Un policier impliqué dans la mort de l'Afro-Américain George Floyd se défend

Vêtu d'un costume sombre, Tou Thao, 35 ans, a témoigné dans le cadre d'un procès fédéral ouvert le 20 janvier à Saint Paul, dans le nord des Etats-Unis, contre trois policiers impliqués dans la mort du quadragénaire noir. (AFP)
Vêtu d'un costume sombre, Tou Thao, 35 ans, a témoigné dans le cadre d'un procès fédéral ouvert le 20 janvier à Saint Paul, dans le nord des Etats-Unis, contre trois policiers impliqués dans la mort du quadragénaire noir. (AFP)
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Publié le Mercredi 16 février 2022

Un policier impliqué dans la mort de l'Afro-Américain George Floyd se défend

  • Premier des accusés à monter à la barre et à s'exprimer publiquement dans ce dossier, Thao a insisté sur le fait que, pendant l'agonie de George Floyd, il se tenait à distance
  • La scène, filmée et mise en ligne, avait déclenché d'immenses manifestations contre le racisme et les violences policières dans tous les Etats-Unis

SAINT-PAUL: "Je présumais qu'ils s'occupaient de lui": un des policiers jugés pour sa passivité lors du meurtre de l'Afro-Américain George Floyd a nié mardi toute responsabilité dans le drame, prenant soin de se distinguer de ses collègues.


Vêtu d'un costume sombre, Tou Thao, 35 ans, a témoigné dans le cadre d'un procès fédéral ouvert le 20 janvier à Saint Paul, dans le nord des Etats-Unis, contre trois policiers impliqués dans la mort du quadragénaire noir.


Premier des accusés à monter à la barre et à s'exprimer publiquement dans ce dossier qui a bouleversé le monde, ce fils de réfugiés laotiens a insisté sur le fait que, pendant l'agonie de George Floyd, il se tenait à distance.


"J'avais un rôle différent à jouer", a-t-il expliqué, se présentant comme "un cône de circulation humain" positionné au coin de la rue pour empêcher un accident, tandis que ses collègues cherchaient à maîtriser l'Afro-Américain. 


Ce 25 mai 2020, Alexander Kueng et Thomas Lane, deux nouvelles recrues de la police de Minneapolis, avaient été appelés par un commerçant qui soupçonnait George Floyd d'avoir utilisé un faux billet de 20 dollars pour payer un paquet de cigarettes.


Alors qu'ils peinaient à faire entrer dans leur véhicule cet homme à la stature imposante, ils avaient été rejoints par deux agents expérimentés, Tou Thao et Derek Chauvin. 


"En huit ans de carrière, je n'avais jamais vu une telle lutte", a déclaré Tou Thao, assurant que George Floyd avait "une force surhumaine" et "était sous l'influence de drogues" ce qui, selon lui, justifiait de le plaquer au sol, menotté.


Derek Chauvin s'était alors agenouillé sur son cou, les deux nouveaux à ses côtés, tandis que Tou Thao gardait les passants, affolés, à distance. Les quatre hommes n'avaient plus bougé malgré les râles du quadragénaire.


La scène, filmée et mise en ligne, avait déclenché d'immenses manifestations contre le racisme et les violences policières dans tous les Etats-Unis.


«Aucune idée»
En juin, Derek Chauvin a été reconnu coupable de meurtre et condamné à 22 ans et demi de prison par la justice de l'Etat du Minnesota. Ses trois collègues seront jugés dans ce cadre à partir du 13 juin prochain pour "complicité de meurtre".


En parallèle, la justice fédérale a ouvert des poursuites pour "violation des droits civiques" de George Floyd. En décembre, Derek Chauvin a plaidé coupable dans ce volet, admettant pour la première fois une part de responsabilité dans le drame.


Ses trois collègues comparaissent donc sans lui depuis près de trois semaines. Ils sont notamment accusés de ne pas avoir apporté les secours nécessaires au quadragénaire malgré les signes de détresse médicale, alors que c'est une obligation pour les policiers.


A la barre, Tou Thao a assuré n'avoir "eu aucune idée" de la gravité de l'état de George Floyd avant l'arrivée des secours. Pressé par l'accusation, il a redit avoir "présumé" que ses collègues s'en occupaient.


Mais il a dû reconnaître qu'il avait vu Derek Chauvin mettre son genou sur le cou du quadragénaire. Il a également admis avoir souvent regardé ce qu'il se passait derrière lui. "Ca veut dire que vous saviez que George Floyd ne résistait pas?" lui a demandé la procureure. "C'est possible", a-t-il répondu, visiblement en difficulté.


Le contre-interrogatoire doit reprendre mercredi. 


Les deux autres accusés qui, à eux deux, avaient dix patrouilles à leur actif, devraient aussi monter à la barre. Ils devraient insister sur l'ascendant exercé par Derek Chauvin et ses 19 ans d'expérience dans la police. 


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.