Drame dans le jura: quatre lycéens meurent dans leur voiture tombée dans un lac

Une patrouille de gendarmerie a pu «très rapidement arriver sur les lieux (...) Les gendarmes se sont jetés à l'eau pour extraire les occupants du véhicule mais n'y sont pas parvenus». (Photo, AFP)
Une patrouille de gendarmerie a pu «très rapidement arriver sur les lieux (...) Les gendarmes se sont jetés à l'eau pour extraire les occupants du véhicule mais n'y sont pas parvenus». (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 20 janvier 2022

Drame dans le jura: quatre lycéens meurent dans leur voiture tombée dans un lac

  • Un cinquième occupant de la voiture est miraculeusement parvenu à s'extraire du véhicule et à donner l'alerte
  • La chaussée était très «verglacée», une «véritable patinoire»: la voiture «a quitté la route» et «est tombée dans le lac»

STRASBOURG : "Un drame qui touche toute la communauté éducative" : quatre lycéens, trois mineurs et une jeune majeure, sont morts mercredi, restés prisonniers de leur voiture tombée dans un lac du Jura alors qu'ils circulaient sur une route verglacée.

Un cinquième occupant de la voiture est miraculeusement parvenu à s'extraire du véhicule et à donner l'alerte, a précisé Lionel Pascal, procureur de la République de Lons-le-Saunier, confirmant des informations du quotidien régional Le Progrès.

Les cinq jeunes étaient scolarisés au lycée de Champagnole, commune jurassienne située à une vingtaine de kilomètres au nord-est des lieux de l'accident, selon David Philot, préfet du Jura, qui a évoqué un accident "dramatique" qui "nous touche tous".

Selon M. Pascal, la plus jeune victime était âgée de 15 ans.

Le drame s'est produit en fin d'après-midi, alors que leur véhicule circulait sur la route longeant le lac de Chalain, le plus grand du Jura, à l'est de Lons-le-Saunier.

La chaussée était très "verglacée", une "véritable patinoire" : la voiture "a quitté la route" et "est tombée dans le lac", selon le magistrat.

"L'un des occupants a réussi à s'extraire du véhicule" mais "les quatre autres sont restés bloqués à l'intérieur et n'ont pas survécu à l'accident", a-t-il poursuivi.

"Après ce drame qui touche toute la communauté éducative et tout particulièrement l'académie de Besançon, je veux exprimer ma peine et adresser toutes mes pensées aux familles et aux proches des lycéens", a tweeté dans la soirée le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer.

"Les services de l'État sont pleinement mobilisés auprès de l'entourage des victimes", a-t-il ajouté.

"Mes pensées vont aux familles des victimes et toute la communauté éducative du lycée Paul-Emile Victor de Champagnole", a également réagi sur Tweeter Marie-Guite Dufay, présidente PS de la Région Bourgogne-Franche-Comté.

"Tout le monde est atterré", a déclaré de son côté le maire de Champagnole, Guy Saillard, joint par l'AFP. L'élu ignorait l'identité des jeunes victimes, les internes n'étant selon lui pas originaires de Champagnole mais de communes alentours.

«Drame»

La route sur laquelle les cinq lycéens circulaient se situe en surplomb du lac, bordée par "une pente assez raide et assez boisée", a expliqué M. Pascal.

Leur véhicule a fait "une chute d'une dizaine de mètres avant de finir dans le lac", précise sur son site internet France Bleu.

Elle est passée "au seul endroit où il n'y avait pas d'arbre, en a tout de même heurté légèrement un, ce qui n'a pas suffi pour changer sa course et elle est tombée dans l'eau", a indiqué le procureur.

Le rescapé a "prévenu quelqu'un qui passait par là, cette personne a ensuite alerté les secours", a poursuivi le magistrat.

Le lycéen a ensuite été pris en charge par les secours et hospitalisé, M. Pascal précisant ne pas disposer d'éléments indiquant "que son pronostic vital était engagé".

Une patrouille de gendarmerie a pu "très rapidement arriver sur les lieux (...) Les gendarmes se sont jetés à l'eau pour  extraire les occupants du véhicule mais n'y sont pas parvenus", a-t-il encore relaté.

Arrivés eux aussi très rapidement sur les lieux, les pompiers n'ont pas davantage réussi à sauver les occupants du véhicule, a-t-il ajouté.

La jeune majeure qui figure parmi les victimes "était la propriétaire du véhicule et avait un permis de conduire, on imagine que c'est elle qui conduisait", a avancé M. Pascal.

Les quatre corps ont été acheminés vers l'hôpital de Lons-le-Saunier pour que les proches puissent les identifier.

Une enquête de gendarmerie a été ouverte afin de déterminer les circonstances exactes du drame, selon le procureur.


Un hommage national rendu au militaire français tué en Irak

L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. (AFP)
L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. (AFP)
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  • "La Nation se tient aux côtés de sa famille, de ses proches, de ses frères d'armes. Et j'ai évidemment aussi une pensée particulière pour nos militaires blessés qui sont encore, pour certains, dans les soins intensifs en ce moment-même à l'hôpital"
  • Arnaud Frion, 42 ans, a été tué jeudi soir dans une frappe de drone qui a également blessé six militaires français, depuis rapatriés et hospitalisés en France

VARCES-ALLIERES-ET- RISSET: Emmanuel Macron a salué mardi, au début d'un conseil de défense sur le conflit au Moyen-Orient, la mémoire du major Arnaud Frion "mort pour la France" en Irak, auquel la ministre des Armées Catherine Vautrin a aussi rendu un hommage solennel au 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces (Isère) où il servait.

"Le major Frion est mort pour la France en Irak en fin de semaine dernière lors d'une attaque de drones perpétrée par une milice pro-iranienne, alors qu'il œuvrait à la lutte contre le terrorisme, au combat contre Daech (État islamique, NDLR), à la défense de la souveraineté irakienne et, ce faisant, à notre sécurité", a déclaré le chef de l’État.

"La Nation se tient aux côtés de sa famille, de ses proches, de ses frères d'armes. Et j'ai évidemment aussi une pensée particulière pour nos militaires blessés qui sont encore, pour certains, dans les soins intensifs en ce moment-même à l'hôpital", a-t-il ajouté.

Arnaud Frion, 42 ans, a été tué jeudi soir dans une frappe de drone qui a également blessé six militaires français, depuis rapatriés et hospitalisés en France.

"La France n'oubliera pas le prix de la vie d'Arnaud Frion (...) ce prix douloureux, c'est celui de notre sécurité, de notre souveraineté, de notre liberté", a également affirmé Catherine Vautrin à Varces.

Face à elle, le cercueil du major est recouvert du drapeau bleu blanc rouge et de trois coussins sur lesquels reposent ses décorations, la croix de chevalier de la Légion d'honneur reçue à titre posthume et la tarte, béret distinctif des chasseurs alpins.

"Le parcours d'Arnaud Frion raconte un homme qui était devenu par le travail, par la valeur, par l'exemple, l'une des plus belles figures du soldat français", a salué la ministre au côté du chef d'état-major de l'armée de Terre, le général Pierre Schill.

L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. Marié et père d'un enfant, il avait reçu la médaille militaire le 31 décembre 2021.

Il a été frappé avec ses compagnons d'armes alors qu'il se trouvait dans une base placée sous l'autorité des combattants kurdes peshmergas, située au sud-ouest d'Erbil, à Mala Qara, dans le Kurdistan irakien. Ils y étaient déployés dans le cadre de la coalition internationale mise en place en 2014 contre le groupe jihadiste État islamique.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le Kurdistan irakien et Erbil ont essuyé de multiples attaques de drones Shahed imputées à des factions pro-iraniennes, visant notamment les dispositifs militaires américains dans la région. Ces attaques ont été pour la plupart neutralisées par la défense antiaérienne.


Macron convoque un nouveau conseil de défense mardi après-midi sur la situation au Moyen-Orient

Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse avec Volodymyr Zelensky à l’Élysée, le 13 mars 2026, après des discussions sur le soutien à l’Ukraine et la pression sur la Russie. (AFP)
Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse avec Volodymyr Zelensky à l’Élysée, le 13 mars 2026, après des discussions sur le soutien à l’Ukraine et la pression sur la Russie. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron convoque un conseil de défense sur la situation en Iran et au Moyen-Orient, dans un contexte de pressions de Donald Trump concernant la sécurisation du détroit d’Ormuz
  • Isaac Herzog appelle les pays européens à agir contre le Hezbollah, tandis que la France propose une médiation entre le Liban et Israël pour éviter une escalade régionale

PARIS: Le président Emmanuel Macron a convoqué un nouveau conseil de défense et de sécurité nationale mardi après-midi "sur la situation en Iran et au Moyen-Orient", a annoncé l'Elysée.

Ce nouveau conseil de défense réunissant les ministres et responsables chargés des questions de sécurité - le dernier remonte au 10 mars - intervient alors que Donald Trump fait pression sur la France pour qu'elle réponde positivement à sa demande d'aide pour la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Le président israélien Isaac Herzog a de son côté appelé lundi les pays européens à "soutenir tout effort visant à éradiquer" le mouvement islamiste libanais Hezbollah, allié de l'Iran.

Il a aussi salué l'offre française de faciliter des discussions directes entre le Liban et Israël qui a lancé des frappes aériennes massives et des "opérations terrestres limitées" contre le Hezbollah.

Le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient lorsque le Hezbollah a attaqué Israël le 2 mars pour venger l'assassinat du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, tué deux jours plus tôt par une frappe israélienne à Téhéran.

Emmanuel Macron a appelé samedi Israël à accepter des "discussions directes" avec l'exécutif libanais et "toutes les composantes" du Liban, qu'il s'est dit prêt à "faciliter" en "les accueillant à Paris", afin d'empêcher que "le Liban ne sombre dans le chaos".

Israël a poursuivi mardi ses bombardements sur Téhéran et contre le Hezbollah pro-iranien dans la banlieue sud de Beyrouth, au 18e jour de la guerre au Moyen-Orient qui embrase aussi l'Irak, théâtre de nombreuses attaques.


Au cœur du centre de crise du Quai d’Orsay: rapatrier mais également écouter et rassurer

Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable. (Arlette Khouri)
Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable. (Arlette Khouri)
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  • Depuis le début de la crise, près de 15 000 appels ont été enregistrés
  • Chaque appel permet de créer un dossier pour identifier la situation des personnes et déterminer les priorités

PARIS: Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable.

Le Centre de crise et de soutien (CDCS) du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, dirigé par l’ambassadeur Louis L’alliot, a été immédiatement mobilisé. Ses équipes travaillent jour et nuit pour répondre aux appels des Français, organiser des évacuations et coordonner les actions diplomatiques et humanitaires.

Environ 400 000 Français vivent au Moyen-Orient, auxquels s’ajoutent de nombreux touristes. La fermeture des espaces aériens rend les départs très difficiles. Une plateforme téléphonique composée d’environ 30 répondants, dont une majorité de bénévoles de la Croix-Rouge, traite les appels de personnes inquiètes ou bloquées. Au total, plus de 50 agents peuvent répondre simultanément grâce à plusieurs centres d’appel.

Depuis le début de la crise, près de 15 000 appels ont été enregistrés. Chaque appel permet de créer un dossier pour identifier la situation des personnes et déterminer les priorités. Les personnes vulnérables (personnes âgées, malades, familles avec jeunes enfants) sont prioritaires pour les vols spéciaux affrétés par l’État, dont le coût est en partie pris en charge.

Jusqu’à présent, plus de 1 500 personnes ont été rapatriées par ces vols, tandis qu’environ 17 000 Français ont quitté la région par leurs propres moyens.

Le centre fonctionne grâce à plusieurs pôles spécialisés : gestion des ressources humaines, relations internationales, soutien médical, organisation des vols et le « pôle communauté » chargé de contacter les ressortissants prioritaires.

Les bénévoles de la Croix-Rouge jouent également un rôle important en apportant écoute et soutien psychologique aux appelants souvent stressés ou inquiets.

Créé en 2008, le Centre de crise et de soutien est aujourd’hui un outil essentiel de la diplomatie française, capable d’activer une cellule de crise en moins d’une heure et de fonctionner 24h/24 lors de situations internationales majeures.