Au Mexique, un début d'année sanglant pour la liberté de la presse

Badge d'agent de police à Ario de Rosales (Mexique). Crédits: AFP
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Publié le Samedi 12 février 2022

Au Mexique, un début d'année sanglant pour la liberté de la presse

  • Cinq journalistes assassinés en moins d'un mois et demi : l'année 2022 a débuté de manière sanglante pour la liberté de la presse au Mexique, une spirale de la violence nourrie par l'impunité.
  • Le Mexique figure au 143e rang sur 180 dans le classement sur la liberté de la presse établi par RSF. Depuis le début des années 2000, 150 journalistes ont été assassinés dans le pays.

MEXICO : Cinq journalistes assassinés en moins d'un mois et demi : l'année 2022 a débuté de manière sanglante pour la liberté de la presse au Mexique, une spirale de la violence nourrie par l'impunité. 

L'assassinat d'Heber Lopez Vazquez, 39 ans, directeur du site d'information Noticias Web, abattu jeudi dans l'Etat d'Oaxaca (sud), porte désormais à cinq le nombre de journalistes tués depuis début 2022, contre sept pour l'ensemble de l'année 2021. 

Le reporter a été assassiné alors qu'il rentrait chez lui en voiture dans la ville de Salina Cruz. Deux meurtriers présumés ont été arrêtés.

Selon Balbina Flores, porte-parole de Reporters sans frontières (RSF) au Mexique, le journaliste, qui ne bénéficiait pas du programme gouvernemental de protection, avait reçu des menaces fin 2019 en lien avec des dénonciations de corruption contre un élu local. 

"Quelques jours avant (son assassinat), il a publié des informations sur la corruption dans la municipalité", a-t-elle expliqué à l'AFP.  

En janvier, quatre journalistes mexicains avaient déjà été tués. Deux à Tijuana (nord-ouest), la journaliste de télévision Lourdes Maldonado et le photoreporter Margarito Martinez ; Roberto Toledo, collaborateur du média en ligne Monitor, dans l'Etat de Michoacan (centre) et José Luis Gamboa, dans l'Etat de Veracruz (est).

Le Mexique, qui compte 126 millions d'habitants et connaît une spirale de violences liées au narcotrafic, figure au 143e rang sur 180 dans le classement sur la liberté de la presse établi par RSF. 

Depuis le début des années 2000, 150 journalistes ont été assassinés dans le pays, selon RSF. Parmi eux, 29 l'ont été depuis le début du mandat du président de gauche, Andres Manuel Lopez Obrador, au pouvoir depuis 2018. 

"Ce sextennat se profile comme un des plus sanglants" pour la presse, déplore Balbina Flores. 

Vendredi, le chef de l'Etat a promis "zéro impunité" pour les assassins de journalistes. "Et c'est un message à ceux qui sont impliqués dans la criminalité, tant la criminalité organisée que la criminalité en col blanc", a-t-il ajouté. 

« Niveau local »

RSF souligne toutefois que 92% des crimes contre les journalistes restent impunis dans le pays. 

"Au Mexique on tue (les journalistes) car cela ne coûte rien. Ceux qui courent le plus de risques ce sont les journalistes avec leur plume, leur ordinateur, leur enregistreur, leur micro, et ceux qui courent le moins de risque ce sont ceux qui appuient sur la gâchette", accuse Juan Vazquez, de l'association Articulo 19 qui défend la liberté de la presse. 

Outre les défaillances gouvernementales dans la protection des journalistes et l'impunité généralisée, un autre facteur apparaît : la majorité des assassinats "ont lieu au niveau local et concernent des petits organes de presse, très vulnérables comme leurs journalistes", souligne Mme Flores. 

Plusieurs journalistes tués au cours des dernières années dirigeaient ou travaillaient pour des sites internet, parfois même des pages Facebook, où ils diffusaient des informations sur les autorités locales, qui sont bien souvent en collusion avec des groupes criminels. 

Face à la difficulté de rentabiliser cette activité, certains journalistes doivent alterner avec d'autres emplois. 

"Au Mexique, le journalisme est très précaire" économiquement, souligne Balbina Flores, pour qui rares sont ceux qui parviennent à vivre de la profession. 

Cette situation conduit parfois les autorités à ne pas considérer ces assassinats comme des crimes contre la liberté de la presse. 

Cette violence croissante à l'encontre des journalistes s'inscrit également dans un contexte de défiance entre le gouvernement et le secteur de la presse. 

Le président Lopez Obrador n'hésite pas à qualifier les médias de "mercenaires" car servant, selon lui, des intérêts privés ennemis de son "processus de transformation".  

Vendredi, tout en déplorant l'assassinat d'Heber Lopez Vazquez, il n'a pas hésité à divulguer les revenus élevés qu'aurait perçus le journaliste Carlos Loret de Mola, l'un de ses plus grands détracteurs. 


Le pétrole monte fasse à l'impasse diplomatique entre Washington et Téhéran

"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News. (Reuters)
"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News. (Reuters)
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  • "Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous"
  • "L'impasse diplomatique entre les États-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre" de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown

LONDRES: Les cours du pétrole grimpent vendredi à l'approche d'un nouveau week-end sans perspective de retour à la normale des flux pétroliers transitant via le détroit d'Ormuz, deux mois et demi après le début de la guerre au Moyen-Orient.

Vers 09H10 GMT (11H10 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, gagnait 2,96% à 108,85 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juin, montait de 3,44% à 104,65 dollars.

"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News.

"L'impasse diplomatique entre les États-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre" de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown.

Si l'Iran a annoncé que ses forces navales avaient autorisé depuis mercredi le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, "pour l'instant, les flux de pétrole passant par le détroit restent limités et les stocks de pétrole continuent de diminuer", explique à l'AFP Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.

"Il est raisonnable de supposer qu'entre 10 à 13 millions de barils d'or noir par jour sont bloqués dans le Golfe", rappelle Tamas Varga, analyste chez PVM. En cumulé depuis le début de la guerre "ce chiffre s'approche du milliard de barils" perdus pour le marché.

Cette semaine, l'Agence internationale de l'énergie a averti que le monde puise dans ses réserves de pétrole à une vitesse record.

"On ne peut que conclure (...) que les prix du pétrole devraient être nettement plus élevés", juge M. Varga.

Et si les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran n'avancent pas, "nous devrons peut‑être commencer à nous inquiéter d'une ré‑escalade, ce qui signifie un risque de dommages supplémentaires aux infrastructures énergétiques de la région", a souligné Warren Patterson, analyste chez ING dans une visioconférence dédiée aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur le pétrole.

Selon lui, le marché du gaz, dont les prix ont un peu moins flambé que ceux du pétrole depuis le début du conflit, est particulièrement exposé car ce dernier "n'a pas vraiment le luxe de réserves stratégiques dans lesquelles on pourrait puiser", a précisé M. Patterson.

Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, prenait 3,03%, à 49,10 euros le mégawattheure.


Cinq Italiens décédés dans un accident de plongée aux Maldives

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
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  • Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé
  • Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué

MALE: Cinq Italiens sont décédés dans un accident de plongée aux Maldives, sans que les circonstances précises soient connues, a annoncé jeudi le ministère italien des Affaires étrangères, les forces de sécurité sur place ayant retrouvé un corps.

L'archipel est une destination de vacances de luxe, avec ses plages de sable blanc et ses complexes hôteliers isolés, prisée des plongeurs.

Des responsables locaux ont déclaré qu'il s'agissait du plus grave accident de plongée survenu dans ce pays composé de 1.192 minuscules îles coralliennes dispersées sur quelque 800 kilomètres le long de l'équateur, dans l'océan Indien.

"A la suite d'un accident survenu lors d'une sortie de plongée sous-marine, cinq ressortissants italiens ont trouvé la mort (...) aux Maldives. Les plongeurs auraient perdu la vie alors qu'ils tentaient d'explorer des grottes situées à 50 mètres de profondeur", précise le ministère, en soulignant que les autorités locales menaient une enquête.

Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé.

Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué.

"Un corps a été retrouvé", annonce le communiqué. Il a "été découvert à l'intérieur d'une grotte en profondeur (...) On pense que les quatre autres plongeurs se trouvent également dans cette même grotte, qui descend jusqu'à environ 60 mètres", précise-t-il.

Les MNDF ont aussi précisé qu'un navire des garde-côtes se trouvait dans la zone pour coordonner les opérations de recherche tout au long de la nuit. D'autres plongeurs des garde-côtes ont été envoyés en renfort pour participer aux recherches.

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs.

Une touriste britannique est décédée en décembre lors d'une plongée, et son mari, bouleversé, est mort quelques jours plus tard après être tombé malade.

En juin, un touriste japonais de 26 ans a disparu après une expédition de plongée près de la capitale.

Selon les médias locaux, au moins 112 touristes sont morts dans des incidents liés à la mer dans l'archipel au cours des six dernières années, dont 42 victimes d'accidents de plongée ou de plongée avec tuba.

 


Détroit d'Ormuz: Téhéran annonce laisser passer des navires chinois depuis mercredi

L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran"
  • Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique"

TEHERAN: L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran", ont indiqué jeudi dans un communiqué les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran.

Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique", ont-ils spécifié.

Cette autorisation donnée à plusieurs navires chinois a également été annoncée par des médias officiels iraniens.

La télévision d’État iranienne a notamment précisé que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à franchir le détroit d'Ormuz, sans indiquer s'il s'agissait exclusivement de navires chinois.

Le blocage iranien de cette voie maritime par laquelle transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole perturbe les marchés mondiaux et confère à Téhéran un levier stratégique.

Les Etats-Unis ont quant à eux imposé leur propre blocus des ports iraniens malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump, en visite jeudi en Chine, a discuté du détroit d'Ormuz avec son homologue Xi Jinping.

Selon un extrait d'une interview à la chaîne Fox News, Donald Trump a déclaré que M. Xi lui avait assuré que Pékin n'enverrait pas d'équipement militaire à l'Iran et était prêt à aider à la réouverture du détroit d'Ormuz.

La Chine est le principal pays importateur du pétrole iranien.