Ankara et Bakou doivent «prouver leur bonne foi et s’engager pour la paix»

Mher Margaryan, représentant permanent de l’Arménie auprès de l’ONU. (Capture d'écran)
Mher Margaryan, représentant permanent de l’Arménie auprès de l’ONU. (Capture d'écran)
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Publié le Vendredi 02 octobre 2020

Ankara et Bakou doivent «prouver leur bonne foi et s’engager pour la paix»

  • Dans un entretien avec Arab News, l'ambassadeur Mher Margaryan a déclaré qu'Erevan n'autoriserait pas « un autre génocide » contre les Arméniens
  • Il dit que les Arméniens de souche du Haut-Karabakh ont pleinement le droit de vivre sur la terre historique de leurs ancêtres sans crainte

NEW YORK CITY: Alors que le nombre de morts continue de grimper dans les affrontements entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan sur le territoire séparatiste du Haut-Karabakh, les efforts diplomatiques pour trouver une solution à la rivalité vieille de plusieurs décennies s’intensifient.

La Russie, la France et les États-Unis - coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE, créé en 1992 pour soutenir une résolution négociée du conflit - ont appelé à un cessez-le-feu et un retour aux pourparlers immédiats.

La Russie a proposé d'accueillir des pourparlers entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays, insistant sur le fait qu'il n'y a pas d'alternative aux « voies politiques et diplomatiques » pour résoudre la crise.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a lancé un appel similaire pour la reprise inconditionnelle et urgente des pourparlers, faisant écho au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres qui somme les parties de désamorcer le conflit et reprendre des négociations sérieuses.

« L’Arménie n’a jamais refusé d’assister à des négociations pacifiques », a déclaré Mher Margaryan, représentant permanent de l’Arménie auprès de l’ONU, dans une interview accordée à Arab News. « Mais cela ne semble pas être l'intention de l'Azerbaïdjan de répondre aux appels de paix. »

Dès le début de la pandémie, Guterres a lancé un appel pour un cessez-le-feu universel afin de mitiger la propagation du virus. « L’Azerbaïdjan non seulement refuse de soutenir sans réserve l’appel du secrétaire général, mais a également recours à une intervention militaire à grande échelle », a ajouté Margaryan.

« L'offensive (azerbaïdjanaise) survient en plein milieu d'une crise mondiale provoquée par la pandémie de la covid-19, au moment où la communauté internationale se concentre sur la lutte contre le virus.

« L'Azerbaïdjan a décidé de tirer parti de ces vulnérabilités mondiales causées par la pandémie. Donc, ce n'est pas seulement une attaque contre les Arméniens, c’est également une attaque contre les normes fondamentales de l'humanité, une attaque contre ce que l'ONU représente.

Le bureau du président français Emmanuel Macron a déclaré que ce dernier et son homologue russe Vladimir Poutine « partagent aussi leur inquiétude concernant les mercenaires syriens envoyés par la Turquie au Haut-Karabakh ».

Margaryan a déclaré que l'Arménie est très préoccupée par l'implication présumée de combattants étrangers. « Ces mercenaires étrangers sont en fait recrutés et transportés avec le soutien et les encouragements de la Turquie. Nous devons dire les choses comme elles sont : (Les Turcs) sont un facteur très destructeur dans ce conflit. Ils doivent être encouragés à arrêter. »

L’envoyé a affirmé que les actions de l’Azerbaïdjan, « Bien qu’elles prennent le monde par surprise », sont été précédées par « des années de rhétorique dangereuse, de discours de haine et d’arméniaphobie, adoptées et décrétées au plus haut niveau politique ».

« Les leaders de l'Azerbaïdjan encouragent les crimes de haine et glorifient les criminels. En même temps, ils dépensent des milliards de dollars pour acquérir des armes d’assaut meurtrières, et menacent ouvertement les populations d'Arménie et du Haut-Karabakh de recourir à la force. »

Cette haine transparait dans le discours du président azerbaïdjanais, donné récemment à la 75e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, a déclaré Margaryan. « Ce n’est pas seulement la manifestation classique d'un discours de haine, mais aussi - nous le réalisons maintenant – une déclaration de guerre contre le peuple du Haut-Karabakh avec une intention génocidaire évidente. »

Margaryan pense que les habitants du Haut-Karabakh « ont pleinement le droit de vivre sur la terre historique de leurs ancêtres sans craindre des frappes étrangères ».

Il a ajouté: « Au cœur de la question (du Karabakh) se trouve le droit à l'autodétermination qui est inscrit dans la Charte des Nations Unies. Le peuple du Karabakh a exercé ce droit par le biais d'un référendum en décembre 1991 conformément aux lois soviétiques applicables à l'époque, ainsi que le droit international.

Le Haut-Karabakh s'est séparé de l'Azerbaïdjan pendant la guerre de 1991-1994. Les conflits ont fait 30 000 morts et déplacé plus d'un million de personnes. Il n'a pourtant jamais été internationalement reconnu comme république indépendante.

« L'Arménie, en tant que garant de la sécurité du peuple du Karabakh, prendra toutes les mesures nécessaires pour défendre ses droits inaliénables. Les Arméniens du monde entier sont très fortement unis sur cette question », a déclaré Margaryan. « En tant qu'Arméniens, nous ne pouvons permettre qu'un autre génocide soit perpétré contre la population arménienne durant l'agression militaire de l'Azerbaïdjan, encouragée et soutenue par la Turquie. »

Les « politiques expansionnistes et impérialistes » d’Ankara sont une tentative de semer l’instabilité dans la région, a-t-il ajouté. « S'il est difficile de dire à qui profite cette guerre, ceux qui sont à l'origine de ce conflit (sont) très bien connus non seulement des experts et de ceux qui interviennent dans ce conflit, mais également de la société internationale dans son ensemble. »

« La communauté internationale doit envoyer un message plus fort aux mercenaires, et en même temps encourager l’Azerbaïdjan lui-même à revenir à la raison pour mettre fin à cette agression militaire. »

La reprise de ce « conflit gelé » - qui remonte à l'effondrement de l'Union soviétique – suscite des inquiétudes quant à la stabilité dans le Caucase du Sud, un couloir pour les pipelines transportant du pétrole et du gaz vers les marchés mondiaux, et a même fait craindre que les puissances régionales come la Russie et la Turquie puissent être entrainées dans ce conflit.

« Ce que nous observons actuellement est déjà une escalade à grande échelle avec l'utilisation des armes les plus lourdes de leur arsenal », a déclaré Margaryan. « Il n'est pas surprenant que si l'agression se poursuive, mais cela peut avoir des retombées dangereuses. Si l'Azerbaïdjan et la Turquie ne sont pas contenus, les conséquences peuvent avoir un impact dévastateur sur toute la région et plus loin encore.

« L'Azerbaïdjan et la Turquie doivent reprendre leur raison en répondant à l'appel de la communauté internationale tout en s'engageant pour la paix et la bonne foi », a-t-il ajouté.

Les États-Unis, qui coprésident le groupe de Minsk de l'OSCE, ne considèrent pas le Haut-Karabakh comme une priorité de leur politique étrangère depuis 2001.

« Nous espérons que le Karabakh figure sur la liste américaine des priorités et nous espérons que les pays coprésidents du groupe continueront d’avoir une position unifiée quant aux principes de la résolution de ce conflit », a déclaré Margaryan.

Il a adressé le même message au président azerbaïdjanais (Ilham Aliyev) sur lequel Nikol Pashinyan, Premier ministre arménien, insiste depuis son arrivée au pouvoir en 2018.

« Le message adressé au président azéri est le suivant : toute solution à ce conflit de longue date doit être acceptable pour les peuples d'Arménie, du NK et de l'Azerbaïdjan. Et cela devrait être sans préjudice de toutes les personnes concernées », a ajouté Margaryan.

 « La communauté internationale devrait donc utiliser tous les moyens pour que les acteurs extérieurs se retirent de la zone de conflit.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Après l'afflux migratoire à Ceuta, mesures sécuritaires en France et Italie

Des migrants marchent le long du littoral de Ceuta après avoir franchi la frontière vers l'enclave espagnole, vus depuis les abords de la ville marocaine de Fnideq, à la frontière entre le Maroc et l'Espagne, le 31 juillet 2026. (AFP)
Des migrants marchent le long du littoral de Ceuta après avoir franchi la frontière vers l'enclave espagnole, vus depuis les abords de la ville marocaine de Fnideq, à la frontière entre le Maroc et l'Espagne, le 31 juillet 2026. (AFP)
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  • L'Italie et la France renforcent leurs contrôles aux frontières avec l'Espagne après l'entrée illégale d'environ 60.000 migrants à Ceuta
  • Cette crise ravive les tensions au sein de l'UE, tandis que Madrid appelle à l'unité et renforce les moyens de sécurité à Ceuta

CEUTA: L'Italie et la France durcissent samedi leurs contrôles frontaliers avec l'Espagne après l'entrée illégale cette semaine de quelque 60.000 migrants en provenance du Maroc dans l'enclave espagnole de Ceuta, ouvrant une crise au sein de l'Union européenne.

Dès jeudi, l'Italie avait annoncé vouloir suspendre l'Espagne de l'espace Schengen, une mesure pour laquelle Rome a obtenu le soutien de la Finlande et du Danemark. Mais la proposition a été qualifiée de "démagogique" par l'Espagne.

La portée de cette proposition reste incertaine, des juristes consultés par l'AFP assurant qu'il est impossible de l'appliquer dans le cadre légal actuel.

Par ailleurs, à compter de samedi selon le ministère italien de l'Intérieur, des contrôles aux frontières aériennes et maritimes avec l'Espagne sont établis sur les ressortissants non européens arrivant d'Espagne.

En France, le nombre de policiers et gendarmes déployés en renfort à la frontière franco-espagnole est multiplié par cinq à compter de samedi, a annoncé vendredi le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

Cette annonce faisait suite à la demande du président Emmanuel Macron de "renforcer les contrôles à la frontière avec l'Espagne".

De son côté, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a déclaré sur X: "ce n'est pas le moment de se diviser. C'est le moment de continuer à construire une Union européenne forte et unie".

Les images de cette crise ont déclenché une montée au créneau de la droite et de l'extrême droite européenne autour des contrôles aux frontières de l'espace Schengen.

- "Pas de futur" -

"Environ 60.000 personnes sont entrées dans notre ville", a déclaré le président du gouvernement local de Ceuta, Juan Vivas lors d'une conférence de presse vendredi, soit "70% de la population de Ceuta", et déplorant la mort de 34 migrants, dont beaucoup par noyades.

La plupart de ces migrants - en très grande majorité des Marocains, et principalement des jeunes hommes et des adolescents - seraient cependant retournés au Maroc, selon les autorités espagnoles.

Ceuta, petit territoire de 84.000 habitants situé à la pointe nord du Maroc, bordant le Détroit de Gibraltar, forme l'une des deux frontières terrestres entre l'Afrique et l'Europe (avec l'autre enclave espagnole de Melilla).

Dans la nuit de vendredi à samedi, des groupes de jeunes erraient dans les rues et le long de la plage de Ceuta, où sont déployés de nombreux militaires, notamment autour du port d'où partent les ferries pour le continent européen.

Vendredi soir, de nombreux policiers patrouillaient dans les rues de la ville, certains à moto poursuivant des groupes de jeunes hommes pour les disperser, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Sur une plage, des dizaines d'hommes dormaient dans le sable, et certains ont allumé des feux, à quelques mètres d'un véhicule de police.

"Ils viennent car ils n'ont pas de futur au Maroc, ils tentent le rêve européen", selon Mohamed, 35 ans chauffeur de taxi à Ceuta qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.

Au poste-frontière aux alentours de minuit, devant un important déploiement policier et militaire, de nombreux jeunes rebroussaient chemin. Certains saluent les militaires qui leur indiquent la porte d'un "adiós!", ou "good bye!" avant de retraverser la frontière.

"La prochaine fois, je viens avec le passeport!", lance Oussam aux militaires, en se dirigeant vers la frontière. Le jeune homme de 25 ans, qui tient un salon de coiffure, dit avoir voulu quitter son pays car "c'est la misère au Maroc, on n'a pas de futur". Il est venu en nageant "trois kilomètres" : il rêve lui aussi de l'Europe mais en attendant, il rentre chez lui "pour prendre une douche et manger", car comme beaucoup, il n'a rien avalé depuis deux jours.

- Crise migratoire -

Arrivé vendredi matin avec son ministre de l'Intérieur, Pedro Sánchez a évoqué "une attaque, une violation de l'intégrité territoriale de l'Espagne" et accusé des "mafias" d'être à l'origine de la rumeur d'ouverture de la frontière.

Le ministère espagnol de l'Intérieur a annoncé l'envoi immédiat de plusieurs dizaines de membres de la Garde civile et policiers, parmi lesquels huit plongeurs, ainsi qu'un bateau et des drones.

A Washington, le président américain Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l'immigration illégale une de ses priorités, a jugé que les images de l'enclave espagnole de Ceuta ressemblaient à "l'invasion d'un pays", accusant sur X l'Espagne de mener des "efforts délibérés" ayant favorisé cette immigration clandestine.

Cette crise migratoire à Ceuta rappelle la précédente de 2021, lorsque des milliers de personnes avaient traversé la frontière à la faveur d'un assouplissement des contrôles par Rabat lors d’un différend diplomatique avec l'Espagne.

Plus de 10.000 migrants avaient alors atteint Ceuta depuis le Maroc en deux jours.


Le Pakistan fait état de négociations entre Washington et Téhéran

Cette photo de presse, prise le 29 juillet 2026 et diffusée par le ministère pakistanais des Affaires étrangères, montre le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar (à droite), s'entretenant avec son homologue koweïtien, le cheikh Jarrah Jaber al-Ahmad al-Sabah, lors d'une réunion au ministère des Affaires étrangères à Islamabad. (AFP)
Cette photo de presse, prise le 29 juillet 2026 et diffusée par le ministère pakistanais des Affaires étrangères, montre le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar (à droite), s'entretenant avec son homologue koweïtien, le cheikh Jarrah Jaber al-Ahmad al-Sabah, lors d'une réunion au ministère des Affaires étrangères à Islamabad. (AFP)
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  • La diplomatie pakistanaise a assuré jeudi que des négociations étaient "en cours" afin de "parvenir à une désescalade", en particulier concernant le détroit d'Ormuz, passage stratégique verrouillé par Téhéran,au coeur des tensions
  • Elle a indiqué faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix

TEHERAN: Le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, a affirmé jeudi que les belligérants négociaient en vue d'une désescalade après une nouvelle série de bombardements américains sur l'Iran dans la nuit, et des tirs de représailles iraniens.

En attendant une éventuelle percée dans ces discussions, le conflit au Moyen-Orient s'étend à de nouveaux pays: après l'Irak, où des groupes pro-iraniens ont été ciblés par des frappes conjointes américaines et saoudiennes, l'Egypte a fait état d'une attaque de drone dans le port de Damiette (nord).

La diplomatie pakistanaise a assuré jeudi que des négociations étaient "en cours" afin de "parvenir à une désescalade", en particulier concernant le détroit d'Ormuz, passage stratégique verrouillé par Téhéran,au coeur des tensions.

Elle a indiqué faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec une reprise des frappes menées par les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient.

Plus tôt jeudi, le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé avoir "frappé des dizaines de cibles" des Gardiens de la Révolution en Iran.

Mettre fin à "l'escalade" 

Les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par cette puissante force armée de la République islamique, de "multiples missiles balistiques" contre "les forces américaines basées au Moyen-Orient", précisant que ces missiles avaient été interceptés.

Les Gardiens ont, eux, annoncé jeudi que trois de leurs membres avaient été tués dans une attaque américaine  dans le nord-ouest du pays, tandis que les médias officiels iraniens ont fait état d'attaques dans des provinces méridionales.

Trois membres d'une même famille ont été tués dans une frappe contre une maison sur l'île de Qeshm, selon l'agence Fars.

Alors que l'Egypte a fait état d'une frappe de drone qui a touché deux navires, dont un américain, dans le port de Damiette mercredi, le président Abdel Fattah al-Sissi a appelé la communauté internationale à mettre fin à "l'escalade" dans la région.

Il s'agit de la première attaque en Egypte depuis le début de la guerre. M. Sissi a précisé qu'une enquête se poursuivait sur les circonstances de l'attaque qui n'a pas été revendiquée.

Les rebelles Houthis au Yémen, alliés de Téhéran et qui contrôlent une partie des rives de la mer Rouge, ont dit ne pas être derrière cette frappe.

Des pays de la région accueillant des forces américaines ont été visés de nouveau jeudi.

Le Koweït a rapporté qu'une personne avait été tuée par un bombardement iranien sur une entreprise chinoise.

La Jordanie a de son côté annoncé avoir intercepté cinq missiles tirés depuis l'Iran. Les Gardiens ont revendiqué avoir ciblé, en représailles à la frappe à Qeshm, des avions américains stationnés sur la base aérienne d'Al-Azraq.

"Notre tour" 

"On va les frapper très fort, parce que c'est à notre tour", avait menacé mercredi le président américain Donald Trump.

Dans la nuit de mardi à mercredi, les Etats-Unis et l'Arabie saoudite avaient annoncé avoir mené des frappes conjointes contre des groupes armés pro-iraniens en Irak, accusés d'avoir attaqué des installations pétrolières saoudiennes, ce qu'ils ont démenti.

Ces attaques à travers l'Irak ont fait 20 morts - dont cinq Iraniens - et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a indiqué cette alliance de groupes armés irakiens qui inclut des factions pro-iraniennes.

Avant les dernières frappes, le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis s'était étendu à un autre front, opposant les Houthis à l'Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement yéménite.

"La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d'autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable", a commenté pour l'AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.

L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule, par lequel transitait un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial avant la guerre, lancée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran.

Jeudi matin, les Gardiens de la Révolution ont affirmé que deux pétroliers avaient tenté la veille au soir "de quitter le couloir maritime sûr" désigné par l'Iran, et que l'un d'entre eux avait "pris feu", sans autre précision.


Les Etats-Unis reprennent leurs bombardements sur l'Iran

Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays. (AFP)
Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays. (AFP)
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  • L'armée américaine a "frappé des dizaines de cibles du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) en Iran, notamment des centres de commandement militaires, des installations de missiles et de drones"
  • Les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par les Gardiens de la Révolution, de "multiples missiles balistiques"

TEHERAN: Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays.

L'armée américaine a "frappé des dizaines de cibles du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) en Iran, notamment des centres de commandement militaires, des installations de missiles et de drones, des sites de surveillance et de défense côtières, ainsi que des capacités maritimes", a écrit le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

Les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par les Gardiens de la Révolution, de "multiples missiles balistiques" lors d'une "tentative d'attaque surprise contre les forces américaines basées au Moyen-Orient", précisant que tous ces missiles avaient été interceptés.

La Jordanie, qui héberge des forces américaines sur ses bases, a de son côté annoncé jeudi matin avoir intercepté cinq missiles tirés depuis l'Iran, qui n'ont pas fait de victime.

"Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée", avait prévenu mercredi le président américain Donald Trump dans des propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News.

"On va les frapper très fort, parce que c'est à notre tour", avait-il insisté plus tard devant la presse à la Maison Blanche.

Les médias officiels iraniens ont fait état d'attaques dans les provinces méridionales du Khuzestan et d'Hormozgan.

"Une attaque américaine contre une maison d'habitation dans le quartier de Chah Tangu, à Qeshm, a tué trois membres d'une même famille: le père, la mère et leur enfant de deux ans", a écrit l'agence Fars sur Telegram, en citant l'Université des sciences médicales d'Hormozgan, ajoutant que deux autres enfants âgés de sept et neuf ans, blessés, avaient été hospitalisés.

Dans la nuit de mardi à mercredi, les Etats-Unis et l'Arabie saoudite avaient annoncé avoir mené des frappes conjointes contre des groupes armés pro-iraniens en Irak, accusés d'avoir attaqué des installations pétrolières saoudiennes (ce qu'ils ont démenti).

Riposte inévitable 

Ces attaques dans plusieurs villes d'Irak ont fait 20 morts - dont cinq Iraniens - et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a indiqué ce réseau de factions à majorité chiite, intégré aux forces armées irakiennes et englobant des groupes armés pro-Iran.

"Notre riposte contre l'ennemi américain est inévitable, et pourrait frapper ses instruments en Arabie saoudite", a soutenu mercredi dans un communiqué la Résistance islamique en Irak, une puissante alliance armée irakienne pro-Iran.

Téhéran a condamné les frappes chez son voisin.

Dans la capitale iranienne, des habitants expriment leur lassitude.

"On ne sait pas vraiment si nous sommes en guerre ou en paix (...) Ce que je vois, c'est une population profondément découragée et déprimée", déclare à l'AFP Golrokh, une retraitée de 60 ans.

Avant les dernières frappes, le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis s'était étendu à un autre front, opposant les rebelles yéménites houthis pro-iraniens à l'Arabie saoudite.

Les rebelles ont affirmé mardi avoir visé avec des missiles un pétrolier saoudien en mer Rouge, l'accusant d'avoir "violé le blocus naval" dont ils menacent le royaume, premier exportateur de brut au monde.

"Téhéran utilise désormais son réseau de proxys (...). La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d'autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable", a déclaré à l'AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.

L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le stratégique détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule, par lequel transitait un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial avant la guerre, lancée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran.

Jeudi matin, les Gardiens de la Révolution ont affirmé que deux pétroliers avaient tenté la veille au soir "de quitter le couloir maritime sûr" désigné par l'Iran, et que l'un d'entre eux avait "pris feu", sans autre précision. "Les deux bâtiments ont fait demi-tour à grande vitesse", selon la même source.

Ces nouvelles violences ont fait brièvement monter les cours du pétrole, avant qu'ils ne repartent à la baisse jeudi matin. "On craint que la guerre soit en train de s'étendre", a commenté auprès de l'AFP Andy Lipow, analyste chez Lipow Oil Associates. "Ce qui n'aiderait en rien à rétablir les flux pétroliers" dans la région.