Avec son oud, Naseer Shamma veut écrire la «nouvelle mémoire» de l'Irak

Le musicien irakien Naseer Shamma joue du oud lors des répétitions au Théâtre national irakien de Bagdad, le 17 janvier 2022. (Photo, AFP)
Le musicien irakien Naseer Shamma joue du oud lors des répétitions au Théâtre national irakien de Bagdad, le 17 janvier 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 19 janvier 2022

Avec son oud, Naseer Shamma veut écrire la «nouvelle mémoire» de l'Irak

  • A près de 60 ans, celui qui a étudié avec Mounir Bachir, grand prêtre du oud irakien aujourd'hui disparu, a toujours le don de s'émerveiller lorsqu'il évoque son instrument et ceux qui l'accompagnent
  • Tout l'orchestre qui l'accompagne pour deux soirées au Théâtre national de Bagdad est composé d'instruments irakiens

BAGDAD : "Ici, je ressens de profondes émotions avec le public": l'Irakien Naseer Shamma, star mondiale du oud, le luth arabe, joue à Bagdad cette semaine et il rallume la flamme de la musique irakienne, vacillante pendant quarante ans de conflits.

A près de 60 ans, celui qui a étudié avec Mounir Bachir, grand prêtre du oud irakien aujourd'hui disparu, a toujours le don de s'émerveiller lorsqu'il évoque son instrument et ceux qui l'accompagnent.

Tout l'orchestre qui l'accompagne pour deux soirées au Théâtre national de Bagdad est composé d'instruments irakiens.

"Vous avez le oud, bien sûr, mais aussi le santour (une sorte de cithare sur table, Ndlr). Ils sont nés en 2 000 avant Jésus-Christ. Ce sont des instruments historiques!", jubile Naseer Shamma, que l'AFP a rencontré entre deux répétitions à Bagdad.

Le tout, rythmé par les tambours, convoque parfois la langueur, parfois la célérité du virtuose, lorsque la main gauche pique un sprint le long du manche du oud, tandis que la main droite danse la gigue sur les douze cordes.

"Il y a toujours de la nostalgie quand je joue ici, avec des amis. J'ai étudié à Bagdad pendant six ans et je me sens bien quand je suis en concert ici", assure le natif de Kout, ville du sud-est de l'Irak.

«L'éducation d'abord»

Mais aujourd'hui, pour Naseer Shamma, les nuits bagdadiennes sont plutôt l'exception que la règle.

Exilé en 1993 après un séjour dans les geôles de l'ancien dictateur Saddam Hussein, il est revenu une première fois en Irak en 2012. Entretemps, Naseer Shamma, qui habite à Berlin, a vécu au Caire et a essaimé des Maisons du luth arabe dans tout le Moyen-Orient.

De quoi s'attirer une solide communauté d'admirateurs, du Maroc à l'Iran.

Mais aussi de se rendre compte d'une chose: l'éducation est la clef du redressement de l'Irak.

Comme le souligne l'Unicef, "des décennies de conflits et de sous-investissement en Irak ont anéanti ce qui a été par le passé le meilleur système éducatif de la région et gravement entravé l'accès des enfants irakiens à un enseignement de qualité".

Il y a eu la guerre Iran-Irak (1980-1988), l'embargo international des années 1990, l'invasion et l'occupation de l'Irak à partir de 2003, le conflit interreligieux entre 2006 et 2009, l'occupation de pans entiers du pays par les jihadistes de l'organisation Etat islamique de 2014 à 2017...

Drames humains après ravages, Naseer Shamma estime que "trois ou quatre générations ont dû payer le prix" de ces conflits.

"Maintenant je joue pour aider le secteur éducatif. Mon nouveau projet s'appelle +L'éducation d'abord+. Il faut aider les écoles irakiennes, y ramener la musique ou le sport, autant de matières qui ont disparu après la mise en place de l'embargo", explique Naseer Shamma.

Culture de retour

Aujourd'hui, l'économie est atone malgré des réserves de pétrole pléthoriques, l'électricité bien souvent une chimère, la corruption omniprésente, la pandémie toujours là et les haines entre factions politiques débordent parfois en affrontements armés.

Naseer Shamma entend modestement apporter sa pierre en "changeant l'âme des gens, en allant dans leurs tréfonds".

Car, on est certes encore loin de la splendeur d'antan, mais tout de même: à la faveur de la stabilisation du pays, Bagdad renoue avec la culture à coup de salons du livre sur les bords du Tigre, de pièces de théâtre, d'expositions de photos... et de concerts de oud.

"Il faut clore cet affreux passé et reprendre une nouvelle vie, créer une nouvelle mémoire et une vision pour l'avenir", dit-il.


Le programme Art Bridges d’Arabie saoudite touche à sa fin

Les programmes se sont déroulés en Écosse, au Japon, en Corée du Sud (photo) et en Espagne. (Fourni)
Les programmes se sont déroulés en Écosse, au Japon, en Corée du Sud (photo) et en Espagne. (Fourni)
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  • L’initiative a réuni des artistes visuels, des acteurs culturels, des professionnels des industries créatives et des producteurs de projets culturels

DUBAÏ : La Commission des arts visuels d’Arabie saoudite a conclu l’édition 2025-2026 de son initiative Art Bridges, mettant fin à un programme d’échanges internationaux d’une durée d’un an destiné à renforcer les liens entre le secteur des arts visuels du Royaume et les communautés créatives à travers le monde.

L’initiative a réuni 40 artistes visuels saoudiens et basés en Arabie saoudite, ainsi que des acteurs culturels, des professionnels des industries créatives et des producteurs de projets culturels, qui ont participé à une série d’échanges internationaux visant à encourager la collaboration, le développement professionnel et le dialogue interculturel.

Les programmes ont été organisés en Écosse, au Japon, en Corée du Sud et en Espagne.

À l’occasion de la clôture du programme, Dina Amin, directrice générale de la Commission des arts visuels, a déclaré : « En lançant Art Bridges, notre objectif était de créer des opportunités dont l’impact se poursuivrait bien après le retour des participants chez eux.

Tout au long de cette édition, nous avons vu des artistes et des acteurs culturels établir des relations avec leurs homologues à travers le monde, tout en partageant leur propre expérience de l’évolution du secteur des arts visuels en Arabie saoudite. Nous espérons que les échanges et les liens créés grâce à ces programmes continueront d’influencer leur travail dans les années à venir. »

Au cours des quatre programmes d’échanges, les participants ont exploré la manière dont les artistes, les institutions culturelles et les organisations créatives de différents pays répondent à des défis communs, notamment l’accompagnement des talents émergents, le développement des publics, la préservation du patrimoine culturel et la création de parcours professionnels durables dans le domaine des arts.

Le programme s’est conclu par une rencontre organisée ce mois-ci à Riyad, réunissant les participants des quatre groupes afin de revenir sur leurs expériences. L’événement a également proposé la projection d’un court documentaire retraçant l’initiative et son impact au cours de l’année écoulée.

Art Bridges s’inscrit dans la stratégie plus large de la Commission des arts visuels visant à soutenir le développement professionnel des artistes et des acteurs culturels, tout en renforçant l’engagement culturel international du Royaume. L’initiative s’aligne également sur les ambitions de la Vision 2030 de l’Arabie saoudite, qui vise à développer les industries créatives du pays et à approfondir les échanges culturels à l’échelle mondiale.

Créée en 2020 sous l’égide du ministère de la Culture, la Commission des arts visuels est l’une des 11 commissions sectorielles chargées de contribuer au développement du paysage culturel de l’Arabie saoudite. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Une coproduction franco-égyptienne rend hommage à l’héritage de Dalida

Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne. (Photo d’archives / Getty Images)
Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne. (Photo d’archives / Getty Images)
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  • Une comédie musicale consacrée à Dalida sera présentée en Égypte à partir du 31 octobre, pour les 40 ans de sa disparition
  • Cette coproduction franco-égyptienne célèbre les racines égyptiennes de la chanteuse et la coopération culturelle entre les deux pays

DUBAÏ : Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne, à l’occasion des 40 ans de la disparition de la chanteuse.

« Dalida: The Song That Never Ends » (« Dalida : La chanson qui ne s’arrête jamais ») a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’ambassade de France au Caire, en présence de l’ambassadeur de France Éric Chevalier, de la soprano de renommée internationale Farrah El-Dibany, du réalisateur Khairy Beshara et du scénariste Walid Khairy.

Cette coproduction entre l’Égypte et la France a été développée dans le cadre de la Saison de la Méditerranée 2026 (« 2026 Mediterranean Season »), une initiative culturelle portée par la France visant à célébrer la coopération artistique et le patrimoine commun des pays méditerranéens.

La production sera présentée en première à la Bibliotheca Alexandrina le 31 octobre, avant d’être jouée au Caire en novembre. La première à Alexandrie marquera également la clôture de l’édition de cette année de la Saison de la Méditerranée

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« Dalida : La chanson qui ne s’arrête jamais » a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’ambassade de France au Caire. (Photo fournie)

Selon un communiqué, l’ambassadeur Éric Chevalier a souligné que ce projet illustre la solidité des liens culturels entre la France et l’Égypte et reflète leur engagement commun à préserver l’héritage artistique de Dalida.

Farrah El-Dibany a confié qu’incarner la légendaire chanteuse était un rêve d’enfance. Elle a expliqué avoir proposé le projet à Khairy Beshara avant que tous deux ne le développent avec le scénariste Walid Khairy.

Khairy Beshara a décrit Dalida comme une femme faite de contrastes, alliant fragilité et force tout au long de sa vie et de sa carrière. Il a salué le travail de Walid Khairy, dont le scénario restitue avec justesse la complexité de sa personnalité et donne toute sa dimension au spectacle.

De son côté, Walid Khairy a indiqué que la comédie musicale met en lumière des chapitres méconnus de la vie de Dalida tout en célébrant ses racines égyptiennes, restées au cœur de son identité malgré son succès international. Produite par la société 26One1 Company, l’œuvre retrace son parcours, de l’Égypte jusqu’à la célébrité mondiale.

La production proposera également de nouveaux arrangements musicaux signés par le pianiste et compositeur franco-arménien André Manoukian.

Annoncée en 2023 par le président français Emmanuel Macron, la Saison de la Méditerranée favorise les échanges culturels à travers des expositions, des spectacles et des collaborations artistiques. L’édition 2026 met particulièrement l’accent sur la créativité, la jeunesse et les partenariats interculturels. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Un rare panneau du XIXe siècle exposé au Musée de la mer Rouge présente le texte complet du Coran

Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
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  • Cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran intégrée dans une illustration détaillée

DJEDDAH : Un rare panneau de calligraphie coranique du XIXe siècle est exposé au Musée de la mer Rouge, dans la ville historique de Djeddah.

Réalisée vers 1859–1860 par Ghouth Mahboob Ghalib à Mysore, en Inde, cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran disposée au sein d’une illustration détaillée de la Grande Mosquée de La Mecque.

Rédigé en écriture Diwani à l’encre noire et avec des dorures, le manuscrit place la Kaaba en son centre, a rapporté la SPA.

Le texte minutieusement élaboré commence par la sourate Al-Fatihah au sommet, s’entrelace avec les détails architecturaux de la mosquée et s’achève par la sourate An-Nas.

Cet artefact met en lumière les parcours historiques et spirituels des pèlerins qui traversaient la mer Rouge vers La Mecque, emportant avec eux des objets d’art témoignant du patrimoine culturel et de l’histoire du Hajj. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Asharq Al-Awsat.