Open d'Australie: le vingt-et-unième titre historique de Nadal

L'Espagnol Rafael Nadal s'exprime lors d'une conférence de presse après sa victoire lors de la finale du simple messieurs contre le Russe Daniil Medvedev lors de la quatorzième journée du tournoi de tennis de l'Open d'Australie à Melbourne, le 30 janvier 2022. (AFP)
L'Espagnol Rafael Nadal s'exprime lors d'une conférence de presse après sa victoire lors de la finale du simple messieurs contre le Russe Daniil Medvedev lors de la quatorzième journée du tournoi de tennis de l'Open d'Australie à Melbourne, le 30 janvier 2022. (AFP)
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Publié le Dimanche 30 janvier 2022

Open d'Australie: le vingt-et-unième titre historique de Nadal

  • Rafael Nadal, roi de la terre battue a remporté 13 de ses 21 titres du Grand Chelem à Roland-Garros
  • Ses adversaires voient en lui « l'un des plus grands combattants de l'histoire du tennis »

MELBOURNE : En 21 ans de carrière, ponctués de 21 titres du Grand Chelem, dont 13 à Roland-Garros, Rafael Nadal est devenu le "roi de la terre battue" pour ses adversaires, qui voient également en lui "l'un des plus grands combattants de l'histoire du tennis". Florilège.

"Je vais rejouer contre l'un des plus grands joueurs et de nouveau contre un joueur qui va tenter de décrocher son 21e titre du Grand Chelem".

Daniil Medvedev après sa victoire en demi-finale de l'Open d'Australie 2022, synonyme de finale contre Rafael Nadal.

"Tu as montré pourquoi tu es le roi de la terre battue, je l'ai ressenti au plus profond de moi"

Novak Djokovic après sa défaite en finale de Roland-Garros 2020 contre l'Espagnol, vainqueur ce jour-là pour la 13e fois sur la terre battue parisienne.

"Je m'en souviendrai toute ma vie. Ma première finale de Grand Chelem, contre l'un des plus grands joueurs de l'histoire, l'un des plus grands combattants de l'histoire du tennis, je ne l'oublierai jamais, même si j'en joue plein d'autres." 

Daniil Medvedev après sa défaite en finale de l'US Open 2019 contre Nadal

 "Jouer sur le court du Rod Laver Arena en demi-finale contre lui c'est un rêve de gosse" 

Matteo Berrettini avant sa demi-finale de l'Open d'Australie 2022 contre l'Espagnol.  "C'est certainement le meilleur match auquel j'ai participé à Roland-Garros, et dans le Top 3 de tous les matchs de ma carrière (...) Affronter Nadal sur terre battue, sur ce court où il a connu tellement de succès, c'est le plus grand défi qui peut exister." 

Novak Djokovic après sa victoire sur Nadal en demi-finale de Roland-Garros 2021.

"Rafa et Roger (Federer) sont des légendes. Ce sont les deux plus grands joueurs que j'ai affrontés et c'est grâce à eux que je suis là." 

Novak Djokovic après sa victoire en finale de Wimbledon 2021.

"C'est le plus grand combattant que ce sport ait connu. C'est fou ce qu'il fait, je l'admire pour son comportement sur le court, son attitude est... proche de la perfection"

Matteo Berrettini après sa défaite en demi-finale de l'US Open 2019 contre l'Espagnol.

"C'est assurément un des meilleurs joueurs de tous les temps, aujourd'hui j'ai vu pourquoi"

 

 

Open d'Australie: des matchs qui ont forgé la légende de Nadal

Rafael Nadal, roi de la terre battue a remporté 13 de ses 21 titres du Grand Chelem à Roland-Garros, mais il a livré des combats épiques sur toutes les surfaces. En voici quelques exemples:

Roland-Garros 2005: demi-finale gagnée contre Federer

En route pour le premier Majeur. Federer visait un cinquième titre du Grand Chelem, le premier à Paris. Mais ce jour-là, le jeune Espagnol qui avait enchaîné trois titres sur terre battue les semaines précédentes s'est fait un nom. Nadal a battu le Suisse 6-3, 4-6, 6-4, 6-3, et s'est qualifié pour sa première finale majeure. Deux jours plus tard le Majorquin décrochait le premier de ses 21 titres en Grand Chelem.

Wimbledon 2007: finale perdue contre Federer

Le tournant. Federer s'impose 7-6, 4-6, 7-6, 2-6, 6-2 pour son 5e titre consécutif à Wimbledon, mais à la suite de ce match, on se dit que Nadal est bien plus proche de battre Federer dans son jardin londonien que le Suisse de battre l'Espagnol sur la terre battue parisienne.

Roland-Garros 2008: finale remportée contre Federer

Fessée. C'est la sévérité du score qui rend ce match incroyable: Nadal a joué quasiment à la perfection pour humilier le N.1 mondial 6-1, 6-3, 6-0.

Wimbledon 2008: finale gagnée contre Federer

La victoire au crépuscule. La rivalité entre les deux hommes est déjà bien établie et l'Espagnol a failli faire chuter le Suisse en son royaume l'année précédente. Cette fois, après 4h48 d'une partie interrompue plusieurs fois par la pluie et alors que la nuit tombait, Nadal a remporté la balle de match à 21h16 sur le score de 6-4, 6-4, 6-7, 6-7, 9-7, mettant un terme à une série de cinq titres d'affilée de Federer à Wimbledon. Cette rencontre est la plus célèbre de l'histoire du tennis avec le Borg-McEnroe de 1980, au même endroit.

Open d'Australie 2009: finale gagnée contre Federer

Infatigable. Nadal remporte son premier titre à Melbourne en battant Federer 7-5, 3-6, 7-6(3), 3-6, 6-2 et près de 4h30 de tennis de très haut niveau. En demies, il avait déjà bataillé 5h14 pour écarter Fernando Verdasco. Vaincu, Federer n'a pu retenir ses larmes pendant la cérémonie de remise des trophées.

US Open 2010: finale gagnée contre Djokovic

Le Majeur manquant. En 2010, l'US Open était le dernier qui manquait au palmarès de Nadal. Malgré la confiance accumulée grâce à sa victoire contre Roger Federer en demies, le Serbe n'a pu arrêter l'Espagnol. Nadal s'est imposé 6-4, 5-7, 6-4, 6-2.

Open d'Australie 2012: finale perdue contre Djokovic

La plus longue. Novak Djokovic s'est imposé 5-7, 6-4, 6-2, 6-7, 7-5 en 5 heures 53, ce qui en fait à ce jour la plus longue finale d'un tournoi du Grand Chelem. Le Serbe a conclu le lundi à 1h37 un match qui avait débuté dimanche soir.

US Open 2019: finale gagnée contre Medvedev

Jamais vaincu. Après deux sets tranquillement gagnés, Nadal s'est fait surprendre par le retour d'un jeune Russe encore inconnu et au jeu étrange. Poussé au cinquième set, l'Espagnol prouve qu'il ne lâche jamais rien et s'impose en 4h51 d'un combat épique 7-5, 6-3, 5-7, 4-6, 6-4.

Roland-Garros 2020: finale gagnée contre Djokovic

La leçon. L'édition du Majeur sur terre battue se joue en automne à cause de la pandémie de covid qui en a empêché la tenue au printemps. Des conditions humides, venteuses et froides sont autant d'obstacle sur la route d'un 13e titre parisien pour Nadal. Et l'on se dit que Djokovic tient sa chance de battre le roi de la terre en finale de "son" tournoi. En fait, l'Espagnol corrige le Serbe 6-0, 6-2, 7-5 et égale le record de 20 titres du Grand Chelem détenu depuis 2018 par Roger Federer.

Roland-Garros 2021: demi-finale perdue contre Djokovic

La revanche. Djokovic joue le match de sa vie sur terre battue et s'impose 3-6, 6-3, 7-6, 6-2 au terme d'un match d'une qualité et d'une tension rarement égalées. Nadal confessera par la suite souffrir du pied et ne jouera plus que deux matchs de la saison, déclarant forfait à Wimbledon et à l'US Open.

Open d'Australie 2022: finale gagnée contre Medvedev

Renversant. Mené deux sets à rien face au Russe Daniil Medvedev, le Majorquin parvient à s'imposer 2-6, 6-7, 6-4, 6-4, 7-5 après 5h24 de jeu pour s'offrir un 21e titre historique en Grand Chelem. Il avait pourtant contracté le Covid-19 en décembre et manqué six mois de compétition en 2021 en raison d'un pied douloureux.

 

Dominic Thiem après sa défaite en finale de Roland-Garros 2019.

"Il va jouer le meilleur joueur de l'histoire sur terre battue (...) Quel plus beau défi pouvez-vous espérez quand vous aimez la terre battue que de jouer une finale de Roland-Garros" contre Nadal?

Nicolas Massu, l'entraîneur de Dominic Thiem, avant la finale de Roland-Garros 2019 contre l'Espagnol

 "J'ai toujours eu le plus grand respect pour mon ami Rafa en tant que personne et en tant que champion. En étant mon plus grand rival depuis toutes ces années, je crois que nous nous sommes poussés l'un et l'autre à devenir de meilleurs joueurs"

Roger Federer après la victoire de Nadal en finale de Roland-Garros 2020.

 "C'est un des plus grands joueurs de tous les temps, celui que je préfère regarder jouer" 

Andy Murray après sa défaite contre l'Espagnol en demi-finale de Wimbledon 2010.


Un responsable iranien juge "probable" une reprise de la guerre avec les Etats-Unis

Des personnes chantent lors d’un rassemblement à Téhéran, en Iran, le 29 avril 2026. (Majid Asgaripour/Agence de presse West Asia via Reuters)
Des personnes chantent lors d’un rassemblement à Téhéran, en Iran, le 29 avril 2026. (Majid Asgaripour/Agence de presse West Asia via Reuters)
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  • La reprise du conflit entre l’Iran et les États-Unis est jugée « probable » après l’échec des négociations et le rejet par Donald Trump d’une nouvelle proposition iranienne
  • Malgré un cessez-le-feu, les tensions restent élevées (blocus, présence militaire, crise économique), et le conflit continue sous d’autres formes dans la région

TEHERAN: Un responsable militaire iranien a jugé samedi "probable" une reprise de la guerre avec les Etats-Unis, après le rejet par Donald Trump d'une nouvelle offre de Téhéran pour relancer les négociations de paix.

Un cessez-le-feu est entré en vigueur le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes israélo-américaines sur l'Iran et de représailles de Téhéran dans la région.

Une première session de pourparlers directs à Islamabad le 11 avril s'est révélée infructueuse, et jusqu'ici sans lendemain tant les divergences restent fortes entre les deux camps, du détroit d'Ormuz au volet nucléaire.

L'Iran a transmis cette semaine un nouveau texte via le Pakistan, médiateur des discussions, sans qu'aucun détail ne filtre sur le contenu.

Donald Trump a cependant dit vendredi n'être "pas satisfait" de cette dernière mouture, répétant qu'à son sens les dirigeants iraniens étaient "désunis" et incapables de s'entendre sur une stratégie de sortie du conflit.

Le président américain, qui avait déjà menacé d'anéantir la "civilisation" iranienne, a ajouté qu'il préférerait ne pas avoir à "pulvériser une fois pour toutes" l'Iran mais qu'une reprise de la guerre restait "une option".

Il a été briefé jeudi par l'armée sur de possibles nouvelles actions militaires.

"Une reprise du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis est probable, et les faits ont démontré que les Etats-Unis ne respectaient aucune promesse ou accord", a réagi samedi Mohammad Jafar Asadi, inspecteur adjoint du commandement des forces armées Khatam Al-Anbiya, cité par l'agence de presse Fars.

"Les forces armées sont parfaitement préparées à toute nouvelle tentative d'aventurisme ou à toute action imprudente de la part des Américains", a-t-il ajouté.

- "Terminées" -

Donald Trump avait théoriquement jusqu'à vendredi pour demander l'autorisation du Congrès américain pour poursuivre la guerre. Il a préféré envoyer une lettre à des responsables parlementaires pour leur notifier que les hostilités contre l'Iran étaient "terminées", même si plusieurs élus démocrates ont souligné que la présence continue de forces américaines dans la région indiquait le contraire.

L'USS Gerald Ford, le plus grand porte-avions du monde, a quitté le Moyen-Orient, mais 20 bâtiments de la marine américaine, dont deux autres porte-avions, restent déployés.

La guerre a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ses répercussions continuent de secouer l'économie mondiale, avec notamment des cours du pétrole montés cette semaine à des niveaux inédits depuis 2022.

Car si les bombardements ont cessé, le conflit perdure sous d'autres formes: Washington impose un blocus aux ports iraniens en représailles au verrouillage par Téhéran du détroit d'Ormuz, par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Alors que Donald Trump s'indigne du refus des Européens de le soutenir militairement face à l'Iran, le Pentagone a annoncé le retrait de quelque 5.000 militaires d'Allemagne d'ici un an, une réduction conséquente de ses effectifs sur le continent.

Le président a été particulièrement agacé par des propos du chancelier allemand Friedrich Merz affirmant que les Américains n'avaient "aucune stratégie" en Iran et que Téhéran "humiliait" la première puissance mondiale.

-  Nouvelles exécutions -

Pendant ce temps, l'Iran reste inflexible. "Nous n'accepterons certainement pas qu'on nous impose" une politique, a lancé vendredi le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejeï.

Negar Mortazavi, du groupe de réflexion Center for International Policy, souligne "la cohésion" du pouvoir iranien, uni dans une "bataille existentielle".

Si à la faveur de la trêve, les Iraniens ont pu renouer avec une certaine normalité, leur quotidien est plombé par l'inflation qui explose tout comme le chômage, dans un pays déjà affaibli par des décennies de sanctions internationales.

Le guide suprême, Mojtaba Khamenei, a d'ailleurs exhorté dans un message écrit, les entreprises qui ont subi des dégâts à "éviter autant que possible les licenciements", au nom de la "guerre économique et culturelle" que mène l'Iran.

Amir, 40 ans, raconte débuter sa journée en "regardant les infos, et les nouvelles d'exécutions" par le pouvoir iranien. La justice a encore annoncé samedi la pendaison de deux hommes accusés d'espionnage au profit d'Israël.

"J'ai l'impression d'être coincé au purgatoire", dit-il à l'AFP. "Les Etats-Unis et Israël finiront par nous attaquer encore" pendant que "le monde ferme les yeux".

Sur le front libanais, où Israël combat le mouvement pro-iranien Hezbollah malgré le cessez-le-feu, de nouvelles frappes sur le sud du pays ont fait 13 morts, dont un enfant, selon les autorités libanaises.


L'Iran a présenté une nouvelle proposition aux Etats-Unis via le Pakistan (média d'Etat)

A man rides his motorcycle past a billboard depicting Iran’s Supreme Leader Mojtaba Khamenei, in Tehran on April 24, 2026. (AFP/File Photo)
A man rides his motorcycle past a billboard depicting Iran’s Supreme Leader Mojtaba Khamenei, in Tehran on April 24, 2026. (AFP/File Photo)
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  • L’Iran a soumis une nouvelle proposition de négociation visant à relancer le dialogue avec les États-Unis pour mettre fin au conflit
  • Le Pakistan joue un rôle de médiateur dans ces discussions, qui restent bloquées malgré les efforts diplomatiques

TEHERAN: L'Iran a présenté une nouvelle offre en vue de la reprise des négociations avec les Etats-Unis, actuellement au point mort, pour mettre fin durablement à la guerre, a annoncé l'agence officielle iranienne Irna.

"La République islamique a transmis jeudi soir le texte de sa dernière proposition au Pakistan, médiateur dans les discussions avec les Etats-Unis", selon l'agence, qui n'a pas donné plus de détails.


Téhéran active ses défenses aériennes, Trump prêt à ignorer le Congrès

Des véhicules passent devant un immense panneau d’affichage indiquant « Le détroit d’Ormuz reste fermé » sur la place de la Révolution à Téhéran, le 28 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
Des véhicules passent devant un immense panneau d’affichage indiquant « Le détroit d’Ormuz reste fermé » sur la place de la Révolution à Téhéran, le 28 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
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  • Téhéran a activé sa défense antiaérienne malgré un cessez-le-feu fragile, tandis que Washington affirme que la limite légale des 60 jours pour autoriser la guerre ne s’applique plus, ce qui suscite des tensions politiques
  • Le conflit et le blocage du détroit d’Ormuz provoquent une flambée des prix du pétrole et une crise énergétique mondiale, avec des risques économiques majeurs

TEHERAN: Téhéran a activé jeudi soir ses systèmes de défense antiaérienne contre des drones et des petits avions, à l'approche des 60 jours du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, date limite après laquelle Donald Trump doit théoriquement demander l'autorisation du Congrès pour poursuivre la guerre.

Mais son gouvernement a laissé entendre qu'il ignorera cette obligation qui incombe au président américain en principe vendredi, et que les démocrates se retrouvent impuissants à faire respecter.

Les Etats-Unis et Israël ont déclenché une guerre contre l'Iran le 28 février, et instauré un cessez-le-feu depuis le 8 avril, en dépit duquel le bras de fer entre entre Téhéran et Washington se poursuit, propulsant les cours des hydrocarbures à des sommets inédits depuis quatre ans.

Selon la Constitution américaine, seul le Congrès a le pouvoir de déclarer la guerre. Une loi adoptée en 1973 permet cependant au président de déclencher une intervention militaire limitée pour répondre à une situation d'urgence, à condition, s'il engage des troupes américaines plus de 60 jours, qu'il obtienne une autorisation du pouvoir législatif.

Vendredi représente donc la date limite, mais le ministre de la Défense, Pete Hegseth, a argué jeudi qu'en raison du cessez-le-feu "l'horloge des 60 jours est suspendue".

"Les hostilités qui ont commencé le samedi 28 février sont terminées", a ajouté à l'AFP un haut responsable de l'administration américaine. "Il n'y a pas eu d'échanges de tirs entre les forces armées américaines et l'Iran depuis le mardi 7 avril".

Washington impose un blocus des ports iraniens en représailles au verrouillage par Téhéran du stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde, faisant s'envoler les prix du pétrole.

Un haut responsable américain a évoqué une possible prolongation de cette mesure "pendant des mois".

Face à la perspective d'un enlisement du conflit, le Brent, la référence mondiale du pétrole brut, a brièvement dépassé jeudi les 126 dollars, un sommet depuis début 2022 lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Vendredi, il gagnait 0,59% à 111,05 dollars vers 05H00 GMT.

- "Défaite honteuse" -

Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a affirmé jeudi que les Etats-Unis avaient subi une "défaite honteuse" face à l'Iran.

Le président iranien Massoud Pezeshkian a lui dénoncé le blocus américain comme un "prolongement des opérations militaires".

A Téhéran, des systèmes de défense antiaérienne ont été activés jeudi soir, contre des drones et des aéronefs dont la provenance n'a pas été communiquée.

"Le bruit de la défense antiaérienne a cessé après environ 20 minutes d'activité et de riposte contre de petits aéronefs", ont indiqué les agences Tasnim et Fars précisant que Téhéran se trouvait de nouveau dans une "situation normale".

La guerre a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban. Malgré la trêve et de premières discussions le 11 avril à Islamabad, la diplomatie semble dans l'impasse.

Pendant que les négociations piétinent, les répercussions du blocage d'Ormuz se font chaque jour un peu plus sentir pour l'économie mondiale, entre pénuries rampantes, poussées d'inflation et révisions à la baisse de la croissance.

"Le monde est confronté à la plus grave crise énergétique de son histoire", a jugé le patron de l'Agence internationale de l'énergie, Fatih Birol.

- "Au bord du gouffre" -

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est aussi alarmé de l'"étranglement" de l'économie planétaire en raison de la paralysie du détroit.

"C'est à présent le temps du dialogue, de solutions qui nous éloignent du bord du gouffre et de mesures capables d'ouvrir une voie vers la paix", a-t-il plaidé dans un message sur X.

Sur le front libanais, de nouvelles frappes israéliennes sur le sud du pays ont fait au moins dix-sept morts jeudi.

L'ambassade américaine à Beyrouth a appelé à une rencontre entre ce dernier et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, considérant le Liban "à un tournant". "Son peuple a l'occasion historique de reprendre en main son pays et de forger son avenir", a-t-elle estimé sur X.

Les opérations menées au Liban par Israël, qui combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, ont fait plus de 2.500 morts et plus d'un million de déplacés depuis début mars, selon les autorités.