La photo de coraux géants d'Alexis Rosenfeld: l'espoir venu des fonds

A l'image, les roses ressortent bleues, car "le rouge est absorbé par la couche d'eau". Depuis sa publication, le 20 janvier, son cliché de ce champ corallien a fait le tour du monde, jusqu'à la Une du Washington Post. (AFP/ALEXIS ROSENFELD).
A l'image, les roses ressortent bleues, car "le rouge est absorbé par la couche d'eau". Depuis sa publication, le 20 janvier, son cliché de ce champ corallien a fait le tour du monde, jusqu'à la Une du Washington Post. (AFP/ALEXIS ROSENFELD).
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Publié le Vendredi 28 janvier 2022

La photo de coraux géants d'Alexis Rosenfeld: l'espoir venu des fonds

  • A l'image, les roses ressortent bleues, car "le rouge est absorbé par la couche d'eau". Depuis sa publication, le 20 janvier, son cliché de ce champ corallien a fait le tour du monde, jusqu'à la Une du Washington Post.
  • "Les fonds marins sont la partie la plus inexplorée de notre planète: on en a cartographié 20%, on connaît très peu d'espèce, il y a tout à faire", rappelle le photographe-plongeur

MARSEILLE: "C'est d'une tendresse incroyable !": photographe, plongeur et explorateur, Alexis Rosenfeld ressent encore cette émotion face à la "vallée aux mille roses", ces coraux géants porteurs d'espoir découverts tout récemment, à plus de 30 mètres de fond, au large de Tahiti.


"Ce type de coraux, à cet endroit-là, c'était connu probablement depuis des générations par certains Polynésiens", raconte-t-il à l'AFP. Mais son équipe, comme les scientifiques du CRIOBE, laboratoire français pour l'étude des écosystèmes coralliens, n'imaginaient pas une telle immensité quand ils sont tombés sur ce trésor, en novembre.


Equipés de recycleurs, ces "petites usines" qui permettent aux plongeurs de rester jusqu'à cinq heures sous l'eau, Alexis Rosenfeld et ses partenaires venaient d'entamer une "descente délicate dans le bleu".


"Vers 20 mètres, on commence à percevoir un détail, le fond qui se dessine, le champ de +roses+ qui se cisèle doucement, une dentelle fine apparaît et tapisse le fond de la mer, à perte de vue. La vallée aux milles roses. C'est d'une tendresse incroyable", revit-il, deux mois plus tard, auprès de l'AFP, depuis son bureau, dans le lycée des Calanques à Marseille. 


A l'image, les roses ressortent bleues, car "le rouge est absorbé par la couche d'eau". Depuis sa publication, le 20 janvier, son cliché de ce champ corallien a fait le tour du monde, jusqu'à la Une du Washington Post. 

corail
Equipé de sa combinaison siglée Unesco, il pense déjà aux images qu'il pourra saisir sur l'atoll d'Aldabra aux Seychelles, le plus grand refuge de tortues terrestres géantes, préservé de l'influence humaine et classé au patrimoine mondial de l'Unesco. (AFP).


Ce récif, long de trois kilomètres et large de 30 à 65 mètres, se situe entre 30 et 65 mètres de fond. Et il ne présente aucun signe de stress ou de maladie, quand des coraux situés plus près de la surface, en Polynésie française, souffrent du réchauffement climatique et ont connu un épisode de blanchiment en 2019. "Une découverte hors du commun", a estimé l'Unesco.


Pour Laëtitia Hedouin, biologiste marine au CNRS et au CRIOBE, cette découverte est "une bonne nouvelle", qui laisse à penser que "les récifs plus profonds sont peut-être mieux protégés du réchauffement climatique". 


Car la préservation des coraux est un enjeu capital: niches écologiques, ils abritent au moins un quart de la biodiversité marine. Les récifs sont aussi de puissants outils de lutte contre l'érosion des côtes.


Après une vingtaine de jours de plongée sur ce site, en novembre, Alexis Rosenfeld et son équipe vont poursuivre l'exploration plus profond, où ils ont déjà aperçu des champs de gorgones, aussi appelés +coraux écorce+. 

80% des fonds marins inexplorés

"Les fonds marins sont la partie la plus inexplorée de notre planète: on en a cartographié 20%, on connaît très peu d'espèce, il y a tout à faire", rappelle le photographe-plongeur.


C'est d'ailleurs tout le sens de la décennie (2021-2030) des Nations Unies pour les sciences océaniques au service du développement durable, qui vise à "investir massivement dans l'océanographie". Dans ce dispositif, Alexis Rosenfeld joue le rôle de "témoin" via sa campagne "1Océan". 


D'ici 2030, il devra notamment produire 1.000 photographies des profondeurs et les diffuser auprès du grand public, par exemple via des expositions monumentales dans des gares en France.


Equipé de sa combinaison siglée Unesco, il pense déjà aux images qu'il pourra saisir sur l'atoll d'Aldabra aux Seychelles, le plus grand refuge de tortues terrestres géantes, préservé de l'influence humaine et classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Ou sur les récifs d'Entrecasteaux, en Nouvelle Calédonie, "probablement l'une des régions les plus vierges du monde". 


Avec une ambition: "bâtir des consciences" pour la protection des océans.


"Ca passe par le beau, mais je pense que les alertes de (la militante écologiste) Camille Etienne, les actions d'Hugo Clément (NDLR: journaliste et militant écologiste) , les messages du WWF ou les actions de Greenpeace sont également essentielles, c'est un vrai écosystème qui est en marche pour la planète de demain", veut-il croire.


Mais il voit aussi le moins beau: "Il n'y a pas si longtemps on était à Marseille, dans les calanques, pour montrer l'aspect absolument dégueulasse" des déchets.


Malgré les menaces de Téhéran, les discussions continuent "à un rythme rapide" selon Trump

Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
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  • Les pourparlers États-Unis–Iran sont fragiles, entre annonces d’accords et suspension du dialogue.
  • Malgré les discussions, les frappes et menaces d’escalade régionale se poursuivent, alimentant l’instabilité

TEHERAN: Donald Trump a assuré lundi que les négociations avec Téhéran pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient se poursuivaient "à un rythme rapide" et qu'une détente se profilait au Liban, comme exigé par la partie iranienne.

Un peu plus tôt, l'agence de presse iranienne Tasnim avait affirmé que les négociateurs du pays avaient "suspendu" le dialogue indirect avec Washington à cause des "crimes" qu'Israël "continue à commettre", sans que cette information ne soit confirmée de source officielle iranienne.

"Les Etats-Unis sont directement responsables d'une violation du cessez-le-feu contre l'Iran, et d'une violation du cessez-le-feu par le régime israélien contre le Liban", a estimé le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont estimé que "les lignes rouges franchies" à Gaza et au Liban équivalaient "à une guerre directe", en référence aux frappes quasi quotidiennes d'Israël dans le territoire palestinien et à son offensive dans le pays voisin.

"En réponse", l'Iran "est déterminé à mener des opérations défensives" et à "ouvrir de nouveaux fronts", ont averti les Gardiens.

Mais Donald Trump a annoncé avoir obtenu auprès du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, l'engagement de ne pas envoyer de troupes à Beyrouth, et auprès du Hezbollah pro-iranien celui de "cesser totalement le feu".

"Israël ne les attaquera pas et ils n'attaqueront pas Israël", a-t-il écrit.

Peu après, l'ambassade du Liban aux Etats-Unis a confirmé que le Hezbollah avait accepté une proposition américaine de "cessation mutuelle des attaques" avec Israël.

- Le pétrole fébrile -

Les négociations indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran, pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque conjointe israélo-américaine, patinent depuis des semaines.

D'autant que Téhéran a redit lundi que le nucléaire iranien ne faisait pas partie "à ce stade" des discussions, contrairement aux attentes de Donald Trump, qui a affirmé dimanche soir qu'un protocole d'accord devrait stipuler "très clairement que l'Iran n'aura(it) pas d'arme nucléaire".

Autre dossier clé des discussions, la navigation maritime. Selon Tasnim, l'Iran compte continuer à verrouiller le détroit d'Ormuz, et envisage de perturber le trafic dans celui de Bab el-Mandeb, de l'autre côté de la péninsule arabique - ce qui bloquerait l'accès au canal de Suez via la mer Rouge et contraindrait les navires à d'énormes détours.

Un navire a été touché par un projectile dans le Golfe qui a déclenché une forte explosion, a indiqué sans plus de détails l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Dans ce contexte, le cours du Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole brut, est brutalement reparti à la hausse (jusqu'à environ +7%) avant de ralentir quelque peu et de terminer la séance en hausse de 4,24% à 94,98 dollars.

- Washington défend des frappes "défensives" -

L'Iran avait plus tôt dans la journée accusé les Etats-Unis de violer à nouveau le fragile cessez-le-feu conclu le 8 avril, après des frappes américaines ce week-end suivies de représailles militaires iraniennes.

L'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Les Gardiens iraniens avaient dit avoir riposté en attaquant une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire, sans nommer le pays visé - mais le Koweït a intercepté des missiles et drones "hostiles" et les a attribués à l'Iran.

La guerre a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranle l'économie mondiale.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".