D'une ferme du Kansas aux rangs de l'EI, parcours déroutant d'une djihadiste Américaine

Allison Fluke-Ekren, mère de famille de 42 ans, tout juste transférée de Syrie, a comparu jeudi devant un juge fédéral à Alexandria, près de Washington, où elle est accusée d'avoir apporté «un soutien matériel à une entreprise terroriste». (Photo, AFP)
Allison Fluke-Ekren, mère de famille de 42 ans, tout juste transférée de Syrie, a comparu jeudi devant un juge fédéral à Alexandria, près de Washington, où elle est accusée d'avoir apporté «un soutien matériel à une entreprise terroriste». (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 04 février 2022

D'une ferme du Kansas aux rangs de l'EI, parcours déroutant d'une djihadiste Américaine

  • La radicalisation de l'Américaine Allison Fluke-Ekren reste largement inexpliquée
  • La justice américaine reproche à cette ancienne institutrice d'avoir, entre 2014 et 2017, fomenté des projets d'attentats contre les Etats-Unis

ALEXANDRIA : Comment passe-t-on d'une ferme du Kansas à la tête d'un bataillon féminin de l'Etat islamique ? La radicalisation de l'Américaine Allison Fluke-Ekren, rattrapée par la justice de son pays après des années au sein de l'organisation djihadiste, reste largement inexpliquée.

Cette mère de famille de 42 ans, tout juste transférée de Syrie, a comparu jeudi devant un juge fédéral à Alexandria, près de Washington, où elle est accusée d'avoir apporté "un soutien matériel à une entreprise terroriste".

Les cheveux couverts d'un voile noir, elle ne s'est pas exprimée lors de cette courte audience qui, hasard du calendrier, s'est tenue quelques heures après la mort du chef de l'EI, Abou Ibrahim al-Hachimi al-Qourachi, lors d'un raid américain en Syrie.

Sans entrer dans les détails du dossier, le magistrat a ordonné son maintien en détention.

Concrètement, la justice américaine reproche à cette ancienne institutrice d'avoir, entre 2014 et 2017, fomenté des projets d'attentats contre les Etats-Unis, dirigé une unité de femmes formées au combat et fourni divers "services", notamment de traduction à l'EI.

Appelée à la situer sur une échelle de radicalisation allant de un à dix, une personne l'ayant connue à cette époque a estimé qu'elle "sortait de la grille" et méritait un "11 ou 12", selon des documents versés à la procédure. 

Une autre l'a vu entraîner des enfants à l'usage de fusils d'assaut AK-47 ou de ceintures explosives. Son propre fils, âgé de 5 ou 6 ans, a été vu une mitraillette à la main.

Rien pourtant ne semblait la destiner à un tel parcours.

Pyramides

Née Allison Brooks, elle grandit sur une ferme du Kansas, dans le centre des Etats-Unis. Bonne élève, elle se passionne alors pour les sciences et la photographie. Mariée dans une église méthodiste à la fin des années 1990, elle devient Mme Fluke et a deux enfants avant de divorcer. 

Elle se remarie rapidement avec un homme nommé Volkan Ekren, sur lequel il existe peu d'informations.

En 2004, elle témoigne dans un article consacré à la scolarisation à domicile et pose avec un foulard musulman. Elle explique avoir sorti son fils et sa fille du système scolaire parce qu'elle était déçue de leurs résultats et souhaitait leur enseigner l'arabe.

En 2008, la famille part s'installer en Egypte. Sur son blog, Allison Fluke-Ekren chronique sa vie d'institutrice, leurs visites des pyramides, la naissance d'un nouveau garçon... Ses dernières publications datent de 2010.

Une ancienne amie, identifiée seulement par son nom Farouk, a expliqué sur la chaîne ABC avoir constaté sa radicalisation lors de ce séjour. 

Perturbée par l'impact des printemps arabes et la crise des réfugiés, l'Américaine "était très favorable à l'Etat islamique qui, selon elle, faisait de bonnes choses pour aider les femmes et les enfants".

Cheffe de katiba

En 2011, Allison Fluke-Ekren part en Libye avec mari et enfants. Ils rejoignent la Syrie vers 2012 parce que, selon un témoin cité dans l'acte d'accusation, "elle veut s'engager dans le djihad".

Dès 2014, elle a complètement basculé.

Son époux est devenu sniper pour l'EI. Forte d'une connaissance des armes, acquise sur la ferme de ses parents, elle est chargée de former les autres femmes de combattants au rudiment des AK-47 et grenades. 

Pour "venger" des enfants tués dans un bombardement, elle propose d'organiser un attentat dans une université américaine et se targue, devant témoin, d'avoir obtenu une promesse de financement des chefs de l'EI. Enceinte, elle renonce à ce projet.

Un peu plus tard, elle fomente un nouveau plan: s'en prendre à un centre commercial aux Etats-Unis. Cette fois, son mari la dissuade de passer à l'acte.

En 2016, il meurt dans un bombardement et, quelques mois plus tard elle est remariée à un autre combattant de l'EI, un Bangladais spécialiste des attaques par drones. Après son décès, elle épouse un autre membre du groupe, chargé de la défense de Raqa, selon l'acte d'inculpation.

En parallèle, "Oum Mohammed el Amikiri" - son nom de guerre -  a pris la tête de la "Katiba Nussaïba", un bataillon de femmes prêtes à appuyer leurs époux sur le terrain. 

Son parcours après la chute du califat en 2017 n'est pas connu, ni les conditions de son arrestation ou le sort réservé à ses enfants.

À son retour, les plus grands, majeurs, et ses parents ont demandé qu'elle ne les contacte pas.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.