Trois policiers jugés pour avoir «regardé mourir» George Floyd sans bouger

Tribunal fédéral à Saint Paul, dans le nord des Etats-Unis, le 24 janvier 2022. (AFP)
Tribunal fédéral à Saint Paul, dans le nord des Etats-Unis, le 24 janvier 2022. (AFP)
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Publié le Mardi 25 janvier 2022

Trois policiers jugés pour avoir «regardé mourir» George Floyd sans bouger

  • «"Sous ta garde", cela implique "sous ta responsabilité": c'est un principe de base enseigné à chaque policier mais pendant 9 minutes et 29 secondes, les accusés ont ignoré leur formation»
  • Seconds rôles d'un drame qui a bouleversé le monde entier, les trois policiers comparaissent libres devant un tribunal fédéral pour «violation des droits civiques» du quadragénaire noir

SAINT PAUL: Ils "ont regardé un homme mourir et ont décidé de ne rien faire": trois policiers restés passifs lors du meurtre de l'Afro-Américain George Floyd ont été étrillés par l'accusation lundi, à l'ouverture de leur procès devant la justice fédérale.


Seconds rôles d'un drame qui a bouleversé le monde entier, Tou Thao, Alexander Kueng et Thomas Lane comparaissent libres devant un tribunal fédéral à Saint Paul, dans le nord des Etats-Unis, pour "violation des droits civiques" du quadragénaire noir.


Le 25 mai 2020, ils "ont regardé l'agonie lente et douloureuse de M. Floyd", a soutenu la procureure Samantha Trepel. Ce dernier, qui étouffait sous le genou de leur collègue Derek Chauvin, a "répété 25 fois +je ne peux pas respirer+ pour les alerter", mais ils ont sciemment "choisi" de ne pas intervenir, a-t-elle assené.


"+Sous ta garde+, cela implique +sous ta responsabilité+: c'est un principe de base enseigné à chaque policier", a-t-elle ajouté. Mais "pendant 9 minutes et 29 secondes, les accusés ont ignoré leur formation", leur responsabilité et leur serment.


Les avocats des trois hommes ont, en retour, contesté qu'ils aient "délibérément" décidé de laisser George Floyd mourir. Pour eux, ils ont logiquement fait confiance à Derek Chauvin, le "meneur de jeu" aux 19 ans de carrière, dans une situation "complexe".

Faux billet 
Le jour du drame, Alexander Kueng et Thomas Lane, deux nouvelles recrues de la police de Minneapolis, avaient été appelés par un commerçant qui soupçonnait George Floyd d'avoir utilisé un faux billet de 20 dollars pour payer un paquet de cigarettes.


Alors qu'ils peinaient à faire entrer dans leur véhicule cet homme à la stature imposante, ils avaient été rejoints par deux agents expérimentés. 


Les quatre avaient rapidement plaqué l'Afro-Américain au sol, menotté. Derek Chauvin s'était agenouillé sur son cou, les deux nouveaux à ses côtés, tandis que Tou Thao gardait les passants, affolés, à distance. 


Ils n'avaient plus bougé malgré les râles du quadragénaire et sa perte de conscience.


La scène, filmée et mise en ligne, avait déclenché d'immenses manifestations contre le racisme et les violences policières dans tous les Etats-Unis et au-delà, et continue de nourrir une réflexion sur le passé raciste de l'Amérique.


En juin, Derek Chauvin a été reconnu coupable de meurtre et condamné à 22 ans et demi de prison par la justice de l'Etat du Minnesota. Ses trois collègues seront jugés dans ce cadre à partir du 13 juin pour "complicité de meurtre".

«Une tragédie»
En parallèle, les procureurs fédéraux ont inculpé les quatre agents pour "violation des droits civiques" de George Floyd, notamment à la liberté et à la sécurité. Ces doubles poursuites sont autorisées aux Etats-Unis, mais relativement rares, et reflètent l'importance de ce dossier hors norme.


En décembre, Derek Chauvin a plaidé coupable dans ce volet fédéral, admettant pour la première fois une part de responsabilité dans le drame.


Ses trois collègues plaident, eux, non coupable. Ils sont tous accusés de ne pas avoir apporté les secours nécessaires au quadragénaire malgré les signes de détresse médicale. 


Tou Thao et Alexander Kueng se voient également reprocher de ne pas être intervenus pour dissuader Derek Chauvin d'"exercer une force déraisonnable". Thomas Lane, qui avait à deux reprises suggéré de positionner l'Afro-Américain sur son flanc, n'est pas visé par ce chef d'inculpation.


Lundi, leurs avocats ont reconnu la gravité des événements. Mais "une tragédie n'est pas un crime", a souligné Robert Paule, qui défend Tou Thao.


Ils ont particulièrement insisté sur l'absence d'expérience des agents Kueng et Lang, déployés sur le terrain depuis quelques jours seulement et qui, au total, n'avaient pas cinq patrouilles à leur actif.


Derek Chauvin avait participé à la formation d'Alexander Kueng, a ajouté l'avocat de ce dernier. "Les preuves vont montreront qu'il avait pris le contrôle de la scène le 25 mai 2020", a ajouté Me Thomas Plunkett, en le qualifiant de "meneur de jeu".


Le procès pourrait durer quatre semaines.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
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  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.


Israël: l'épouse de Netanyahu s'en prend à un opposant, relayant une théorie du complot

Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
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  • Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari
  • M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré

JERUSALEM: Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées.

Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari.

M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré.

Ces propos ont suscité une levée de boucliers dans l'opposition. Le parti de M. Golan a vivement condamné sur son compte X des propos "vils et mensongers".

"La diffusion de théories du complot contre le général Yaïr Golan et la diffamation de son héroïsme le 7 octobre franchissent une ligne rouge qui frise la folie", a ajouté le mouvement.

Gadi Eizenkot, dirigeant du parti Yashar et principal opposant au Premier ministre, a également fustigé sur X "la théorie folle et mensongère du complot de trahison" propagée selon lui par l'entourage de M. Netanyahu pour "attiser la haine et perpétuer" son pouvoir.

Ces accusations font écho à des thèses complotistes récurrentes au sein d'une partie de la classe politique.

Selon un sondage réalisé pour la chaîne 13 en août, 40% des Israéliens et 63% des électeurs de la coalition actuelle estiment qu'une trahison interne a conduit au massacre du 7 octobre 2023.

L'attaque sans précédent du groupe armé palestinien Hamas contre Israël a fait 1.221 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP. Le Hamas avait également enlevé 251 personnes, emmenées à Gaza.

L'offensive lancée en représailles par Israël dans la bande de Gaza a fait plus de 73.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Un cessez-le-feu précaire est en vigueur depuis octobre 2025.