AlUla clôture avec succès sa première résidence d'artistes

L'extérieur de "Mabiti", la résidence d'artistes d'AlUla. (Photo fournie).
L'extérieur de "Mabiti", la résidence d'artistes d'AlUla. (Photo fournie).
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Publié le Vendredi 14 janvier 2022

AlUla clôture avec succès sa première résidence d'artistes

  • Après onze semaines d'explorations et d'expérimentations, le premier programme de résidence d'art AlUla s'est achevé avec succès ce week-end
  • Pendant trois jours d'ateliers ouverts, des œuvres d'artistes ont été exposées au Mabiti AlUla et dans la palmeraie environnante

ALULA, Arabie saoudite: Après onze semaines d'explorations et d'expérimentations, six artistes en résidence ont dévoilé leurs œuvres réalisées en trois jours d'ateliers ouverts dans l'oasis culturelle créée à Mabiti AlUla.

Sur le thème «L'oasis renaissante», les œuvres ont été inspirées par des collaborations avec des experts techniques et scientifiques et la communauté locale, notamment des artisans et des acteurs culturels, offrant aux artistes un aperçu dynamique de l'un des paysages les plus importants et les plus riches d'AlUla. Ces perspectives ont été régulièrement partagées avec le public tout au long de la résidence, à travers quatorze ateliers et conférences, sept programmes publics d’artistes, plus de douze visites de sites et plus de vingt interactions d'experts en onze semaines.

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L'intérieur de la résidence d'artistes. (Photo fournie).

Pour Jean-François Charnier, directeur scientifique de l’Agence française pour le développement d'AlUla (Afalula) et Arnaud Morand, responsable Création et Innovation ,cet événement est d’une grande importance.

«Nous sommes ravis de dévoiler les recherches et le travail des premiers artistes en résidence à AlUla. À travers une variété de supports et d'approches, main dans la main avec les experts et la communauté locale, ils offrent un regard neuf sur les initiatives de renouveau actuellement déployées dans l'oasis » ont-ils ainsi déclaré. Et d’ajouter, « nous appelons (NDLR: à travers ce programme) la création contemporaine à rendre hommage à la beauté et à l'importance d'AlUla tout en contribuant au développement de la destination à travers une intelligence spécifique à l'art.»

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AlUla Art Residency: les oeuvres exposées

  • Rappelant un passé qui semble désormais lointain, Thuraya, de Rashed al-Shashai, réfléchit aux liens entre notre présent – celui qui est censé être témoin de progrès scientifiques sans précédent – et les mondes anciens. Par une approche conceptuelle, l'installation in situ à grande échelle combine l'Histoire et la nomenclature des choses et les matériaux environnementaux de l'oasis que les habitants ont utilisés pour fabriquer des meubles pour la vie quotidienne.
  • L'Oasis est un oued élevé au ciel développé par Sara Favriau dans AlUla, qui revêt trois formes, trois étapes distinctes correspondant à trois moments liés: De petites sculptures, Les Petits Riens; une performance filmée, Un jour sans fin, et une installation, Ruban de Möbius. Ces trois formes interrogent la notion de jardin du désert, et en particulier d'oasis – notre planète est un vaste jardin, après tout, et les royaumes de l'humain et de l'animal ne font qu'un.
  • À travers un processus de localisation, de partage et de collecte de récits, Earth Readings, de Talin Hazbar, explore diverses relations entre le passé et le présent, l'imperceptible et le matériel, et se concentre sur les récits de cartographie et de marquage pour incarner la matérialité et le sens de la terre.
  • Explorant les mémoires individuelles, collectives et scientifiques, Peuplé de feuilles qui bougent, de Laura Sellies, est une installation mêlant sculptures, sons et textes. Ses structures métalliques qui font appel aux souvenirs invitent les visiteurs à écouter les voix de l'oasis: réelles ou fictives, interprétées ou enregistrées, voix de femmes et d'hommes, d'oiseaux, de chameaux, de vents, d'eau, de rochers et de sable.
  • On this Sacred Day, de Muhannad Shono, représente le rituel du catafalque, le cycle de mort et de renouveau dans l'oasis vivante. De la fumée qui s'élève, se dégagent des histoires d'allées et venues, de pertes et de souvenirs.
  • Analysant l'oasis comme un environnement maternel nourrissant la présence humaine à travers le temps, It's Not Early Anymore, de Sofiane Si Merabet, établit un parallèle entre le développement récent de l'oasis d'AlUla et l'excitation que suscitent les mariages. À la fois rythmés par les saisons et influencés par les actions humaines, l'idée de célébrations et le cycle de vie du palmier tel qu'observé dans l'oasis sont explorés dans cette installation multimédia.

Au cours des trois jours célébrant la clôture de la résidence d'artistes  AlUla, une programmation publique dynamique a permis la présentation du travail de six artistes confirmés, à travers leur création et leurs recherches, aux résidents d'AlUla et à la communauté d'experts, offrant ainsi un regard nouveau sur la façon de donner un souffle de vie à l'oasis et de s'assurer qu'elle est connectée à son histoire légendaire et à son futur héritage.

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Hegra, à AlUla. Photo fournie.

Soulignant dans ce cadre l’importance de la culture, Nora Aldabal, directrice des arts et de la planification créative de la Royal Commission of AlUla (RCU), a affirmé que « la culture est indispensable à notre qualité de vie ». Avec AlUla Art Residency, « nous créons avec succès un environnement qui soutient la créativité, libérant de nouvelles formes d'expression inspirantes qui interagiront avec les résidents d'AlUla. Les programmes de résidence artistique d'AlUla qui se fondent dans le paysage et ses environs, sont un aspect phare de l'effort à long terme qui vise à favoriser une industrie créative florissante et une économie culturelle à AlUla, marquant le début d'une destination inspirée et construite par et pour les artistes et les professionnels des arts. C'est un prolongement de l'héritage d'AlUla en tant qu'oasis vivante pour l'art.»

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«C'est un prolongement de l'héritage d'AlUla en tant qu'oasis vivante pour l'art.» Photo fournie.

Les œuvres finales des artistes engagés seront exposées au public lors du festival AlUla Arts du 13 au 26 février 2022.

 

Le programme de la résidence d'art: «Renaissance de l’oasis»

Afin de célébrer la clôture de la première résidence d’artistes d’AlUla, trois journées de programmes spéciaux sur place, ont lieu du mercredi 12 au vendredi 14 janvier 2022. 

Durant ces trois jours, les visiteurs et les invités pourront interagir avec les six artistes en résidence, les experts et la communauté d’AlUla. Ils découvriront les travaux en cours, les installations et les expériences de ce premier groupe de résidents autour du thème «Renaissance de l’oasis». 

Des tables rondes et des visites sont organisées dans le cadre de l’événement de clôture. Des experts de diverses disciplines de recherche donneront également des présentations guidées à AlUla. 

  • Mercredi 12 janvier 2022 

19h30 

Introduction par les principaux intervenants, suivie d’une présentation guidée des œuvres d’art et d’un dîner barbecue. 

  • Jeudi 13 janvier 2022 

11h00-13h00 

Atelier – Lectures de la Terre avec Talin Hazbar 

Dans le prolongement de son projet intitulé «Lectures de la Terre», Talin Hazbar expliquera le processus de documentation qu’elle a développé pendant sa résidence, en s’inspirant des matériaux d’AlUla et en collaboration avec les locaux. Les participants sont invités à apporter des matériaux naturels provenant d’un lieu spécifique auquel ils se sentent liés, et à en partager la signification, les histoires et l’emplacement. Cet atelier permettra également aux participants de créer leur propre interprétation d’AlUla inspirée par les matériaux contribuant collectivement au projet de l’artiste. 

L’atelier est limité à quinze participants. Pour s’inscrire, contacter le +966 50 710 2728. 

15h00-16h30 

Table ronde – L’oasis réaménagée 

Cette table ronde animée par l’artiste en résidence Rached AlShashai et le créateur Nawaf al- Nassar, modérée par l’artiste et photographe Omar AlBraik, analysera l’oasis en tant qu’objet de connaissance et source de connexion et de culture par les communautés locales dans le domaine des arts traditionnels et de la création contemporaine. 

15h45-18h15 

Table ronde – L’oasis réimaginée 

Animée par l’artiste en résidence Laura Sellies et la chercheuse Dr Hanadi Abokadejah, modérée par l’artiste en résidence Sofiane Si Merabet, cette discussion portera sur les histoires de l’oasis transmises à travers les générations qui sont devenues la mémoire vivante de ce paysage légendaire. 

18h30-20h00 

Table ronde – L’histoire de l’oasis retracée 

L’artiste en résidence Talin Hazbar et le propriétaire de Mabiti AlUla, Salmane al-Shammari, discuteront des différentes manières de retracer l’histoire d’AlUla. Comment le fait de collecter, de documenter, et d’échanger avec la communauté locale peut-il contribuer à la préservation de l’histoire passée et présente? La table ronde sera modérée par l’artiste Rached AlShashai. 

  • Vendredi 14 janvier 2022 

13h30-15h00 

Table ronde – L’oasis renouvelée 

Cette table ronde, animée par l’artiste en résidence Sofiane Si Merabet, l’écrivain et chercheur Dr Abdallah Nassif et la conteuse Magboula Shouweikan, portera sur les traditions de l’oasis, notamment celles qui tournent autour des célébrations et des mariages. Les participants discuteront de l’évolution de ces traditions dans le contexte d’AlUla: comment ces traditions se maintiennent et se renouvellent-elles dans un monde en pleine mutation? 

15h15-16h45 

Table ronde – L’oasis reconsidérée 

Cette discussion entre l’artiste en résidence Sara Favriau et Youssra al-Anesi de la Prince’s Foundation School of Traditional Arts portera sur la manière dont l’intuition peut guider l’exploration d’un nouvel environnement et le développement d’un processus créatif. Cette discussion sera modérée par l’artiste en résidence Talin Hazbar. 

17h00-19h00 

Table ronde – Renaissance de l’oasis 

Cette table ronde qui clôturera l’événement réunira tous les artistes en résidence pour une discussion sur la première édition de la résidence d’artistes d’AlUla et son impact sur leur processus créatif et leur production. La conférence sera modérée par Arnaud Morand, responsable de l’innovation et de la création chez Afalula.


L’Institut du monde arabe rend hommage à Leila Shahid

Engagée en politique dès ses 18 ans, cette proche de Yasser Arafat, qui parlait couramment anglais et français, a été la première femme à représenter l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) à l'étranger, à partir de 1989 en Irlande, puis aux Pays-Bas et au Danemark. (AFP)
Engagée en politique dès ses 18 ans, cette proche de Yasser Arafat, qui parlait couramment anglais et français, a été la première femme à représenter l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) à l'étranger, à partir de 1989 en Irlande, puis aux Pays-Bas et au Danemark. (AFP)
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  • Le président palestinien Mahmoud Abbas a déclaré dans un communiqué que Leïla Shahid "avait incarné le modèle d'une diplomatie engagée envers les valeurs de liberté, de justice et de paix"
  • "Elle est la Palestine incarnée dans le monde francophone", a résumé de son côté le représentant adjoint de la Palestine à l'ONU Majed Bamya, évoquant sur X une personnalité "si universelle et si palestinienne"

PARIS: Mardi 31 mars 2026, l’Institut du monde arabe rendra hommage à Leila Shahid pour une soirée exceptionnelle. Proches, amis et compagnons de route évoqueront son parcours et son engagement, avec notamment les interventions d’Elias Sanbar, Karim Kattan et de nombreux invités. Un moment de mémoire et de dialogue pour saluer une grande voix de la Palestine.

Engagée en politique dès ses 18 ans, cette proche de Yasser Arafat, qui parlait couramment anglais et français, a été la première femme à représenter l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) à l'étranger, à partir de 1989 en Irlande, puis aux Pays-Bas et au Danemark.

Elle a ensuite été déléguée générale de l'Autorité palestinienne en France de 1994 à 2005, avant d'occuper les mêmes fonctions à Bruxelles auprès de l'UE durant la décennie suivante.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a déclaré dans un communiqué que Leïla Shahid "avait incarné le modèle d'une diplomatie engagée envers les valeurs de liberté, de justice et de paix".

"Elle est la Palestine incarnée dans le monde francophone", a résumé de son côté le représentant adjoint de la Palestine à l'ONU Majed Bamya, évoquant sur X une personnalité "si universelle et si palestinienne".

"Combattante infatigable" 

L'ancien Premier ministre français et ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin a salué, toujours sur X, "une ardente amoureuse de la culture, de la poésie et des arts", qui "fut de celles et ceux qui, dès les premières heures, crurent obstinément à la possibilité d'une paix juste et durable au Proche-Orient".

De nombreuses réactions en France sont venues de la gauche, à l'instar de l'ancienne ministre socialiste Martine Aubry, qui a évoqué une "inlassable militante pour la reconnaissance d'un État palestinien et pour la paix avec Israël".

"Leïla Shahid aura été de ces diplomates exemplaires qui marquent une génération", a pour sa part réagi dans un communiqué l'Institut du Monde Arabe (IMA): "Combattante infatigable, héroïne des temps modernes, elle portait la Palestine en elle avec force et dignité".

"Le désastre des souffrances du peuple palestinien à Gaza l'a hantée jusqu’à sa fin tragique", ajoute l’institution parisienne.

Face à la guerre dans la bande de Gaza, déclenchée par l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023, Leïla Shahid n'avait eu de cesse d'appeler la communauté internationale à agir pour un cessez-le feu.

Mais dans un entretien à France-Inter deux jours après le 7-Octobre, elle se disait "pessimiste" quant à l'avenir de la Palestine, et mettait en garde contre une annexion par Israël de "ce qu'il reste comme territoires palestiniens".


La femme au cœur de la transformation saoudienne selon Doha Brahim

L’épouse de l’ambassadeur Fatima Al Ruwaily accueillant ses invités.
L’épouse de l’ambassadeur Fatima Al Ruwaily accueillant ses invités.
L’épouse de l’ambassadeur Fatima Al Ruwaily accueillant ses invités.
L’épouse de l’ambassadeur Fatima Al Ruwaily accueillant ses invités.
L’épouse de l’ambassadeur Fatima Al Ruwaily accueillant ses invités.
L’épouse de l’ambassadeur Fatima Al Ruwaily accueillant ses invités.
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  • Décorés sobrement, mais avec beaucoup d’élégance, les salons de la résidence de l’Arabie saoudite ont été, l’espace d’une soirée, un lieu de retrouvailles et de convivialité
  • Après une brève allocution de bienvenue, Al Ruwaily a donné la parole à la docteure Doha Brahim, spécialiste en administration des affaires et membre de la Commission des droits de l’homme en Arabie saoudite depuis 2020

PARIS: Délicatesse et chaleur humaine étaient au rendez-vous lors de l’iftar organisé par l’épouse de l’ambassadeur saoudien à Paris, Fatima Al Ruyaily, qui a réuni plusieurs dizaines de personnalités féminines connues de la place parisienne.

Décorés sobrement, mais avec beaucoup d’élégance, les salons de la résidence de l’Arabie saoudite ont été, l’espace d’une soirée, un lieu de retrouvailles et de convivialité.

Après une brève allocution de bienvenue, Al Ruwaily a donné la parole à la docteure Doha Brahim, spécialiste en administration des affaires et membre de la Commission des droits de l’homme en Arabie saoudite depuis 2020.

De passage à Paris pour quelques heures seulement, la docteure Brahim a livré un témoignage éclairant sur l’évolution de la place des femmes dans le Royaume.

Vision 2030 et promotion du rôle des femmes

Arrivée le matin même de Riyad, elle devait repartir dès le lendemain, mais son intervention a permis de mesurer l’ampleur des transformations engagées ces dernières années.

Au cœur de son propos : la Vision 2030, vaste programme de réformes lancé par le Royaume pour diversifier son économie et transformer en profondeur la société saoudienne.

« Nous vivons un moment historique dans l’histoire de notre pays », a-t-elle déclaré, ajoutant que cette vision stratégique constitue bien plus qu’un projet économique : elle dessine une transformation globale fondée sur l’innovation, le progrès social et l’ouverture culturelle.

Portée par le roi Salman ben Abdelaziz et mise en œuvre par le prince héritier Mohammed ben Salmane, la Vision 2030 place le développement humain au cœur de ses priorités. « Les citoyens sont à la fois le moteur, le sujet et les bénéficiaires de cette vision », a insisté Doha Brahim.

Dans ce cadre, la promotion des femmes occupe une place centrale. Loin d’être perçue comme un simple symbole ou un privilège, l’autonomisation féminine est présentée comme un droit fondamental et un levier indispensable du développement.

« Un développement global ne peut être atteint que par la participation de tous », a-t-elle affirmé, soulignant que les réformes engagées dépassent le cadre économique pour s’inscrire dans une véritable transformation culturelle et sociale.

Cette évolution s’inscrit également dans les engagements internationaux du Royaume, notamment dans le cadre des Objectifs de développement durable des Nations unies, parmi lesquels figure l’égalité entre les sexes.

Au cours des dernières années, l’Arabie saoudite a multiplié les initiatives destinées à mesurer et encourager la participation des femmes dans la société, parmi lesquelles la création d’outils statistiques et d’institutions dédiées, comme l’Observatoire national des femmes, chargé de suivre leur participation dans les différents secteurs de la vie publique et économique.

Ces efforts commencent à produire des résultats tangibles, souligne Brahim. La participation des femmes au marché du travail a connu une progression spectaculaire, passant d’environ 17 % à plus de 36 %, dépassant même les objectifs initialement fixés dans le cadre de la Vision 2030.

Aujourd’hui, les femmes saoudiennes occupent des postes dans des domaines autrefois largement masculins. Elles participent à la vie politique à travers leur présence dans les instances consultatives, exercent des responsabilités diplomatiques et contribuent activement au développement économique.

La femme saoudienne est également présente dans les secteurs d’avenir, notamment la technologie, l’innovation et l’entrepreneuriat, et cette présence ne cesse de croître.

De nombreuses femmes créent désormais leurs propres entreprises, contribuant à dynamiser l’économie nationale et à renforcer le tissu entrepreneurial du pays.

L’éducation constitue l’un des moteurs les plus puissants de cette transformation, puisque les femmes représentent aujourd’hui plus de la moitié des étudiants dans les universités du Royaume, notamment dans les disciplines scientifiques.

Certaines participent désormais à des projets scientifiques internationaux majeurs, affirme Brahim, qui signale au passage la participation d’une astronaute saoudienne à une mission vers la Station spatiale internationale.

La transformation touche également des domaines inattendus : les femmes s’illustrent dans les arts, la littérature et la culture, devenant des ambassadrices de l’identité saoudienne sur la scène internationale.

Mais c’est peut-être dans les secteurs de la sécurité et de la justice que le changement apparaît le plus marquant, car les femmes sont désormais présentes dans les forces armées, la garde nationale ou encore l’armée de l’air.

Parallèlement, le système judiciaire s’est ouvert à leur participation, avec un nombre croissant d’avocates et de juristes. Sur la scène diplomatique, plusieurs femmes ont été nommées ambassadrices, représentant le Royaume dans des capitales importantes et au sein d’organisations internationales, y compris auprès de l’Union européenne.

Le sport féminin constitue un autre symbole de cette évolution rapide. En quelques années seulement, l’Arabie saoudite est passée d’une absence quasi totale de pratique sportive féminine à la création de ligues professionnelles et à la participation de sportives saoudiennes à des compétitions internationales.

Pour Doha Brahim, ces évolutions traduisent une transformation profonde de la société saoudienne. « Le parcours d’autonomisation des femmes n’est pas un projet temporaire », a-t-elle souligné. Il s’inscrit dans une dynamique de long terme visant à construire une société plus inclusive et durable.

« Nous ne construisons pas seulement une économie », a-t-elle conclu, « nous construisons aussi une société fondée sur la justice, le partenariat et l’égalité des opportunités ».

L’iftar, qui s’est prolongé par un échange entre les convives sur le potentiel des femmes et le rôle central qui leur revient dans le développement social, a constitué une parenthèse de détente et d’espoir au milieu des turbulences que traverse le monde.


Mode féminine: des fleurs pour le défilé Dior, des smokings chez Saint Laurent

Christian Dior – défilé de la collection prêt-à-porter femme automne/hiver 2026-2027, dans le cadre de la Fashion Week féminine de Paris, à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Christian Dior – défilé de la collection prêt-à-porter femme automne/hiver 2026-2027, dans le cadre de la Fashion Week féminine de Paris, à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
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  • À la Fashion Week de Paris, Jonathan Anderson pour Dior a présenté une collection féminine automne-hiver 2026 très florale, inspirée par la nature et réinterprétant l’héritage de la maison
  • Anthony Vaccarello a célébré ses dix ans à Saint Laurent avec des smokings féminins structurés, dentelles sombres et silhouettes épurées, affirmant une vision moderne et libératrice de la femme

PARIS: La semaine de la mode parisienne est entrée dans le vif du sujet mardi avec un deuxième défilé féminin de Jonathan Anderson pour Dior, très floral, et des smokings pour femmes et dentelles sombres par Anthony Vaccarello pour Saint Laurent.

Sous un soleil radieux, le défilé Dior s'est tenu dans le jardin des Tuileries, où le bassin de l'Octogone, aux eaux fleuries de nénuphars, était entouré d'une passerelle vitrée et couverte dans le vert caractéristique des chaises du lieu, dont la version miniature a servi d'invitation.

L'actrice française Isabelle Adjani, le réalisateur espagnol Pedro Almodovar ou le chanteur et producteur américain Pharrell Williams étaient notamment présents sous la verrière.

Malgré un contexte international tendu, il n'y aura "pas d'annulation, pas de modification", avait assuré lundi à l'AFP Pascal Morand, président exécutif de la Fédération de la haute couture et de la mode (FHCM), deux jours après le lancement d'une attaque israélo-américaine sans précédent contre l'Iran.

Les organisateurs de cette semaine de la mode féminine dédiée à l'automne-hiver 2026 restent toutefois "très attentifs à la situation, en lien avec la préfecture", avait-il ajouté.

- "Styliste jardinier" -

Chez Dior, "la +grammaire+ de la Maison est vraiment installée, avec un prêt-à-porter ayant presque des accents +Couture+ et une narration extrêmement cohérente", a souligné après le show Pierre Groppo, rédacteur en chef mode et lifestyle de Vanity Fair France.

Emblématique de la maison, "le tailleur Bar est là mais retravaillé", avec basques à effet boule et jupes - très courtes - à godet, et les mannequins, des "princesses un peu primesautières", a-t-il détaillé à l'AFP, qualifiant le show de "post-romantique".

"C'est frais parce que très végétal", lié à l'amour de Christian Dior pour la nature, a-t-il affirmé, citant des "détails lotus ou floraux" dessinés par un styliste "qui serait devenu jardinier", avant de lancer: "c'est une collection qui a de la sève".

Pour Jeanne Le Bault, rédactrice en chef mode du magazine Marie Claire, Jonathan Anderson "a conservé l'esprit Dior mais l'a réinterprété à la lumière des sensibilités contemporaines, entre classicisme élégant et détails novateurs dans la coupe et les superpositions".

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Christian Dior – défilé de la collection prêt-à-porter femme automne/hiver 2026-2027, dans le cadre de la Fashion Week féminine de Paris, à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)

En résumé, c'est "une collection qui célèbre l'héritage Dior tout en le rendant plus frais, fluide et inspiré par la nature", selon elle.

Souvent présenté comme l'un des enfants prodiges de la mode, Jonathan Anderson, ancien directeur artistique de Loewe, est devenu en juin 2025 le premier styliste depuis Christian Dior à superviser les trois lignes de la maison phare de LVMH.

- Dix ans -

Autre moment fort de la journée, le défilé Saint Laurent par Anthony Vaccarello, son directeur artistique depuis 2016, s'est tenu dans le cadre magique des jardins du Trocadero avec la Tour Eiffel en toile de fond, devant l'actrice française Charlotte Gainsbourg et la chanteuse de K-pop Rosé.

Pour célébrer ses dix ans à la tête de la maison française, le créateur belge de 44 ans, à la vision novatrice et pointue, a signé un "manifesto" reprenant en 49 looks l'essentiel de sa vision de la mode, où s'impose la dentelle, dans une palette de couleurs réduite.

"Depuis ses débuts, une simplicité de silhouette - comme tracée de quelques coups de crayon - définit l'idéal Saint Laurent", écrit le styliste dans sa note d'intention, pour qui des "pièces épurées, dénuées de détails superflus" composent un "ethos fondateur".

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Saint Laurent – défilé de la collection prêt-à-porter femme automne/hiver 2026-2027, dans le cadre de la Fashion Week féminine de Paris, à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)

Vestes de smoking très structurées pour un "sentiment libérateur d'aisance et de liberté", chignons serrés, escarpins ultra-pointus, et des mannequins - dont Bella Hadid - aux moues boudeuses mais décidées: la femme Vaccarello s'affirme.

La Fashion Week se poursuit mercredi, avec notamment les défilés de Courrèges, Balmain - pour lequel officiera pour la première fois Antonin Tron, qui a remplacé l'emblématique Olivier Rousteing -, Dries van Noten, Stella McCartney et Tom Ford.

En soirée, les fashionistas assisteront au dernier défilé du créateur belge Pieter Mulier pour Alaïa, avant son départ pour Versace, annoncé début février.