Patrick Balkany, l'ancien « baron » omnipotent de Levallois

L'ancien maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) Patrick Balkany, reconnu coupable de fraude fiscale, arrive à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, au sud de Paris, le 7 février 2022.(AFP)
L'ancien maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) Patrick Balkany, reconnu coupable de fraude fiscale, arrive à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, au sud de Paris, le 7 février 2022.(AFP)
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Publié le Lundi 07 février 2022

Patrick Balkany, l'ancien « baron » omnipotent de Levallois

  • S'il retourne en prison,  après la révocation de son bracelet électronique, c'est pour de multiples manquements à ses obligations
  • Fils d'immigré hongrois survivant d'Auschwitz et ayant fait fortune dans le textile, Patrick Balkany est né à Neuilly en 1948

LEVALLOIS-PERRET :Surnommé "le baron des Hauts-de-Seine", Patrick Balkany, renvoyé lundi en prison dans une affaire de fraude fiscale, est un proche historique de Nicolas Sarkozy, qui a dirigé durant plus de 30 ans la ville de Levallois-Perret en banlieue de Paris.

A 73 ans, Patrick Balkany est entré lundi à la mi-journée à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne). Il avait été détenu à la prison de la Santé à Paris du 13 septembre 2019 - date de sa condamnation pour fraude fiscale - au 12 février 2020, quand il avait été libéré pour raisons de santé, sous contrôle judiciaire léger. 

S'il retourne en prison,  après la révocation de son bracelet électronique, c'est pour de multiples manquements à ses obligations. 

Le couple Balkany n'a "jamais accepté les contraintes inhérentes à la détention à domicile sous surveillance électronique", a estimé la cour d'appel de Rouen, soulignant également qu'ils n'ont pas "payé les sommes dues aux finances publiques". 

Patrick Balkany et son épouse Isabelle, 74 ans, doivent 5,3 millions d'euros au fisc, outre une somme de 766 759 euros propre à Mme Balkany, hospitalisée encore lundi "pour raisons physiques et psychologiques" selon son avocat.

"C'est impossible qu'ils respectent quelque chose", a commenté auprès de l'AFP Arnaud de Courson, opposant (DVD) historique aux Balkany à Levallois. "Cela ne sert à rien de les renvoyer en prison, on en fait des martyrs car ce seront toujours des grandes gueules".

Démis de son mandat de maire en 2019, puis condamné en appel en 2020 à trois ans de prison ferme et dix ans d'inéligibilité pour une fraude fiscale estimée à 4 millions d'euros, M. Balkany tente toujours de conserver un poids à Levallois, même s'il désavoue désormais la maire LR Agnès Pottier-Dumas.

"Il n'a pas de mainmise, c'est psychologique pour lui, il a l'impression de compter encore", dit à l'AFP David-Xavier Weïss, premier adjoint et ancien proche de Patrick Balkany. Les habitants ont "encore beaucoup d'affect pour lui mais il est allé trop loin".

Maire pendant 31 ans 

Fils d'immigré hongrois survivant d'Auschwitz et ayant fait fortune dans le textile, Patrick Balkany est né à Neuilly en 1948. 

Elu pour la toute première fois en 1983 à Levallois, il est indissociable de son épouse depuis 1976. En 31 ans de mandat, Isabelle Balkany a toujours été sa première adjointe et l'a même remplacé dans le rôle de maire quand il était détenu.

Le couple a régné en maître sur Levallois grâce à une offre de services hauts de gamme (crèches, conservatoire, piscine avec sauna et jacuzzi), dispensant généreusement cadeaux et voyages aux seniors et enfants. 

Leurs électeurs les créditent d'avoir fait de Levallois, ancienne banlieue rouge tenue par les communistes, une commune résidentielle cossue où les friches industrielles ont laissé la place aux résidences de standing. 

D'autres critiquent endettement et clientélisme, et ses opposants ont souvent brocardé les méthodes peu démocratiques d'un maire qui n'hésitait pas à leur couper le micro en conseil municipal.

M. Balkany a été un très proche de l'ancien président Nicolas Sarkozy qui disait en 2019 avoir de "la peine" pour son "ami d'enfance" incarcéré.

L'ex-maire de Levallois a toujours véhiculé l'image d'un élu haut en couleur, sulfureux et ami des stars, tels le chanteur Johnny Hallyday et le directeur de cabaret Michou aujourd'hui décédés. Avant de se lancer dans la politique, il avait brièvement tenté d'embrasser une carrière d'acteur.

Patrick Balkany, qui a également siégé à l'Assemblée nationale (1988-1997 et 2002-2017), avait dû mettre sa carrière politique entre parenthèses en 1996 quand il avait été condamné avec sa femme à 15 mois de prison avec sursis, 30.000 euros d'amende et deux ans d'inéligibilité pour avoir affecté trois employés de mairie à l'entretien de leurs domiciles de Levallois et Giverny (Eure).

En 2001, il avait cependant reconquis la mairie, après un exil dans les Caraïbes.

Patrick Balkany attend encore de connaître sa peine pour "blanchiment aggravé" après avoir été reconnu coupable en appel en 2020. Il reste mis en examen à Nanterre dans différentes affaires, notamment pour "détournement de fonds publics" pour avoir utilisé des chauffeurs de Levallois à des fins personnelles.

 


Incendie dans le Cher: risque «écarté» concernant le site d'armement Seveso 

Cette photographie aérienne montre une zone brûlée alors qu'un incendie de forêt fait rage dans le département des Pyrénées-Orientales, dans le sud de la France, près de la commune de Montalba-le-Château, aux alentours de Perpignan, le 7 juillet 2026. Photo d'illustration. (AFP)
Cette photographie aérienne montre une zone brûlée alors qu'un incendie de forêt fait rage dans le département des Pyrénées-Orientales, dans le sud de la France, près de la commune de Montalba-le-Château, aux alentours de Perpignan, le 7 juillet 2026. Photo d'illustration. (AFP)
  • "Il y a eu des hélicoptères bombardiers qui ont permis de cesser son évolution", a précisé la préfecture
  • A 15h45, un feu s'est déclaré sur la commune de Morthomiers, située à une dizaine de km de Bourges et "s'est propagé sur 60 hectares de bois résineux"

RENNES:  Le feu de forêt qui s'est propagé sur un site d'armement KNDS, classé Seveso seuil haut, près de Bourges (Cher), ne menace plus directement les lieux sensibles de l'usine et le risque est ainsi "écarté", a indiqué mercredi soir la préfecture à l'AFP.

"L'incendie n'est pas tout à fait fixé sur le flanc avant droit, mais, par contre, le flanc gauche qui lui était vraiment un danger pour le site dans lequel il y avait les munitions, est fixé", a déclaré à l'AFP la préfecture du Cher, précisant que le confinement de la centaine d'habitants dans la proche commune de Morthomiers était "levé".

"Il y a eu des hélicoptères bombardiers qui ont permis de cesser son évolution", a précisé la préfecture.

A 15h45, un feu s'est déclaré sur la commune de Morthomiers, située à une dizaine de km de Bourges et "s'est propagé sur 60 hectares de bois résineux".

L'incendie a ensuite gagné le site d'armement de KNDS d'une superficie d'environ 170 hectares, d'après la préfecture.

Le plan communal de sauvegarde a été mis en oeuvre et le centre opérationnel départemental a également été activé en préfecture.

Les 500 personnes qui travaillent régulièrement sur ce site d’armement avaient toutes été évacuées et une équipe interne de lutte contre les incendies avait été déployée, a indiqué à l'AFP une porte-parole de KNDS.

Environ 70 personnes de la commune de Morthomiers avaient elles été confinées dans la salle des fêtes du village, qui compte environ 850 habitants, d'après le maire M. Guillaume Porcher.


L'incendie dans la Drôme toujours très actif, météo «défavorable»

Un pompier dans la Drôme, photo d'archives. (AFP)
Un pompier dans la Drôme, photo d'archives. (AFP)
  • L'incendie, qui a éclaté le 2 juillet, n'est "toujours pas fixé", selon l'officier, "il reste très actif sur tous les flancs"
  • Les flammes sont loin de toute zone habitée mais, dès lundi, les 250 habitants de deux villages --Barsac et Montmaur-en-Diois-- avaient été évacués par précaution, puis plus de 450 enfants de deux colonies de vacances mardi

DIE: Plus de 430 pompiers tentaient toujours mercredi de ralentir un important incendie qui brûle depuis six jours la forêt d'une zone montagneuse inhabitée du sud de la Drôme, attisé par la chaleur, la sécheresse et des vents forts.

Le feu progresse peu avec une surface parcourue qui reste autour de 2.500 hectares, selon un bilan établi en milieu d'après-midi, mais "les conditions météorologiques défavorables complexifient encore nos manoeuvres et confirment nos inquiétudes", a expliqué sur place le lieutenant-colonel des pompiers Nicolas Héritier.

Les moyens aériens sur cette zone très escarpée et difficile d'accès au sol, sur la commune de Die, se limitaient vendredi à un hélicoptère lourd bombardier d'eau et un autre de reconnaissance, les deux Canadair attendus depuis plusieurs jours ayant été "priorisés" sur d'autres incendies dans le sud du pays où des habitations sont menacées.

L'effectif des pompiers va toutefois monter à 430 personnels en soirée avec des effectifs venant du Gard et du Vaucluse et sera renforcé, jeudi, avec 120 militaires de l'armée de terre spécialisés dans la lutte au sol contre les feux de forêts, a précisé le lieutenant-colonel Héritier.

L'incendie, qui a éclaté le 2 juillet, n'est "toujours pas fixé", selon l'officier, "il reste très actif sur tous les flancs".

Les flammes sont loin de toute zone habitée mais, dès lundi, les 250 habitants de deux villages --Barsac et Montmaur-en-Diois-- avaient été évacués par précaution, puis plus de 450 enfants de deux colonies de vacances mardi.

Mercredi, les habitants d'autres villages ont été appelés à se tenir prêts à quitter les lieux mais, en fin d'après-midi, la préfecture de la Drôme a indiqué qu'"aucune évacuation n'était nécessaire dans le secteur".

Habitant de Die, Yvan Bringard, 56 ans, voit les flammes depuis sa maison, sans se sentir en danger. "Les pompiers sont sereins, rassurés, et ça nous rassure aussi", a expliqué à l'AFP le retraité qui a accueilli pour la nuit plusieurs soldats du feu chez lui.

Des températures élevées, "jusqu'à 35°C", ainsi que "du vent du Nord de 20 km/h avec des rafales de 45", couplées à une sécheresse persistante et un terrain extrêmement difficile d'accès au sol expliquent que les pompiers n'arrivent toujours pas à arrêter la progression du feu, selon le lieutenant-colonel Héritier.

L'origine de cet incendie remonte à un premier feu provoqué par la foudre le 24 juin, déclaré éteint le lendemain. Malgré la surveillance des pompiers, un des foyers s'était réveillé une semaine plus tard, à la faveur d'un vent très fort et d'une chaleur persistante.

Dans le département voisin de l'Ardèche, 276 sapeurs-pompiers restent également mobilisés contre un autre incendie de végétation, qui a parcouru 90 hectares. Quatre d'entre eux ont été victimes de malaise, dont l'un transporté à l'hôpital.


La Cour de cassation n'a pas à se prononcer «plus rapidement», estime l'avocat de Le Pen

L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle. (AFP)
L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle. (AFP)
  • En janvier, le premier président de la Cour de cassation avait évoqué la possibilité que la plus haute instance judiciaire se prononce autour de la fin de l'année 2026 en cas de pourvoi, vu l'imminence de la présidentielle 2027 au printemps
  • Les délais de la Cour de cassation pour se prononcer sur un pourvoi contre une condamnation pénale sont normalement de huit mois à un an

PARIS: L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle.

La cour d'appel de Paris a condamné mardi Marine Le Pen à trois ans de prison, dont un an ferme sous surveillance électronique, dans l'affaire des assistants parlementaires d'eurodéputés du Front national.

Son inéligibilité ayant été réduite à 15 mois ferme, déjà purgés, la patronne du Rassemblement national a annoncé mardi sa candidature à l'élection présidentielle mais également déposé un pourvoi en cassation, qui suspend l'exécution de sa peine.

"Il avait été évoqué une accélération du calendrier de la Cour de cassation, pourquoi ? Parce qu'au moment où le président de la Cour de cassation l'avait évoqué, il y avait l'exécution provisoire (application immédiate de la peine d'inéligibilité prononcée en première instance, ndlr). L'exécution provisoire n'est plus du tout d'actualité", a déclaré mercredi sur France Inter son avocat Rodolphe Bosselut.

En janvier, le premier président de la Cour de cassation avait évoqué la possibilité que la plus haute instance judiciaire se prononce autour de la fin de l'année 2026 en cas de pourvoi, vu l'imminence de la présidentielle 2027 au printemps.

Les délais de la Cour de cassation pour se prononcer sur un pourvoi contre une condamnation pénale sont normalement de huit mois à un an.

"Quelle est en l'occurrence la situation qui justifierait que la Cour de cassation tranche plus rapidement que d'habitude ?", a interrogé Me Bosselut.

"Ce n'est pas moi qui ai accéléré la cour d'appel (...) Ce n'est pas moi qui ralentirai la Cour de cassation", a-t-il assuré, en référence au traitement de faveur judiciaire pour la tenue rapide d'un procès en appel dont a bénéficié Marine Le Pen.

"Je voudrais que le cours de la justice soit un cours identique à tous les justiciables", a-t-il conclu.

"A partir du moment où Marine Le Pen peut se présenter grâce à cet arrêt de la cour d'appel, il n'y a plus d'urgence à ce que la Cour de cassation se prononce", a abondé sur RMC-BFMTV le maire de Perpignan Louis Aliot, très proche de Marine Le Pen et également condamné dans ce dossier.

"Faites comme pour tout Français", a enjoint le directeur de campagne du RN Julien Sanchez sur RTL, rappelant que "le délai classique pour aller en cassation, en général, c'est douze, quinze mois".

La cour d'appel a déclaré mardi Marine Le Pen, le Rassemblement national et dix autres personnes coupables de la mise en place d'une "organisation" pour salarier au titre d'assistants parlementaires d'eurodéputés des personnes qui travaillaient en réalité pour le parti, "une rupture d'égalité" avec les autres formations politiques.

Sur les contrats litigieux d'assistants parlementaires dont elle était saisie, la cour d'appel a chiffré le préjudice total du Parlement européen à 2,8 millions d'euros entre 2004 et 2016.