L'envoyé américain au Yémen s'entretient à Londres pour relancer les efforts de paix

L'envoyé américain au Yémen, Tim Lenderking, rencontre le ministre britannique du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, James Cleverly, à Londres. (Photo, Twitter/@JamesCleverly)
L'envoyé américain au Yémen, Tim Lenderking, rencontre le ministre britannique du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, James Cleverly, à Londres. (Photo, Twitter/@JamesCleverly)
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Publié le Vendredi 28 janvier 2022

L'envoyé américain au Yémen s'entretient à Londres pour relancer les efforts de paix

  • Les pourparlers ont porté sur le besoin urgent de désescalade et sur la stabilité économique et la crise humanitaire au Yémen
  • Les États-Unis envisagent qu’ils doivent pleinement tenir compte des implications humanitaires de la désignation des Houthis comme entité terroriste

LONDRES: L’envoyé américain au Yémen, Tim Lenderking, s’est entretenu à Londres avec de hauts responsables du Royaume-Uni et du Golfe, dans le cadre de sa première tournée de 2022 visant à redynamiser les efforts de paix en coordination avec l’ONU.

Lors des entretiens avec le ministre britannique du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, James Cleverly, les deux responsables ont souligné qu'ils étaient «déterminés à travailler ensemble pour faire avancer une résolution durable du conflit au Yémen, aider à stabiliser l'économie et soutenir des mesures urgentes afin d’atténuer la crise humanitaire».

L'émissaire américain a également participé à une réunion du Quint organisée par le Royaume-Uni dans le but de discuter de la situation au Yémen avec de hauts représentants d'Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, d'Oman et de Grande-Bretagne, ainsi qu'avec l'envoyé spécial de l'ONU, Hans Grundberg.

Lenderking s’est rendu à Riyad, aux Émirats arabes unis et à Oman la semaine dernière, où il s'est concentré sur le besoin urgent d’une désescalade et de la protection de tous les civils, sur la nécessité d’amener les parties à soutenir un processus de paix inclusif dirigé par l'ONU et sur la nécessité de faire davantage pour assurer la stabilité économique, l'accès à l'aide humanitaire et les pénuries de carburant, a déclaré un porte-parole du département d'État à Arab News.

Sa visite intervient alors que la milice Houthi soutenue par l'Iran a intensifié ses attaques transfrontalières contre des zones peuplées d'Arabie saoudite et a tenté de frapper la capitale des Émirats arabes unis à deux reprises au cours des deux dernières semaines. Les Houthis ont également poursuivi leur offensive brutale sur la province yéménite de Marib, qui a servi de refuge à des millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays qui fuient les combats depuis le début du conflit en 2014.

Les États-Unis se sont engagés à plusieurs reprises à continuer de travailler avec leurs partenaires dans la région, notamment l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, pour les aider à se défendre contre ces déplorables attaques des Houthis, a signalé le département d'État.

Cependant, l'augmentation des appels des alliés régionaux fait pression sur l'administration du président américain, Joe Biden, pour qu'elle réinscrive les Houthis sur la liste des organisations terroristes, un an après avoir annulé une décision de dernière minute de l'ancien président Donald Trump de désigner la milice comme organisation terroriste.

«Nous continuerons à travailler avec nos alliés et partenaires dans la région, surtout pour promouvoir la responsabilité des Houthis, des dirigeants houthis qui sont à l'origine de ces attaques terroristes», a affirmé le département d'État.

Il a ajouté que la reclassification des Houthis en tant qu’«organisation terroriste internationale» est «en cours d'examen» et que Washington devraient prendre des mesures supplémentaires, notamment des sanctions, pour tenir les leaders houthis responsables.

Mais lorsque interrogé par Arab News sur la possibilité que l'administration Biden introduise la milice dans la liste des organisations terroristes, il a répondu: «Les États-Unis restent déterminés à améliorer la situation humanitaire au Yémen et devraient examiner pleinement les implications humanitaires.»

Le porte-parole du département d'État, Ned Price, avait aussi déclaré qu'il n'allait pas relâcher leurs efforts pour désigner les dirigeants et entités houthis impliqués dans des offensives militaires qui menacent les civils et la stabilité régionale et perpétuent le conflit, qui sont responsables de certaines des violations des droits de l'homme ou du droit humanitaire international.

«Lorsque vous parlez de la crise humanitaire, il y a un acteur qui est principalement responsable de la souffrance du peuple yéménite, de la souffrance généralisée du peuple yéménite. Et ce sont les Houthis», a expliqué Price aux journalistes lors d'un point de presse.

Il a ajouté qu'ils vont utiliser tous les outils appropriés pour demander des comptes aux Houthis.

Le département d'État a réitéré la condamnation américaine des attaques houthies contre l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis et a souligné qu'il restait déterminé à résoudre le conflit yéménite.

«Aider à faire avancer une résolution durable qui mette fin au conflit au Yémen, améliore la vie des Yéménites et crée un espace permettant aux Yéménites de déterminer collectivement leur propre avenir reste une priorité absolue de la politique étrangère américaine», a-t-il soutenu.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre libanais de la Défense reçoit l'ambassadeur saoudien à Beyrouth

Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
  • L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth
  • Les parties ont discuté des développements récents et des moyens de renforcer les relations bilatérales

BEYROUTH : L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth.

Les deux parties ont évoqué les derniers développements et les moyens de renforcer les relations bilatérales, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Par ailleurs, le prince Saud bin Naif bin Abdulaziz, gouverneur de la Province de l’Est, a reçu lundi à Dammam l’ambassadeur du Kenya auprès du Royaume, Joseph Masila. Ils ont eu des entretiens cordiaux et ont abordé des questions d’intérêt commun.


L'ex-ministre égyptien Nabil Fahmy officiellement nommé à la tête de la Ligue arabe

La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
  • L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014
  • Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats)

LE CAIRE: La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne, lors d'une réunion à Amman en Jordanie des ministres des Affaires étrangères de l'organisation, a-t-elle indiqué lundi dans un communiqué.

Nabil Fahmy, qui avait été nommé secrétaire général à l'unanimité en mars, prendra ses fonctions début juillet et pour cinq ans.

L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014. Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats).

La Ligue arabe, qui compte 22 membres n'a eu qu'un seul secrétaire général non égyptien depuis sa création: le Tunisien Chedli Klibi dans les années 1980, après que l'Egypte a été suspendue de l'organisation pour avoir signé un traité de paix avec Israël.

Fondée en 1945, la Ligue arabe est la principale organisation régionale dédiée à la concertation politique au sein du monde arabe.


Guerre Israël-Hezbollah: JD Vance discute avec le président libanais d'une cellule de prévention

Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
  • L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin"
  • De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a reçu un appel du vice-président américain JD Vance portant notamment sur la création d'une cellule préventive visant à mettre fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, a indiqué son bureau lundi.

Au terme d'une première séance de négociations en Suisse, Washington et Téhéran se sont entendus sur la mise en place d'une "cellule de gestion des conflits", selon les médiateurs pakistanais et qatari.

M. Aoun a reçu à ce sujet "un appel téléphonique du vice‑président américain JD Vance, du principal conseiller du président américain Jared Kushner et du Premier ministre qatari, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani", a précisé la présidence libanaise.

L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin", selon la même source.

Cette cellule constituera "le premier test réel", a commenté le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur".

"Nous pensons (...) que nous pouvons parvenir à une situation dans laquelle la souveraineté et l'intégrité territoriale du Liban est protégée, comme la sécurité d'Israël", a ajouté le vice-président américain à l'issue des pourparlers en Suisse.

"Cela va nécessiter une certaine coordination avec les forces armées libanaises, et aussi que les Iraniens maîtrisent le Hezbollah", a-t-il avancé.

Des affrontements meurtriers entre Israël et le Hezbollah ont eu lieu vendredi et samedi au Liban, faisant vaciller le protocole d'accord irano-américain qui prévoit la fin des hostilités sur tous les fronts.

"Nous négocions pour nous-mêmes" 

Le Liban connaît désormais une accalmie, confirmée lundi par le porte-parole du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. Dimanche "a été le premier jour depuis la reprise des hostilités le 2 mars au Liban" où les Casques Bleus "n'ont pas détecté des tirs ou des interceptions", a affirmé Stéphane Dujarric, selon qui ce calme "s'est poursuivi ce (lundi) matin".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a toutefois prévenu lundi que les soldats déployés dans le sud du Liban "disposent d'une liberté d'action totale pour neutraliser toute menace directe ou potentielle à leur encontre ou à l'encontre des habitants du nord" d'Israël.

"L'armée israélienne ne fait l'objet d'aucune restriction sur cette question", a ajouté M. Netanyahu, selon un communiqué de son bureau.

L'entente pour créer une cellule de crise, qui n'inclut pas Israël, intervient à la veille de nouvelles discussions directes à Washington entre le Liban et Israël, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Il s'agira de la cinquième session depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël le 2 mars.

Le mouvement chiite a attaqué Israël pour venger la mort le 28 février du guide suprême iranien Ali Khamenei, dans l'offensive américano-israélienne. Les frappes israéliennes de représailles ont fait plus de 4.000 morts.

Une trêve, théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, n'a jamais été respectée.

"Nous négocions pour nous-mêmes, et n'acceptons pas qu'une autre partie négocie pour nous", a insisté Joseph Aoun lundi.

"Nous accueillons toute aide venant de tout pays pour mettre fin à la guerre (...) mais il y a une grande différence entre oeuvrer à nous aider et s'ingérer dans nos affaires internes", a-t-il rappelé, dans une allusion à l'Iran, qui a longtemps exercé une forte influence au Liban à travers le Hezbollah.

Beyrouth, qui s'est employé au cours des derniers mois à dissocier les dossiers libanais et iranien, pousse en faveur de la réussite des pourparlers de Washington, auxquels s'oppose le Hezbollah, afin de mettre fin à la guerre et de déterminer l'avenir des relations entre les deux pays.