La santé mentale des Libanais se détériore de jour en jour, les médicaments hors de prix

Le Liban et les Libanais sont en proie à des crises successives qui ont poussé un grand nombre d’expatriés à mettre leur énergie au service de particuliers, d’entreprises ou d’organisations non gouvernementales dans le but de fournir une aide directe à leur pays. (Photo, AFP)
Le Liban et les Libanais sont en proie à des crises successives qui ont poussé un grand nombre d’expatriés à mettre leur énergie au service de particuliers, d’entreprises ou d’organisations non gouvernementales dans le but de fournir une aide directe à leur pays. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 13 janvier 2022

La santé mentale des Libanais se détériore de jour en jour, les médicaments hors de prix

  • Ce qui inquiète les médecins en général et les psychiatres en particulier, c’est la pénurie de médicaments dans les pharmacies
  • «Certains médicaments génériques ne sont pas adaptés et, lorsque le médicament est disponible, le patient n’est parfois pas en mesure de le payer»

BEYROUTH: Le Liban et les Libanais sont en proie à des crises successives qui ont poussé un grand nombre d’expatriés à mettre leur énergie au service de particuliers, d’entreprises ou d’organisations non gouvernementales dans le but de fournir une aide directe à leur pays.

Amal Moukarzel en fait partie. Elle a fondé avec son mari et des amis français l'association Les Amis du Liban de Colombes pour faire parvenir les médicaments au pays. Selon elle, l’association enverra de temps à autre, en collaboration avec la Middle East Airlines, 120 kilogrammes de médicaments. Ces derniers seront par la suite distribués gratuitement aux patients dans quelques villes et villages, sous la supervision d’une association locale.

Les médicaments se font de plus en plus rares au Liban et les citoyens ne peuvent parfois plus s’en procurer compte tenu de la flambée des prix. Cela nécessite, affirme la fondatrice, «un flux toujours plus grand de médicaments, notamment pour soigner le diabète, l’hypertension et les troubles mentaux».

Il n’existe pas de statistiques précises sur le nombre de Libanais qui consomment des antidépresseurs.

Les pharmaciens estiment que le taux de clients qui achètent des médicaments psychotropes atteint, sur une base quotidienne, 30 à 35% du nombre total de clients.

Au Liban, «depuis la fin de l’année 2019, et à la lumière de la détérioration économique et sociale, les troubles psychologiques ont augmenté au sein de la population. La pandémie de Covid-19 n’a fait qu’exacerber la pression qui existait déjà, avec des hôpitaux à court d’oxygène, de matériel et de lits. Les troubles mentaux ont donc connu un essor notable; ils ont atteint leur paroxysme avec l’explosion du 4-Août», explique Hiba Dandachli, responsable de la communication et des relations publiques au sein d’Embrace, une ONG qui se consacre à la santé mentale.

Au Liban, les psychiatres s’accordent pour dire que le nombre de personnes souffrant de troubles mentaux qui se sont rendues dans leurs cliniques cette dernière année dépasse douze patients par jour. Les pharmaciens estiment quant à eux que le taux de clients qui achètent des médicaments psychotropes atteint, sur une base quotidienne, 30 à 35% du nombre total de clients.

L'effet 4 août 2020

Au cours des dernières décennies, le Liban a souvent mis en avant son système de santé, au point que certains l’ont qualifié d’«hôpital et pharmacie du Moyen-Orient». Hélas, aujourd’hui, il n’y a ni médicaments ni couverture médicale. La livre libanaise n’en finit plus de chuter et le taux de change du dollar a atteint un niveau record, ce qui a conduit à une inflation sans précédent dans un pays dont l’économie repose principalement sur le commerce, les services et l’importation. En plus de la paralysie politique qui règne depuis des années au Liban, le pouvoir d’achat des Libanais s’est effondré. L’explosion du 4 août 2020 est venue balayer le peu d’espoir qui restait. La situation sécuritaire s’est aggravée depuis et les affrontements dans la région de Tayouneh au mois d’octobre dernier ont ravivé le spectre de la guerre civile.

Selon une étude publiée par la Lebanese American University «16,17% des jeunes âgés de 18 à 24 ans souffrent de dépression sévère depuis la double explosion du port de Beyrouth, alors que 40,95% des femmes sont en état de stress post-traumatique».

Tous ces événements ont eu d’inévitables répercussions sur la santé mentale des Libanais, explique Hiba Dandachli. Cette dernière affirme que «le pourcentage de gens qui ont contacté Embrace via la hotline en 2021 est plus élevé que celui de toutes les années précédentes. Vingt mille personnes ont appelé pour demander un soutien psychologique; la plupart d’entre elles sont des adolescents et de jeunes adultes au chômage dont la situation socio-économique est déplorable ou qui souffrent d’anxiété, de dépression et d’insomnie». Une étude publiée par la Lebanese American University (Université libano-américaine ou LAU) au mois de janvier dernier confirme ces propos. «16,17% des jeunes âgés de 18 à 24 ans souffrent de dépression sévère depuis la double explosion du port de Beyrouth, alors que 40,95% des femmes sont en état de stress post-traumatique», peut-on y lire.

Ce qui inquiète les médecins en général et les psychiatres en particulier, c’est la pénurie de médicaments dans les pharmacies après la suppression totale du remboursement de la plupart d’entre eux

La Dr Hana Azar, psychiatre et pédopsychiatre, précise qu’il existe plusieurs types de troubles mentaux, mais que «la plupart des cas sont des troubles de l’humeur» et que «70 à 80% des habitants consomment des médicaments psychotropes pour lutter contre l’insomnie, les maux d’estomac, la tachycardie, l’eczéma, les phobies, les courbatures et d’autres symptômes physiques en lien avec les troubles psychologiques».

Ce qui inquiète les médecins en général et les psychiatres en particulier, c’est la pénurie de médicaments dans les pharmacies après la suppression totale du remboursement de la plupart d’entre eux.

Si certains médicaments demeurent partiellement pris en charge, seuls les médicaments pour le traitement des cancers sont entièrement remboursés. Les médicaments contre les maladies neurologiques font partie de ceux dont la prise en charge varie en fonction du prix.

Dépression et addiction

Les pharmaciens affirment eux aussi que la situation est particulièrement alarmante. Ferial Zahreddine est propriétaire d’une pharmacie dans la région de Choueïfat, dans la périphérie de Beyrouth. Elle donne l’exemple d’un médicament «utilisé par un très grand nombre de Libanais et considéré comme un anxiolytique», dont le prix «est passé de 25 000 à 420 000 livres libanaises en deux mois».

Elle ajoute qu’il existe «des types de médicaments considérés comme des drogues», expliquant: «Certaines personnes – et plus particulièrement des jeunes – se rendent dans les pharmacies pour s’en procurer. Nous refusons de leur en vendre.» Il convient de noter que, au Liban, les médicaments psychotropes nécessitent généralement une prescription. Beaucoup peinent à en obtenir en raison de leurs faibles revenus, qui ne leur permettent même pas de se payer une consultation médicale.

Cette réalité a poussé de nombreux Libanais à se procurer des médicaments – notamment psychotropes – auprès de leurs proches et amis qui vivent à l’étranger, en recourant aux services de personnes qui les apportent de Turquie, de Chypre, de Grèce et de Jordanie, ou encore en bénéficiant de dons de gens qui résident en France.

La psychiatre Yara Chamoun évoque, pour sa part, sa perplexité et celle de ses collègues, «lorsque les médicaments prescrits ne sont pas disponibles». Elle dit: «Je ne sais quel médicament prescrire. J’essaye d’abord de me renseigner auprès des pharmaciens pour savoir ce qui est disponible. Certains médicaments génériques ne sont pas adaptés et, lorsque le médicament est disponible, le patient n’est parfois pas en mesure de le payer.»

Le plus inquiétant, selon elle, est que «les troubles psychologiques dont souffrent les Libanais, et particulièrement les jeunes, sont tout à fait nouveaux, et ne se sont manifestés lorsque ces personnes ont perdu le confort dont elles jouissaient avant la crise économique». Ces dernières, affirme la psychiatre, «ne peuvent plus rêver d’une vie meilleure ou essayer de mener la vie dont elles rêvaient auparavant. En plus des cas de dépression et d’anxiété, les cas d’addiction à l’alcool et aux drogues augmentent considérablement. Les consommateurs avouent y être dépendants parce que cela leur permet de dormir ou d’échapper à la réalité».


Le roi Salmane d’Arabie saoudite quitte l’hôpital après des examens médicaux à Riyad

Aucune autre information n'a été fournie concernant son état de santé ou tout autre détail médical. (AFP)
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RIYAD : Le roi Salmane d’Arabie saoudite a quitté vendredi soir l’hôpital spécialisé King Faisal de Riyad, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Le souverain y avait effectué des examens médicaux, avait indiqué plus tôt l’Agence.

Selon le communiqué, les résultats des examens se sont révélés « rassurants ». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le roi Salmane effectue des examens médicaux à Riyad

Aucune autre information n'a été fournie concernant son état de santé ou tout autre détail médical. (AFP)
Aucune autre information n'a été fournie concernant son état de santé ou tout autre détail médical. (AFP)
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RIYAD : Le roi Salmane d’Arabie saoudite est actuellement en train de passer des examens médicaux à l’hôpital spécialisé King Faisal de Riyad, a rapporté vendredi l’Agence de presse saoudienne.

Aucune information supplémentaire n’a été communiquée concernant la nature de la visite du souverain ni les détails de son état de santé. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Arabie saoudite annonce un nouveau soutien financier au gouvernement yéménite

Cette photo montre une vue du fort de l'île de Sirah en direction de l'ancien port maritime d'Aden, dans le sud du Yémen. (AFP/File)
Cette photo montre une vue du fort de l'île de Sirah en direction de l'ancien port maritime d'Aden, dans le sud du Yémen. (AFP/File)
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  • Dans un post sur X, Al-Jaber a déclaré que ce soutien complète un ensemble de projets et d'initiatives de développement, d'un montant de 1,9 milliard de SR, annoncés mercredi
  • Ce message est probablement lié à plusieurs informations médiatiques qui ont suggéré que l'ancien chef du Conseil de transition du Sud (STC), Aidaroos Al Zubaidi, qui a fui le Yémen, profitait du personnel militaire et retenait les salaires

RIYAD: L'ambassadeur saoudien au Yémen et superviseur du programme saoudien pour le développement et la reconstruction du Yémen, Mohammed Al-Jaber, a annoncé que le Royaume, sous les directives de ses dirigeants, a fourni un nouveau soutien au budget du gouvernement yéménite, visant à payer les salaires des employés de l'État dans tous les secteurs.

Dans un post sur X, Al-Jaber a déclaré que ce soutien complète un ensemble de projets et d'initiatives de développement, d'un montant de 1,9 milliard de SR, annoncés mercredi. Ce paquet comprend la fourniture des dérivés du pétrole nécessaires au fonctionnement des centrales électriques, ce qui contribuera à améliorer le niveau de vie des habitants du Yémen et à alléger leur fardeau quotidien.

Le poste d'Al-Jaber a souligné, en particulier, que tous les salaires des forces militaires et de sécurité liées au comité militaire supérieur lié à la coalition dirigée par l'Arabie saoudite seront payés à partir de dimanche.

Ce message est probablement lié à plusieurs informations médiatiques qui ont suggéré que l'ancien chef du Conseil de transition du Sud (STC), Aidaroos Al Zubaidi, qui a fui le Yémen, profitait du personnel militaire et retenait les salaires en guise de moyen de pression. M. Al-Zubaidi est recherché par le gouvernement yéménite pour haute trahison et corruption.

L'ambassadeur a souligné que ces mesures s'inscrivaient dans le cadre du soutien aux efforts déployés par le gouvernement yéménite pour mettre en œuvre le programme de réforme économique, qui vise à assurer la stabilité financière et économique et à renforcer la capacité de l'État à s'acquitter de ses obligations fondamentales.