«Terrorisme»: la version officielle des émeutes au Kazakhstan déconcerte

Photo prise et publiée par le ministère russe de la Défense le 15 janvier 2022 montrant des troupes russes débarquant un avion-cargo militaire à l'atterrissage à Ivanovo après avoir terminé leur mission au Kazakhstan. (Photo, AFP)
Photo prise et publiée par le ministère russe de la Défense le 15 janvier 2022 montrant des troupes russes débarquant un avion-cargo militaire à l'atterrissage à Ivanovo après avoir terminé leur mission au Kazakhstan. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 16 janvier 2022

«Terrorisme»: la version officielle des émeutes au Kazakhstan déconcerte

  • Les parents de Dauren Bitkembaïev, un trentenaire travaillant dans une boutique de prêteur sur gages, ont été tués pendant ces violences
  • Le Kazakhstan, plus grand pays d'Asie centrale peuplé de 19 millions de personnes et riche en hydrocarbures, a été ébranlé début janvier par des émeutes sans précédent depuis son indépendance en 1991

ALMATY, Kazakhstan : Le gouvernement du Kazakhstan a accusé des "terroristes" étrangers d'être derrière les récentes émeutes qui ont secoué le pays, une version officielle qui occulte la colère d'une population appauvrie et les luttes au sein du pouvoir.

Les parents de Dauren Bitkembaïev, un trentenaire travaillant dans une boutique de prêteur sur gages, ont été tués pendant ces violences.

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, on voit la voiture des deux retraités en flammes près d'un barrage de l'armée, leurs corps à l'intérieur. "Visiblement, les militaires ont tiré" sur la voiture, déclare le témoin qui a filmé la scène.

"Tout le monde dit que c'est l'armée qui (a tiré). Je ne comprends pas, ils étaient aveugles ou quoi ?", s'indigne M. Bitkembaïev.

"Ils pouvaient voir qu'il s'agissait d'un grand-père et d'une grand-mère. Quelle sorte de pillards ou de terroristes auraient-ils bien pu être ?", ajoute-t-il.

Le Kazakhstan, plus grand pays d'Asie centrale peuplé de 19 millions de personnes et riche en hydrocarbures, a été ébranlé début janvier par des émeutes sans précédent depuis son indépendance en 1991, après la chute de l'Union soviétique.

Les violences, qui ont connu un pic les 5 et 6 janvier, ont transformé Almaty, la capitale économique, en champ de bataille, avec des bâtiments officiels brûlés et des commerces pillés.

Après être restées vagues sur le bilan des violences, les autorités ont soudain affirmé samedi que 225 personnes étaient mortes, dont 19 policiers et un nombre non précisé de "bandits" et de "civils".

Si le calme est revenu, plusieurs points, comme le déroulement exact des affrontements et le nombre de civils tués, restent sans réponse.

La déconnexion des réseaux internet et téléphonique par les autorités pendant la contestation, et la peur des habitants, qui craignent des représailles s'ils parlent aux médias, compliquent la collecte d'informations indépendantes.

«Propagande»

Le président Kassym-Jomart Tokaïev s'est empressé d'accuser des "terroristes" formés selon lui à l'étranger d'être derrière les violences, sans toutefois apporter de preuves.

Pour Galim Aguéleuov, un militant des droits humains, ces "déclarations fracassantes" sur la présence présumée de combattants étrangers ont servi à justifier l'intervention d'une alliance militaire menée par Moscou.

Cette alliance, l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), a ainsi déployé des troupes au Kazakhstan pour aider le gouvernement.

Le commentateur politique kazakh Daniyar Moldabékov estime qu'une partie de la population "est réceptive à la propagande" du gouvernement et pense que "tous ceux qui étaient dans la rue étaient des terroristes et des malfrats".

Mais, ajoute-t-il, "d'autres se rendent compte que beaucoup de civils sont morts et que de nombreux innocents sont en prison".

La contestation a débuté dès le 2 janvier dans l'ouest du pays en réaction à hausse brutale du prix du gaz de pétrole liquéfié (GPL), un carburant très utilisé, avant de gagner de grandes villes comme Almaty.

Plusieurs manifestants rencontrés par l'AFP pendant les émeutes ont ainsi expliqué leur colère par la corruption et leur difficulté à joindre les deux bouts, dans un contexte d'économie en berne.

Jazzman «terroriste»

Un autre élément qui semble avoir été au coeur de ces violences est la lutte de pouvoir entre M. Tokaïev et son prédécesseur, Noursoultan Nazarbaïev, qui a régné sur le Kazakhstan de 1989 à 2019.

Mardi, M. Tokaïev a accusé M. Nazarbaïev d'avoir favorisé l'émergence d'une "caste de riches", une critique inédite à l'égard de celui qui détient le titre honorifique de "Chef de la Nation".

Signe des luttes intestines, deux gendres de M. Nazarbaïev ont été écartés de la direction de groupes énergétiques, ont annoncé samedi les autorités.

L'empressement des autorités à dépeindre les manifestants en "terroristes" étrangers a en tout cas donné lieu à un épisode embarrassant.

Ainsi, les chaînes de télévision progouvernementales ont diffusé les "aveux" d'un ressortissant du Kirghizstan au visage tuméfié disant avoir accepté de l'argent pour manifester.

Il s'agissait en fait de Vikram Rouzakhounov, un célèbre pianiste de jazz, qui a finalement été autorisé à rentrer dans son pays.

Pour des observateurs, ces aveux forcés illustrent les dérives de l'appareil sécuritaire qui risquent de se multiplier.

"Nous revenons à un passé auquel nous essayons d'échapper", déplore ainsi Alicher Yélikbaïev, un homme d'affaires et blogueur influent.


Grèce: deux touristes agressés au couteau à l'entrée de l'Acropole

Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré. (AFP)
Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré. (AFP)
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  • Selon la police grecque, un homme a attaqué au couteau ce couple vers 08h05, blessant légèrement à la main la femme tandis que l’homme a été plus grièvement touché à la jambe
  • Tous deux ont été hospitalisés, rapporte l'agence de presse grecque Ana

ATHENES: Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré.

Selon la police grecque, un homme a attaqué au couteau ce couple vers 08h05, blessant légèrement à la main la femme tandis que l’homme a été plus grièvement touché à la jambe. Tous deux ont été hospitalisés, rapporte l'agence de presse grecque Ana.

Des policiers motorisés sont arrivés rapidement sur les lieux, ont posé un garrot à l'homme pour arrêter l’hémorragie et immobilisé l'attaquant qui a ensuite été arrêté, précise Ana.

D'après les médias grecs, l'auteur de l'agression, un Grec d'une soixantaine d'années, semble avoir des problèmes psychologiques.


Analyse : Que signifie « Rahm Emanuel 2.0 » pour le Moyen-Orient ?

Longtemps considéré comme un critique virulent des dirigeants palestiniens, Rahm Emanuel envisagerait une candidature à la présidence américaine. (AFP)
Longtemps considéré comme un critique virulent des dirigeants palestiniens, Rahm Emanuel envisagerait une candidature à la présidence américaine. (AFP)
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  • L’ancien maire de Chicago a dévoilé une nouvelle vision de la paix au Moyen-Orient alors que les spéculations sur une candidature à la Maison-Blanche en 2028 s’intensifient
  • Autrefois connu comme un soutien indéfectible à Israël, Emanuel affirme désormais que les États-Unis doivent utiliser leur influence pour relancer la diplomatie

CHICAGO : En politique moyen-orientale, la paix ne se construit pas entre amis, mais entre ennemis. Cela signifie que les adversaires les plus acharnés ont parfois davantage de chances de parvenir à un accord que ceux qui se présentent comme des alliés.

Cette réalité a façonné certaines des avancées les plus importantes de la région, du traité de paix israélo-égyptien de 1979 aux accords d’Oslo de 1993, en passant par l’accord de paix entre la Jordanie et Israël en 1994.

Chacun de ces accords était imparfait, chacun a laissé la question centrale palestinienne sans réponse, mais tous reflétaient une même vérité difficile : les progrès n’ont généralement été possibles que lorsque les adversaires ont accepté de s’asseoir à la même table. 

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Une colonne de fumée s’élève après une frappe israélienne contre une zone industrielle de Gaza City. (AFP)

Aujourd’hui, Rahm Emanuel — fin stratège politique, ancien chef de cabinet de la Maison-Blanche et ancien maire de Chicago, ainsi que l’un des alliés américains d’Israël les plus connus — apparaît comme une voix qui estime que le cycle de l’hostilité peut être brisé.

Longtemps considéré comme un opposant farouche aux dirigeants palestiniens, Emanuel envisagerait une candidature présidentielle fondée en partie sur la promesse de restaurer l’influence américaine dans la région et de réengager les deux parties dans un véritable processus de paix.

Fort d’une carrière marquée par plusieurs succès politiques, Emanuel réfléchit à une candidature à la présidence en 2028 sous les couleurs du Parti démocrate, se présentant comme une personnalité capable d’aider Israéliens et Palestiniens à revenir à la table des négociations.


Le nouveau Premier ministre Burnham réunit son gouvernement, sans les proches de Starmer

Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham prononce son premier discours devant le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 20 juillet 2026, après avoir été chargé par le roi de former le nouveau gouvernement. (Photo : AFP)
Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham prononce son premier discours devant le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 20 juillet 2026, après avoir été chargé par le roi de former le nouveau gouvernement. (Photo : AFP)
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  • Andy Burnham a pris ses fonctions comme Premier ministre britannique, remaniant profondément son gouvernement et écartant plusieurs proches de Keir Starmer
  • Il doit annoncer ses premières mesures pour le pouvoir d'achat, tout en promettant une réindustrialisation, davantage de logements sociaux et des réformes majeures

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham réunit mardi son gouvernement marqué par le départ de fidèles de son prédécesseur Keir Starmer et doit annoncer des mesures pour le pouvoir d'achat.

A 56 ans, celui qui était maire du Grand Manchester (nord de l'Angleterre) jusqu'au mois dernier est devenu le septième Premier ministre britannique depuis 2016, année du Brexit, en succédant lundi au démissionnaire Keir Starmer et ses deux ans au pouvoir.

Si l'on retrouve dans les rangs du nouveau gouvernement des figures déjà présentes dans l'équipe de Keir Starmer, des fidèles de l'ex-Premier ministre ont été éloignés, le journal The Times titrant même sur une "purge".

Le Financial Times pointe lui une "surprise": l'ancien ministre de la Défense John Healey, qui avait quitté le gouvernement Starmer sur fond de désaccord budgétaire, remplace Rachel Reeves aux Finances - une fidèle de Keir Starmer écartée.

John Healey fait face à une lourde tâche, dans un contexte de croissance atone et de finances contraintes par une dette publique élevée.

Le portefeuille de la Défense revient à Wes Streeting, ambitieux ex-ministre de la Santé qui avait envisagé un temps de défier Keir Starmer à la tête du Labour. Il sera chargé de mettre en œuvre le plan d'investissement sur dix ans pour moderniser l'armée britannique.

"Nous veillerons à ce que nos forces armées disposent des ressources nécessaires", a appuyé Wes Streeting dans une publication sur X suivant sa nomination, revenant sur la question des moyens alloués à la défense qui avait fragilisé en juin le gouvernement Starmer et accéléré sa chute.

Le nouveau ministre a également assuré l'Ukraine de son soutien, après que Andy Burnham a échangé par téléphone avec son dirigeant Volodymyr Zelensky, mais aussi avec Donald Trump ou Emmanuel Macron.

Ed Miliband, ministre de l'Energie sortant, devient chef de la diplomatie britannique. Shabana Mahmood, connue pour sa fermeté sur l'immigration, est elle maintenue à l'Intérieur.

Un autre très proche de Keir Starmer, ex-ministre de la Justice et vice-Premier ministre David Lammy, a lui été mis à l'écart du nouvel exécutif.

- "Changements profonds" -

La figure de l'aile gauche du parti Angela Rayner, qui fut numéro deux de Keir Starmer, retrouve son portefeuille du Logement.

Andy Burnham doit réunir mardi son équipe gouvernementale, et annoncer de premières mesures de lutte contre le coût de la vie.

Il souhaite agir rapidement en accord avec sa première allocution devant Downing Street la veille, où il a promis d'engager "les changements les plus profonds de ces quarante dernières années" au Royaume-Uni, lui faire retrouver sa "stabilité" et "redonner de l'espoir".

S'exprimant sans notes et sans pupitre en présence de son épouse Marie-France van Heel, de ses enfants et de sa mère, le nouveau Premier ministre a dit vouloir réindustrialiser le pays, construire plus de logements sociaux et bâtir une "nouvelle économie" dans laquelle les services essentiels sont davantage contrôlés par l'Etat.

Il a érigé en priorité de "mettre fin au sans-abrisme", après s'être rendu dans un refuge pour personnes sans domicile fixe au matin de sa nomination.

Les travaillistes comptent aussi sur Andy Burnham, surnommé "le roi du Nord", pour stopper l'ascension du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, en tête des sondages pour les prochaines élections législatives prévues en 2029.

Après deux échecs pour prendre la tête du Labour en 2010 et 2015, Andy Burnham est devenu l'une des personnalités politiques les plus populaires du pays grâce au renouveau connu par l'agglomération de Manchester. Il a dit vouloir décentraliser le pouvoir et créer un "N°10 du Nord" à Manchester.