Aoun condamne la nouvelle attaque contre les forces de l'ONU au Liban

Des casques bleus de la Finul patrouillent près du village de Meiss el-Jabal, le long de la frontière sud du Liban avec Israël, le 26 août 2020. (Photo, AFP)
Des casques bleus de la Finul patrouillent près du village de Meiss el-Jabal, le long de la frontière sud du Liban avec Israël, le 26 août 2020. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 27 janvier 2022

Aoun condamne la nouvelle attaque contre les forces de l'ONU au Liban

  • Le Hezbollah mène des attaques contre les troupes pour montrer son rejet de l'initiative koweïtienne, affirment des analystes
  • Une source anonyme ayant des liens avec le Hezbollah rejette cette analyse et déclare à Arab News que l'attaque était due à la rupture d’un réservoir d'eau par les troupes ghanéennes

BEYROUTH: Le président libanais, Michel Aoun, a condamné «toute attaque visant la Force intérimaire des Nations unies au Liban», après que des soldats de la Finul ont été blessés lors de violences mardi.

Lors d'une réunion mercredi, Aoun a informé Joanna Wronecka, coordinatrice spéciale de l'ONU au Liban, que le gouvernement avait ouvert une enquête sur l'attaque à l'ouest du village méridional de Ramyeh. Il s'est engagé à déterminer qui était responsable.

Le porte-parole de la Finul, Andrea Tenenti, a révélé mardi soir que plusieurs soldats de la paix en patrouille de routine ont été attaqués après que leurs voitures ont été interceptées. L'incident a fait un blessé parmi les soldats.

Il a indiqué que «les assaillants ont saboté deux véhicules et volé divers objets», ajoutant que «les forces armées libanaises étaient présentes sur les lieux et ont réussi à désamorcer la situation».

Tenenti a souligné que «les Casques bleus ne se trouvaient pas dans des propriétés privées mais sur une voie publique qu'ils empruntent habituellement».

Ils faisaient leur travail, exécutant la décision n° 1701 et préservant la stabilité dans le sud du Liban, a-t-il expliqué.

Tenenti a averti dans un communiqué que «les attaques contre les hommes et les femmes qui servent la cause de la paix sont considérées comme des crimes conformément aux lois libanaises et internationales».

Il a appelé les autorités libanaises à «enquêter sur cet incident et à en poursuivre les responsables».

Les patrouilles de la Finul ont été la cible de deux autres attaques récemment. Des troupes ont été prises pour cibles dans le village frontalier de Chakra à la fin de l'année dernière et dans le village de Bint Jbeil au début de ce mois.

La zone où ces attaques ont eu lieu est considérée comme cruciale pour le Hezbollah car elle est adjacente à la frontière, où plusieurs postes militaires israéliens importants se trouvent de l'autre côté.

La dernière attaque contre la patrouille de la Finul s'est produite alors que des responsables libanais discutaient des messages transmis par le ministre koweïtien des Affaires étrangères, cheikh Ahmad Nasser al-Mohammed al-Sabah, au nom du Koweït, des pays arabes et du Golfe et de la communauté internationale, au Liban à la fin de la semaine dernière.

Le ministre a envoyé un message de «sympathie, de solidarité, de synergie et d'amour pour le peuple libanais frère», exhortant les responsables libanais à adopter une position de neutralité et à s'assurer que le pays «ne sera une plate-forme pour aucune agression, tout en s'abstenant de s’ingérer dans les affaires intérieures des pays arabes en général, et du Golfe en particulier».

Al-Sabah a réaffirmé la volonté régionale «de voir un Liban stable, sûr et fort en mettant en œuvre les résolutions internationales et arabes».

Le Koweït s'attend à recevoir une réponse par l'intermédiaire du ministre libanais des Affaires étrangères Abdallah Bou Habib, samedi prochain lors de sa visite au Koweït.

Bien que le Hezbollah n'ait pas réagi à l'initiative koweïtienne, certains observateurs politiques ont vu dans l'attaque contre la patrouille de la Finul une manifestation indirecte de l'objection du Hezbollah.

Cependant, une source qui fait la médiation entre la Finul, les villageois et le Hezbollah, a déclaré à Arab News: «L'attaque qui a eu lieu n'a rien à voir avec un quelconque message politique ou sécuritaire.»

La source a signalé: «La patrouille qui a été attaquée est affiliée à la force ghanéenne participant à la Finul.»

«Il est apparu que, au moment où la patrouille empruntait une voie publique, l’une de ses voitures a heurté, intentionnellement ou accidentellement, un réservoir d'eau appartenant à un agriculteur qui l'utilisait pour arroser ses plantes.

«La patrouille ne s'est pas arrêtée mais a continué sa route sans probablement s'apercevoir qu'elle avait heurté le réservoir. Le propriétaire de la citerne, rejoint par plusieurs villageois qui se tiennent généralement côte à côte dans le village, ont suivi la patrouille et l'ont attaquée. C'est ce qui s'est passé.»

La source, qui a requis l'anonymat, a confié que les deux attaques précédentes étaient différentes. «L'une d’elles s'est produite parce que certains soldats de la Finul prenaient des photos dans des ruelles internes, tandis que l'autre a eu lieu parce qu'ils sont entrés dans des propriétés privées, ce qui n'est pas autorisé par la décision no. 1701.»

La source a ajouté que «cette attaque ne correspond à aucune des positions du Hezbollah concernant l'initiative koweïtienne».

«Si le Hezbollah voulait s'opposer à l'initiative koweïtienne qui vise dans son fond la gestion du pays, attaquer la force ghanéenne ne sera sans aucun doute pas la meilleure réponse.»

Cette évolution a coïncidé avec l'annonce du ministre israélien de l'Énergie, Yuval Steinitz, que «les négociations frontalières avec le Liban sur la démarcation maritime sous médiation américaine, organisées par la Finul dans son siège à Naqoura, reprendront la semaine prochaine».

Le Liban attend depuis la fin de l'année dernière le retour du médiateur américain, Amos Hochstein, dans la région avec de nouvelles propositions dans le but de reprendre les pourparlers sur la démarcation des frontières maritimes entre le Liban et Israël.

Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a annoncé lors de sa visite au Liban à la fin de l'année dernière que «les Nations unies sont prêtes à parrainer ces négociations».

Entre-temps, le Liban a signé mercredi des accords pour acheter de l'électricité à la Jordanie via la Syrie afin d'aider le pays à faire face à sa crise énergétique paralysante.

L'électricité sera acheminée à travers la Syrie. Ces accords devraient apporter au Liban jusqu'à 250 MW d'électricité par jour d'ici deux mois, ce qui correspond à environ deux heures d'électricité par jour.

La Banque mondiale devrait financer ces accords, les négociations étant déjà en cours.

Le ministre libanais de l'Énergie, Walid Fayyad, a annoncé qu'il s'attendait à ce que les négociations de financement soient conclues dans les deux mois.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les ambassades américaines au Moyen-Orient ferment alors que la guerre avec l’Iran s’intensifie

Des ambassades américaines ont été fermées à travers le Golfe. (AFP)
Des ambassades américaines ont été fermées à travers le Golfe. (AFP)
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  • Des alertes de sécurité ont été émises à l’attention des citoyens américains, leur conseillant de quitter les lieux lorsque cela est possible

Alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran s’intensifie, les ambassades américaines à travers le Moyen-Orient sont passées en mode d’urgence, multipliant les alertes de sécurité, suspendant leurs services et appelant les ressortissants américains à prendre des précautions immédiates.

En Arabie saoudite, l’Ambassade des États-Unis à Riyad a fermé ses portes après que des drones iraniens ont frappé le complexe, provoquant des dégâts mineurs et un petit incendie. La mission a annulé tous les rendez-vous consulaires, qu’ils soient de routine ou d’urgence, et conseillé aux Américains à Riyad, Djeddah et Dhahran de rester confinés chez eux. Il leur a également été demandé d’éviter les abords de l’ambassade jusqu’à nouvel ordre.

Au Koweït, l’Ambassade des États-Unis à Koweït City a demandé à son personnel ainsi qu’aux citoyens américains présents dans le pays de rester à l’intérieur face à la menace persistante de missiles et de drones. L’ambassade a averti la population de ne pas s’approcher du complexe, de rester loin des fenêtres et de suivre les alertes officielles.

L’Ambassade des États-Unis à Bahreïn a également suspendu ses opérations normales. Les avis de sécurité invitent les personnes à se mettre à l’abri à l’intérieur et à faire preuve de vigilance, avertissant que des zones civiles pourraient être exposées au risque à mesure que les tensions régionales s’aggravent.

Au Qatar, qui abrite la grande base militaire américaine d’Al Udeid, l’Ambassade des États-Unis au Qatar a diffusé des consignes similaires, demandant aux Américains de rester confinés et de se préparer à d’éventuelles perturbations. L’alerte insiste sur la nécessité de demeurer dans des lieux sécurisés et de disposer de provisions essentielles.

En Jordanie, l’Ambassade des États-Unis en Jordanie a averti que des missiles, roquettes ou drones pourraient pénétrer l’espace aérien jordanien à mesure que le conflit évolue. Les citoyens américains ont été encouragés à rester vigilants et prêts à se mettre à l’abri en cas de sirènes ou d’alertes officielles.

En Israël, où les hostilités sont directement liées à la confrontation plus large avec l’Iran, l’Ambassade des États-Unis en Israël a recommandé aux Américains de revoir leurs plans de sécurité personnels. Elle a indiqué que sa capacité à faciliter les départs pourrait être limitée dans les conditions actuelles et a exhorté les citoyens à suivre attentivement les directives officielles.

Au-delà des alertes nationales, le Département d’État des États-Unis a élargi ses avis régionaux, appelant les Américains présents dans plusieurs pays du Moyen-Orient à envisager un départ en raison de la dégradation de la situation sécuritaire. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne émet un nouvel ordre d'évacuation pour des dizaines de localités au Liban

Un immeuble endommagé est visible après une frappe aérienne israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth, à Haret Hreik, au Liban. (AFP)
Un immeuble endommagé est visible après une frappe aérienne israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth, à Haret Hreik, au Liban. (AFP)
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  • L’armée israélienne a ordonné l’évacuation immédiate d’une cinquantaine de localités au Liban, invoquant des opérations contre le Hezbollah
  • Deux secteurs de la banlieue sud de Beyrouth, Ghobeiry et Haret Hreik, sont également visés par un avertissement en raison de cibles liées au Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a émis tôt mardi un nouvel ordre d'évacuation pour des dizaines de localités du Liban, dont deux lieux de la banlieue sud de Beyrouth, en raison d'opérations contre le mouvement Hezbollah.

"Les activités du Hezbollah contraignent l'IDF (l'armée israélienne) à agir avec force contre lui (...) Pour votre sécurité, vous devez évacuer immédiatement vos logements", a écrit Avichay Adraee, porte-parole de l'armée pour le public arabophone, sur X, listant une cinquantaine de villages.

Dans la banlieue sud de Beyrouth, deux zones font également l'objet d'un avertissement, Ghobeiry et Haret Hreik, selon la même source. "Vous vous situez près d'installations et d'intérêts du Hezbollah, contre lesquels l'IDF va agir dans un avenir proche", a prévenu le porte-parole.

Le gouvernement libanais a pris lundi la décision sans précédent d’interdire les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah, provoquant la colère du mouvement soutenu par l’Iran.

Le Hezbollah est représenté au sein du gouvernement et du Parlement, et cette mesure est intervenue quelques heures après qu’il a annoncé avoir lancé des roquettes et des drones vers Israël tôt lundi, en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei lors de frappes américano-israéliennes.

Israël a bombardé lundi la banlieue sud de Beyrouth ainsi que des dizaines de villages du sud du Liban en riposte, promettant de faire payer au mouvement un « lourd tribut ».

Le ministère libanais de la Santé a indiqué que les frappes ont fait au moins 31 morts et au moins 149 blessés.


L’ambassade des États-Unis à Riyad visée par des drones : ministère saoudien de la Défense

Vue générale de l’ambassade des États-Unis à Riyad. (Photo d’archive AFP)
Vue générale de l’ambassade des États-Unis à Riyad. (Photo d’archive AFP)
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  • L’ambassade a émis un avis de confinement (« shelter in place ») pour Djeddah, Riyad et Dammam

RIYAD : L’ambassade des États-Unis à Riyad a été prise pour cible par des drones, provoquant un incendie limité et des dégâts mineurs au bâtiment, a indiqué le ministère saoudien de la Défense.

L’ambassade des États-Unis à Riyad était vide au moment de l’attaque et aucune blessure n’a été signalée à ce stade.

L’ambassade a émis un avis demandant aux ressortissants de rester confinés à Djeddah, Riyad et Dammam.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com