Syrie: les forces kurdes repoussent l'EI près d'une prison

Des soldats kurdes déployés dans la ville syrienne de Hassaké, le 22 janvier (Photo, AFP).
Des soldats kurdes déployés dans la ville syrienne de Hassaké, le 22 janvier (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 23 janvier 2022

Syrie: les forces kurdes repoussent l'EI près d'une prison

  • Au cours de l'attaque de la prison de Ghwayran, l'EI a fait exploser une voiture piégée à proximité de l'établissement, et des combattants ont attaqué les forces kurdes gérant l'établissement
  • L'attaque a déclenché des affrontements entre forces kurdes et jihadistes de l'EI à proximité de la prison

HASSAKE: Des combats ont opposé samedi pour le troisième jour consécutif le groupe jihadiste Etat islamique (EI) aux forces kurdes dans le nord-est de la Syrie, où les violences ont fait près de 90 morts et déplacé des milliers de civils.

Les affrontements ont été déclenchés par une attaque lancée jeudi soir par des combattants de l'EI contre la prison de Ghwayran, l'une des plus grandes abritant des jihadistes en Syrie, et gardée par les forces kurdes.

"Au moins 28 membres des forces de sécurité kurdes, cinq civils et 56 combattants de l'EI ont été tués" depuis le début de l'attaque, revendiquée vendredi par le groupe jihadiste, a indiqué Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'EI a été vaincu en 2019 en Syrie par les Forces démocratiques syriennes (FDS) soutenues par la coalition internationale, et des milliers de jihadistes sont depuis détenus dans le nord et le nord-est du pays, territoires aux mains des Kurdes. Le groupe parvient cependant toujours à mener des attaques meurtrières grâce à des cellules dormantes.

L'attaque de jeudi soir, la plus importante depuis la défaite de l'EI en Syrie, a visé une prison située dans la ville de Hassaké qui abrite quelque 3.500 membres présumés de l'EI parmi lesquels des dirigeants du groupe, selon l'OSDH.

Durant l'attaque, les jihadistes "s'étaient emparés d'armes qu'ils avaient trouvées" dans l'armurerie du centre de détention, d'après la même source.

Des centaines de prisonniers qui se sont échappés ont pu être rattrapés mais des dizaines seraient encore en fuite, a indiqué l'OSDH.

L'ONG a également affirmé que la prison était encerclée par les forces kurdes, avec le soutien des forces aériennes de la coalition internationale.

Les Etats-Unis ont condamné cette attaque, saluant la réaction "rapide" des FDS et rappelant que l'EI tentait de libérer les jihadistes détenus par les Forces démocratiques syriennes depuis plus d'un an.

"C'est grâce à leur diligence et leur compétence que les FDS et les forces de la coalition anti-EI ont pu déjouer plusieurs attaques pendant cette période et qu'elles ont pu limiter la gravité de celle-ci", a indiqué le porte-parole du département d'Etat, Ned Price.
Exode de civils

"Des combats intenses" ont eu lieu dans des quartiers situés au nord de la prison, et des raids ont fait plus de 20 morts parmi les combattants de l'EI, selon un communiqué publié samedi par les FDS qui ont saisi des ceintures explosives, des armes et des munitions.

Un correspondant de l'AFP a vu samedi des combattants kurdes mener des raids dans des maisons situées près de la prison pendant que des hélicoptères de la coalition survolaient les environs.

Des combattants kurdes étaient rassemblés autour des corps de cinq jihadistes présumés, a-t-il rapporté.

Les combats ont par ailleurs déclenché un exode de civils qui devaient fuir dans un froid glacial.

"Des milliers de personnes ont quitté leurs maisons près de la prison, fuyant vers les zones voisines où vivent leurs proches", a déclaré à l'AFP Sheikhmous Ahmed, un responsable de l'administration de la région kurde semi-autonome.

Certains toutefois n'avaient nulle part où aller: "Nous n'avons que Dieu", a confié Abou Anas, en quittant son quartier avec sa femme et leurs quatre enfants.  

Dans une vidéo diffusée samedi sur son organe de propagande Amaq, l'EI dit montrer des jihadistes s'infiltrant dans la prison au début de l'attaque, et encerclant ce qui semble être un groupe de gardiens. L'AFP n'a pas pu vérifier de façon indépendante l'authenticité de cette vidéo.

La veille, l'EI avait déjà revendiqué dans un communiqué l'attaque, indiquant que l'objectif était "de libérer les prisonniers".

Selon Nicholas Heras, du Newlines Institute à Washington, "les évasions de prison représentent la meilleure opportunité pour l'EI de retrouver sa force (...) et la prison de Ghwayran est une bonne cible car elle est surpeuplée".

Responsabilités

De nombreuses prisons aux mains des Kurdes étaient à l'origine des écoles et sont donc mal adaptées pour garder des détenus sur le long terme.

Selon les autorités kurdes, quelque 12.000 jihadistes de plus de 50 nationalités sont détenus dans leurs prisons.

Pour Abdelkarim Omar, haut responsable de la politique étrangère de l'administration kurde, l'attaque de l'EI contre la prison de Ghwayran est due à "l'incapacité de la communauté internationale à assumer ses responsabilités".

Les Kurdes réclament le rapatriement de milliers de prisonniers jihadistes qui ont notamment des nationalités européennes mais la plupart des pays auxquels ils s'adressent rechignent à reprendre leurs citoyens.

Déclenchée en mars 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, la guerre en Syrie s'est complexifiée au fil des ans avec l'implication de puissances régionales et internationales et la montée en puissance des jihadistes.

Le conflit a fait environ 500.000 morts, dévasté les infrastructures du pays et déplacé des millions de personnes.


Le président libanais à Rome jeudi pour évoquer l'avenir de la force de l'ONU

Le président libanais Joseph Aoun a déclaré que le Liban privilégiait une prolongation du mandat de la Finul, une option à laquelle Israël s’oppose. (Archives/Agence de presse libanaise)
Le président libanais Joseph Aoun a déclaré que le Liban privilégiait une prolongation du mandat de la Finul, une option à laquelle Israël s’oppose. (Archives/Agence de presse libanaise)
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  • Le président libanais Joseph Aoun se rendra à Rome pour discuter de l’avenir de la Finul, dont le mandat expire fin 2026
  • Beyrouth privilégie une prolongation de la mission de l’ONU, mais envisage une force internationale alternative avec la France et l’Italie pour éviter un vide sécuritaire

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun se rendra à Rome jeudi pour des discussions sur le futur de la force de maintien de la paix dans son pays, dont le mandat expire fin 2026, a affirmé à l'AFP un responsable libanais.

La visite intervient après que la France et l'Italie, qui fournissent d'importants contingents de militaires à cette Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), ont dit en juin vouloir établir une coalition internationale pour lui succéder.

M. Aoun doit rencontrer son homologue Sergio Mattarella et la Première ministre Giorgia Meloni pour discuter de "l'avenir des forces internationales, notamment à la lumière de l'initiative franco-italienne visant à mettre en place une force pour remplacer la Finul", a indiqué le responsable sous couvert d'anonymat.

Selon lui, le président libanais rencontrera également le pape Léon XIV au Vatican et l'informera "des contacts que le Liban a établis depuis le début des négociations" avec Israël.

Le Liban et Israël ont mené au printemps des pourparlers directs, accueillis à Rome à deux reprises, et ont abouti en juin à la conclusion d’un accord-cadre sous l'égide des Etats-Unis, qui prévoit le désarmement du Hezbollah, un retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le déploiement de l'armée libanaise dans la région, en commençant par des "zones pilotes".

Le Liban avait été entraîné début mars dans le conflit entre l'Iran d'une part, Israël et les Etats-Unis d'autre part, lorsque le Hezbollah a ciblé Israël en soutien à Téhéran, avant de subir une riposte aérienne et terrestre.

M. Aoun a déclaré que le choix privilégié du Liban est une prolongation du mandat de la Finul, à laquelle Israël s'oppose. Le Liban et plusieurs autres pays redoutent un vide sécuritaire si la Finul se retire sans alternative.

Lundi, le président libanais a indiqué que "le second choix consiste à adopter une formule qui garantisse la présence continue des forces internationales dans le sud" du pays, aux côtés de l'armée libanaise "et en coordination avec elle".

Début juin, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres avait estimé "nécessaire" le maintien d'une présence militaire de l'ONU, proposant trois options allant de près de 2.000 à plus de 5.500 personnels en uniforme.

Le mois dernier, 86 députés libanais ont signé une lettre exhortant le Conseil de sécurité de l'ONU à maintenir les Casques bleus.

La Finul compte actuellement 7.500 Casques bleus, provenant d'une cinquantaine de pays. Présente au Liban depuis 1978, elle n'a pas empêché la résurgence des conflits.

Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis juin, Israël mène encore des frappes ponctuelles au Liban. Les forces israéliennes ont établi dans le sud du Liban ce qu'elles désignent comme une "zone de sécurité", sur une bande d'environ 10 kilomètres de large, le long de la frontière.


L'Iran offre 30.000 dollars pour tuer ou capturer des soldats américains

L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme. (AFP)
L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme. (AFP)
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  • "Quiconque tue ou capture et remet à l'armée de la République islamique d'Iran un militaire américain envahisseur recevra une récompense équivalente à 30.000 dollars, soit cinq milliards de tomans"
  • En employant le terme "envahisseur", Amir Hatami suggère qu'il s'agirait du cas où l'Iran ferait l'objet d'une violation de son territoire

TEHERAN: L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme.

Le chef d'état-major de l'armée, Amir Hatami, a affirmé que ce dispositif avait été mis en place à la suite d'un "grand nombre de demandes" de personnes souhaitant contribuer financièrement, selon l'agence officielle Irna.

"Quiconque tue ou capture et remet à l'armée de la République islamique d'Iran un militaire américain envahisseur recevra une récompense équivalente à 30.000 dollars, soit cinq milliards de tomans", a-t-il déclaré, en utilisant cette unité monétaire informelle équivalant à 10.000 rials iraniens.

En employant le terme "envahisseur", Amir Hatami suggère qu'il s'agirait du cas où l'Iran ferait l'objet d'une violation de son territoire.

Aucun déploiement connu de troupes américaines au sol n'a eu lieu en Iran pendant la guerre au Moyen-Orient, à l'exception d'une mission de sauvetage menée en avril pour porter secours à un pilote américain dont l'appareil s'était écrasé.

"Les courageuses femmes iraniennes qui accompliront une telle action recevront le double de cette récompense", a-t-il ajouté.

La guerre entre Téhéran et Washington a été déclenchée le 28 février par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre la République islamique qui a répliqué en lançant des frappes sur les pays du Golfe alliés de Washington.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un accord-cadre en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats.

L'Iran et les Etats-Unis ont depuis échangé sporadiquement des frappes qui se concentrées principalement autour du stratégique détroit d'Ormuz.


L'émissaire de Trump se rendra en Israël pour tenter d'aplanir les divergences sur Gaza

Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien. (AFP)
Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien. (AFP)
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  • M. Netanyahu, sur la sellette avant les élections législatives d'octobre dont le résultat paraît incertain, a promis qu'il n'y aurait pas de retrait et a mis en doute la volonté du Hamas de se désarmer
  • Le Hamas de son côté a insisté sur le fait qu'il soutenait l'accord. "Nous continuons à attendre que les médiateurs et la partie américaine fassent pression sur Netanyahu et son gouvernement pour les contraindre à respecter la feuille de route"

JERUSALEM: Jared Kushner, l'émissaire et gendre de Donald Trump, se rendra en Israël la semaine prochaine pour tenter d'aplanir les divergences entre les deux alliés sur le plan américain pour la bande de Gaza, a déclaré une source au sein du "Conseil de paix".

Il se rendra avec Nikolaï Mladenov, le haut représentant pour ce territoire palestinien du "Conseil de paix" créé par le président américain, en Israël et en Egypte, un pays médiateur-clé.

Cette visite interviendra après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rejeté publiquement le 9 août la feuille de route américaine en 15 points annoncée fin juillet par M. Mladenov, qui prévoit le désarmement du Hamas et le retrait israélien de la bande de Gaza.

Si ce mouvement islamiste palestinien l'a acceptée, Israël a dit lier tout départ de ses soldats à un "véritable" désarmement du Hamas.

Selon une source au sein du "Conseil de Paix", MM. Kushner et Mladenov espèrent "des discussions constructives" sur le plan de paix global de Donald Trump pour la bande de Gaza, dont le premier jalon a été le cessez-le-feu décrété en octobre 2025. Depuis, les frappes israéliennes ont diminué en intensité, sans s'arrêter pour autant.

"Les Etats-Unis et Israël s'accordent sur l'issue souhaitée à Gaza, c'est-à-dire un Hamas démilitarisé", a précisé la même source, qui a requis l'anonymat.

"Nous allons écouter les préoccupations soulevées et discuter des prochaines étapes", a-t-elle poursuivi.

Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien.

Mais M. Mladenov est ensuite revenu sur ses propos et a déclaré qu'Israël n'aurait pas à retirer ses forces tant que le Hamas ne se serait pas entièrement désarmé.

M. Netanyahu, sur la sellette avant les élections législatives d'octobre dont le résultat paraît incertain, a promis qu'il n'y aurait pas de retrait et a mis en doute la volonté du Hamas de se désarmer, exigeant que celui-ci détruise ses armes de manière vérifiable.

Le Hamas de son côté a insisté sur le fait qu'il soutenait l'accord. "Nous continuons à attendre que les médiateurs et la partie américaine fassent pression sur Netanyahu et son gouvernement pour les contraindre à respecter la feuille de route", a dit à l'AFP Bassem Naim, membre du bureau politique de ce mouvement islamiste.

Il a appelé les Etats-Unis à "empêcher la perturbation du processus (de mise en oeuvre) de l'accord de cessez-le-feu pour des raisons politiques et électorales".