Crise avec la Russie: Blinken arrive en Ukraine pour afficher son soutien

Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a déclaré le 9 janvier 2022 que la Russie devait choisir entre le dialogue et la confrontation, avant les pourparlers à Genève sur la montée des tensions à propos de l'Ukraine. (Photo, AFP)
Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a déclaré le 9 janvier 2022 que la Russie devait choisir entre le dialogue et la confrontation, avant les pourparlers à Genève sur la montée des tensions à propos de l'Ukraine. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 19 janvier 2022

Crise avec la Russie: Blinken arrive en Ukraine pour afficher son soutien

  • Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a atterri à Kiev mercredi matin, où il est venu afficher son soutien à l'Ukraine
  • Il doit être reçu dans la journée notamment par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, avant une rencontre prévue vendredi avec son homologue russe

KIEV : Le chef de la diplomatie américaine est arrivé mercredi à Kiev, première étape d'une tournée européenne consacrée à la crise russo-occidentale autour de l'Ukraine, menacée d'une offensive militaire du Kremlin sur fond d'efforts diplomatiques qui s'essoufflent.


La Russie a déployé ces dernières semaines des dizaines de milliers de troupes à la frontières ukrainienne. Tout en niant vouloir passer à l'attaque, elle affirme qu'une désescalade passe par des garanties pour sa sécurité, en particulier l'engagement à ne jamais élargir l'Otan et à ne plus soutenir l'Ukraine. 


Arrivé tôt le matin sur un tarmac gelé, Antony Blinken est attendu à l'ambassade américaine à Kiev avant d'être reçu par le président ukrainien Volodymyr Zelensky puis le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba.


Après une cycle de pourparlers avec la Russie la semaine dernière, Russes et Occidentaux, Américains en tête, ont constaté le fossé les séparant, mais le diplomate américain espère encore pouvoir trouver une porte de sortie diplomatique, même si les Etats-Unis sonnent désormais l'alarme tous azimuts contre la Russie.


"Nous sommes à un stade où la Russie peut lancer à tout moment une attaque en Ukraine", a ainsi estimé mardi la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki, parlant d'une "situation extrêmement dangereuse", peu avant le décollage d'Antony Blinken pour l'Europe.

Sanctions et sabotage

Après sa première étape mercredi à Kiev, le chef de la diplomatie américaines est attendu jeudi à Berlin pour des discussions avec l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni.


Vendredi enfin, Antony Blinken doit rencontrer son homologue russe Sergueï Lavrov à Genève, pour tenter de renouer le dialogue, malgré le ton toujours plus alarmiste de Washington.


Dernière épisode en date: la Maison Blanche s'est inquiétée du possible déploiement d'armes nucléaires au Bélarus, pays voisin de l'Ukraine qui accueille d'importantes manoeuvres militaires avec la Russie. 


Si Moscou passe à l'action en Ukraine, "aucune option n'est exclue" côté américain, a averti Jen Psaki, interrogée à la fois sur le très stratégique gazoduc Nord Stream 2 débouchant en Allemagne, et sur une exclusion de la Russie de "Swift", un système essentiel d'échanges bancaires internationaux.


Les menaces de nouvelles sanctions occidentales ont été balayées par le Kremlin.


En fin de semaine dernière, Washington avait déjà accusé Moscou d'avoir dépêché en Ukraine des agents chargés de procéder à des opérations de "sabotage" afin de créer un "prétexte" pour une invasion.


Les cheffes des diplomaties canadiennes et allemandes, qui ont précédé M. Blinken à Kiev, ont chacune à leur tour affiché leur soutien à l'Ukraine face aux Russes.


Londres a de son côté annoncé l'envoi d'armements, comme des missiles antichars, à l'Ukraine qui se plaint justement du manque d'empressement des Occidentaux à renforcer leur aide militaire.

Exigences russes
 

La Russie a réclamé mardi des réponses "concrètes" à ses exigences avant tous nouveaux pourparlers sur l'Ukraine.


En plus d'un traité bannissant tout élargissement de l'Otan, en particulier à l'Ukraine et à la Géorgie, une autre ex-république soviétique, Moscou réclame que les Américains et leurs alliés renoncent à organiser des manoeuvres et des déploiements militaires en Europe de l'Est.


Des négociations la semaine passée à Genève, Bruxelles et Vienne n'ont permis aucune avancée, Moscou jugeant ses demandes non-négociables et les Occidentaux les qualifiant d'inacceptables.


La Russie nie toute velléité belliqueuse en Ukraine, se dit menacée par le renforcement de l'Otan dans la région depuis la chute de l'URSS et assure que ses milliers de soldats à la frontière ukrainienne ne constituent pas une menace.


En réponse à une révolution pro-occidentale en Ukraine, la Russie a pourtant déjà annexé en 2014 la péninsule ukrainienne de Crimée et est largement considérée comme étant le parrain militaire de séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine, théâtre d'une guerre depuis près de huit ans. 


Trump dit mener les "derniers efforts" en vue d'un accord avec l'Iran

US President Donald Trump said on Tuesday that he was in the “final throes” of reaching a Middle East peace deal. (AFP file photo)
US President Donald Trump said on Tuesday that he was in the “final throes” of reaching a Middle East peace deal. (AFP file photo)
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  • Trump annonce un accord “très proche” avec l’Iran, attendu sous 2–3 jours après une baisse des tensions Israël-Iran
  • Trump annonce un accord “très proche” avec l’Iran, attendu sous 2–3 jours après une baisse des tensions Israël-Iran

TEHERAN: Le président américain Donald Trump a affirmé mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue de la conclusion d'un accord avec l'Iran, au lendemain de la cessation de frappes réciproques inédites depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Nous sommes dans les derniers efforts de ce qui va être un très, très bon accord", a-t-il affirmé, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour que cet accord soit conclu.

Après 100 jours de guerre et l'entrée en vigueur le 8 avril d'un fragile cessez-le-feu, les explosions et alertes avaient de nouveau retenti à Téhéran ou Tel-Aviv dimanche et lundi. Les attaques ont fait 15 blessés en Iran, selon le chef de l'organisation nationale des urgences.

Donald Trump, qui cherche une sortie à ce conflit impopulaire aux Etats-Unis à l'approche des élections de mi-mandat, avait exhorté l'Iran et Israël à cesser "immédiatement" les hostilités.

Téhéran a d'abord annoncé l'arrêt de son opération militaire contre Israël, qui l'a ensuite imité. "A l'heure actuelle, les hostilités sur ce front ont cessé", a confirmé le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Signe d'accalmie, le principal aéroport international de Téhéran a annoncé tôt mardi un "retour à la normale" de ses conditions d'exploitation, au lendemain de la réouverture de l'espace aérien du pays, partiellement fermé entre dimanche et lundi.

En moins de 24 heures, l'Iran a tiré une trentaine de missiles contre Israël selon un responsable militaire israélien, en réponse à une frappe israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien, dans laquelle deux personnes sont mortes et 20 ont été blessées.

Lundi à la mi-journée, le commandement des forces armées iraniennes a annoncé "la cessation de l'opération", qualifiée de "sévère riposte" à Israël. Mais, a-t-il prévenu, "en cas de poursuite de l'agression et des hostilités, y compris dans le sud du Liban, des actions bien plus sévères et répressives qu'auparavant seront entreprises".

- 14 tués au Liban -

Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien et principal négociateur de Téhéran, avait affirmé que l'Iran avait "rompu l'équation qui consiste à conclure un cessez-le-feu sur le papier et à le violer systématiquement sur le terrain."

Sur le même ton, Benjamin Netanyahu a assuré qu'Israël riposterait "avec force" à toute nouvelle attaque iranienne.

Lui qui avait ordonné des frappes contre l'Iran malgré l'objection du président américain a aussi dit, "avec respect", qu'Israël exercerait son droit à se défendre "chaque fois que nécessaire".

Plus tôt, le ministre de la Défense Israël Katz a affirmé que son pays  "continuera(it) d'agir" contre le Hezbollah.

Téhéran exige un traitement simultané du conflit entre Israël et le Hezbollah, et celui plus large déclenché par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février, tandis que Washington souhaite conclure le dossier libanais dans un second temps.

Les frappes israéliennes se sont poursuivies lundi dans le sud du Liban, contre une quinzaine de localités dont la ville de Tyr, faisant 14 tués et plus d'une vingtaine de blessés, selon le gouvernement et la Croix-Rouge.

Le Hezbollah a lui revendiqué de nouvelles attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban, mais pas sur le territoire israélien.

L'armée israélienne a de son côté affirmé que trois projectiles avaient été tirés "en direction de soldats israéliens en opération dans le sud du Liban", et qu'un projectile supplémentaire était "tombé à proximité des troupes" sans faire de blessé.

Le chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal, a lui rencontré mardi au Pakistan son homologue pakistanais, Asim Munir. Le Pakistan fait figure de principal médiateur dans les pourparlers visant à mettre fin durablement à la guerre.

Le Pakistan a "souligné l'engagement de son armée à renforcer sa collaboration en matière de défense avec les forces armées libanaises" et à prendre en compte "l'évolution du contexte sécuritaire régional", selon un communiqué militaire.

Alimentant les craintes d'une nouvelle extension du conflit, l'armée israélienne a annoncé tôt mardi avoir intercepté une "cible aérienne suspecte en provenance du Yémen", moins de 24 heures après que les rebelles houthis installés dans ce pays et alliés de l'Iran ont revendiqué une attaque contre Israël et décrété une interdiction de navigation israélienne en mer Rouge, autre voie maritime stratégique.

Dans ce contexte, les prix du pétrole, qui ont flambé ces dernières semaines en raison du blocage du détroit d'Ormuz, ont légèrement reculé mardi matin, le prix du baril de Brent de la Mer du Nord perdant 0,90% à 93,40 dollars, tandis que le West Texas Intermediate se repliait de 1,16% à 90,24 dollars.


Trump affirme qu'Iran et Israël veulent «conclure un cessez-le-feu immédiat»

Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
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  • "Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite"
  • Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de tirer".

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé lundi que l'Iran et Israël "(cherchaient) à conclure un cessez-le-feu immédiat", alors que les deux pays ont repris leurs attaques directes pour la première fois depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Les négociations finales sur la +paix+ se poursuivent, sous réserve que l'ignorance ou la stupidité ne viennent pas s'y opposer", a ajouté sur son réseau Truth Social le président américain, qui ne cache pas ses désaccords avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite".

Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de +tirer+".

Donald Trump cherche une issue au conflit, très impopulaire aux Etats-Unis, à l'approche des élections législatives de mi-mandat en novembre prochain.

Si des escarmouches ont eu lieu ces derniers jours autour du détroit d'Ormuz entre Etats-Unis et Iran, c'est la première fois que Téhéran cible le territoire israélien depuis le cessez-le-feu du 8 avril et qu'Israël bombarde le sol iranien.

 


Des chasseurs français de l'Otan abattent un drone en Lettonie

Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
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  • L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone
  • Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT)

VILNIUS: Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze.

"Merci à nos alliés français d'avoir abattu le drone qui a pénétré dans l'espace aérien letton!", a‑t‑elle écrit sur X.

L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone.

Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT), a indiqué  pour sa part Gintautas Ciunis, porte-parole de l'armée lituanienne.

Le 19 mai, un chasseur de l'Otan avait abattu dans l'espace aérien de l'Estonie un drone ukrainien, première interception d'un drone étranger dans le ciel d'un Etat balte par la police de l'air de l'Otan depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Les Etats baltes, ex-républiques soviétiques partageant une longue frontière avec la Russie, enregistrent depuis plusieurs semaines un nombre croissant d'intrusions et de chutes de drones sur leurs territoires.

Selon les Européens, la Russie fait dévier délibérément de leur trajectoire des drones ukrainiens destinés à frapper des installations industrielles et des terminaux pétroliers dans la région de Saint-Pétersbourg, située sur le golfe de Finlande.

Ces incidents ont mis au jour les carences des défenses aériennes des pays baltes, impuissantes à neutraliser un drone errant avant sa chute sur leur territoire.