Luc Montagnier, Nobel de médecine, est mort, discrédité par ses pairs

Le scientifique Luc Montagnier, prix Nobel pour la découverte dans les années 1980 du virus du sida, est mort à 89 ans. (Photo, AFP)
Le scientifique Luc Montagnier, prix Nobel pour la découverte dans les années 1980 du virus du sida, est mort à 89 ans. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 10 février 2022

Luc Montagnier, Nobel de médecine, est mort, discrédité par ses pairs

Le scientifique Luc Montagnier, prix Nobel pour la découverte dans les années 1980 du virus du sida, est mort à 89 ans. (Photo, AFP)
  • La mairie de Neuilly-sur-Seine, qui a assuré disposer de son certificat de décès, a fait part jeudi de la mort du virologue l'avant-veille à l'hôpital américain de la ville
  • Jeudi, les premières réactions à la mort de M. Montagnier étaient à l'aune de cette fin de vie en marge de la communauté scientifique

PARIS: Le scientifique Luc Montagnier, prix Nobel pour la découverte dans les années 1980 du virus du sida, est mort à 89 ans, discrédité depuis longtemps par la communauté scientifique après avoir multiplié les affirmations dénuées de fondement, notamment contre les vaccins. 

La mairie de Neuilly-sur-Seine, qui a assuré disposer de son certificat de décès, a fait part jeudi de la mort du virologue l'avant-veille à l'hôpital américain de la ville, confirmant des informations du journal Libération. 

Mais la nouvelle du décès de M. Montagnier tournait déjà depuis plus de 24 heures sur Internet, relayée par des personnalités et des sites coutumiers des fausses informations, comme celui du média en ligne FranceSoir. 

L'AFP a eu d'importantes difficultés à se faire confirmer cette information. La famille proche de M. Montagnier n'a pas communiqué sur son décès auprès des principaux médias. Quant aux institutions dont il avait été membre, comme l'Institut Pasteur ou le CNRS, elles n'ont pu être en mesure de vérifier l'annonce. 

Cette situation témoigne de la stature bien particulière du scientifique. Ancienne vedette de la recherche française, il s'était mis au ban de la communauté scientifique depuis une dizaine d'années par une série de prises de positions aberrantes. 

« Nous saluons ce jour le rôle déterminant de Luc Montagnier dans la co-découverte du VIH. Une avancée fondamentale à laquelle suivront malheureusement plusieurs années de dérives scientifiques que nous ne pouvons occulter », a ainsi réagi l'association Aides, engagée dans la lutte contre le sida. 

C'est en effet pour avoir dirigé l'équipe ayant isolé le virus du sida, le VIH, que M. Montagnier a obtenu le prix Nobel de médecine en 2008, aux côtés de sa collaboratrice Françoise Barré-Sinoussi mais sans le troisième homme de cette découverte, Jean-Claude Chermann. 

Réalisée au début des années 1980, alors qu'explosait la pandémie de sida sans espoir de survie à court terme pour les malades, cette découverte a été le premier pas qui a permis d'aboutir une quinzaine d'années plus tard à des traitements permettant de vivre avec la maladie. 

Elle a toutefois fait l'objet d'une longue polémique sur sa paternité avec l'équipe du chercheur américain Robert Gallo. MM. Montagnier et Gallo s'étaient finalement accordés sur l'idée que le premier avait isolé le virus, mais que le second avait établi son lien direct avec le sida. 

Salué par Didier Raoult 

Cette controverse en annonçait bien d'autres. Peu après l'obtention de son prix Nobel, M. Montagnier a commencé à défendre des théories discréditées scientifiquement, comme celle dite de la « mémoire de l'eau ». 

Le chercheur a également tenu de nombreux propos infondés contre la vaccination, une position qui lui a redonné de la visibilité lors de la crise de Covid-19, en particulier dans les milieux sceptiques quant à la gravité de la maladie ou l'efficacité des vaccins. 

Jeudi, les premières réactions à la mort de M. Montagnier étaient à l'aune de cette fin de vie en marge de la communauté scientifique. 

Elles venaient pour l'essentiel de figures vaccinosceptiques comme l'homme politique d'extrême droite Florian Philippot, à l'origine de manifestations hebdomadaires contre le pass vaccinal. 

« Il fut trainé dans la boue alors qu'il avait vu juste sur le Covid », a déclaré dès mercredi M. Philippot sur Twitter, dénonçant « l'étrange lenteur des médias » à relayer l'information. 

Le virologue Didier Raoult, lui-même largement discrédité pour ses positions en faveur de traitements médicamenteux inefficaces contre le Covid, a lui salué sur Twitter « l'originalité » et « l'indépendance » du chercheur 

Il a estimé qu'elles avaient à la fois valu à M. Montagnier le prix Nobel et « l'hostilité inouïe de ses collègues », et jugeant que les prises de positions finales de M. Montagnier avaient été l'objet d'une attention « disproportionnée ». 

Côté gouvernement, la seule réaction immédiate provenait de la ministre de la Recherche, Frédérique Vidal, qui dans un bref communiqué a fait part de son « émotion » et présenté ses condoléances à la famille de M. Montagnier, sans mentionner ses prises de position récentes. 


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".

 

 


Avec la plateforme RMC+, CMA Media accélère sur le streaming

Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. (AFP)
Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. (AFP)
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  • "Nous assumons complètement notre différenciation. Dans un univers où il y a Netflix, Prime Video, TF1+, France Télévisions, Youtube, M6+ et bien d'autres, prétendre se vouloir généraliste, c'est complètement vain"
  • Confrontées à la concurrence de géants comme Netflix ou Youtube, les chaînes de télévision traditionnelles tentent de renforcer leur présence sur le streaming

PARIS: Chaînes en direct, contenus du média Brut ou séries verticales: le groupe CMA Media, propriétaire de BFMTV et RMC, lance mardi une nouvelle plateforme de streaming avec l'ambition de changer d'échelle sur le numérique.

RMC+, qui succède à RMC BFM Play, va réunir sur une seule plateforme gratuite ses chaînes de la TNT (BFMTV, RMC Story, RMC Découverte, RMC Life), dix chaînes thématiques, dont une chaîne Brut - le média en ligne devenu propriété de CMA Media en 2025 -, et une offre de près de 10.000 heures de contenus à la demande.

En misant sur les classiques des chaînes RMC (mécanique, histoire et découverte, sport, enquêtes criminelles), des mini-séries verticales (ou micro-drama), des telenovelas et des créateurs de contenus comme Nota Bene ou Loury Lag notamment, "ce sera une véritable plateforme de streaming", résume Julie Gauchotte, directrice de la stratégie numérique de RMC BFM.

"Nous assumons complètement notre différenciation. Dans un univers où il y a Netflix, Prime Video, TF1+, France Télévisions, Youtube, M6+ et bien d'autres, prétendre se vouloir généraliste, c'est complètement vain", ajoute auprès de l'AFP Stéphane Sallé de Chou, directeur général du pôle Entertainment CMA Media.

"Mais on veut être les meilleurs dans nos univers", poursuit-il.

Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. CMA Media est aussi entrée en phase finale d'acquisition de la chaîne RMC Sport, qui diffuse notamment le MMA (arts martiaux mixtes).

Confrontées à la concurrence de géants comme Netflix ou Youtube, les chaînes de télévision traditionnelles tentent de renforcer leur présence sur le streaming. Mais leurs recettes publicitaires se concentrent encore très majoritairement sur la télé dite linéaire, à 93% dans le cas des chaînes BFMTV et RMC, contre 6% pour la plateforme RMC BFM Play et 1% sur les réseaux sociaux, explique-t-on chez CMA Média.

CMA Media a également noué début 2026 un partenariat avec Youtube pour y diffuser ses contenus et a lancé une agence de production audiovisuelle, CMA Studio. Le groupe compte aussi lancer un studio de créateurs de contenus, CMA Creator, d'ici fin 2026.

En parallèle, CMA Media veut faire des économies en vendant les neuf chaînes de télévision locales de BFM.


Mort à 79 ans de l'artiste palestinien Sliman Mansour

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
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  • Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970
  • Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne"

RAMALLAH: Le peintre et sculpteur Sliman Mansour, l'un des artistes palestiniens les plus renommés, est mort lundi à l'âge de 79 ans, a annoncé sa famille.

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches.

"Le dernier chapitre a été écrit. Le cœur serré par un chagrin indicible, nous annonçons que notre cher père a quitté ce monde", a déclaré sa famille dans un communiqué.

"Pour le monde, il laisse derrière lui une vie emplie de beauté et de mémoire, ainsi qu'un héritage qui se perpétuera à travers toutes les personnes dont il a marqué l'existence. Quant à nous, nous avons perdu un père qui était notre source d'amour, de force et notre refuge", ajoute la famille.

Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970.

Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne".

Le ministère a salué sa toile la plus connue, "Camel of Hardships" ("Le Chameau des fardeaux", 1973) - qui représente un vieil homme palestinien portant la ville de Jérusalem sur son dos - la qualifiant d'"icône nationale et artistique". L'oeuvre de Sliman Mansour faisait office "de témoin de l'histoire palestinienne et de gardien de l'identité", a-t-il ajouté.

Pleurant une "immense perte", la galerie Zawyeh de Ramallah a salué une "figure artistique majeure", qui, "à travers son œuvre, a exploré les thèmes du déplacement, de la résilience, de la résistance et du lien indéfectible unissant les Palestiniens à leur terre natale".

Sliman Mansour a reçu de nombreuses récompenses, parmi lesquelles le prix Unesco-Sharjah pour la culture arabe en 2019.