La Fed prête à relever ses taux face à l'inflation aux Etats-Unis

Les commerçants travaillent sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE) le 20 janvier 2022, à New York. (Photo, AFP)
Les commerçants travaillent sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE) le 20 janvier 2022, à New York. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 23 janvier 2022

La Fed prête à relever ses taux face à l'inflation aux Etats-Unis

  • La balle est dans le camp de la Réserve fédérale pour ralentir la demande et tempérer l'inflation, car ses taux directeurs donnent le ton aux banques commerciales pour fixer leurs taux d'intérêts
  • Or si le crédit coûte plus cher, particuliers et entreprises consomment ou investissent moins

WASHINGTON : Halte à l'inflation: la banque centrale américaine (Fed) se prépare à relever ses taux directeurs pour lutter contre la flambée des prix, et décidera, lors de sa réunion mardi et mercredi, du rythme et de l'ampleur du mouvement.

La balle est dans le camp de la Réserve fédérale pour ralentir la demande et tempérer l'inflation, car ses taux directeurs donnent le ton aux banques commerciales pour fixer leurs taux d'intérêts. Or si le crédit coûte plus cher, particuliers et entreprises consomment ou investissent moins.

"Un signal" est ainsi attendu quant au "moment où la première hausse des taux aura lieu, a priori lors de la réunion (de la Fed) de mars", selon l'économiste Joel Naroff.

"Si telle est l'intention, ce serait bien que l'équipe qui a soudainement découvert l'inflation le dise clairement", a-t-il ironisé.

Car la flambée des prix l'an passé a surpris les économistes, et les responsables de la Fed ont récemment marqué un brutal revirement sur le sujet, inquiets d'une inflation qu'ils ont alors cessé de considérer comme "temporaire".

L'institution a, en décembre, accéléré le rythme de réduction de ses achats d'actifs avec l'objectif de les arrêter en mars, avec trois mois d'avance sur le calendrier initial. Ces injections de liquidités avaient permis de soutenir l'économie pendant la crise, et les ramener à zéro est un préalable pour pouvoir relever les taux directeurs.

Hausse en mars, ou dès janvier?

"Je pense que (les responsables de la Fed) indiqueront clairement que la réduction (des achats d'actifs) se terminera à temps pour qu'ils puissent relever les taux lors de la réunion de mars", a déclaré à l'AFP David Wessel, économiste pour la Brookings Institution.

Les taux directeurs avaient été abaissés à zéro en mars 2020 lorsque la pandémie de Covid a éclaté pour stimuler la consommation, moteur de l'économie américaine. Mais la demande est désormais très forte, et fait face à une offre qui ne suit pas, à cause des difficultés mondiales d'approvisionnement.

Résultat, les prix grimpent, et l'inflation a atteint aux Etats-Unis 7% en 2021, au plus haut depuis près de 40 ans.

Les acteurs sur les marchés s'attendent à une très large majorité (94,4%) à ce que la Réserve fédérale maintienne son taux au jour le jour entre 0% et 0,25%, selon l'évaluation des produits à terme de CME Group.

Quelques-uns, cependant, misent sur une hausse d'un quart de point (25 points de base) dès cette semaine, sans attendre mars.

Spéculations

"Le débat autour des perspectives à très court terme de la Fed s'intensifie à nouveau", relève ainsi Krishna Guha, économiste pour Evercore, société de conseil en investissements. Parmi les spéculations: "un arrêt soudain (des achats d'actifs) et peut-être même une hausse des taux" dès cette semaine.

Autre hypothèse: "une hausse démesurée de 50 points de base lors de la réunion de mars", souligne-t-il. C'est-à-dire faire passer d'un seul coup les taux directeurs, actuellement compris entre 0 et 0,25%, à une fourchette de 0,50 à 0,75%.

"Je ne vois pas une hausse de 50 points de base en mars, nous n'avons pas préparé les marchés à quelque chose d'aussi spectaculaire", avait toutefois récemment tempéré l'un des gouverneurs de la Fed, Christopher Waller, évoquant une hausse de 25 points en mars.

"Si l'inflation ne semble pas baisser, ce serait certainement dans la boîte à outils, mais il nous en faudrait beaucoup pour aller dans cette direction", avait-il ajouté.

La lutte contre l'inflation exigera un effort "de longue haleine", a prévenu Joe Biden mercredi, jugeant "approprié" pour la Fed "de recalibrer (son) soutien".

L'institution était réticente à relever trop tôt ses taux d'intérêts, pour ne pas peser sur l'emploi. Mais selon Joel Naroff, "nous sommes déjà au plein emploi".

Le taux de chômage a reculé en décembre à 3,9%, se rapprochant des 3,5% d'avant la pandémie. La croissance du PIB pour 2021 sera, elle, annoncée au lendemain de la réunion de la Fed, jeudi, et est attendue autour de 5 ou 6%.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.