Sortir de Gaza, aller à Bethléem: pour Milad, la double bénédiction de Noël

Orthodoxe comme la plupart des chrétiens de Gaza, Milad Ayyad ne compte plus les tentatives pour obtenir un permis israélien de sortie de Gaza, sous blocus de l'Etat hébreu depuis près de 15 ans. (AFP)
Orthodoxe comme la plupart des chrétiens de Gaza, Milad Ayyad ne compte plus les tentatives pour obtenir un permis israélien de sortie de Gaza, sous blocus de l'Etat hébreu depuis près de 15 ans. (AFP)
Short Url
Publié le Lundi 27 décembre 2021

Sortir de Gaza, aller à Bethléem: pour Milad, la double bénédiction de Noël

  • Cette liberté, Milad se félicite d'y avoir goûté pour ce Noël. Il n'a pas pris l'avion, s'est seulement rendu dans un autre territoire palestinien mais ce trajet de quelques heures lui a donné l'impression d'avoir «voyagé d'un pays à un autre»
  • Le nombre de chrétiens à Gaza est en baisse régulière, beaucoup ayant émigré notamment depuis la prise de pouvoir du mouvement islamiste Hamas en 2007

BETHLEEM: La dernière fois qu'il a mis un pas hors de la bande de Gaza, Milad Ayyad avait 10 ans. Vingt ans plus tard, ce chrétien palestinien a reçu un cadeau qu'il n'attendait plus: l'autorisation de fêter Noël à Bethléem.


Orthodoxe comme la plupart des chrétiens de Gaza, Milad Ayyad ne compte plus les tentatives pour obtenir un permis israélien de sortie de Gaza, sous blocus de l'Etat hébreu depuis près de 15 ans.


Cette année, 500 chrétiens de cette enclave ont été autorisés à se rendre en Cisjordanie occupée, autre territoire palestinien séparé de Gaza par le sol israélien et où se trouvent de nombreux lieux saints, en tête desquels la basilique de la Nativité de Bethléem construite, selon la tradition, sur le lieu de naissance de Jésus.

photo
Orthodoxe comme la plupart des chrétiens de Gaza, Milad Ayyad ne compte plus les tentatives pour obtenir un permis israélien de sortie de Gaza, sous blocus de l'Etat hébreu depuis près de 15 ans. (AFP)


Lorsque Milad, dont le prénom signifie naissance en arabe, a su qu'il avait eu le précieux sésame, valable un mois, il a ressenti "une joie indescriptible".


"Les célébrations dans la ville de la paix, Bethléem, sont spéciales. On ne peut pas les comparer à celles de Gaza, qui se tiennent entre les murs de l'église, avec seulement une messe et une petite troupe de scouts", explique l'étudiant en histoire aux yeux clairs.


Le nombre de chrétiens à Gaza est en baisse régulière, beaucoup ayant émigré notamment depuis la prise de pouvoir du mouvement islamiste Hamas en 2007. Selon des responsables chrétiens locaux, ils ne seraient plus qu'un millier, contre plus de 7 000 avant 2007.

Périple 
Jusqu'au dernier moment, le voyage de Milad semblait semé d'embûches.


D'abord, les autorités israéliennes n'indiquent pas quand le document sera effectivement délivré, laissant régner l'incertitude. Ensuite, il a fallu appeler l'oncle pour s'assurer qu'il pourrait le recevoir à Beit Sahour, une ville voisine de Bethléem. Puis organiser le trajet jusqu'au point de passage israélien d'Erez et maîtriser son stress pour se présenter dans l'immense hall ultra-sécurisé.


Mais le plus grand défi a été de convaincre le père, Abou Rimon, que son fils n'avait rien à craindre à traverser seul Israël. "Je tiens à mes fils comme à la prunelle de mes yeux", dit l'homme gravement malade, qui a en tête les images de soldats israéliens tirant sur des Palestiniens.

photo
Lorsque Milad, dont le prénom signifie naissance en arabe, a su qu'il avait eu le précieux sésame, valable un mois, il a ressenti «une joie indescriptible». (AFP)


Dans le patio de leur maison de Gaza, où les lumières du sapin clignotent que lorsqu'il y a de l'électricité, il a fallu les efforts d'un voisin pour persuader le patriarche qu'avec un permis israélien, il n'y avait pas de risque.


Dimanche, le jour du grand départ est enfin arrivé: Milad quitte Gaza. Dans la voiture qui l'attend à la sortie d'Erez, il peine à mettre sa ceinture de sécurité, qui à Gaza fait figure d'accessoire.


Le jeune homme, qui ne se rappelle pas avoir déjà vu de sa vie un Israélien, déchiffre les panneaux indiquant des villes israéliennes, portes d'entrée vers un autre monde. Lui qui s'est offert un manteau rembourré pour affronter "le froid de Bethléem", admire les étendues de verdure, remarque qu'"il n'y a pas de forêts comme ça à Gaza".

Liberté de religion 
Milad a certes raté les festivités du 24 décembre mais rien ne saurait entamer sa joie, d'autant que pour cet orthodoxe, la naissance de Jésus se marque les 6 et 7 janvier.


Par ailleurs, le dimanche, c'est jour de messe à Bethléem. Il y a sans doute sur la place de la Mangeoire plus de chrétiens que dans tout Gaza.


Milad prend un selfie devant l'immense sapin, visite la basilique de la Nativité, allume une bougie, se recueille dans la grotte où serait né Jésus.


Le permis de sortie a apporté un peu de lumière dans sa vie à Gaza, territoire fait "de crises", surtout sept mois après la guerre-éclair entre Israël et le Hamas, pour laquelle "on pleure encore les morts", dit-il.


Pour Janine Di Giovanni, chercheuse à l'université américaine de Yale, les chrétiens de Gaza devraient "être libres de pratiquer leur culte là où ils veulent". Les restrictions de mouvement constituent "un affront total à la liberté de religion", estime l'auteure d'un livre sur "la disparition" des chrétiens d'Orient.


Cette liberté, Milad se félicite d'y avoir goûté pour ce Noël. Il n'a pas pris l'avion, s'est seulement rendu dans un autre territoire palestinien mais ce trajet de quelques heures lui a donné l'impression d'avoir "voyagé d'un pays à un autre".


Huit morts dans l'incendie d'un centre commercial près de Téhéran

Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
Short Url
  • Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment
  • Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes

TEHERAN: Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat.

L'incendie a débuté mardi dans ce centre commercial de la ville d'Andisheh qui héberge 250 commerces et une cinquantaine de bureaux situé à une trentaine de kilomètres de la capitale, selon les autorités locales.

Des images diffusées mardi par les médias iraniens montraient plusieurs étages en flammes, laissant s'échapper d'épaisses fumées noires.

Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment.

Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes.

En juin 2020, une puissante explosion provoquée par des bonbonnes de gaz qui avaient pris feu dans une clinique du nord de Téhéran avait fait au moins 19 morts.

En janvier 2017, un incendie dans un centre commercial de 15 étages à Téhéran avait fait au moins 22 morts, dont 16 pompiers.


Israël appelle à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban 

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
Short Url
  • Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière
  • La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mercredi à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban, avant de probables frappes visant selon elle le mouvement pro-iranien Hezbollah.

"Pour votre sécurité, vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous éloigner (...) d'au moins 1.000 mètres vers des zones dégagées", a écrit sur son compte X Avichai Adraee, le porte-parole de l'armée israélienne en langue arabe.

Israël et le Hezbollah s'accusent régulièrement de violer le cessez-le-feu, entré en vigueur le 17 avril.

Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière.

La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone.

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban.


«Flottille pour Gaza»: Israël prolonge la détention des militants jusqu'à dimanche 

La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
Short Url
  • L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne
  • La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien

ASHKELON: La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah.

L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne. La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien, ce que les deux hommes contestent.