-Blanche, la Pologne devrait "renforcer les alliances existantes" telles que l'OTAN, l'ONU et l'OMS.

Il a critiqué M. Trump, notamment pour l'imposition de tarifs douaniers aux pays européens, ses menaces d'annexer le Groenland ou ses affirmations selon lesquelles les alliés des Etats-Unis au sein de l'OTAN, dont la Pologne, seraient "restés un peu loin des lignes de front" pendant la guerre en Afghanistan.

"C'est une violation de la politique des principes et des valeurs, souvent une violation du droit international", a déclaré M. Czarzasty.

Fin janvier, avec plusieurs autres hauts responsables polonais, M. Czarzasty a dénoncé des propos du président Trump selon lesquels les États-Unis "n’avaient jamais besoin" des alliés de l'OTAN.

Il a qualifié ces affirmations de "scandaleuses".

Quarante-trois soldats polonais sont morts au sein de la coalition de l’OTAN dirigée par les Etats-Unis en Afghanistan.

Jeudi, le président de la Diète a soutenu ses propos.

"Conformément à mes valeurs, j'ai défendu les soldats polonais engagés dans des missions et je n'ai pas soutenu la candidature du président @realDonaldTrump au prix Nobel de la paix", a-t-il déclaré sur X, accueillant "avec regret" la déclaration de l'ambassadeur.

M. Czarzasty dirige le parti La Nouvelle Gauche, membre de la coalition gouvernementale pro-européenne du Premier ministre Donald Tusk, avec laquelle M. Rose a déclaré entretenir "d'excellentes relations".

Cette coalition est confrontée à une cohabitation difficile avec le président conservateur-nationaliste Karol Nawrocki, fervent soutien de M. Trump.