Vietnam: dernier adieu au moine Thich Nhat Hanh, grande figure du bouddhisme

Des moines bouddhistes prient pendant la procession vers un lieu de crémation pour le moine vietnamien Thich Nhat Hanh à la pagode Tu Hieu dans la province de Hue le 29 janvier 2022.(AFP)
Des moines bouddhistes prient pendant la procession vers un lieu de crémation pour le moine vietnamien Thich Nhat Hanh à la pagode Tu Hieu dans la province de Hue le 29 janvier 2022.(AFP)
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Publié le Samedi 29 janvier 2022

Vietnam: dernier adieu au moine Thich Nhat Hanh, grande figure du bouddhisme

  • Le maître zen, une des figures les plus connues du bouddhisme avec le Dalaï Lama et inlassable militant pour la paix, est décédé la semaine dernière au temple Tu Hieu de la ville de Hue
  • La foule a récité des prières mais contrairement à l'usage lors des funérailles vietnamiennes ordinaires, il n'y a pas eu de discours

HUE, VIETNAM : Des dizaines de milliers de fidèles ont dit un dernier adieu samedi à Hue, dans le centre du Vietnam, à l'un des moines bouddhistes les plus influents au monde, Thich Nhat Hanh, considéré comme le père du concept de "pleine conscience", deux jours avant la cérémonie de crémation.

Le maître zen, une des figures les plus connues du bouddhisme avec le Dalaï Lama et inlassable militant pour la paix, est décédé la semaine dernière au temple Tu Hieu de la ville de Hue, berceau du bouddhisme vietnamien, à l'âge de 95 ans.

Son corps a été amené samedi matin sur un site de crémation à ciel ouvert. Des dizaines de milliers de personnes, dont des moines bouddhistes en robes jaunes et brunes et des fidèles vêtus de gris, l'ont accompagné.

La foule a récité des prières mais contrairement à l'usage lors des funérailles vietnamiennes ordinaires, il n'y a pas eu de discours.

"Nous devons faire nos adieux à notre maître. Il joue un grand rôle dans notre famille, il nous aide à traverser les moments les plus difficiles", a expliqué Do Quan, venu de Hanoï avec son épouse et son fils pour l'occasion.

Celui qui avait fait connaître en Occident le concept de "pleine conscience" est l'auteur d'une centaine de livres sur ce thème, et il organisait des retraites dans le monde entier.

Né en 1926 et ordonné à l'âge de 16 ans, il a fondé une école pour apprendre à de jeunes volontaires comment construire des cliniques et des infrastructures dans des villages ravagés par la guerre.

Au début des années 1970, le moine est parti pour les Etats-Unis, où il a enseigné dans les prestigieuses universités de Columbia et de Princeton.

Après un voyage en 1966 pour rencontrer le leader de la lutte pour les droits civiques Martin Luther King, qui s'est joint à ses appels à mettre fin à la guerre du Vietnam, il n'a pas été autorisé à rentrer dans son pays.

Thich Nhat Hanh a alors été contraint de vivre pendant près de 40 ans en exil en France.

« Vous me portez vers l'avenir »

En 1967, Martin Luther King avait proposé son nom pour le Prix Nobel de la Paix, soutenant dans une lettre adressée au comité que "ce doux moine bouddhiste" était "un érudit aux immenses capacités intellectuelles".

Les autorités vietnamiennes avaient finalement autorisé son retour en 2018, mais des policiers en civil étaient postés devant le temple où il officiait, pour surveiller ses activités.

"Je ne comprends pas pourquoi, même maintenant, l'État vietnamien n'a pas envoyé de hauts dirigeants pour rendre hommage à ce grand homme", a regretté Nam, originaire de Ho Chi Minh, qui n'a pas souhaité donner son nom complet.

"Il méritait beaucoup plus. Mais je pense qu'il n'avait pas besoin de la présence des autorités. Il était parmi le peuple, c'était le plus important".

Des centaines de voitures et de motos, dont beaucoup décorées de fleurs, ont escorté le cercueil du moine jusqu'au lieu de crémation. Le corps sera incinéré dans deux jours. 

Quand le cercueil a été déposé dans dans la chambre de crémation, un moine bouddhiste a pris la parole pour rappeler combien Thich Nhat Hanh était un professeur aimé et respecté, avant lire un dernier message du maître zen. 

"Vous prenez ma relève et, d'une manière ou d'une autre, vous me portez vers l'avenir", a lu le moine. 

"Nous, maître et élève, continuerons à gravir la colline du siècle, offrant notre amour et notre compréhension, notre liberté et notre solidité au monde d'aujourd'hui et de toujours".

Le maître a souhaité que ses cendres soient réparties entre le temple Tu Hieu, les différents lieux de son organisation d'enseignement zen à travers la planète ainsi qu'au village des Pruniers, dans le sud-ouest de la France.

A l'annonce de son décès, des hommages ont afflué du monde entier, notamment du Dalaï Lama, de stars de Hollywood et de hauts dirigeants.

Le long des rues de Hue, les habitants se sont agenouillés pour prier.

"Je n'ai jamais assisté à des funérailles aussi importantes, avec autant de monde.... Je pense pas qu'il n'y aura personne, dans un proche avenir, qui méritera une telle attention", a souligné Vu Van Hiep, un habitant de la ville.

 


Iran: Trump maintient que le cessez-le-feu est en vigueur malgré des échanges de frappes

Ces tirs échangés fragilisent la trêve en place depuis le 8 avril, soit près d'un mois, au moment où Washington attend toujours une réponse de Téhéran à sa dernière proposition pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
Ces tirs échangés fragilisent la trêve en place depuis le 8 avril, soit près d'un mois, au moment où Washington attend toujours une réponse de Téhéran à sa dernière proposition pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
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  • Les Etats-Unis ont dit avoir "ciblé des installations militaires iraniennes" jeudi après que plusieurs de leurs navires ont été attaqués dans le détroit d'Ormuz
  • "Ils ont joué avec nous aujourd'hui. Nous les avons balayés. Ils ont joué. J'appelle ça une broutille", a déclaré le président américain à des journalistes, ajoutant que, selon lui le cessez-le-feu était toujours en vigueur

WASHINGTON: Donald Trump a maintenu jeudi que le cessez-le-feu tenait toujours, alors que Téhéran accuse Washington de l'avoir violé et que les hostilités reprennent dans le Golfe.

Les Etats-Unis ont dit avoir "ciblé des installations militaires iraniennes" jeudi après que plusieurs de leurs navires ont été attaqués dans le détroit d'Ormuz.

"Ils ont joué avec nous aujourd'hui. Nous les avons balayés. Ils ont joué. J'appelle ça une broutille", a déclaré le président américain à des journalistes, ajoutant que, selon lui le cessez-le-feu était toujours en vigueur.

Ces tirs échangés fragilisent la trêve en place depuis le 8 avril, soit près d'un mois, au moment où Washington attend toujours une réponse de Téhéran à sa dernière proposition pour mettre fin durablement à la guerre.

Et vendredi matin, la défense aérienne des Emirats arabes unis est en action face à des drones et missiles tirés, selon leur ministère de la Défense, depuis l'Iran.

Téhéran n'a pas réagi dans l'immédiat à cette information. Il avait démenti "catégoriquement" plus tôt cette semaine tout rôle dans des attaques ces derniers jours rapportées par le pays du Golfe.

Donald Trump a appelé l'Iran à signer un accord "RAPIDEMENT" dans un message posté sur sa plateforme Truth Social, sous peine d'être frappé "bien plus violemment à l'avenir".

"Les forces américaines ont intercepté des attaques iraniennes non provoquées et riposté avec des frappes défensives" après que trois de leurs destroyers lance-missiles ont été attaqués en traversant le détroit d'Ormuz vers le golfe d'Oman par des "missiles, drones et petits bateaux" iraniens, a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient sur X.

Elles ont "neutralisé les menaces et ciblé les installations militaires iraniennes responsables des attaques contre les forces américaines, dont des sites de lancement de missiles et de drones, des centres de commandement et de contrôle, et des bases de renseignement, de surveillance et de reconnaissance", a-t-il ajouté.

"Aucun navire américain n'a été touché", a précisé l'armée américaine.

"Cessez-le-feu durable" 

Le commandement militaire iranien a accusé Washington d'avoir violé le cessez-le-feu en prenant pour "cible un pétrolier iranien quittant les côtes iraniennes, ainsi qu'un autre bateau", dans un communiqué cité par la télévision d'Etat.

Il a ajouté avoir "immédiatement riposté en attaquant des navires militaires américains, leur infligeant des dommages importants".

La télévision iranienne avait rapporté un peu plus tôt des explosions entendues dans un port de l'île de Qeshm, située dans le détroit d'Ormuz.

Téhéran verrouille ce passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures depuis le début de la guerre le 28 février, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

"Je crois fermement que ce cessez-le-feu deviendra un cessez-le-feu durable", a déclaré jeudi dans un discours télévisé le Premier ministre du Pakistan, Shehbaz Sharif, dont le pays œuvre comme médiateur et est "resté en contact permanent avec l'Iran et les Etats-Unis, jour et nuit".

En l'absence de percée dans les tractations, les cours du pétrole ont modérément baissé jeudi et remontent légèrement vendredi matin. Le baril de Brent, la référence mondiale, s'échangeait au-dessus de 101 dollars vers 03H20 GMT.

Donald Trump avait jugé mercredi "très possible" un accord de paix avec la République islamique en évoquant de "très bonnes discussions dans les dernières 24 heures", même s'il avait de nouveau agité en parallèle la menace d'une reprise des bombardements.

Négociations 

Mardi, le président américain avait annoncé, compte tenu des "grands progrès accomplis en vue d'un accord", la suspension de l'opération américaine lancée seulement la veille pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz.

Si l'Iran a estimé que les Etats-Unis cherchaient à forcer sa "reddition", il s'est gardé de claquer la porte, le porte-parole de sa diplomatie, Esmaïl Baghaï, affirmant mercredi que son pays "examinait toujours le plan et la proposition américaine" et "communiquera(it) sa position à la partie pakistanaise, une fois arrêtée".

Jusque-là, la seule session de négociations, qui s'est tenue il y a bientôt un mois à Islamabad, n'a pas abouti.

Dans le stratégique détroit d'Ormuz, quelque 1.500 navires et environ 20.000 membres d'équipage restent "piégés", selon le secrétaire général de l'Organisation maritime internationale (OMI), une agence de l'ONU.

Washington maintient de son côté son blocus des ports iraniens lancé le 13 avril.

Rencontre Israël-Liban 

Sur le front libanais du conflit, de nouvelles discussions entre Israël et le Liban vont se tenir à Washington les 14 et 15 mai, en dépit d'un cessez-le-feu fragilisé par la poursuite des hostilités entre le Hezbollah et l'armée israélienne, a indiqué jeudi la diplomatie américaine.

Deux premières séances de négociations directes dans la capitale américaine entre ambassadeurs israélien et libanais avaient eu lieu les 14 et 23 avril.

Les deux pays sont officiellement en état de guerre depuis 1948 et les sessions d'avril étaient les premières du genre en 33 ans.

Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre éventuelle avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Malgré la trêve, des combats se poursuivent au Liban. Des frappes israéliennes ont fait au moins 12 morts, dont deux enfants, jeudi dans le sud du pays, selon le ministère de la Santé.

Le mouvement pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en soutien à Téhéran, revendique lui des attaques contre les forces israéliennes qui occupent des zones du sud du pays.


Arrivée en Australie de proches de jihadistes du groupe EI en Syrie

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
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  • Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie
  • Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC

MELBOURNE: Un avion de Qatar Airways transportant des ressortissants australiens, des femmes et des enfants liés à des jihadistes présumés du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, est arrivé jeudi à Melbourne, a constaté un journaliste de l'AFP à l'aéroport.

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie.

Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC.

 


L'armée américaine dit avoir «neutralisé» un pétrolier ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens

Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
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  • Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti
  • Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mercredi avoir tiré sur un pétrolier battant pavillon iranien ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens imposé par Washington pour en "neutraliser le gouvernail".

"Les forces américaines opérant dans le Golfe ont fait respecter les mesures de blocus en neutralisant un pétrolier battant pavillon iranien sans cargaison qui tentait de naviguer vers un port iranien mercredi, à 9H00 heure de Washington", écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

"Après que l'équipage du Hasna n'a pas obtempéré aux avertissements répétés, les forces américaines ont neutralisé le gouvernail du pétrolier en tirant plusieurs salves" depuis un avion lancé depuis le porte-avions Abraham Lincoln, déployé dans la région, a-t-il ajouté, précisant que "le Hasna ne fait plus route vers l'Iran".

Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti.

Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau.

Si le blocus des ports iraniens se poursuit, Donald Trump a annoncé mardi la suspension de l'opération américaine "Projet Liberté", lancée juste 48 heures plus tôt pour permettre à des centaines de navires coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz, "compte tenu des grands progrès accomplis en vue d'un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens".

Mais le président américain a augmenté la pression sur l'Iran mercredi en menaçant de bombarder le pays avec une "intensité bien plus forte qu'avant" si ses dirigeants ne concluaient pas d'accord avec Washington.