Irak: boycotts en série au Parlement, l'élection du président compromise

Une photo publiée par le bureau des médPhoto prise le 9 janvier 2022 des députés irakiens assistant à la session inaugurale du parlement à Bagdad ( AFP )
Une photo publiée par le bureau des médPhoto prise le 9 janvier 2022 des députés irakiens assistant à la session inaugurale du parlement à Bagdad ( AFP )
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Publié le Lundi 07 février 2022

Irak: boycotts en série au Parlement, l'élection du président compromise

  • Les députés iraquiens sont convoqués ce matin pour élire le chef de l'Etat, mais entre les boycotts en cascade et la suspension d'un des favoris, le vote risque d'être ajourné
  • Le courant de l'influent religieux chiite Moqtada Sadr a annoncé ce weekend que ses 73 députés ne participeraient pas au vote

BAGDAD : L'Irak devra sans doute encore attendre avant de connaître le nom de son prochain président: les députés sont convoqués lundi pour élire le chef de l'Etat, mais entre les boycotts en cascade et la suspension d'un des favoris, le vote risque d'être ajourné.

Officiellement, la séance est toujours prévue à midi (09H00 GMT). Mais elle pourrait bien être différée, faute de quorum, car depuis samedi les annonces de boycott se sont succédé. 

Arithmétiquement parlant, il est en effet peu probable qu'au moins deux-tiers des 329 élus, requis pour la tenue du vote, soient présents dans l'hémicycle.

Dans un Irak habitué aux tractations orchestrées par les grands partis, ces derniers rebondissements plombent le calendrier politique.

Première force au Parlement, le courant de l'influent religieux chiite Moqtada Sadr a annoncé samedi que ses 73 députés ne participeraient pas au vote. 

Puis, dimanche soir, la coalition de la souveraineté, soit 51 députés emmenés par le président du Parlement Mohamed al-Halboussi, un allié de Moqtada Sadr, a à son tour fait part de son boycott... juste avant le troisième pilier de cette alliance informelle, le Parti démocratique du Kurdistan (PDK, 31 députés).

Dans le camp politique adverse, le Cadre de coopération, rassemblant des partis chiites pro-Iran, a exprimé "la nécessité de ne pas tenir la séance", mettant en avant "le blocage de la situation politique à cause du chaos résultant des dernières législatives".

Le vote de lundi devait se tenir dans un contexte particulièrement polarisé, après les législatives d'octobre remportées par Moqtada Sadr.

Après quatre mois de querelles, les barons irakiens n'ont toujours pas réussi à former une coalition parlementaire majoritaire, cruciale pour désigner par la suite un nouveau Premier ministre.

Corruption

Depuis les premières élections multipartites de 2005, le poste largement honorifique de président de la République est tacitement réservé à un Kurde.

Cette année quelque 25 candidats sont en lice, mais deux politiciens chevronnés se distinguaient: Hoshyar Zebari, un ex-ministre issu du PDK, et le président sortant Barham Saleh, du parti rival de l'UPK, l'Union patriotique du Kurdistan.

Or la candidature de M. Zebari a été "temporairement" suspendue dimanche par la justice, après une plainte présentée par des députés se basant sur d'anciennes accusations de corruption.

Les plaignants estiment que M. Zebari ne remplit pas les conditions requises par la Constitution, citant notamment son limogeage en 2016 par le Parlement lorsqu'il était ministre des Finances "en raison d'accusations liées à des faits de corruption financière et administrative".

La plainte évoque aussi au moins deux autres affaires judiciaires l'impliquant, notamment pour "abus de pouvoir" en lien avec "des sommes importantes dépensées concernant un bâtiment qui n'appartient pas à l'Etat".

En 2016, les accusations qui avaient entraîné son limogeage portaient notamment sur 1,8 million de dollars qui auraient été déboursés pour des billets d'avion à sa garde rapprochée.

"La justice irakienne ne m'a jamais condamné", a rappelé M. Zebari lors d'une interview télévisée vendredi.

« Partager le gâteau »

Dans les 15 jours suivant son élection, le président doit désigner un Premier ministre, choisi par la plus large coalition au Parlement.

Une fois désigné, le Premier ministre, traditionnellement chiite, a un mois pour former un gouvernement. Mais la suite du processus s'annonce houleuse.

En s'alliant avec le PDK et la formation sunnite du chef du Parlement Mohamed al-Halboussi, Moqtada Sadr affirme pouvoir former un "gouvernement de majorité nationale".

Il romprait ainsi avec la tradition du consensus qui permet à tous les grands partis de se partager le pouvoir, et chercherait à marginaliser ses rivaux.

Mais c'est sans compter avec l'Alliance de la Conquête, vitrine politique des anciens paramilitaires pro-Iran du Hachd al-Chaabi, et ses alliés chiites du Cadre de coordination. Ils comptent sur le jeu des alliances pour aligner eux aussi une majorité.

"Personne ne sait être dans l'opposition, tout le monde sait comment se partager le gâteau", remarque auprès de l'AFP le politologue irakien Hamzeh Hadad, voyant se profiler une "coalition élargie".

Les négociations politiques autour du poste de Premier ministre ont été accompagnées de violences. 

Fin janvier trois roquettes sont tombées près de la maison du président du Parlement, Mohammed al-Halboussi. En novembre, le Premier ministre Moustafa al-Kazimi a échappé à une tentative d'assassinat.


Bahreïn et le Koweït affirment avoir contré des attaques iraniennes

Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
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  • "L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes"
  • Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues

MANAMA: Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran.

"L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes".

Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues, a rapporté une journaliste de l'AFP.

L'état-major koweïtien a également indiqué dans la nuit avoir répondu à "des attaques hostiles de drones" iraniens. Il a précisé que les explosions entendues étaient le résultat d'interceptions aériennes.

Les forces iraniennes ont annoncé avoir visé "des systèmes de radar, un système de défense antiaérienne Patriot et des sites de stockage de carburant" sur la base aérienne Ali al-Salem  au Koweït, ainsi que des installations militaires américaines sur la base aérienne de Cheikh Isa à Bahreïn.

Téhéran mène des attaques quasi quotidiennes dans ces deux pays du Golfe depuis la reprise des hostilités le 7 juillet avec les Etats-Unis, en disant cibler des intérêts militaires américains.

Les autorités bahreïnie et koweïtienne accusent toutefois leur voisin de viser aussi des sites civils.

Dimanche, le Koweït a affirmé que trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore avaient été ciblés, sans préciser leur origine.

La confrontation a repris après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent au Moyen-Orient depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


La Syrie dit avoir saisi des armes en provenance d'Irak destinées au Hezbollah

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
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  • Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad
  • Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak

DAMAS: La Syrie a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative de faire passer des armes destinées au Hezbollah pro-iranien au Liban, dont des missiles, via sa frontière avec l'Irak.

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana.

"Les premières investigations ont établi que la cargaison était destinée à transiter par la Syrie au profit de la milice terroriste du Hezbollah", a ajouté cette source.

Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad.

Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump met la pression sur la Syrie pour qu'elle intervienne au Liban contre le Hezbollah.

Depuis qu'une coalition islamiste a pris le pouvoir en Syrie en 2024, les autorités ont affirmé avoir démantelé des cellules liées à la formation pro-iranienne qui préparaient des attentats en Syrie, mais le Hezbollah a toujours démenti.

Le groupe est affaibli par la nouvelle guerre qu'il a menée contre Israël depuis mars pour soutenir l'Iran.

Le président syrien Ahmad al-Chareh dit refuser d'intervenir militairement au Liban contre le Hezbollah, comme l'a suggéré à plusieurs reprises Donald Trump.


Israël confirme au Pentagone vouloir rester dans des «zones de sécurité» au Liban, en Syrie et à Gaza

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
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  • Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes
  • Le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël"

JERUSALEM: Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Cette déclaration intervient alors que les Etats-Unis ont annoncé que les négociations menées mardi et mercredi à Rome entre Israël et le Liban avaient été "positives" et que le processus de mise en œuvre de "zones pilotes", d'où les troupes israéliennes doivent se retirer, commencerait "dans les prochains jours".

Le président américain Donald Trump avait demandé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de retirer les forces israéliennes de Syrie et du Liban, selon un article publié mardi par le média américain Axios.

Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes.

Dans un communiqué, le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël et les communautés situées près de la frontière contre les menaces que représentent les forces jihadistes".

"Nous n'avons jamais demandé aux Etats-Unis d'opérer à notre place le long de nos frontières", ajoute le communiqué du cabinet de M. Katz.

Au Liban et à Gaza, les forces israéliennes sont présentes sur le terrain, où elles mènent quotidiennement des opérations contre le Hezbollah et le Hamas.

Au Liban, les forces israéliennes restent déployées dans ce que l'armée décrit comme une "zone de sécurité" s'étendant sur environ 10 kilomètres à l'intérieur du territoire libanais et poursuit des frappes limitées dans le sud.

A Gaza, l'armée israélienne contrôle 60% du territoire. Elle est notamment présente sur l'ensemble du périmètre extérieur du territoire palestinien, le long des frontières entre Israël et l'Egypte.

Après le renversement, en décembre 2024, de Bachar al-Assad, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon surveillée par l'ONU qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan.

Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.