Venezuela : la victoire de l'opposition dans le fief de Chavez, «leçon» pour l'avenir ?

Une peinture murale représentant feu le président vénézuélien Hugo Chavez, dans la ville de Barinas, Venezuela, le 7 janvier 2022, deux jours avant que l'État de Barinas organise une nouvelle élection au poste de gouverneur. (Federico Parra/AFP)
Une peinture murale représentant feu le président vénézuélien Hugo Chavez, dans la ville de Barinas, Venezuela, le 7 janvier 2022, deux jours avant que l'État de Barinas organise une nouvelle élection au poste de gouverneur. (Federico Parra/AFP)
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Publié le Mardi 11 janvier 2022

Venezuela : la victoire de l'opposition dans le fief de Chavez, «leçon» pour l'avenir ?

  • Divisée, l’opposition a été battue à plate couture, le pouvoir ayant été vainqueur dans 19 des 23 États en jeu ainsi que pour la mairie de Caracas
  • Cette victoire dans le fief même des Chavez est tout un «symbole»

BARINAS, Venezuela : «Cela faisait 23 ans que nous vivions cette calamité. Ca ne pouvait pas durer», commente Adela Aliso, 62 ans, une bougie à la main, pendant la messe célébrant la victoire du candidat de l'opposition Sergio Garrido à l'élection du gouverneur du Barinas, un État de l'ouest du Venezuela dirigé depuis 1998 par les membres de la famille de l'ancien président Hugo Chavez.

Dimanche, après un premier scrutin annulé par la justice en novembre, l'opposition y a obtenu un succès historique, l'opposant Sergio Garrido ayant recueilli 55,36% des suffrages, contre 41,27% pour l'ex-gendre d'Hugo Chavez et ancien vice-président Jorge Arreaza, qui avait pourtant bénéficié de tout le soutien et des moyens du pouvoir.

«Prions pour notre gouverneur qui a été David contre Goliath», a dit le prêtre Victor Manuel Roa dans la cathédrale de style colonial espagnol de Barinas, pleine à craquer pour accueillir Sergio Garrido, le nouveau gouverneur, inconnu ou presque il y a quelques semaines.

Elu régional, M. Garrido, 54 ans, avait remplacé au pied levé le candidat de l'opposition Freddy Superlano, qui était en tête de l'élection quand la justice avait annulé cette dernière et l'avait déclaré inéligible en novembre.

«Le peuple du Barinas s'est réveillé, s'est levé après ma victoire (...) le 21 (novembre) et a compris qu'avec le vote, qui est l'arme des démocrates, nous pouvions obtenir des changements», a déclaré M. Garrido, ne fermant pas la porte à des discussions avec le pouvoir : «Nous sommes prêts à discuter avec qui on doit discuter, mais à condition que ce soit pour aider le peuple du Barinas, qui en a tant besoin». 

Près d'un quart de siècle de main mise de la famille Chavez sur le poste de gouverneur de cet Etat stratégique se termine ainsi. La dynastie avait commencé avec le père du président, Hugo de los Reyes Chavez (1998-2008) et s'était poursuivie avec ses frères Adan (2008-2016) et Argenis (2017-2021).

- «Ca se termine où ça a commencé» -

«Ca se termine où ça a commencé», a écrit sur son compte Twitter Juan Guaido, l'opposant numéro un au gouvernement du président Nicolas Maduro. «Unis, nous allons défendre la volonté (...) de connaître à nouveau la démocratie au Venezuela».

Au cours d'une conférence de presse lundi, il a parlé de «leçon de résistance», mais c'est sans doute surtout une leçon de politique pour l'ensemble de l'opposition qui a été incapable de s'unir en novembre pour les élections régionales.

Divisée, elle a été battue à plate couture, le pouvoir ayant été vainqueur dans 19 des 23 États en jeu ainsi que pour la mairie de Caracas alors même que le Venezuela est empêtré depuis sept ans dans une crise économique qui a fait chuter le PIB par habitant de ce pays producteur de pétrole au niveau de celui d'Haïti.

Cette victoire dans le fief même des Chavez est tout un «symbole», estime Luis Vicente Leon, le directeur du cabinet Datanalisis, soulignant qu'elle redonne sa place au «vote (...) contre l'abstention».

L'opposition avait boycotté la présidentielle de 2018 remportée par M. Maduro et les législatives de 2020.

Le pouvoir a reconnu sa défaite, Jorge Arreaza l'ayant même annoncée avant la proclamation officielle des résultats.

Mais, lundi, il est revenu à la charge.

«Nous n'avons pas atteint les objectifs (...) pour le moment», a-t-il lancé, paraphrasant Hugo Chavez qui avait utilisé ces mots en 1992 après un coup d'Etat avorté... sept ans avant de prendre le pouvoir en 1999 et de le garder jusqu'à sa mort en 2013.

«Gérez bien votre victoire, ne vous trompez pas parce qu'ici il y a le peuple !», a averti M. Arreaza.

De fait, alors que certains espèrent que l'opposition va surfer sur la victoire dans le Barinas pour remporter la présidentielle de 2024 ou faire organiser un référendum en vue de révoquer M. Maduro, Mariano de Alba, un expert d'International Crisis Group, estime que la situation n'a pas radicalement changé : «Je ne vois pas le pouvoir prêt à concéder une défaite sans un accord préalable avec l'opposition sur les règles du jeu et sur ce qu'il adviendrait du chavisme s'il perdait».


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
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  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.