Valérie Pécresse perd Woerth à quatre jours de son grand meeting

L'ancien ministre sarkozyste Eric Woerth (LR), président de la Commission des finances à l'Assemblée nationale. (Photo, AFP)
L'ancien ministre sarkozyste Eric Woerth (LR), président de la Commission des finances à l'Assemblée nationale. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 09 février 2022

Valérie Pécresse perd Woerth à quatre jours de son grand meeting

L'ancien ministre sarkozyste Eric Woerth (LR), président de la Commission des finances à l'Assemblée nationale. (Photo, AFP)
  • L'ancien ministre sarkozyste Eric Woerth (LR) a annoncé qu'il soutiendrait Emmanuel Macron plutôt que Valérie Pécresse pour la présidentielle
  • Le président de LR Christian Jacob a immédiatement demandé à Woerth de quitter la présidence de la Commission des finances de l'assemblée

PARIS: Coup dur pour la campagne de Valérie Pécresse: à quatre jours du grand meeting conçu pour relancer sa campagne, la candidate LR à la présidentielle perd le soutien de l'ancien ministre sarkozyste Eric Woerth, qui rejoint le camp Macron. 

« J'ai du respect et de l'amitié pour Valérie Pécresse » mais « j'ai décidé de soutenir Emmanuel Macron », a affirmé au Parisien le député, qui « n'adhère pas au discours de LR » et déplore une « course-poursuite » sur les sujets sécuritaires. 

Par contraste, un second mandat d'Emmanuel Macron serait selon lui « une chance pour la France » car il est « le mieux à même de défendre l’intérêt de la France et des Français ». 

Les réactions n'ont pas tardé: le président des Républicains Christian Jacob a immédiatement demandé à l'ex-ministre du Budget de quitter la présidence de la Commission des finances de l'Assemblée nationale, assurant qu'il ne pouvait « en aucun cas » rester LR. 

« C'est une question de dignité et de respect envers tous ses collègues », a abondé le patron des députés LR Damien Abad qui a fait par de sa « grande déception », avant une réunion des comités de soutien de Valérie Pécresse à Paris. 

Intervenant par vidéo, la candidate leur a demandé d'être « impassibles » en assurant: « la technique des débauchages n'est pas la nôtre. Nous sommes un parti de conviction et notre projet sera un projet de conviction ». 

L'amertume était toutefois perceptible dans le camp des Républicains. « L'animal repu va chercher une autre gamelle », a déploré le député Eric Diard. 

« La seule question est de savoir quel est le prix de la trahison ? L'avenir le dira. Ce n'est pas ma conception de l'honneur en politique », a fustigé Eric Ciotti. 

« Il y a une forme d'ingratitude envers un parti qui lui a offert de beaux et nombreux mandats » depuis son adhésion au RPR en 1981, a déploré Agnès Evren, porte-parole de la candidate. 

Tous rappelaient que le parti s'est « toujours tenu aux côtés » de l'ancien ministre du Budget, notamment lors de ses démêlés judiciaires dans l'affaire Bettencourt ou celle de l'hippodrome de Compiègne. Aux prochaines législatives, « il aura un candidat contre lui », a assuré Christian Jacob. 

« Anecdotique »  

Le timing aussi passe mal: « La politique c'est aussi de la dignité, c'est dégueulasse de le faire à quatre jours du meeting » de Valérie Pécresse, déplorait un membre de son équipe. 

Car la candidate LR, cernée par l'extrême-droite dans les sondages, compte sur ce grand raout au Zénith dimanche pour relancer une campagne qui patine. 

Avant Eric Woerth, l'ancienne ministre chiraquienne Catherine Vautrin avait elle aussi annoncé son ralliement au chef de l'Etat. 

Le député Pierre-Henri Dumont se voulait serein: « Ça va pas tuer dans l'œuf la dynamique » et « on va enclencher le deuxième étage de la fusée dimanche ». 

Quant à un éventuel effet d'entraînement, « je ne vois pas qui il pourrait entraîner, mais ça fait mal. C'est pas comme (l'ex-numéro 2 de LR Guillaume) Peltier, qui est retourné là d'où il venait. Là, c'est un ancien ministre de Nicolas Sarkozy », soupirait, amer, un député LR. 

Eric Pauget, conseiller politique de la candidate, relativisait: « On a deux cas isolés, ça reste anecdotique ». 

Mais ces deux débauchages intervenant à un mois pile d'intervalle rappellent l'équation compliquée de Valérie Pécresse pour retenir toutes les sensibilités de la droite. 

La candidate LR a beaucoup parlé en début de campagne de régalien, avec une rhétorique allant des « charters » aux « zones de non-France » très musclée.  

« Ma formation politique a dérivé », a regretté Eric Woerth, convaincu que les sujets sécuritaires « ne peuvent à eux seuls constituer un projet global ». 

Avec ce soutien, le député rejoint ainsi une longue liste d'anciens LR ralliés à Emmanuel Macron, depuis Bruno le Maire, Edouard Philippe et Gérald Darmanin en 2017 jusqu'au maire de Nice Christian Estrosi récemment. 

Mais certains chez LR ironisaient sur le « défi » qui attendrait Eric Woerth: « Je ne sais pas comment on peut critiquer 5 ans un bilan puis le défendre », a tweeté le député Julien Aubert. 

« Où est la cohérence? » s'est interrogée Agnès Evren, alors que ressortaient d'anciens tweets d'Eric Woerth, très critiques envers Emmanuel Macron sur les finances publiques notamment. 


Iran: pas de levée de sanctions «tant que» Téhéran ne renonce pas à son programme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région. (AFP)
  • "Il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques"
  • Interrogé sur le regain de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, le ministre français s'est refusé à dire que la guerre avait repris

PARIS: Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région.

"Il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques dont certains pourraient un jour être en capacité de viser l'Europe", a déclaré Jean-Noël Barrot sur BFM TV/RMC.

"Et tant qu'il n'aura pas rendu aux Iraniens la liberté de construire leur propre avenir", a-t-il ajouté.

Interrogé sur le regain de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, le ministre français s'est refusé à dire que la guerre avait repris.

"Le constat, c'est qu'il y a un accord qui a été trouvé et qui permet des choses très simples, c'est-à-dire l'arrêt des hostilités, la réouverture du détroit d'Ormuz et le démarrage d'une négociation pour encadrer strictement le programme nucléaire iranien", a-t-il dit.

Il a de nouveau appelé toutes les parties à revenir "au protocole de négociation qui a été fixé par cet accord parce que (...) elles n'ont aucun intérêt à l'escalade".

Les Etats-Unis ont encore bombardé l'Iran, Téhéran ripostant lundi en visant des pays de la région alliés de Washington, des frappes d'une ampleur sans précédent des deux côtés depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


14-Juillet et Coupe du monde: 7.000 policiers et gendarmes mardi à Paris et son agglomération

Le président français Emmanuel Macron et Charles Dreyfus, petit-fils d’Alfred Dreyfus, rendent hommage devant la statue en bronze de 3,5 mètres (12 pieds) réalisée en 1985 par l’artiste français Louis Mitelberg, alias Tim, représentant le capitaine Alfred Dreyfus, lors d’une cérémonie en son honneur organisée à l’occasion de la première journée nationale consacrée à la reconnaissance de son innocence par la Cour de cassation en 1906, et à la lutte contre la résurgence de l'antisémitisme, 120 ans plus tard, sur l'île de la Cité, près de la Cour de cassation à Paris, le 12 juillet 2026.  (AFP)
Le président français Emmanuel Macron et Charles Dreyfus, petit-fils d’Alfred Dreyfus, rendent hommage devant la statue en bronze de 3,5 mètres (12 pieds) réalisée en 1985 par l’artiste français Louis Mitelberg, alias Tim, représentant le capitaine Alfred Dreyfus, lors d’une cérémonie en son honneur organisée à l’occasion de la première journée nationale consacrée à la reconnaissance de son innocence par la Cour de cassation en 1906, et à la lutte contre la résurgence de l'antisémitisme, 120 ans plus tard, sur l'île de la Cité, près de la Cour de cassation à Paris, le 12 juillet 2026. (AFP)
  • Au total, sur l'ensemble du pays, 70.000 policiers et gendarmes seront déployés, comme l'a annoncé dimanche le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez
  • Pour ce faire, dans le détail, 5.000 effectifs de la PP, 2.000 policiers et gendarmes issus d'unités de force mobile et 2.000 pompiers  de la BSPP, seront mobilisés

PARIS: Un dispositif massif de 7.000 policiers et gendarmes et 2.000 sapeurs-pompiers sera déployé mardi à Paris et son agglomération pour assurer la sécurité des festivités du 14 juillet et prévenir tout débordement lors de la demi-finale de la Coupe du monde de football qui opposera en soirée la France à l'Espagne.

Dans un communiqué, la préfecture de police de Paris (PP) a précisé que ce lundi, déjà, 3.000 policiers de la PP renforcés par 1.000 effectifs issus d'unités de force mobile et 2.000 pompiers de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) seront mobilisés pour sécuriser le concert prévu sur le Champ-de-Mars et le spectacle de pyrotechnie et de drones dans la soirée.

Le lendemain, il s'agira de sécuriser le défilé militaire du 14 juillet sur les Champs-Elysées, le dernier d'Emmanuel Macron en tant que chef de l'Etat, et de permettre, selon les termes de la PP, de faire en sorte que la demi-finale de la coupe du Monde "reste une fête pour le plus grand nombre".

Pour ce faire, dans le détail, 5.000 effectifs de la PP, 2.000 policiers et gendarmes issus d'unités de force mobile et 2.000 pompiers  de la BSPP, seront mobilisés.

Au total, sur l'ensemble du pays, 70.000 policiers et gendarmes seront déployés, comme l'a annoncé dimanche le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.


France : deux Canadair envoyés face à l'incendie hors norme de Fontainebleau, près de Paris

Deux avions bombardiers d'eau Canadair ont été déployés lundi matin dans l'emblématique forêt de Fontainebleau, au sud de la capitale française, pour lutter contre un incendie d'une "ampleur exceptionnelle" selon les autorités. (AFP)
Deux avions bombardiers d'eau Canadair ont été déployés lundi matin dans l'emblématique forêt de Fontainebleau, au sud de la capitale française, pour lutter contre un incendie d'une "ampleur exceptionnelle" selon les autorités. (AFP)
  • Quelque 800 hectares avaient été parcourus lundi matin dans le massif forestier de Fontainebleau, emblématique poumon vert d'un peu plus de 20.000 ha situé à 60 km au sud-est de Paris
  • "Huit cents hectares, ça va se voir de haut... On va pleurer notre forêt", soupirait dans la nuit le premier adjoint au maire du village de Vaudoué, Didier Buguinet, qui n'a "jamais vu ça"

ARBONNE-LA-FORET: Deux avions bombardiers d'eau Canadair ont été déployés lundi matin dans l'emblématique forêt de Fontainebleau, au sud de la capitale française, pour lutter contre un incendie d'une "ampleur exceptionnelle" selon les autorités.

Actuellement les deux Canadair sont en action, et plus de 500 pompiers sont attendus dans la journée avec l'ensemble des renforts, ont indiqué les pompiers à la presse, alors que la France traverse sa troisième vague de chaleur de l'année, un contexte qui favorise fortement le risque de départs de feux.

Face à l'incendie qui a débuté dimanche, deux Dash avaient été utilisés pour larguer au sol du produit retardant, un déploiement d'avions de lutte contre le feu inédit en région parisienne.

Quelque 800 hectares avaient été parcourus lundi matin dans le massif forestier de Fontainebleau, emblématique poumon vert d'un peu plus de 20.000 ha situé à 60 km au sud-est de Paris.

"Huit cents hectares, ça va se voir de haut... On va pleurer notre forêt", soupirait dans la nuit le premier adjoint au maire du village de Vaudoué, Didier Buguinet, qui n'a "jamais vu ça".

Vigilance rouge canicule 

Le département de Seine-et-Marne, où se trouve la forêt, fait face depuis le déclenchement de la vigilance canicule rouge samedi à plusieurs incendies d'ampleur, qui ont couvert près de 400 hectares au total avant d'être maîtrisés.

Les sinistres ont entraîné dimanche l'interruption de la circulation sur une portion de l'autoroute A6, la principale artère menant vers le sud-est de la France et qui traverse la forêt.

Ils ont aussi provoqué des retards de trains de plusieurs heures, en raison notamment de dommages sur des câbles. La circulation ferroviaire a repris à une "vitesse normale" sur la ligne à grande vitesse, a indiqué lundi matin la compagnie nationale SNCF Réseau à l'AFP.

Dès dimanche, un panache de fumée flottant sur la forêt était visible à 20 km de distance, tandis que des camions de sapeurs-pompiers se rendaient sur le sinistre par les petites routes forestières. Ils ont reçu le renfort d'agriculteurs qui arrimaient des citernes d'eau à l'arrière de leurs tracteurs.

Malgré les appels des secours à rester confinés pour ne pas s'exposer aux fumées, des habitants sortaient sur le pas de leur porte pour assister médusés à ce ballet de véhicules de secours et de police, dans l'âcre fumée qui flotte sur la zone.

Selon un point des autorités lundi matin, environ 200 personnes ont dû être mises en sécurité en raison de la propagation de l'incendie, qui mobilise environ 370 pompiers sur le terrain.

Situation "amenée à durer" 

Le ministre de l'Intérieur français Laurent Nuñez est arrivé sur place en début de matinée. "La situation est amenée à durer", selon les autorités.

Partout en France, les secours ont dû lutter contre les flammes: dans les Pyrénées-Orientales (sud), la Drôme (sud-est), le Lot (sud-ouest), en Savoie (sud-est), mais aussi dans des secteurs plus septentrionaux, comme l'Indre (centre) ou la Loire-Atlantique (ouest), preuve qu'aucune région n'est à l'abri de ces incendies estivaux, favorisés par les épisodes de canicule de plus en plus fréquents.

Selon Laurent Nuñez, une fois le bilan "consolidé", "on sera à 25.000 hectares brûlés" en France, soit "deux fois plus par rapport à la même période" de 2025. Les autorités ont prévenu que les responsables de tels sinistres, volontairement ou par imprudence, feraient l'objet de poursuites pénales.

Elles ne laisseront "rien passer", a prévenu le ministre, qui a indiqué samedi que 32 personnes avaient été placées en garde à vue depuis le début de l'été.