Le premier festival de yoga en Arabie saoudite propose pleine conscience et méditation

L’événement a été organisé par le Comité saoudien de yoga. Des personnes âgées de 10 à 60 ans y ont participé et se sont livrées à des activités diverses, à des styles de yoga et à la pratique de la pleine conscience. (Photo, Fournie)
L’événement a été organisé par le Comité saoudien de yoga. Des personnes âgées de 10 à 60 ans y ont participé et se sont livrées à des activités diverses, à des styles de yoga et à la pratique de la pleine conscience. (Photo, Fournie)
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Publié le Lundi 31 janvier 2022

Le premier festival de yoga en Arabie saoudite propose pleine conscience et méditation

  • Les participants ont eu la chance de pratiquer le yoga et d’assister à différentes représentations proposées par des formateurs saoudiens et internationaux
  • Depuis que le yoga a été reconnu en Arabie saoudite comme une activité sportive bénéfique pour la santé, la discipline gagne en popularité dans le pays

DJEDDAH: Plus de 1 000 personnes venues des quatre coins de l’Arabie saoudite se sont précipitées samedi vers le parc Juman, situé dans la Ville économique du roi Abdallah, pour prendre part au premier festival de yoga du pays. 

L’événement a été organisé par le Comité saoudien de yoga. Des personnes âgées de 10 à 60 ans y ont participé et se sont livrées à des activités diverses, à des styles de yoga et à la pratique de la pleine conscience. 

Le festival a été inauguré par des cours de yoga sur le gazon. Murali Krishnan a coaché les adultes alors que Sara Alamoudi a pris en charge les enfants.

Les participants ont ainsi eu la chance de pratiquer le yoga, d’assister à différentes représentations, d’admirer les démonstrations préparées par les centres de yoga et de se renseigner sur les services qu’offrent ces ateliers. 

Plus de huit heures de cours dispensés par des maîtres de yoga saoudiens et internationaux ont été proposées durant ce festival qui n’a duré qu’un seul jour, sans oublier les conférences qui étaient également prévues.

 

En Bref

D’après Nouf Al-Maroui, le yoga est devenu une thérapie de plus en plus répandue dont le but est de maintenir le bien-être et d’atténuer un certain nombre de problèmes de santé et de maladies.

Le festival a été inauguré par des cours de yoga sur le gazon. Murali Krishnan a coaché les adultes alors que Sara Alamoudi a pris en charge les enfants.

 

C’était une journée pleine d’énergie positive et de tolérance. De nombreuses personnes ont choisi de se détendre à l'ombre où des tapis, des oreillers et des carpettes ont été mis en place. 

La présidente du Comité saoudien de yoga, Nouf bint Mohammed Al-Maroui, a avoué qu’elle était émue par le nombre de visiteurs et par l’énergie et la réaction positives. 

Elle a souligné que le yoga était devenu une thérapie de plus en plus répandue dont le but est de maintenir le bien-être et d’atténuer un certain nombre de problèmes de santé et de maladies.

Dans son discours aux visiteurs, elle a précisé que l’Arabie connaissait une évolution remarquable dans tous les domaines, y compris celui de la qualité de vie. Cela est d’ailleurs dû au soutien important fourni par le gouvernement. 

 «Le festival a connu un véritable succès. Je suis contente que les Saoudiens n’aient pas seulement accueilli nos idées mais qu’ils se soient aussi impliqués dans la pratique du yoga. C’était le but ultime de l’événement», a-t-elle révélé à Arab News. «Nous voulons promouvoir le yoga au sein des familles et l’encourager à travers tout le pays. Nous voulons que les Saoudiens commencent leur journée par une séance de yoga. Cela ne nécessite que 20 minutes par jour – un temps facile à trouver.»

Les réactions des personnes ayant participé au festival étaient positives. 

 «Quel excellent festival! a commenté Sara Al-Madani, 38 ans. «Il était si bien aménagé et organisé, les formateurs étaient exceptionnels! Je salue tous ceux qui ont participé à cette magnifique journée. J’ai hâte pour l’année prochaine!»

Uday Qurashi, un pédiatre qui a commencé son parcours de yoga pendant le confinement uniquement pour rester en forme, a exprimé la joie qu’il a ressentie lors du festival. «Je suis très content de voir cela se produire ici, en Arabie saoudite. Ça fait du bien de savoir que le yoga a désormais sa place dans le Royaume.»

Selon Jana Masoudi, le festival est «une excellente occasion de mieux se connaître» à travers des ateliers sains, nouveaux, attentifs et divertissants. «Merci pour ce que vous avez fait. J’en suis tellement reconnaissante!» 

Samah Dyab, professeure certifiée en yoga et propriétaire du studio Zen Zone, a dit: «Je suis ravie de participer à ce festival qui a lieu pour la première fois dans notre pays. Le yoga est actuellement une pratique en plein essor. En tant que formatrice, je constate que de nombreuses personnes s’y livrent. Je suis très contente de voir les Saoudiens prendre conscience [de l’importance du yoga].»

Nada Shaalan, 27 ans, a vanté le décor, les formateurs et les services proposés: «Tout était idéal pour une véritable expérience de yoga. Ils ont pensé à tout. C’était accessible, varié et merveilleux. Mes amis et moi avons passé une journée très relaxante.»

Depuis que le Comité olympique d’Arabie saoudite et le ministère saoudien des Sports ont reconnu le yoga comme une activité sportive bénéfique pour la santé, la discipline gagne en popularité dans le pays. 

Mis à part ses nombreux bienfaits physiques, le yoga aide à contrôler le stress – qui nuit énormément au corps et à l’esprit. Cela devrait donc vous motiver à vous y mettre ! 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


À l’IMA, l’exposition d’Ahmed Muhanna exprime l’inhumain devenu quotidien à Gaza

Le peintre gazaoui Ahmed Muhanna à l'œuvre. (Photo IMA)
Le peintre gazaoui Ahmed Muhanna à l'œuvre. (Photo IMA)
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  • Les mots d’Ahmed Muhanna résonnent comme un appel à la survie. Il ne peint pas seulement la guerre ; il peint surtout celles et ceux qui continuent de vivre malgré elle et de la subir
  • Le peintre gazaoui Ahmed Muhanna, affirme : « Mon art, aujourd’hui, est une tentative de saisir ce paradoxe : comment rester humain dans ce chaos, et comment l’espoir peut survivre jusque sous les décombres. »

PARIS: À Gaza, la vie ne se raconte plus, elle se subit. Ici, l’inhumain est devenu quotidien et exister est devenu synonyme de survivre, tandis que le lendemain est synonyme d’incertitude.

Le quotidien des Gazaouis n’est qu’un enchaînement de peur, de privations, de douleurs et d’absences.

Tout manque : l’eau, les soins, la sécurité. Les gestes les plus simples de la vie ont disparu, et le confort n’est plus qu’un souvenir abstrait.

Dans les regards des enfants, quelque chose s’est éteint. Ces yeux, autrefois porteurs d’insouciance, sont désormais voilés par l’horreur et le deuil. La perte d’êtres chers est devenue une expérience précoce, presque banale, et la normalité appartient désormais à un autre temps.

IMA
Alors que les œuvres sont arrivées à Paris après leur passage à Marseille, Muhanna, lui, est resté derrière, dans cette bande de Gaza encerclée par Israël, qui impose à ses habitants un blocus sans fin. (Photo IMA)

À Gaza, la peur et la faim sont devenues des habitudes, et l’âge n’y a plus vraiment de sens puisque le déplacement et la mort frappent les nouveau-nés tout autant que les adultes et les vieillards.

La menace est constante, jour et nuit. Elle plane, elle fait partie de la vie, elle est la vie. Alors on se réveille, on fait semblant de vivre, tandis que tout peut basculer à chaque instant. La peur de mourir ou d’être déchiqueté s’est installée comme une seconde peau.

Et pourtant, malgré tout, Gaza résiste.

On continue de chanter, de sourire parfois. On se marie encore, on apprend, on transmet, on donne la vie. Créer devient un acte de résistance, un refus de disparaître.

Les mots d’Ahmed Muhanna résonnent comme un appel à la survie. Il ne peint pas seulement la guerre ; il peint surtout celles et ceux qui continuent de vivre malgré elle et de la subir.

Car au cœur de ce concentré de violence absurde et d’oppression aveugle, il reste des artistes, des danseurs, des comédiens, des femmes et des hommes qui, par l’art, tentent de témoigner et d’alerter.

Parmi eux, le peintre gazaoui Ahmed Muhanna, qui affirme : « Mon art, aujourd’hui, est une tentative de saisir ce paradoxe : comment rester humain dans ce chaos, et comment l’espoir peut survivre jusque sous les décombres. »

Les mots d’Ahmed Muhanna résonnent comme un appel à la survie. Il ne peint pas seulement la guerre ; il peint surtout celles et ceux qui continuent de vivre malgré elle et de la subir.

IMA

Ses œuvres, réalisées dans un dénuement extrême, portent en elles la trace directe de la réalité gazaouie. Faute de toiles, il utilise les cartons d’aide alimentaire récupérés auprès du Programme alimentaire mondial. Faute de matériel, il improvise avec des couleurs de fortune, trouvées ici et là.

Dans ses dessins, il y a la douleur, les blessures, la tristesse, mais aussi la lumière, la mémoire et, surtout, cette volonté farouche de ne pas céder à l’effacement.

Alors que les œuvres sont arrivées à Paris après leur passage à Marseille, Muhanna, lui, est resté derrière, dans cette bande de Gaza encerclée par Israël, qui impose à ses habitants un blocus sans fin.

L’Institut du monde arabe (IMA), à Paris, a mis en lumière cette voix singulière dans le cadre d’une exposition exceptionnelle consacrée à Ahmed Muhanna et, à travers lui, aux habitants de Gaza.

À travers plus de 60 œuvres, le visiteur est plongé dans une expérience artistique, mais surtout humaine, car chacune des œuvres exposées témoigne d’un quotidien brisé, de vies déchirées et d’enfances volées.

Ces œuvres, élaborées dans la douleur, interrogent : que reste-t-il de l’humanité quand tout s’effondre ? Et comment, malgré tout, continuer à s’exprimer ?

Alors que les œuvres sont arrivées à Paris après leur passage à Marseille, Muhanna, lui, est resté derrière, dans cette bande de Gaza encerclée par Israël, qui impose à ses habitants un blocus sans fin.

La soirée de présentation s’est tenue en présence de plusieurs personnalités : Chawki Abdelamir, directeur général de l’Institut du monde arabe, Audrey Pulvar, adjointe à la maire de Paris, Antoine Renard, directeur du Programme alimentaire mondial, et Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie.

IMA
Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie. (Photo Arlette Khouri)
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Muhanna, pour qui l’art est devenu un ultime refuge, a dû s’exprimer en duplex depuis Gaza, s’interrogeant sur ce que l’art peut encore face à la haine et à la destruction.

Dans un monde où tout vacille, où la mort peut surgir à chaque instant, dessiner, peindre et raconter sans chercher à embellir devient une manière de dire : « Nous sommes encore là. »

Visiblement touchée par ces bouts de carton qui racontent la vie d’un peuple, Éléonore Caroit a déclaré à Arab News en français que les œuvres de Muhanna rendent la guerre à Gaza plus concrète et plus humaine. Elles montrent les visages et la souffrance des civils au-delà des chiffres et des images relayés par les médias.

Caroit souligne que, malgré l’aide apportée par la France, notamment sur le plan alimentaire, celle-ci reste insuffisante face à l’ampleur de la crise. Selon elle, les œuvres exposées permettent de contrer les manipulations et de transmettre une vérité essentielle : les populations souffrent et le conflit doit cesser.


Orthographe : le ministre de l'Education chute sur «dilemme» mais maîtrise «rhododendron»

"Quand on écrit, on fait tous des erreurs (...) prenez 10 minutes pour vous relire", lance le ministre aux futurs candidats du bac.
"Quand on écrit, on fait tous des erreurs (...) prenez 10 minutes pour vous relire", lance le ministre aux futurs candidats du bac.
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  • Le verbe "proscrire", à la première personne de l'imparfait du subjonctif, provoque aussi l'hésitation du ministre - avant que le "que je proscrivisse" sorte de la bouche de l'un des chroniqueurs
  • En ce qui concerne la présence ou non de majuscules sur "ministre de l'Education nationale", Edouard Geffray peut rappeler les règles sans être contesté: ministre n'a jamais droit à une majuscule, "contrairement à Président"

PARIS: Le ministre de l'Education Edouard Geffray, qui prône "l'intransigeance" sur l'orthographe au bac, a subi mardi un test d'orthographe plus rigolard que sérieux sur le plateau de "C à vous", trébuchant sur "dilemme", mais obtenant l'indulgence du jury en se rattrapant avec "rhododendron".

Sur l'ardoise qu'un chroniqueur lui tendait, le ministre a d'abord griffonné sous la dictée, le mot "accueil".

"Il y a un problème!", corrige Anne-Elisabeth Lemoine. Le ministre efface ce qu'il a écrit, avant de ré-écrire, cette fois-ci apparemment sans faute.

Edouard Geffray tombe ensuite dans le piège du mot "dilemme", qui ne prend pas de "n" à la fin, contrairement à ce qu'il écrit sur son ardoise. "Il me semble que les deux orthographes sont possibles. Non ? Au temps pour moi", s'excuse-t-il.

Mais le ministre se rattrape avec "rhododendron", qu'il écrit sans faute. "Coccyx" le fait là encore hésiter, mais il est sauvé par Anne-Elisabeth Lemoine, qui lui propose d'être son assistante IA -même si le ministre venait de rappeler qu'il était contre toute forme d'assistance par une Intelligence artificielle pendant les examens.

Le verbe "proscrire", à la première personne de l'imparfait du subjonctif, provoque aussi l'hésitation du ministre - avant que le "que je proscrivisse" sorte de la bouche de l'un des chroniqueurs.

En ce qui concerne la présence ou non de majuscules sur "ministre de l'Education nationale", Edouard Geffray peut rappeler les règles sans être contesté: ministre n'a jamais droit à une majuscule, "contrairement à Président", rappelle-t-il. Quant à savoir si Education nationale prend une majuscule, "cela dépend des usages", affirme-t-il.

Le ministre finit par obtenir une appréciation mi-figue mi-raisin de ses correcteurs, ( "15 sur 20", "début laborieux, peut mieux faire"), mais opère un rétablissement remarqué en expliquant que ce petit examen démontre bien que "le vrai enjeu, c'est la relecture".

"Quand on écrit, on fait tous des erreurs (...) prenez 10 minutes pour vous relire", lance-t-il aux futurs candidats du bac.


« The Other Bennet Sister » : quand Mary Bennet sort enfin de l’ombre

Ella Bruccoleri dans « The Other Bennet Sister ». (Fournie)
Ella Bruccoleri dans « The Other Bennet Sister ». (Fournie)
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  • The Other Bennet Sister réinvente l’univers d’Orgueil et Préjugés en plaçant Mary Bennet, longtemps éclipsée par ses sœurs, au cœur du récit
  • La série séduit par une héroïne authentique, une évolution crédible et une romance de la Régence portée par chaleur, sincérité et charme

DUBAÏ : Mary Bennet — l’enfant du milieu maladroite dans Orgueil et Préjugés de Jane Austen — a toujours vécu dans l’ombre de ses sœurs plus glamour, davantage connue pour ses faux pas sociaux que pour une grande histoire d’amour.

Mais The Other Bennet Sister braque les projecteurs sur Mary et, ce faisant, livre une série pleine de charme qui mêle récit d’apprentissage et romance de la Régence avec un résultat des plus réjouissants.

Adaptée du roman de Janice Hadlow, la série débute en revisitant les événements familiers d’Orgueil et Préjugés. Plutôt que d’imposer aux spectateurs une nouvelle relecture exhaustive, elle s’appuie sur la voix off de Mary, aussi pragmatique que savoureuse, pour résumer l’histoire emblématique d’Austen avec un mélange d’esprit et d’exaspération. Nous assistons une fois encore aux drames de la famille Bennet, mais cette fois à travers le regard de la sœur perpétuellement reléguée à l’arrière-plan.

Ces premiers épisodes sont particulièrement réussis parce qu’ils permettent au public de retrouver l’univers d’Austen. Mais la série prend véritablement son envol lorsque Mary quitte la maison familiale pour s’installer à Londres. À partir de là, The Other Bennet Sister cesse d’être un simple récit parallèle ludique pour devenir une œuvre plus riche et plus profonde.

À Londres, Mary devient gouvernante chez sa tante et son oncle, interprétés avec charme par Indira Varma et Richard Coyle. Leur demeure devient un refuge où Mary commence peu à peu à découvrir qui elle est, au-delà des attentes et des humiliations qui avaient façonné son existence.

Surtout, sa transformation ne paraît jamais artificielle. Trop souvent, les récits consacrés à des femmes longtemps ignorées gomment leurs aspérités pour les conformer aux standards traditionnels de beauté, d’élégance ou d’assurance. Ici, même lorsqu’elle s’épanouit, Mary reste maladroite, directe et socialement gauche. Elle parle encore avec trop de franchise. Elle continue de mal interpréter certaines situations. Elle ne s’intègre toujours pas complètement. C’est cette honnêteté qui donne à la série sa véritable force émotionnelle.

Et puis il y a la romance. La série comprend parfaitement pourquoi les histoires d’amour situées à l’époque de la Régence fascinent autant le public. Mary attire l’attention de deux prétendants très différents : le charismatique M. Ryder — incarné avec un charme irrésistible par Laurie Davidson — et le sensible avocat M. Heyward (Donal Finn). La série reprend plusieurs codes bien connus du genre, mais avec tant de sincérité et de chaleur que cela n’a finalement aucune importance.

The Other Bennet Sister réussit parce qu’elle comprend quelque chose que les adaptations de Jane Austen oublient souvent : tout le monde n’est pas Elizabeth Bennet. Certaines personnes sont maladroites. Certaines mettent plus de temps à trouver leur voix. Et parfois, ce sont précisément ces histoires-là qui méritent d’être racontées. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com