Graves pénuries: le Liban va importer de l'électricité de Jordanie

«L'accord est important principalement car il augmentera l'alimentation électrique nationale qui reste plus propre et moins chère» que l'électricité produite par les «groupes électrogènes privés polluants». (Photo, AFP)
«L'accord est important principalement car il augmentera l'alimentation électrique nationale qui reste plus propre et moins chère» que l'électricité produite par les «groupes électrogènes privés polluants». (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Samedi 22 janvier 2022

Graves pénuries: le Liban va importer de l'électricité de Jordanie

  • L'accord sera signé mercredi à Beyrouth avec une délégation jordanienne
  • Le Liban obtiendra une puissance allant jusqu'à 250 mégawatts pendant la journée et 150 mégawatts durant la nuit

BEYROUTH : Le Liban va signer mercredi un accord avec la Jordanie pour l'acheminement d'électricité via la Syrie voisine, dans l'espoir de pallier les graves pénuries que connaît le pays, a annoncé le ministre libanais de l'Energie Walid Fayad.

Frappé par une crise inédite – qualifiée par la Banque mondiale d'une des pires dans l'histoire du monde depuis 1850 –, le Liban subit des coupures de courant, culminant à plus de 22 heures par jour, et peine à importer du carburant, sur fond de dégringolade de la monnaie nationale.

"L'accord est important principalement car il augmentera l'alimentation électrique nationale qui reste plus propre et moins chère" que l'électricité produite par les "groupes électrogènes privés polluants", a déclaré jeudi M. Fayad dans un entretien accordé à l'AFP. 

L'accord sera signé mercredi à Beyrouth avec une délégation jordanienne, a précisé le ministre. Les responsables des deux pays se rendront ensuite à Damas pour signer le contrat d'acheminement de l'électricité entre les deux pays via la Syrie.

Le Liban obtiendra ainsi une puissance allant jusqu'à 250 mégawatts pendant la journée et 150 mégawatts durant la nuit, ce qui se traduira par deux heures supplémentaires d'alimentation, selon M. Fayad.

Les ministres de l'Energie jordanien, syrien et libanais s'étaient entendus en octobre sur une feuille de route pour assurer au Liban une partie de ses besoins en électricité.

«Solution durable»

Le Liban importe déjà depuis des mois du fioul d'Irak pour faire fonctionner ses centrales électriques. Des pourparlers avec l'Egypte sont également en cours pour acheminer du gaz via la Jordanie et la Syrie vers le Liban. 

Selon Walid Fayad, ces accords ne constitueraient pas une violation des sanctions américaines interdisant les opérations financières avec le gouvernement syrien: la Syrie recevrait du gaz et de l'électricité de l'Egypte et de la Jordanie sous forme de "paiement en nature, et non en argent", a-t-il expliqué.

L'Egypte attend cependant toujours la confirmation de Washington qu'un tel accord n'entraînerait "aucune répercussion négative", a ajouté le ministre.

En important de l'électricité jordanienne, du carburant irakien et du gaz égyptien, le Liban espère augmenter la production d'électricité de huit à dix heures par jour dans les mois à venir, a souligné M. Fayad. 

Le pays, dont la classe dirigeante est accusée de corruption et d'incompétence, souffre depuis des décennies d'une sous-production électrique endémique et d'une mauvaise gestion de la compagnie publique Electricité du Liban (EDL), ayant coûté au trésor public plus de 40 milliards de dollars depuis la fin de la guerre civile (1975-1990). 

"Les solutions que nous proposons vont rapidement améliorer l'approvisionnement en électricité et apporteront une solution durable pour le pays, notamment en ce qui concerne le gaz égyptien", estime M. Fayad. 

L'importation d'électricité de Jordanie coûtera environ 200 millions de dollars par an (176 millions d'euros), a-t-il ajouté, tandis que l'importation de gaz d'Egypte coûtera à peu près le même montant. 

Aide internationale

La communauté internationale a longtemps réclamé au Liban des réformes importantes, dont la refonte du secteur de l'électricité et de l'EDL – symbole d'une mauvaise gouvernance et de la déliquescence des services publics du pays –, pour accéder à des milliards de dollars de soutien financier.

"Nous avons obtenu un montant initial de 300 millions de dollars (264 millions d'euros) de la Banque mondiale et nous travaillons pour obtenir 100 millions de dollars (88 millions d'euros) supplémentaires", a affirmé le ministre.

Les gouvernements successifs n'ont pas réussi à réduire les pertes du secteur de l'électricité, ni à réparer les infrastructures en ruines ou même à percevoir régulièrement les factures d'électricité dans tout le pays. 

Les tarifs de l’électricité publique augmenteront avec l'augmentation parallèle de l’approvisionnement, a toutefois prévenu M. Fayad, précisant que cette hausse de prix était l'une des conditions du prêt de la Banque mondiale.

Les Libanais paient actuellement 0,5 centimes (0,44 euros) par kilowattheure, l'un des tarifs les plus bas au monde.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

Short Url

Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Short Url
  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.