Nouvelles manifestations contre les mesures sanitaires au Canada

Jusqu'ici, aucun appel n'a pourtant fait reculer la détermination des manifestants, mobilisés au départ contre l'obligation vaccinale pour les camionneurs qui traversent la frontière entre le Canada et les Etats-Unis. (AFP)
Jusqu'ici, aucun appel n'a pourtant fait reculer la détermination des manifestants, mobilisés au départ contre l'obligation vaccinale pour les camionneurs qui traversent la frontière entre le Canada et les Etats-Unis. (AFP)
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Publié le Dimanche 06 février 2022

Nouvelles manifestations contre les mesures sanitaires au Canada

  • Par un froid glacial, avec des températures prévues de jusqu'à -30°C, les manifestants dans la capitale se sont rassemblés autour de feux de camp, agitant des drapeaux canadiens et des pancartes
  • Vendredi, pour la première fois, la police a durci le ton, promettant de «mettre fin à cette manifestation illégale et d'une dangerosité inacceptable»

OTTAWA, Canada: Ottawa, Toronto, Québec: les opposants aux mesures sanitaires au Canada, dont certains occupent le centre-ville de la capitale fédérale depuis une semaine, se sont rassemblés samedi pour réclamer la levée des restrictions.


Cette contestation, partie d'un mouvement de camionneurs dans l'ouest du pays, s'est transformée en occupation d'Ottawa: depuis huit jours, les rues devant le Parlement et sous les bureaux du Premier ministre Justin Trudeau sont occupées par des dizaines de camions et de manifestants.


Par un froid glacial, avec des températures prévues de jusqu'à -30°C, les manifestants dans la capitale se sont rassemblés autour de feux de camp, agitant des drapeaux canadiens et des pancartes dans une atmosphère plus festive que samedi dernier, où des drapeaux nazis avaient été observés.


Certains ont commencé à monter des abris de fortune et ont juré de ne bouger qu'une fois les restrictions levées.


Jusqu'à 2 000 personnes pourraient rejoindre les camionneurs déjà présents dans les rues d'Ottawa, selon la police, qui attendait également un millier de contre-manifestants. Les organisateurs ont assuré de leur côté auprès de l'AFP attendre des dizaines de milliers de personnes.

«Notre liberté»
Vendredi, pour la première fois, la police a durci le ton, promettant de "mettre fin à cette manifestation illégale et d'une dangerosité inacceptable", selon son chef Peter Sloly, sans toutefois fournir de calendrier précis. 


Malgré l'exaspération de la population d'Ottawa, le gouvernement a écarté la possibilité d'envoyer l'armée pour déloger les manifestants. Pour la mobilisation du week-end, 150 policiers supplémentaires ont cependant été déployés dans les rues de la capitale.


Doug Ford, le Premier ministre de la province de l'Ontario a redemandé aux manifestants de quitter Ottawa, dénonçant une situation "inacceptable" - une pétition en ce sens rassemblait vendredi après-midi près de 40 000 signatures.


Jusqu'ici, aucun appel n'a pourtant fait reculer la détermination des manifestants, mobilisés au départ contre l'obligation vaccinale pour les camionneurs qui traversent la frontière entre le Canada et les Etats-Unis.


"Nous leur tiendrons tête aussi longtemps qu'il le faudra pour se débarrasser des restrictions", a déclaré à l'AFP Jim Torma, l'un des coordinateurs de la contestation.


"La question, c'est pas celle du vaccin, c'est celle de notre liberté", a expliqué Kimberly Ball, qui a fait cinq heures de route pour venir manifester avec son mari.


"C'est vraiment, vraiment dur. (...) Quelques personnes que l'on connaît, des amis, ont perdu leur travail à cause de ces obligations" vaccinales, regrette-t-elle.


Le mouvement est notamment soutenu par le milliardaire Elon Musk et l'ancien président américain Donald Trump.

Accès aux hôpitaux
Des manifestations similaires ont eu lieu samedi dans le sud de l'Alberta (ouest), et dans les villes de Winnipeg (centre), Québec et Toronto, où un homme a été inculpé pour agression après avoir lancé une fumigène dans une foule. A Winnipeg un automobiliste a été arrêté après avoir chargé des manifestants avec son véhicule. Quatre protestataires ont reçu des soins médicaux pour des blessures légères, selon la police.


La police de Toronto a fermé dès vendredi certaines routes du centre-ville dans le but de minimiser les perturbations qui pourraient affecter l'accès aux services d'urgences et hôpitaux.


Lors d'une réunion d'urgence samedi soir à Ottawa, le chef de la police Peter Sloly a demandé "des ressources supplémentaires" afin de mettre un terme à ce qu'une membre du Conseil municipal, Diane Deans, a qualifié de "siège" de la capitale.


"Ce groupe est une menace pour notre démocratie", a dit Mme Deans. "Ce que nous voyons est plus grave qu'un problème de la ville d'Ottawa, c'est une insurrection nationale. C'est de la folie", a-t-elle martelé.


A Toronto, le maire John Tory, a lui dit espérer une manifestation "respectueuse et pacifique". 


"Nous voulons tous faire tout ce que nous pouvons pour éviter (de nous retrouver, ndlr) dans la situation d'Ottawa", a ajouté l'édile.


Les autorités canadiennes s'intéressent maintenant à ceux qui "financent et permettent cette démonstration illégale et nuisible", a indiqué le chef de la police d'Ottawa.


Une campagne de financement participative a rassemblé plus de 10 millions de dollars canadiens (6,8 millions d'euros) pour les manifestants, mais la plateforme GoFundMe a retiré vendredi la cagnotte au motif qu'elle ne respectait pas ses conditions d'utilisation, et indiqué que les fonds restants seront redistribués à des organisations caritatives. 


Même si la mobilisation des camionneurs n'est soutenue que par une minorité des Canadiens (32% d'après un récent sondage), cela représente tout de même une frange plus large de la population que les 10% d'adultes canadiens non-vaccinés.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
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  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.