Présidentielle: Macron obtient son pass, la droite se dépasse

Le président français Emmanuel Macron, à l'Elysée à Paris, le 20 janvier 2022.(AFP)
Le président français Emmanuel Macron, à l'Elysée à Paris, le 20 janvier 2022.(AFP)
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Publié le Vendredi 21 janvier 2022

Présidentielle: Macron obtient son pass, la droite se dépasse

  • Chez les Républicains, l'heure de la mobilisation a déjà sonné: vendredi, la candidate Valérie Pécresse était en visite sur les terres de l'ancien patron de LR, Laurent Wauquiez
  • Toujours plus à droite, Eric Zemmour, qui traverse un trou d'air sondagier, s'est réfugié dans les terres réputées promises de l'extrême droite du Sud-Est

PARIS : Un feu vert de plus: confortée par la validation du pass vaccinal vendredi par le Conseil constitutionnel, la majorité poursuit la préparation de l'entrée en campagne d'Emmanuel Macron, quand Valérie Pécresse veut dépasser les oppositions du passé en s'affichant avec Laurent Wauquiez.

Ni la vérification d'identité par les cafetiers, ni la mise en œuvre dès l'âge de 16 ans n'auront fait sourciller les Sages gardiens de la Constitution: le gouvernement pourra appliquer comme prévu la loi sur le pass vaccinal à partir de lundi, un revers pour les oppositions qui n'ont obtenu qu'une seule censure du Conseil concernant la possibilité pour les organisateurs de meetings politiques de demander un pass aux participants. 

De quoi revigorer les soutiens du chef de l'Etat, qui n'attendent plus qu'une annonce formelle de candidature.

L'amélioration des conditions sanitaires, anticipée par l'annonce d'un calendrier de levée progressive des restrictions à partir de début février, fait désormais parier certains sur une officialisation d'ici au 15 février.

"Je vous confirme qu'on se prépare (...) Dans toute bonne campagne on réserve du papier pour les affiches et puis on prend quelques précautions pour des salles", a admis le délégué général de LREM Stanislas Guerini vendredi sur France 2.

En attendant, le président sortant, qui fait la course en tête dans les sondages, devant Valérie Pécresse et Marine Le Pen, toujours au coude à coude, sera sur le terrain avec un déplacement dans la Creuse lundi et la Haute-Vienne mardi.

Le président par intérim du RN, Jordan Bardella, a vu dans les annonces du Premier ministre, Jean Castex, jeudi soir "une nouvelle fois une forme de diversion: le gouvernement dit tout et l'inverse de tout avec toujours la conviction d'y croire et d'avoir raison", a-t-il accusé sur LCI.

« Engagement total » de Wauquiez 

Chez les Républicains, l'heure de la mobilisation a déjà sonné: vendredi, la candidate Valérie Pécresse était en visite sur les terres de l'ancien patron de LR, Laurent Wauquiez, manière de dépasser les solides et anciennes inimitiés qui les lient.

Devant une nuée de caméras, elle a promis un "rôle pilier" dans sa campagne au président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, jusqu'alors discret dans la campagne présidentielle.

C'est pourtant alors qu'il présidait le parti, en juin 2019, que celle qui portait une vision libérale de la droite avait quitté la formation, dénonçant un mouvement "cadenassé de l'intérieur, dans son organisation, mais aussi dans ses idées".

"L'accueillir ici est un symbole de mon soutien et de mon engagement total aux côtés de Valérie", lui a répondu vendredi M. Wauquiez. 

L'unité à droite doit se poursuivre samedi lors du conseil national des Centristes emmenés par Hervé Mortin auquel Mme Pécresse a prévu de se rendre, puis à celui de l'UDI de Jean-Christophe Lagarde, lequel lui a déjà apporté son soutien dans un entretien au quotidien Le Figaro vendredi, en entendant incarner la "jambe modérée" de la candidate face à la ligne droitière de son lieutenant Eric Ciotti. 

Le « coup de Fillon »

Toujours plus à droite, Eric Zemmour, qui traverse un trou d'air sondagier, s'est réfugié dans les terres réputées promises de l'extrême droite du Sud-Est, à Menton puis à Antibes (Alpes-Maritimes), avant de tenir un meeting samedi soir à Cannes.

Le candidat s'est félicité d'"approcher des 400" parrainages requis pour se présenter au premier tour, dans un entretien donné au journal Nice-Matin, en s'enorgueillissant par ailleurs d'accueillir les ralliements d'ex-RN, l'eurodéputé Jérôme Rivière et le militant identitaire Damien Lefevre, dit Rieu, un proche de Marion Maréchal.

L'ancien polémiste, contre qui le parquet général a réclamé jeudi une condamnation pour contestation de crime contre l'humanité lors de son procès en appel, a estimé que la justice était "instrumentalisée".

Dans quel but? Lui "refaire le coup de François Fillon", évincé du deuxième tour en 2017 en pleine tourmente judiciaire, a plaidé M. Zemmour.

Pour la candidate PS Anne Hidalgo, en meeting samedi à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), difficile de retrouver le coup de la gauche victorieuse.

De plus en plus à la peine dans les sondages, la maire de Paris a espéré que l'éclaircie sur le front du Covid "peut-être, enfin", permettra à la campagne de se dérouler sans que la crise sanitaire "entrave la rencontre avec les Français" ou que "le pouvoir en place (...) l'instrumentalise" pour "mettre sous l'éteignoir la vie politique française".


Iran: pas de levée de sanctions «tant que» Téhéran ne renonce pas à son programme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région. (AFP)
  • "Il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques"
  • Interrogé sur le regain de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, le ministre français s'est refusé à dire que la guerre avait repris

PARIS: Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région.

"Il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques dont certains pourraient un jour être en capacité de viser l'Europe", a déclaré Jean-Noël Barrot sur BFM TV/RMC.

"Et tant qu'il n'aura pas rendu aux Iraniens la liberté de construire leur propre avenir", a-t-il ajouté.

Interrogé sur le regain de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, le ministre français s'est refusé à dire que la guerre avait repris.

"Le constat, c'est qu'il y a un accord qui a été trouvé et qui permet des choses très simples, c'est-à-dire l'arrêt des hostilités, la réouverture du détroit d'Ormuz et le démarrage d'une négociation pour encadrer strictement le programme nucléaire iranien", a-t-il dit.

Il a de nouveau appelé toutes les parties à revenir "au protocole de négociation qui a été fixé par cet accord parce que (...) elles n'ont aucun intérêt à l'escalade".

Les Etats-Unis ont encore bombardé l'Iran, Téhéran ripostant lundi en visant des pays de la région alliés de Washington, des frappes d'une ampleur sans précédent des deux côtés depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


14-Juillet et Coupe du monde: 7.000 policiers et gendarmes mardi à Paris et son agglomération

Le président français Emmanuel Macron et Charles Dreyfus, petit-fils d’Alfred Dreyfus, rendent hommage devant la statue en bronze de 3,5 mètres (12 pieds) réalisée en 1985 par l’artiste français Louis Mitelberg, alias Tim, représentant le capitaine Alfred Dreyfus, lors d’une cérémonie en son honneur organisée à l’occasion de la première journée nationale consacrée à la reconnaissance de son innocence par la Cour de cassation en 1906, et à la lutte contre la résurgence de l'antisémitisme, 120 ans plus tard, sur l'île de la Cité, près de la Cour de cassation à Paris, le 12 juillet 2026.  (AFP)
Le président français Emmanuel Macron et Charles Dreyfus, petit-fils d’Alfred Dreyfus, rendent hommage devant la statue en bronze de 3,5 mètres (12 pieds) réalisée en 1985 par l’artiste français Louis Mitelberg, alias Tim, représentant le capitaine Alfred Dreyfus, lors d’une cérémonie en son honneur organisée à l’occasion de la première journée nationale consacrée à la reconnaissance de son innocence par la Cour de cassation en 1906, et à la lutte contre la résurgence de l'antisémitisme, 120 ans plus tard, sur l'île de la Cité, près de la Cour de cassation à Paris, le 12 juillet 2026. (AFP)
  • Au total, sur l'ensemble du pays, 70.000 policiers et gendarmes seront déployés, comme l'a annoncé dimanche le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez
  • Pour ce faire, dans le détail, 5.000 effectifs de la PP, 2.000 policiers et gendarmes issus d'unités de force mobile et 2.000 pompiers  de la BSPP, seront mobilisés

PARIS: Un dispositif massif de 7.000 policiers et gendarmes et 2.000 sapeurs-pompiers sera déployé mardi à Paris et son agglomération pour assurer la sécurité des festivités du 14 juillet et prévenir tout débordement lors de la demi-finale de la Coupe du monde de football qui opposera en soirée la France à l'Espagne.

Dans un communiqué, la préfecture de police de Paris (PP) a précisé que ce lundi, déjà, 3.000 policiers de la PP renforcés par 1.000 effectifs issus d'unités de force mobile et 2.000 pompiers de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) seront mobilisés pour sécuriser le concert prévu sur le Champ-de-Mars et le spectacle de pyrotechnie et de drones dans la soirée.

Le lendemain, il s'agira de sécuriser le défilé militaire du 14 juillet sur les Champs-Elysées, le dernier d'Emmanuel Macron en tant que chef de l'Etat, et de permettre, selon les termes de la PP, de faire en sorte que la demi-finale de la coupe du Monde "reste une fête pour le plus grand nombre".

Pour ce faire, dans le détail, 5.000 effectifs de la PP, 2.000 policiers et gendarmes issus d'unités de force mobile et 2.000 pompiers  de la BSPP, seront mobilisés.

Au total, sur l'ensemble du pays, 70.000 policiers et gendarmes seront déployés, comme l'a annoncé dimanche le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.


France : deux Canadair envoyés face à l'incendie hors norme de Fontainebleau, près de Paris

Deux avions bombardiers d'eau Canadair ont été déployés lundi matin dans l'emblématique forêt de Fontainebleau, au sud de la capitale française, pour lutter contre un incendie d'une "ampleur exceptionnelle" selon les autorités. (AFP)
Deux avions bombardiers d'eau Canadair ont été déployés lundi matin dans l'emblématique forêt de Fontainebleau, au sud de la capitale française, pour lutter contre un incendie d'une "ampleur exceptionnelle" selon les autorités. (AFP)
  • Quelque 800 hectares avaient été parcourus lundi matin dans le massif forestier de Fontainebleau, emblématique poumon vert d'un peu plus de 20.000 ha situé à 60 km au sud-est de Paris
  • "Huit cents hectares, ça va se voir de haut... On va pleurer notre forêt", soupirait dans la nuit le premier adjoint au maire du village de Vaudoué, Didier Buguinet, qui n'a "jamais vu ça"

ARBONNE-LA-FORET: Deux avions bombardiers d'eau Canadair ont été déployés lundi matin dans l'emblématique forêt de Fontainebleau, au sud de la capitale française, pour lutter contre un incendie d'une "ampleur exceptionnelle" selon les autorités.

Actuellement les deux Canadair sont en action, et plus de 500 pompiers sont attendus dans la journée avec l'ensemble des renforts, ont indiqué les pompiers à la presse, alors que la France traverse sa troisième vague de chaleur de l'année, un contexte qui favorise fortement le risque de départs de feux.

Face à l'incendie qui a débuté dimanche, deux Dash avaient été utilisés pour larguer au sol du produit retardant, un déploiement d'avions de lutte contre le feu inédit en région parisienne.

Quelque 800 hectares avaient été parcourus lundi matin dans le massif forestier de Fontainebleau, emblématique poumon vert d'un peu plus de 20.000 ha situé à 60 km au sud-est de Paris.

"Huit cents hectares, ça va se voir de haut... On va pleurer notre forêt", soupirait dans la nuit le premier adjoint au maire du village de Vaudoué, Didier Buguinet, qui n'a "jamais vu ça".

Vigilance rouge canicule 

Le département de Seine-et-Marne, où se trouve la forêt, fait face depuis le déclenchement de la vigilance canicule rouge samedi à plusieurs incendies d'ampleur, qui ont couvert près de 400 hectares au total avant d'être maîtrisés.

Les sinistres ont entraîné dimanche l'interruption de la circulation sur une portion de l'autoroute A6, la principale artère menant vers le sud-est de la France et qui traverse la forêt.

Ils ont aussi provoqué des retards de trains de plusieurs heures, en raison notamment de dommages sur des câbles. La circulation ferroviaire a repris à une "vitesse normale" sur la ligne à grande vitesse, a indiqué lundi matin la compagnie nationale SNCF Réseau à l'AFP.

Dès dimanche, un panache de fumée flottant sur la forêt était visible à 20 km de distance, tandis que des camions de sapeurs-pompiers se rendaient sur le sinistre par les petites routes forestières. Ils ont reçu le renfort d'agriculteurs qui arrimaient des citernes d'eau à l'arrière de leurs tracteurs.

Malgré les appels des secours à rester confinés pour ne pas s'exposer aux fumées, des habitants sortaient sur le pas de leur porte pour assister médusés à ce ballet de véhicules de secours et de police, dans l'âcre fumée qui flotte sur la zone.

Selon un point des autorités lundi matin, environ 200 personnes ont dû être mises en sécurité en raison de la propagation de l'incendie, qui mobilise environ 370 pompiers sur le terrain.

Situation "amenée à durer" 

Le ministre de l'Intérieur français Laurent Nuñez est arrivé sur place en début de matinée. "La situation est amenée à durer", selon les autorités.

Partout en France, les secours ont dû lutter contre les flammes: dans les Pyrénées-Orientales (sud), la Drôme (sud-est), le Lot (sud-ouest), en Savoie (sud-est), mais aussi dans des secteurs plus septentrionaux, comme l'Indre (centre) ou la Loire-Atlantique (ouest), preuve qu'aucune région n'est à l'abri de ces incendies estivaux, favorisés par les épisodes de canicule de plus en plus fréquents.

Selon Laurent Nuñez, une fois le bilan "consolidé", "on sera à 25.000 hectares brûlés" en France, soit "deux fois plus par rapport à la même période" de 2025. Les autorités ont prévenu que les responsables de tels sinistres, volontairement ou par imprudence, feraient l'objet de poursuites pénales.

Elles ne laisseront "rien passer", a prévenu le ministre, qui a indiqué samedi que 32 personnes avaient été placées en garde à vue depuis le début de l'été.