A trois mois de la présidentielle, forte augmentation des violences contre les élus en France

Pascal Bois, député du parti français La République en marche, s'exprime lors d'une séance au gouvernement à l'Assemblée nationale, chambre basse du Parlement français, à Paris le 4 janvier 2022. (Photo, AFP)
Pascal Bois, député du parti français La République en marche, s'exprime lors d'une séance au gouvernement à l'Assemblée nationale, chambre basse du Parlement français, à Paris le 4 janvier 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 26 janvier 2022

A trois mois de la présidentielle, forte augmentation des violences contre les élus en France

  • En France, les violences contre les élus ont fortement augmenté ces dernières années, notamment à quelques mois de la présidentielle
  • A quatre mois de la présidentielle, que suivront des législatives en juin, la défiance envers le personnel politique semble atteindre un paroxysme

PARIS : Le député de la majorité Pascal Bois dormait chez lui fin décembre lorsque des pompiers l'ont réveillé pour lui annoncer que son garage brûlait. En France, les violences contre les élus ont fortement augmenté ces dernières années, notamment à quelques mois de la présidentielle.

"Il y a eu naturellement un moment de sidération, que j'ai assez vite dépassé. J'ai essayé de garder mon sang-froid", raconte-t-il à l'AFP. Le garage étant situé dans une dépendance, son domicile n'a heureusement pas été touché. "Très vite, j'ai compris que c'était un acte délibéré."

Sur le muret de sa maison, à une trentaine de kilomètres de Paris, deux tags: "Ça va péter" et "Votez non" au pass vaccinal, un projet de loi alors en discussion, depuis lors validé par l'Assemblée nationale, où siège Pascal Bois, et le Sénat.

Le député de La République en marche, le parti du président Emmanuel Macron, a soutenu ce dispositif détesté de non vaccinés, qui leur interdit l'accès aux activités de loisir, restaurants, bars, et autres transports interrégionaux.

Ce n'était pas sa première alerte. En novembre, il avait déjà reçu des menaces de mort dans un courrier accompagné d'une balle.

Biens incendiés, dégradations, jets de pierre, courriels ou tweets d'intimidation ou d'insulte... "Nous constatons une augmentation extrêmement forte des menaces, et donc des violences contre les élus", regrettait le 11 janvier le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

«Je vais te décapiter»

Samedi, un autre député de la majorité, Romain Grau, affirme avoir reçu à Perpignan (sud) "un coup de poing sur le menton" d'une foule ayant ciblé sa permanence. Dans une vidéo postée sur Twitter, on voit des hommes crier "à mort" et "tu l'as voté le pass ?".

Plus de 300 plaintes pour "menace de mort" ont été déposées par des élus depuis juillet, dont 60 sur les dix premiers jours de 2022, selon M. Darmanin.

Selon le ministère de l'Intérieur, 1 186 élus ont été pris pour cible dans les onze premiers mois de 2021, dont 162 parlementaires et 605 maires ou adjoints victimes d'agressions physiques, soit une hausse de 47% par rapport à 2020. 419 outrages ont aussi été recensés (+30%).

A quatre mois de la présidentielle, que suivront des législatives en juin, la défiance envers le personnel politique semble atteindre un paroxysme, entretenu par un mouvement anti-vaccin qui lui aussi se radicalise.

En novembre, 60% des personnes interrogées pour un sondage sur la perception de l'Assemblée nationale disaient comprendre les comportements violents à l'endroit des députés, et 13% les approuvaient.

Début janvier, les chefs des principaux partis politiques sont entrés ensemble dans l'hémicycle pour dénoncer à l'unisson "la montée de la haine" à leur encontre, une démonstration d'unité rare.

"Des députés reçoivent des messages, où il est écrit: +Je vais te décapiter+, +Je vais te poignarder+. Des mots qui veulent inspirer le crime", s'est inquiété le président de l'Assemblée Richard Ferrand, dans un entretien au quotidien Le Monde.

Ces citoyens "finissent par adopter parfois la violence pour tenter de se faire entendre", a-t-il analysé. "On a longtemps parlé d'exclusion sociale, je crois qu'aujourd'hui un certain nombre de Français se vivent en exclusion politique".

Intensification depuis Macron

Un sentiment qui semble s'être fortement intensifié depuis l'élection d'Emmanuel Macron en 2017, les épisodes de violence s'étant encore "accélérés ces derniers mois et semaines", selon Isabelle Sommier, spécialiste de la violence politique à l'université Paris 1 Panthéon Sorbonne.

Les "gilets jaunes", un mouvement de contestation des élites et notamment du président sortant, incarnent ce phénomène. Partis des zones rurales et des petites villes, ils ont embrasé la France entre fin 2018 et début 2020, jusqu'au premier confinement lié au Covid-19.

Les anti-vaccins paraissent recouper géographiquement et socio-économiquement les "gilets jaunes", juge Mme Sommier, pour qui la  manière très centralisée de gouverner de M. Macron, parfois perçue comme pro-riches et provocatrice, a pu attiser les flammes.

Le chef de l'Etat français, giflé lors d'un bain de foule improvisé dans le sud-est de la France en juin, a ainsi déclaré début janvier qu'il voulait "emmerder" les non-vaccinés.

Le pays reste toutefois moins violent qu'après-guerre, et les incidents d'aujourd'hui doivent être relativisés, relève Isabelle Sommier. Mais après les meurtres de deux députés en Grande-Bretagne depuis 2016, ces attaques inquiètent fortement de nombreux élus français.

"Je fais un petit peu plus attention à ce qui se passe autour de moi", résume Pascal Bois à l'AFP. "Je regarde si je ne suis pas suivi en voiture. Tous mes collègues ont pris l'habitude de faire la même chose".


La France va signer un accord de partenariat stratégique avec l'Arménie

Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat. (AFP)
Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat. (AFP)
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  • La France, où vit la plus grande diaspora arménienne après celles en Russie et aux Etats-Unis, avec 400.000 personnes, a une longue histoire d'amitié et de solidarité avec ce petit pays très francophile de trois millions d'habitants
  • Le président français y a d'ailleurs été accueilli par de nombreuses marques de sympathie, des plus hauts dirigeants de l'Etat aux badauds qui l'ont applaudi dans les rues d'Erevan aux cris de "Vive l'Arménie ! Vive la France!"

EREVAN: Emmanuel Macron achève mardi une visite d'Etat en Arménie, ex-république soviétique partagée entre aspirations européennes et liens historiques avec la Russie, par la signature d'un partenariat et de contrats destinés à intensifier une relation bilatérale déjà dense.

La France, où vit la plus grande diaspora arménienne après celles en Russie et aux Etats-Unis, avec 400.000 personnes, a une longue histoire d'amitié et de solidarité avec ce petit pays très francophile de trois millions d'habitants.

Le président français y a d'ailleurs été accueilli par de nombreuses marques de sympathie, des plus hauts dirigeants de l'Etat aux badauds qui l'ont applaudi dans les rues d'Erevan aux cris de "Vive l'Arménie ! Vive la France!"

Au premier jour de la visite lundi, Emmanuel Macron a rappelé cette "relation singulière", l'accueil à Marseille (sud de la France) des réfugiés fuyant les massacres d'Arméniens perpétrés par l'Empire ottoman lors de la Première guerre mondiale, la mobilisation de la France lors du tremblement de terre de 1988 en Arménie, l'influence du chanteur Charles Aznavour dans les deux pays.

La chanson française était d'ailleurs à l'honneur au dîner d'Etat : Emmanuel Macron a entonné la "Bohême" de Charles Aznavour avec le président arménien Vahagn Khatchatourian au piano et le Premier ministre Nikol Pachinian à la batterie. Son homologue a aussi interprété les "Feuilles mortes" d'Yves Montand.

"La Russie pas là"

La France a aussi toujours soutenu l'Arménie dans son combat meurtrier face à l'Azerbaïdjan après la chute de l'URSS en 1991. "Beaucoup en Europe nous regardaient comme des bêtes étranges" quand d'autres préféraient cultiver leurs relations énergétiques et commerciales avec Bakou, a raconté le président français.

Au plus fort de la guerre autour de l'enclave séparatiste du Karabakh en 2023, la Russie qui compte encore 4.000 soldats en Arménie, "n'était pas là, pas plus qu'elle n'est là pour le Venezuela quand il a des problèmes (...) ou le régime malien lorsqu'il est bousculé par les terroristes", a-t-il lancé.

Le président a aussi salué le choix de l'Arménie et de son Premier ministre, Nikol Pachinian, de "se tourner vers l'Europe", malgré les avertissements à peine voilés de la Russie.

Une aspiration consacrée par la tenue lundi du sommet de la Communauté politique européenne, avec une quarantaine de dirigeants de toute l'Europe, et du premier sommet UE-Arménie mardi à Erevan.

"Le choix que vous avez fait de l'indépendance pleine et entière, de la paix, de la stabilité dans cette région, le choix de l'Europe et de la prospérité sont ceux que nous soutenons (...). Nous voulons être de cette aventure", a lancé M. Macron lors du dîner en son honneur au palais présidentiel.

Le rapprochement avec l'UE reste toutefois entravé par les liens forts unissant Erevan et Moscou, tous deux membres de l'Organisation du traité de sécurité collective, alliance militaire dont fait toujours partie l'Arménie malgré le gel de sa participation en 2024.

L'Arménie, enclavée entre l'Azerbaïdjan, l'Iran, la Géorgie et la Turquie, avec laquelle la frontière est toujours fermée, mise sur la paix pour développer ses connexions terrestres, énergétiques et commerciales et sortir de son isolement.

Efforts de défense 

"Cette nouvelle ère de coopération régionale peut mettre le Caucase encore plus au milieu d'un carrefour entre l'Europe et l'Asie", souligne l'Elysée.

Dans ce contexte, Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat.

La coopération de défense inclut déjà un volet aérien avec la commande de trois radars français et la formation par la France de soldats arméniens. L'Arménie a aussi passé commande de 36 canons Caesar en 2024.

Des contrats vont également être signés dans le domaine des transports, a indiqué l'Elysée, évoquant des "prospects potentiels pour Airbus" ainsi que "l'engagement de l'Etat français" dans la construction d'un tunnel sur l'axe routier arménien nord-sud.

Le président s'inclinera dans la matinée au Mémorial commémorant les massacres d'Arméniens à Erevan. Il visitera le musée Matenadaran qui renferme une vaste collection de manuscrits anciens arméniens et va conclure un accord de coopération avec la Bibliothèque nationale de France.

Le président Macron et le Premier ministre Pachinian se rendront aussi à Gyumri, ville martyr du tremblement de terre qui fit quelque 25.000 morts le 7 décembre 1988 dans le nord-ouest du pays.


Macron dénonce les frappes iraniennes «inacceptables» contre les Emirats

Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis. (AFP)
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  • "Les frappes iraniennes aujourd'hui (lundi) contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables"
  • Il a de nouveau appelé à la réouverture du détroit d'Ormuz et à des garanties de sécurité pour les pays de la région

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis, qui ont fait état lundi des premières attaques de Téhéran en plus d'un mois dans la guerre au Moyen-Orient, avec des drones et des missiles de croisière.

"Les frappes iraniennes aujourd'hui (lundi) contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables", a dénoncé M. Macron tôt mardi sur X, assurant les Emirats du soutien de la France et appelant de nouveau à la réouverture du détroit d'Ormuz et à des garanties de sécurité pour les pays de la région.

Les frappes iraniennes aujourd’hui contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables.

Comme elle l’a fait depuis le début du conflit, la France continuera de soutenir ses alliés aux Émirats et dans la région pour la défense de leur territoire.…

— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) May 4, 2026

Seine-saint-Denis: un homme fuyant un contrôle de police mortellement percuté sur l'autoroute

 Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser. (AFP)
Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser. (AFP)
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  • L'accident mortel a eu lieu en début d'après-midi sur l'A86, où l'homme a été percuté par le véhicule d'un particulier
  • L'homme avait pris la fuite après avoir refusé de se prêter à un contrôle de police, aux abords d'un restaurant, sur une artère à proximité de l'autoroute

BOBIGNY: Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser, a-t-on appris de source policière, confirmant une information du Parisien.

L'accident mortel a eu lieu en début d'après-midi sur l'A86, où l'homme a été percuté par le véhicule d'un particulier.

Il a été déclaré mort par le Samu (service d'aide médicale d'urgence) peu après 15H30. Des policiers avaient tenté de le ranimer avant l'arrivée de pompiers, selon la même source policière.

Selon cette source, l'homme avait pris la fuite après avoir refusé de se prêter à un contrôle de police, aux abords d'un restaurant, sur une artère à proximité de l'autoroute.