France : Au procès des attentats du 13 novembre 2015, un accusé ayant réponse à tout

«D'abord bonjour», lance à la cour l'accusé belge de 35 ans, Yassine Atar, cheveux bruns coupés courts, chemise en jean grise. (Photo, AFP)
«D'abord bonjour», lance à la cour l'accusé belge de 35 ans, Yassine Atar, cheveux bruns coupés courts, chemise en jean grise. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 02 février 2022

France : Au procès des attentats du 13 novembre 2015, un accusé ayant réponse à tout

«D'abord bonjour», lance à la cour l'accusé belge de 35 ans, Yassine Atar, cheveux bruns coupés courts, chemise en jean grise. (Photo, AFP)
  • Quand certains de ses coaccusés, interrogés pour la première fois sur les faits après quatre mois de débats, ont préféré faire usage de leur droit au silence, lui l'assure: il s'expliquera «sur tout ce qu'on (lui) reproche, point par point»
  • «Le 14 novembre, je m'ennuyais. Je pense pas que c'était le cas des vrais protagonistes du dossier» , tacle l'accusé

PARIS: "Laissez-moi continuer", "je peux répondre ?"... Au procès des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et près de Paris, Yassine Atar, le frère du commanditaire présumé des attaques Oussama Atar, a contesté mardi "point par point" tout lien avec ce "dossier terrible". 

Debout dans le box, les mains dans le dos, Yassine Atar semble trouver long le propos liminaire du président de la cour d'assises spéciale de Paris Jean-Louis Périès qui liste une série d'échanges téléphoniques suggérant sa pratique "rigoriste", voire "radicalisée" de l'islam. 

"D'abord bonjour", lance à la cour l'accusé belge de 35 ans, cheveux bruns coupés courts, chemise en jean grise. 

"J'étais impatient de pouvoir m'exprimer car, comme vous le savez, je clame mon innocence depuis le premier jour", poursuit Yassine Atar d'un débit très rapide.  

Quand certains de ses coaccusés, interrogés pour la première fois sur les faits après quatre mois de débats, ont préféré faire usage de leur droit au silence, lui l'assure: il s'expliquera "sur tout ce qu'on (lui) reproche, point par point". 

Ce SMS où Yassine Atar semble furieux que l'accouchement de sa femme soit pratiqué par un médecin homme ? Un ami lui a dit qu'il avait "mauvaise réputation". "C'était le jour de la naissance de mon fils, j'étais extrêmement stressé", argumente-t-il.  

Cette conversation où il regrette que sa sœur ait vu un homme seule ? Elle devait "officialiser sa relation" avec ce petit ami, sans être accompagnée par ses parents dans sa belle-famille, "c'est culturel, ça n'a rien à voir avec les islamistes !", rétorque l'accusé.  

Et cet autre échange où il parle des femmes musulmanes qui ne doivent pas se maquiller sauf si elles sont mariées ? "Je pense que c'est dans cette discussion que je mets du +haha+", souligne Yassine Atar, invitant la cour à "prendre du recul".  

"Pipelette

Il a fait ses calculs avant son interrogatoire: des "centaines de SMS" échangés avec sa sœur en deux ans, "plus de 10 000" avec son ex-épouse. "Monsieur le président, vous avez sorti 7, 8, 9, 10 SMS sur 34 000", déplore Yassine Atar. "Vous me faites passer pour un islamiste intégriste, ça je ne l'accepte pas".  

Le président relève un autre SMS où il parle de "Belgique de merde". "Attendez, c'était le 14 novembre" 2015, l'interrompt Yassine Atar, qui n'a "pas la haine" de son pays : attendant de partir en vacances au Maroc, il pestait qu'il n'y avait "rien à faire".  

"Le 14 novembre, je m'ennuyais. Je pense pas que c'était le cas des vrais protagonistes du dossier", tacle l'accusé.  

Frère cadet d'Oussama Atar, commanditaire présumé des attentats du 13 novembre 2015 jugé par défaut au procès, il est soupçonné d'avoir détenu une clé de la planque bruxelloise où ont été fabriquées les ceintures explosives utilisées à Paris et où s'est réfugié Salah Abdeslam, principal accusé de ce procès. 

Yassine Atar est aussi accusé d'avoir rencontré des membres de la cellule djihadiste à des dates clés de la préparation des attaques qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis, au nord de Paris. 

Parmi eux, ses cousins Ibrahim et Khalid El Bakraoui, deux des trois kamikazes des attentats de Bruxelles de mars 2016.  

L'une des thèses est qu'ils se sont radicalisés en prison au contact d'Oussama Atar, en 2012-2013, rappelle le président Périès.  

Yassine Atar affirme n'avoir "jamais perçu une radicalisation" chez ses cousins. "Jamais de la vie" il ne les a entendus "parler de djihad ou d'Etat islamique", martèle-t-il.  

La cour s'étonne qu'il ait "oublié" d'avoir parlé de "visites communes" avec son frère Oussama pour visiter en prison Ibrahim El Bakraoui. De quoi parlaient-ils ? "C'était des discussions tout à fait banales", balaie Yassine Atar.  

Ses cousins n'avaient de toute façon "pas confiance" en lui, déclare-t-il ensuite. "Apparemment, je suis une pipelette", répond l'accusé aux interrogations du parquet national antiterroriste.  

Yassine Atar sera questionné sur ses liens avec son frère mercredi. Dans ses premiers mots à la cour, le 15 septembre dernier, il avait dit: "Oussama Atar, c'est Oussama Atar, moi je ne suis pas Oussama Atar". 


Liban: Barrot réplique à l'ambassadeur israélien à Washington

Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias. (AFP)
Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias. (AFP)
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  • S'exprimant mardi devant la presse à l'issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait affirmé: "Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s'immiscer dans ces négociations"
  • Des termes qui lui ont valu une réplique du ministre français, Jean-Noël Barrot ironisant mercredi sur M. Leiter, "un homme qui apparemment est très diplomate, très fin et très subtil"

BERLIN: Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias.

S'exprimant mardi devant la presse à l'issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait affirmé: "Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s'immiscer dans ces négociations".

"Nous aimerions garder les Français aussi loin que possible de pratiquement tout, mais surtout lorsqu'il s'agit de négociations de paix", a poursuivi le représentant israélien.

Des termes qui lui ont valu une réplique du ministre français, Jean-Noël Barrot ironisant mercredi sur M. Leiter, "un homme qui apparemment est très diplomate, très fin et très subtil"

"Il est apparemment déterminé à réduire au maximum le nombre de pays partenaires dont le Liban aura besoin pour se redresser", a-t-il encore grincé, en marge de la conférence internationale sur le Soudan à Berlin.

Il a aussi suggéré au diplomate israélien de se tenir éloigné "des micros et des caméras de télévision".

Sur le fond, il s'est dit "satisfait" que le gouvernement israélien ait répondu  "à la demande de la France" en saisissant "la main tendue" par Beyrouth afin de "parvenir à consolider un cessez-le-feu, à engager de manière coordonnée un processus de désarmement du Hezbollah, puis à régler le différend qui oppose les deux pays depuis des décennies".

Les relations entre le président Emmanuel Macron et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sont notoirement tendues, en particulier depuis que la France a reconnu un Etat palestinien.

 

 


Interpellation en Espagne de Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat

Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. (AFP)
Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. (AFP)
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  • Walid Bara, alias Fondu, est considéré comme l'un des commanditaires du "double homicide du Formule 1" jugé durant plus de trois semaines à Aix
  • Dans le procès, émaillé d'incidents, les juges ont prononcé les condamnations de cinq hommes, dont un des chefs présumés du gang criminel DZ Mafia, Gabriel Ory, tandis qu'un autre chef présumé de cette organisation issue de Marseille

MARSEILLE: Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde.

L'homme de 39 ans, au lourd cursus délinquant, était en fuite et a été condamné en son absence par la cour d'assises d'Aix-en-Provence à une peine de 25 ans de réclusion pour son implication dans un double assassinat commis en 2019 sur fond de rivalités entre trafiquants de drogue.

Les circonstances de son interpellation n'ont pas été précisées.

Walid Bara, alias Fondu, est considéré comme l'un des commanditaires du "double homicide du Formule 1" jugé durant plus de trois semaines à Aix.

Dans le procès, émaillé d'incidents, les juges ont prononcé les condamnations de cinq hommes, dont un des chefs présumés du gang criminel DZ Mafia, Gabriel Ory, tandis qu'un autre chef présumé de cette organisation issue de Marseille mais qui a progressivement étendu son influence, Amine Oualane, a bénéficié d'un acquittement.

Le quotidien La Provence rapportait par ailleurs fin 2024 l'implication de Walid Bara dans un trafic de stupéfiants implanté dans le 15e arrondissement de Marseille. Identifié comme le "patron" de ce trafic, le cas de Walid Bara avait néanmoins été disjoint d'un procès fin 2024.

Interpellé en juillet 2021 et mis en examen dans quatre affaires dont trois de règlements de comptes, il avait été remis en liberté en mai 2024 après une succession de vices de procédure, selon le quotidien.


Armement: Macron et le président indonésien Prabowo discutent d'un renforcement des liens dans la défense

Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi. (AFP)
Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi. (AFP)
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  • Les autorités françaises n'ont pas à ce stade communiqué sur cette rencontre qui intervenait au lendemain d'une visite du président indonésien à Moscou
  • L’Indonésie a reçu fin janvier ses trois premiers avions de combat Rafale de fabrication française, dans le cadre d'un contrat de 8,1 milliards de dollars portant sur l’achat de 42 appareils à la France

JAKARTA: Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi.

Prabowo Subianto a été reçu mardi par son homologue Emmanuel Macron à l'Elysée, et ont "discuté du renforcement de la coopération stratégique", selon un communiqué du gouvernement indonésien.

"Cela inclut l'acquisition d'équipements militaires et le renforcement de l'industrie de la défense", précise le document, citant la France comme un partenaire stratégique de l'Indonésie en Europe.

Les dirigeants sont également convenus de coopérer en matière de "transition énergétique et de développement des énergies nouvelles et renouvelables", peut-on y lire.

Les autorités françaises n'ont pas à ce stade communiqué sur cette rencontre qui intervenait au lendemain d'une visite du président indonésien à Moscou.

L’Indonésie a reçu fin janvier ses trois premiers avions de combat Rafale de fabrication française, dans le cadre d'un contrat de 8,1 milliards de dollars portant sur l’achat de 42 appareils à la France.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Prabowo Subianto, l'Indonésie cherche à rajeunir son équipement militaire vieillissant.

Lors de la visite du président français Emmanuel Macron à Jakarta l'année dernière, le ministre français des Armées de l'époque, Sébastien Lecornu, a affirmé que l'Indonésie avait signé une lettre d'intention pour l'achat de nouveaux avions Rafale à la société française Dassault Aviation, sans préciser les chiffres ni le calendrier.

Selon lui, l'Indonésie s'est également engagée à acheter des frégates légères et des sous-marins Scorpène, ainsi que des obusiers Caesar et des munitions au groupe franco-allemand KNDS.

Lundi, le président indonésien s'est entretenu pendant cinq heures avec Vladimir Poutine au Kremlin, d'où il s'est envolé directement pour Paris, selon la même source.

Les deux ont discuté du "renforcement de leur partenariat stratégique, en particulier dans les secteurs de l'énergie, des ressources minérales et du développement industriel national".

Prabowo Subianto, qui s'est récemment rendu en Corée du Sud et au Japon, multiplie les visites à l'étranger.

Jakarta défend une position diplomatique non alignée. Le pays a rejoint l'an dernier le bloc des Brics+, une alliance élargie de pays émergents, aux côtés de la Chine et de la Russie. L'Indonésie fait également partie du "Conseil de Paix" de Donald Trump.