Charlotte Casiraghi ouvre à cheval le défilé Chanel haute couture

Charlotte Casiraghi passe à cheval devant la rédactrice en chef de Vogue Anna Wintour (à gauche), le mannequin français Caroline de Maigret, le chanteur et compositeur américain Pharell Williams, au début du défilé de la collection Chanel Haute Couture Printemps-Été 2022 à Paris le 25 janvier 2022. (Geoffroy Van Der Hasselt / AFP)
Charlotte Casiraghi passe à cheval devant la rédactrice en chef de Vogue Anna Wintour (à gauche), le mannequin français Caroline de Maigret, le chanteur et compositeur américain Pharell Williams, au début du défilé de la collection Chanel Haute Couture Printemps-Été 2022 à Paris le 25 janvier 2022. (Geoffroy Van Der Hasselt / AFP)
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Publié le Mardi 25 janvier 2022

Charlotte Casiraghi ouvre à cheval le défilé Chanel haute couture

  • Ambassadrice de Chanel et cavalière émérite ayant participé à plusieurs championnats d'équitation, Charlotte Casiraghi place le défilé dans l'univers équestre
  • Le défilé Chanel haute couture s'est terminé mardi, à Paris, par un hommage à l'acteur français Gaspard Ulliel, visage du parfum Bleu de Chanel décédé la semaine dernière

PARIS : Charlotte Casiraghi, de la famille princière de Monaco, a ouvert à cheval le défilé Chanel haute couture mardi à Paris, qui s'est terminé par un hommage à l'acteur français Gaspard Ulliel, visage du parfum Bleu de Chanel décédé la semaine dernière.  

Au rythme du trot, puis du galop, le spectacle a démarré dans le Grand Palais Ephémère, dans un décor onirique imaginé par l'artiste contemporain Xavier Veilhan avec des éléments du parcours équestre et du mini-golf. 

Ambassadrice de Chanel et cavalière émérite ayant participé à plusieurs championnats d'équitation, Charlotte Casiraghi place le défilé dans l'univers équestre, cher à la fondatrice de la maison, Gabrielle Chanel. Un film qui la met en scène, toujours à cheval, accompagne le défilé.   

Après le passage de Charlotte Casiraghi, les mannequins ont foulé le sable avec des chaussures bicolores gris-noir à petit talon. 

Les pantalons des tailleurs sont larges, certains fendus de côté, à l'intérieur ou à l'extérieur de la jambe. 

La construction rigide des vestes en tweed est contrebalancée par la légèreté des jupes vaporeuses. 

Les robes de soir agrémentées de plumes invitent au jeu de contrastes et de transparences. 

Les tailleurs jupes se portent en superposition sur des pièces en dentelles. 

Blanc, écru, beige, rose pâle: les couleurs douces de la collection répondent à l'esthétique de la mise en scène du défilé, à la lumière délibérément atténuée.

Entre jardin et plateau de théâtre ouvert, l'installation est faite à partir de matériaux simples et d'apparence pauvre, comme contreplaqué de bois brut ou paillasson.

La mariée, traditionnel dernier passage du défilé haute couture, porte une longue robe blanche simple et épurée et tient dans les mains un bouquet de fleurs bleues - hommage à l'acteur Gaspard Ulliel décédé la semaine dernière à 37 ans après un accident de ski et qui fut le visage du parfum Bleu de Chanel.


Tunisie: après Bouazizi, un vendeur ambulant rêve d'un happy end

Habib El-Bey, 27 ans, avait installé son food truck pendant le mois du ramadan en avril à Bab el Khadra, un quartier populaire de Tunis, pour servir des sandwiches après la rupture du jeûne. (AFP)
Habib El-Bey, 27 ans, avait installé son food truck pendant le mois du ramadan en avril à Bab el Khadra, un quartier populaire de Tunis, pour servir des sandwiches après la rupture du jeûne. (AFP)
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  • Le chef de la street food dit vouloir «prouver aux jeunes qu'on arrive à ce qu'on veut quand il y a la détermination. Je veux leur dire il ne faut jamais baisser les bras malgré les difficultés»
  • M. Hlila, sans diplôme, commence à s'intéresser à la street food à partir de 2021 en donnant un coup de main à un ami vendeur ambulant de sandwiches

TUNIS: Près de douze ans après l'immolation par le feu de Mohamed Bouazizi après la confiscation de sa marchandise, acte qui avait déclenché la première révolte du Printemps arabe, un autre vendeur ambulant devenu célèbre après ses déboires avec la police en Tunisie, rêve d'un happy end.

Habib El-Bey, 27 ans, avait installé son food truck pendant le mois du ramadan en avril à Bab el Khadra, un quartier populaire de Tunis, pour servir des sandwiches après la rupture du jeûne.

Sa tchatche, sa façon théâtrale d'associer ses clients en préparant les sandwiches de grillades avec sa sauce spéciale ont rapidement fait de lui une star de la street food tunisienne.

Grâce au buzz créé par ses vidéos sur les réseaux sociaux, son commerce attirait chaque soir une foule venue manger des "El-Bey", les casse-croûte auxquels il a donné son nom.

Mais fin avril, il a été interpellé par la police et son food truck mis sous séquestre, devant des clients furieux, au motif qu'il ne disposait pas d'autorisation. Filmée et largement relayée sur les réseaux sociaux, la scène a indigné de nombreux Tunisiens.

Ses malheurs ont suscité un élan de sympathie dans le pays et El-Bey, de son vrai nom Habib Hlila, crâne dégarni et barbe rousse fournie, a multiplié les apparitions sur les plateaux de télévision pour raconter son parcours et ses projets.

«Pas Bouazizi»

Certains ont comparé son cas à celui de Mohamed Bouazizi, le vendeur ambulant de fruits et légumes mort après s'être immolé par le feu le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid (centre-est) pour protester contre la confiscation de sa marchandise par la police.

Son geste avait été l'étincelle de la révolution qui a emporté la dictature de Zine el Abidine ben Ali, avant de s'étendre à d'autres pays de la région. Le Printemps arabe était en marche.

Si les déboires de M. Hlila sont survenus alors que la Tunisie traverse un grave crise socio-économique marquée par une forte inflation et un chômage élevé sur fond de vives tensions politiques, il rejette tout parallèle avec le drame de Bouazizi.

Le restaurateur fait au contraire contre mauvaise fortune bon coeur et entend profiter de sa notoriété fraîchement acquise pour rebondir et inspirer des jeunes dont les initiatives se heurtent souvent à une bureaucratie tatillonne et des lourdeurs administratives.

"Je ne suis pas Bouazizi et je n'aurai jamais recours aux actes de désespoir face aux crises. J'ai décidé de réussir et d'être une source de motivation pour les jeunes", dit-il à l'AFP.

Après moult démarches, il a réussi à obtenir une autorisation pour organiser des spectacles culinaires à travers la Tunisie avant de relancer son food truck dans la capitale.

Samedi, à l'entrée de la Médina de Tunis, il a présenté son spectacle dans un nouveau camion d'environ 20.000 euros qu'il paiera par échéances.

«Belle histoire»

En tenue noire ornée de deux petits drapeaux tunisiens, il a animé durant plus de cinq heures cette première rencontre avec ses clients depuis son interpellation.

"Bravo à ce jeune homme qui a tenu bon malgré les entraves. Il donne un bon exemple aux jeunes qui ne pensent qu'à quitter le pays", dit à l'AFP Naziha Bahloul, 51 ans, faisant la queue devant son stand. "C'est une belle histoire de réussite".

"Si Habib a repris son travail c'est parce que son histoire a été médiatisée, ce n'est pas le cas pour d'autres jeunes", constate, amer, Bilel, un chômeur de 31 ans, qui rêve d'aller vivre en Europe.

Le chef de la street food dit vouloir "prouver aux jeunes qu'on arrive à ce qu'on veut quand il y a la détermination. Je veux leur dire il ne faut jamais baisser les bras malgré les difficultés".

M. Hlila, sans diplôme, commence à s'intéresser à la street food à partir de 2021 en donnant un coup de main à un ami vendeur ambulant de sandwiches.

Les petits chariots de snacks traditionnels tunisiens comme l'incontournable "Ayari", pain rond enduit d'harissa avec un oeuf et de l'huile d'olive, le fricassé (beignet frit) ou le "kaskrout tounsi" à base de baguette, thon et salade, pullulent dans les rues de Tunis et à travers le pays, mais ce secteur de l'économie n'est pas réglementé.

"J'ai vraiment aimé cette activité et j'avais beaucoup d'idées pour développer un projet qui pourrait être source d'inspiration pour les jeunes au chômage", explique-t-il, en appelant à sa réglementation.


Natacha Atlas: une escale musicale entre Orient et Occident au festival Jazzablanca

Après deux ans d’absence, le festival Jazzablanca fait son retour (Photo, fournie).
Après deux ans d’absence, le festival Jazzablanca fait son retour (Photo, fournie).
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  • Il s’agit d’une grande première pour la célèbre chanteuse anglo-égyptienne qui, pour l’occasion, a proposé un concert 100% jazz
  • Juste après le festival Jazzablanca, elle s’est envolée pour la Macédoine, où elle a retrouvé le Dzambo Agusevi Orchestrea, un groupe tzigane avec lequel elle prépare plusieurs concerts

CASABLANCA : Après deux ans d’absence, le festival Jazzablanca fait son retour. Sa 15e édition a réuni une belle brochette d’artistes, parmi lesquels Natacha Atlas. Il s’agit d’une grande première pour la célèbre chanteuse anglo-égyptienne qui, pour l’occasion, a proposé un concert 100% jazz, à l’image de son album Myriad Road, sorti en 2015.

Après deux ans d’absence, le festival Jazzablanca fait son retour (Photo, fournie).
Après deux ans d’absence, le festival Jazzablanca fait son retour (Photo, fournie).

C’est donc tout naturellement que Natacha Atlas a ouvert le bal avec l’un des titres de cet opus composé par le trompettiste Ibrahim Maalouf. «À l’époque, Ibrahim avait l’idée de faire du funk jazz des années 1970. Il m’a poussée à chanter en anglais avec un style oriental, c’était chouette. C’est quelqu’un de très drôle qui aime faire des choses joyeuses», nous confie-t-elle.

Après deux ans d’absence, le festival Jazzablanca fait son retour (Photo, fournie).
Après deux ans d’absence, le festival Jazzablanca fait son retour (Photo, fournie).

Une artiste engagée

Par la suite, le jazz devient l’un de ses styles de prédilection.

Ainsi, en 2019, Natacha Atlas sort Strange Days, composé par Samy Bichai, son partenaire dans la vie et sur la scène. Dans cet album, on retrouve dix titres, parmi lesquels sa reprise de It’s A Man’s Man’s Man’s World de James Brown, que Natacha Atlas a interprétés lors de son rendez-vous casablancais.

La célèbre chanteuse anglo-égyptienne Natacha Atlas (Photo, fournie).
La célèbre chanteuse anglo-égyptienne Natacha Atlas (Photo, fournie).

Sorti juste avant la pandémie, cet album a coïncidé, «un peu par hasard», avec le climat anxiogène qui prédominait durant cette période. «On a vécu des “Strange Days”. Cet album est un paradoxe entre les ténèbres et la lumière. Je pense qu’il y a une part d’ombre et de lumière dans l’humanité; mais, malgré la période difficile que nous vivons, il faut faire preuve de ténacité, aller vers la lumière. Aujourd’hui, on essaie de nous faire peur, de nous diriger, de restreindre notre liberté. Il faut nous réveiller très vite, sinon nous sommes fichus – enfin, j’espère que non», glisse l’artiste dans un sourire.

Aujourd’hui, on essaie de nous faire peur, de nous diriger, de restreindre notre liberté (Photo, fournie).
Aujourd’hui, on essaie de nous faire peur, de nous diriger, de restreindre notre liberté (Photo, fournie).

Ce message fort, la chanteuse a également souhaité le faire passer à travers son dernier EP, The Inner and the Outer. Ce projet composé pendant le confinement est un appel à l’apaisement et à l’éveil des consciences. «Cette période pleine d’angoisse, nous l’avons vécue aussi, Samy et moi; c’est pour cela que The Inner Dimension est un morceau qui appelle à la méditation.»

Chanteuse du monde

Sur la scène de Casablanca, malgré les nombreuses sollicitations du public, Natacha Atlas n’a finalement pas interprété Mon amie la rose, la chanson qui l’a rendue célèbre en France. Elle nous explique que cette reprise du titre de Françoise Hardy n’est pas familière aux musiciens qui tournent actuellement avec elle.

La célèbre chanteuse anglo-égyptienne Natacha Atlas (Photo, fournie).
La célèbre chanteuse anglo-égyptienne Natacha Atlas (Photo, fournie).

D’ailleurs, depuis ce succès de 1999, la chanteuse a tenu à chanter dans ses deux langues maternelles, l’anglais et l’arabe.

«J’ai essayé d’écrire des chansons en français, mais c’est un peu difficile. D’ailleurs, un jour, un Français qui avait écouté l’une d’entre elles [Le Printemps, NDLR] m’a dit: “C’est une belle chanson, mais je n’ai pas tout compris.” Je me suis dit: “Bon, OK…”», se souvient Natacha en riant.

La quinquagénaire n’a de cesse d’explorer différents univers musicaux. Ainsi, juste après le festival Jazzablanca, elle s’est envolée pour la Macédoine, où elle a retrouvé le Dzambo Agusevi Orchestrea, un groupe tzigane avec lequel elle prépare plusieurs concerts, et même un album.

La quinquagénaire n’a de cesse d’explorer différents univers musicaux (Photo, fournie).
La quinquagénaire n’a de cesse d’explorer différents univers musicaux (Photo, fournie).

En parallèle, l’artiste anglo-égyptienne poursuit sa tournée mondiale avec le ballet contemporain Odyssey. Cette œuvre composée avec Samy Bichai, chorégraphiée par le Franco-Algérien Hervé Koubi et accompagnée par la voix envoûtante de Natacha Atlas, donnera également naissance à un album orchestral.


Le Festival d'Avignon démarre dans la joie, avec un œil sur le virus

Des acteurs se produisent lors de la répétition générale de la pièce Le Moine noir (Photo, AFP).
Des acteurs se produisent lors de la répétition générale de la pièce Le Moine noir (Photo, AFP).
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  • La veille du lancement du plus célèbre festival de théâtre au monde, la parade traditionnelle était également de retour mercredi
  • En costumes et au son de tambours, une foule compacte d'artistes a traversé les rues de la Cité des Papes

AVIGNON: Le retour de Serebrennikov, l'ouverture d'une nouvelle salle, des rues noires de monde: le Festival d'Avignon, qui démarre jeudi, a de quoi se réjouir après deux ans de crise sanitaire, même s'il reste vigilant en raison du rebond épidémique.

La veille du lancement du plus célèbre festival de théâtre au monde, la parade traditionnelle était également de retour mercredi, pour la première fois depuis 2019.

"C'est notre premier Avignon, on est très content. On avait profité du confinement pour mettre en scène notre spectacle!", se réjouit Christophe Gillis, musicien et metteur en scène venu de Belgique présenter "Mozart versus Mozart", un spectacle d'"humour musical" avec des membres de sa famille.

La Covid? "On ne va pas gâcher le festival, on a besoin d'être sur scène et on va faire tous très attention", ajoute l'artiste, habillé en costume d'époque durant la parade.

En costumes et au son de tambours, une foule compacte d'artistes a traversé les rues de la "Cité des Papes", où de nombreux festivaliers étaient déjà au rendez-vous.

"On a l'impression qu'on revient un peu à la normale, on espère que ça sera l'Avignon du retour", affirme Olivier Schmidt, membre de la troupe "Les Joyeux de la Couronne", qui présente "A l'ombre d'Oz", un spectacle musical sur le parcours de Judy Garland.

Il fait partie des 1.500 spectacles du "off", le plus grand "marché" de spectacle vivant en France qui se déroule parallèlement au festival officiel et qui a renoué avec son offre pléthorique d'avant la pandémie. A cela vient s'ajouter l'ouverture d'une nouvelle salle, "La Scala Provence".

Du côté du Festival d'Avignon, plus international et plus pointu que le "off", on se veut rassurant quant aux mesures sanitaires, tout en appelant à la vigilance.

"La contagiosité (actuelle) est telle que, dans nos équipes, on a rendu le port du masque obligatoire car on ne peut pas se permettre d'avoir des contaminations", affirme à l'AFP Paul Rondin, directeur délégué du Festival.

"Il y aura des centaines de milliers de gens à Avignon pendant 20 jours et on ne veut pas de mesures anxiogènes mais on dit aux gens: +Venez au festival en essayant de mettre le masque dans les salles", ajoute-t-il. Des centres de tests et de vaccination seront installés dans la ville.

Une épopée de 13 heures

L'édition 2022 sera également la dernière d'Olivier Py, à la tête du Festival depuis neuf ans, et auquel succèdera le Portugais Tiago Rodrigues.

Depuis 2013, il a invité des artistes de différents horizons, avec une importance accordée au côté politique du théâtre, au sens large du terme.

Des artistes comme Kirill Serebrennikov qu'il invite pour la quatrième fois, dans des circonstances particulières: bien que l'idée soit née avant la guerre en Ukraine, le cinéaste et metteur en scène russe, en exil en Europe depuis le printemps, va faire jeudi l'ouverture avec "Le Moine Noir" de Tchekhov dans la Cour d'honneur du Palais des papes, lieu emblématique du festival. Serebrennikov avait fait récemment une apparition remarquée --et contestée par des Ukrainiens-- au Festival de Cannes, où il a présenté son film "La Femme de Tchaïkovski".

En signe de solidarité avec l'Ukraine, Olivier Py se produira, en guise d'adieux, avec les Dakh Daughters, groupe punk venu de Kiev, dans son spectacle "Miss Knife".

Le festival fait également la part belle cette année au Moyen-Orient, avec l'Iranien Amir Reza Koohestani, un autre habitué, des poétesses arabes et des artistes libanais.

"Chacun peut trouver une expérience à vivre, que ce soit avec Serebrennikov, Kae Tempest, le Chaperon rouge (par le collectif Das Plateau), ou des poétesses arabes", indique M. Rondin.

Et pour les amateurs des spectacles fleuve --une tradition du festival--, le dramaturge Simon Falguières propose "le Nid de Cendres", une épopée de 13 heures. Avec quatre entractes et deux pauses.