L'ONU dénonce l'augmentation des discours haineux en Serbie et Bosnie

Une photo prise à Belgrade le 15 novembre 2021 montre une peinture murale vandalisée avec de la peinture noire, représentant l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic. (AFP)
Une photo prise à Belgrade le 15 novembre 2021 montre une peinture murale vandalisée avec de la peinture noire, représentant l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic. (AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 14 janvier 2022

L'ONU dénonce l'augmentation des discours haineux en Serbie et Bosnie

  • Des médias locaux et des associations de victimes ont évoqué notamment deux événements du 8 janvier en Bosnie, la veille du défilé à l’occasion de la fête nationale de la Republika Srpska
  • Ces incidents se sont déroulés dans divers lieux de la Republika Srpska (RS), entité des Serbes de Bosnie dont les dirigeants évoquent régulièrement l'idée d'indépendance

GENÈVE : L'ONU a fait part vendredi de son inquiétude face à l'augmentation en Serbie et en Bosnie des discours haineux qui alimentent "un climat de peur et d'insécurité" quelques mois avant la tenue d'élections dans ces deux pays.

"Nous sommes profondément préoccupés par les récents incidents survenus en Bosnie-Herzégovine et en Serbie lors desquels des individus ont glorifié des atrocités et des criminels de guerre condamnés, ont tenu des discours haineux à l'encontre de certaines communautés et, dans certains cas, ont directement incité à la violence", a déclaré une porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, Liz Throssell.

"L'augmentation des discours haineux, la négation des génocides et d'autres atrocités et la glorification des criminels de guerre dans les Balkans mettent en évidence l'échec à faire pleinement face au passé", a-t-elle soutenu, lors d'un point de presse à Genève.

Ces incidents se sont déroulés dans divers lieux de la Republika Srpska (RS), entité des Serbes de Bosnie dont les dirigeants évoquent régulièrement l'idée d'indépendance.

Des médias locaux et des associations de victimes ont évoqué notamment deux événements du 8 janvier en Bosnie, la veille du défilé à l’occasion de la fête nationale de la Republika Srpska. 

A Foca (Est), plusieurs centaines de personnes ont assisté aux célébrations de cette fête de l’entité serbe de Bosnie et à un feu d’artifice organisé par des supporteurs de football de l’Etoile rouge Belgrade. 

Ils ont déplié pour l’occasion sur la façade d’une immeuble un grand portrait de Ratko Mladic, ancien général des Serbes de Bosnie condamné à la perpétuité pour des crimes de guerre en Bosnie, notamment pour le massacre de Srebrenica et le siège de Sarajevo.

Le même soir, un groupe de personnes a défilé dans les rues de Prijedor (Nord-Ouest) en chantant notamment "Général, merci à ta mère" et en scandant le nom de Ratko Mladic.

Des forces serbes ont commis des atrocités contre la population musulmane dans ces deux villes dans les premiers mois du conflit intercommunautaire (1992-95).

"Ces incidents - dont certains se déroulent dans des endroits qui ont été le théâtre d'atrocités de masse pendant la guerre en Bosnie-Herzégovine, comme Prijedor et Foca - sont un affront pour les survivants", a d'ailleurs dénoncé la porte-parole du Haut-Commissariat.

"L'incapacité à prévenir et à sanctionner de tels actes, qui alimentent un climat d'anxiété extrême, de peur et d'insécurité au sein de certaines communautés, constitue un obstacle majeur à l'instauration de la confiance et à la réconciliation", a-t-elle insisté.

L'ONU, a-t-elle dit, craint que "de tels actes --alimentés par les déclarations incendiaires, par la rhétorique nationaliste et par les discours haineux de certains politiciens-- vont continuer à se multiplier en 2022, année où des élections doivent avoir lieu en Serbie en avril, puis en octobre en Bosnie-Herzégovine". 

Et ce dans un "environnement politique déjà extrêmement tendu".

Depuis la fin de la guerre inter-communautaire (1992-95), la Bosnie est composée de deux entités, la RS et une fédération croato-musulmane, unies par un gouvernement central initialement faible mais renforcé au fil des ans sous la pression des Occidentaux au grand dam des Serbes de Bosnie.

Milorad Dodik, membre serbe de la présidence collégiale de Bosnie, a lancé récemment un processus de retrait de la RS de plusieurs institutions de l'État central bosnien, l'armée, la justice et les impôts, s'attirant les foudres des États-Unis qui ont annoncé de nouvelles sanctions financières contre cet homme politique, ancien favori des Occidentaux devenu pro-russe.

 


Les Etats-Unis frappent l'Iran pour la troisième nuit de suite et vont rétablir le blocus des ports

Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Short Url
  • Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna
  • Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom

TEHERAN: Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible".

Pendant une mission de cinq heures, "les forces américaines ont frappé des cibles militaires" dans plusieurs villes portuaires du sud de l'Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans la matinée.

Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna.

Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom.

"Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain", avait déclaré lundi Donald Trump dans une interview radio. Pour le président américain, les dirigeants iraniens "ne peuvent absolument rien faire contre" ces frappes.

Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont, eux, revendiqué une opération à Bahreïn - entre autres contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair.

L'armée idéologique iranienne a aussi annoncé avoir ciblé en Jordanie "des installations clé et les forces américaines sur une base aérienne jordanienne", dans un communiqué cité par l'agence Tasnim. L'armée jordanienne a annoncé pour sa part l'interception de quatre missiles iraniens.

Deux tankers attaqués 

Dans le détroit d'Ormuz, les Emirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers, tuant un membre d'équipage indien.

Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible".

Avant cela, il avait annoncé sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli.

Il entrera en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, le président américain a dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Le pétrole remonte 

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur X: "l'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours".

Donald Trump "a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz devrait être rémunéré", a-t-il ironisé, ajoutant: "20%, c'est évidemment trop. Nous serons équitables".

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les Etats-Unis de mettre en péril l'approvisionnement mondial en pétrole.

Au lendemain d'une envolée spectaculaire de plus de 9%, les cours du pétrole continuaient leur ascension dans ce contexte. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait 1,19% à 84,29 dollars vers 02H00 GMT.

Après quasiment 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d'être entériné le 17 juin par un protocole d'accord.

Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était "terminé".

La semaine dernière, le président américain a d'ailleurs envoyé une notice officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l'Iran avait repris, a confirmé la Maison Blanche à l'AFP.

Et au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l'AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.

 Protocole d'accord "en crise" 

Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, "il ne fait aucun doute" que le protocole d'accord "est en crise".

"Mais l'Iran n'a jamais été le premier à violer ses engagements", a-t-il tancé lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran à laquelle assistait l'AFP.

Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de "prévenir une escalade", a-t-il toutefois assuré.

Le protocole d'accord prévoyait la réouverture du détroit, Téhéran n'autorisant toutefois qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

"Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d'Iran le protégera", avait averti dimanche le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.