Présidentielle: priorité à l'international pour Macron

Le président français Emmanuel Macron donne une conférence de presse lors d'un sommet de l'UE et de l'UA à Bruxelles le 18 février 2022 (Photo, AFP). .
Le président français Emmanuel Macron donne une conférence de presse lors d'un sommet de l'UE et de l'UA à Bruxelles le 18 février 2022 (Photo, AFP). .
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Publié le Lundi 21 février 2022

Présidentielle: priorité à l'international pour Macron

  • L'intense activité diplomatique du chef de l'Etat a d'autant plus marqué le week-end que la campagne présidentielle a pris des airs de faux plat, avec un seul meeting, celui d'Eric Zemmour samedi
  • Emmanuel Macron semble récolter les fruits de son activité internationale: il recueille 39% de satisfaits dans le baromètre Ifop pour le JDD paru dimanche

PARIS: Présider "jusqu'au dernier quart d'heure": Emmanuel Macron, qui multiplie les consultations sur l'Ukraine, devrait repousser la question de sa candidature au plus près de la date limite fixée par le Conseil constitutionnel le 4 mars, une échéance qui inquiète plusieurs de ses concurrents.

Dimanche, le président de la République s'est à nouveau entretenu par téléphone avec Vladimir Poutine, le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le chancelier allemand Olaf Scholz, avant un appel à Joe Biden dans la soirée.

L'intense activité diplomatique du chef de l'Etat a d'autant plus marqué le week-end que la campagne présidentielle a pris des airs de faux plat, avec un seul meeting, celui d'Eric Zemmour samedi, respiration avant une semaine dont le point d'orgue sera l'ouverture du Salon de l'agriculture samedi.

L'occasion pour Emmanuel Macron de franchir le pas ? L'hypothèse a été étudiée par les proches du président, mais n'a a priori pas été retenue.

Selon son entourage, le chef de l'Etat est très attaché à l'idée de prouver qu'il préside "jusqu'au dernier quart d'heure", rappelant dimanche que son agenda de président de la République "détermine tout" et que "les défis actuels sont immenses".

Sa déclaration de candidature devrait dès lors être repoussée à la semaine du 28 février. Son entourage renvoyait dimanche à une interview il y a dix jours dans Ouest-France dans laquelle Emmanuel Macron dit, lorsqu'on lui demande s'il ne se déclare qu'en mars: "je ne vous ai rien dit", avec un petit sourire.

"J'attends qu'Emmanuel Macron arrête de se cacher et annonce sa candidature", d'autant qu'il "n'est pas le gendarme du monde", a réagi le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, sur BFMTV.

Reste que le chef de l'Etat semble récolter les fruits de son activité internationale: il recueille 39% de satisfaits dans le baromètre Ifop pour le JDD paru dimanche, deux points de plus en un mois et a pu s'enorgueillir de nouveaux soutiens publics venus de la gauche, l'ancienne ministre de la Santé Marisol Touraine et l'ex-garde des Sceaux Elisabeth Guigou.

Le Conseil constitutionnel a fixé au vendredi 4 mars, 18H00, la date butoir pour présenter ses 500 parrainages et se déclarer formellement candidat.

Combien seront-ils sur la ligne de départ ? 

«Très dur»

Dimanche, le candidat d'extrême droite Éric Zemmour a assuré qu'il était "très possible" qu'il ne les obtienne pas. Au dernier comptage jeudi, il n'en avait recueilli que 291 et a annulé un déplacement à la Réunion pour se consacrer à la tâche.

"Je n'ai aucune certitude, c'est très dur, on passe des heures à téléphoner, mon ami Philippe de Villiers parle des heures avec les maires, Guillaume Peltier parle des heures avec les maires, moi-même je téléphone aux maires pour essayer de les convaincre", a insisté l'ex-polémiste sur Europe 1 et CNews, en faisant valoir que s'il devait être empêché, cela rendrait, selon lui, l'"élection illégitime".

"C'est une situation qui, démocratiquement est terrifiante", a abondé Marine Le Pen sur France Inter, en affirmant n'avoir "jamais été aussi inquiète".

A la recherche d'une cinquantaine de signatures manquantes, celle qui fut déjà candidate en 2012 et 2017 a jugé que ne pas être sur la ligne de départ "pour des raisons administratives" serait "inouï, scandaleux, gravissime" et a appelé "tous les maires" à se mobiliser.

Lisnard parraine Mélenchon

Christiane Taubira (seulement 86 signatures) a elle aussi pointé sur BFMTV un "dispositif administratif" qui, selon elle, provoque une "interrogation démocratique". Elle affirme disposer de "plus de 600 promesses de parrainages" mais dont la plupart n'ont pas été concrétisées.

La question des parrainages, antienne de chaque élection présidentielle bien qu'aucun candidat bien placé dans les sondages n'ait jamais échoué à les recueillir, concerne également Jean-Luc Mélenchon, qui n'a pour l'instant que 370 paraphes malgré ses 10% d'intentions de vote.

L'un de ses principaux lieutenants, le député Adrien Quatennens, a reconnu sur LCI que "ça n'était pas simple et que rien n'est dit par avance".

Le leader insoumis a toutefois reçu dans la soirée le parrainage inattendu "en son nom personnel" du président de l'Association des maires de France, David Lisnard, maire LR de Cannes et soutien de Valérie Pécresse.

"Je combats ardemment (les) convictions (de M. Mélenchon), ses idées, ses valeurs, mais il doit pouvoir concourir", au même titre que Mme Le Pen ou M. Zemmour, a-t-il expliqué dans une vidéo.

Au jeu des signatures, c'est la candidate des Républicains, Valérie Pécresse, qui fait la course en tête avec près de 2.000 parrainages, devant Emmanuel Macron (1.345 paraphes).

Une petite consolation pour celle qui a connu une semaine "horribilis" après un meeting jugé raté, prélude à un tassement dans les intentions de vote qui la placent à touche-touche avec Eric Zemmour, derrière Emmanuel Macron et Marine Le Pen.


G7 : Appel « à un arrêt immédiat » des attaques contre les civils en Iran et au Moyen-Orient

Les ministres des Affaires étrangères du G7 posent pour une photo de groupe à l’Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Paris, le 27 mars 2026. (AFP)
Les ministres des Affaires étrangères du G7 posent pour une photo de groupe à l’Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Paris, le 27 mars 2026. (AFP)
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  • Le G7 appelle à l’arrêt immédiat des attaques contre les civils et les infrastructures en Iran et au Moyen-Orient, et insiste sur la coordination de l’aide humanitaire
  • Les ministres réaffirment la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz et appellent à des partenariats pour atténuer les chocs économiques mondiaux

DUBAÏ : Les ministres des Affaires étrangères des pays du G7 – Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni – ainsi que la haute représentante de l’Union européenne, se sont réunis sous présidence française à l’Abbaye des Vaux-de-Cernay, en France, les 26 et 27 mars 2026. La rencontre a porté sur la situation en Iran et dans l’ensemble du Moyen-Orient.

Dans une déclaration conjointe, les responsables ont insisté sur la nécessité de limiter les conséquences du conflit pour les populations civiles, les partenaires régionaux et les infrastructures critiques, tout en coordonnant les efforts d’aide humanitaire.

« Nous appelons à un arrêt immédiat des attaques contre les populations et les infrastructures civiles. Rien ne justifie de prendre pour cible des civils de manière délibérée lors de conflits armés ni de mener des attaques contre des installations diplomatiques », soulignent-ils.

Les ministres ont également évoqué l’importance de partenariats diversifiés pour atténuer les chocs économiques mondiaux, notamment les perturbations des chaînes d’approvisionnement, qui ont des répercussions directes sur (leurs) concitoyens, dans les secteurs économique, énergétique, commercial et des engrais.

Enfin, le G7 a réaffirmé la nécessité de garantir « de manière permanente la liberté de navigation gratuite et sûre » dans le détroit d’Ormuz, conformément à la résolution 2817 du Conseil de sécurité des Nations Unies et au droit de la mer.


Villepin retourne dans l'arène, avec 2027 dans le viseur

Dominique de Villepin a déjà la panoplie du candidat. Un parti, La France humaniste, lancé en juin 2025. Une présence médiatique. Un livre politique, sorti l'an dernier. (AFP)
Dominique de Villepin a déjà la panoplie du candidat. Un parti, La France humaniste, lancé en juin 2025. Une présence médiatique. Un livre politique, sorti l'an dernier. (AFP)
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  • L'homme politique de 72 ans, figure de la présidence de Jacques Chirac, prépare plus ou moins discrètement son grand retour
  • Il se montre en tout cas très généreux en indices. En janvier, il clame ainsi, après avoir multiplié les allusions, sa volonté d'être "présent" dans "le grand combat" de 2027

PARIS: Quand se lancera-t-il? L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin entretient un suspense savamment construit, bien que mince, sur sa candidature à l'élection présidentielle, et remet vendredi un pied dans l'arène avec une conférence sur "l'état de la France".

L'homme politique de 72 ans, figure de la présidence de Jacques Chirac, prépare plus ou moins discrètement son grand retour.

Il se montre en tout cas très généreux en indices. En janvier, il clame ainsi, après avoir multiplié les allusions, sa volonté d'être "présent" dans "le grand combat" de 2027.

Dominique de Villepin a déjà la panoplie du candidat. Un parti, La France humaniste, lancé en juin 2025. Une présence médiatique. Un livre politique, sorti l'an dernier.

Une bonne cote de popularité aussi, même si, pour l'instant, elle ne se convertit pas en intentions de vote.

Pour changer cela, Dominique de Villepin veut accélérer le mouvement.

Première étape: une conférence à l'université parisienne de La Sorbonne vendredi à 20H, centrée sur la politique nationale. Ces derniers mois, il avait surtout commenté les questions internationales.

"Le but est de poser un constat sur l'état de la France" et du même coup "les jalons d'une ligne politique", dit son entourage à l'AFP. "C'est la pré-campagne présidentielle qui s'ouvre", ajoute-t-on.

Pour la vraie campagne, patience. Son entourage affirme que l'annonce de candidature pourrait arriver "dès avril comme en décembre".

Questionné sur LCP en janvier concernant son calendrier, Dominique de Villepin répond qu'il faut attendre que les Français soient "dans le temps de la présidentielle". Les élections municipales étant passées, la route est dégagée.

Dostoïevski 

Dominique de Villepin joue sa propre temporalité, volontiers à contre-courant.

Sur les réseaux sociaux, où les formats courts et survoltés règnent, ce passionné de poésie publie des vidéos dans lesquelles il analyse en détail les écrivains Fiodor Dostoïevski, Léon Tolstoï ou Albert Camus - mais aussi l'Evangile selon Saint Jean.

Héraut d'un droit international piétiné, l'énarque au verbe flamboyant signe des messages fleuves disséquant l'actualité du monde, Iran, Gaza ou Venezuela.

Il s'exprime sur ces sujets avec sa légitimité de diplomate de carrière devenu ministre des Affaires étrangères sous Jacques Chirac de 2002 à 2004. Et surtout, en tant que visage du "non" français à la guerre en Irak en 2003, son heure de gloire.

Sa position d'observateur, hors du jeu, lui permet pour l'instant de commenter ce qui lui plaît sans trop se mouiller.

Un retour réussi signerait une revanche de taille pour Dominique de Villepin, effacé par l'accession à l'Elysée de son rival Nicolas Sarkozy en 2007 puis la brumeuse affaire Cleastream, dans laquelle il a finalement été relaxé.

Sa tentative présidentielle, en 2012, s'était arrêtée dans la douleur quand il avait échoué à rassembler les parrainages d'élus locaux nécessaires pour candidater. Il dit en avoir tiré les leçons.

A droite, à gauche 

Mais qui constituerait son électorat? Si sa carrière politique s'est faite à droite, ses récentes prises de position tranchent avec cet héritage.

Il s'élève contre le "désastre humanitaire" à Gaza, critique l'impopulaire réforme des retraites, insiste sur le besoin de justice sociale et veut réinventer le monde du travail.

En février, le coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard l'a jugé "plus à gauche" que le Parti socialiste quand il a dénoncé la "diabolisation" de LFI dans l'affaire du meurtre de Quentin Deranque.

Dominique de Villepin, acclamé à la Fête de l'Humanité en 2024, chasse même sur les terres des Ecologistes en plaidant pour "mettre fin à l'exploitation aveugle des ressources".

Son créneau un peu à part lui vaut d'être isolé.

Il ne semble pas chercher à se faire des amis dans son ancienne famille politique, dont il dénonce "la course à l'échalote avec l'extrême droite" et la "tentation identitaire".

Pour le Dominique de Villepin version 2026, l'avenir est plutôt vers l'électorat centriste ou de gauche modérée. Mais son profil d'homme fortuné, nourri par ses activités de consultant, et son CV de chiraquien pourraient en irriter une partie.

Sur ce marché, il ne manque aussi pas de concurrents. Rien qu'au centre, deux autres anciens Premiers ministres, Edouard Philippe et Gabriel Attal, se disputent déjà la lumière. A plus d'un an de l'échéance, d'autres encore peuvent éclore.

 

 


Hommage national à Lionel Jospin aux Invalides

Un "grand destin français", une "certaine idée de la gauche": Emmanuel Macron rend un hommage national jeudi à l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin, décédé dimanche, symbole la "gauche plurielle" au gouvernement de 1997 à 2002. (AFP)
Un "grand destin français", une "certaine idée de la gauche": Emmanuel Macron rend un hommage national jeudi à l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin, décédé dimanche, symbole la "gauche plurielle" au gouvernement de 1997 à 2002. (AFP)
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  • La cérémonie se déroulera à 11H00 aux Invalides, dans la cour Sud du Dôme et non dans la cour d'honneur pavée, comme le veut la tradition, en raison de travaux, en présence du Premier ministre Sébastien Lecornu
  • De nombreuses personnalités de gauche sont également attendues dont l'ancien président François Hollande, qui était très proche de Lionel Jospin, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure et les anciens Premiers ministres PS

PARIS: Un "grand destin français", une "certaine idée de la gauche": Emmanuel Macron rend un hommage national jeudi à l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin, décédé dimanche, symbole la "gauche plurielle" au gouvernement de 1997 à 2002.

La cérémonie se déroulera à 11H00 aux Invalides, dans la cour Sud du Dôme et non dans la cour d'honneur pavée, comme le veut la tradition, en raison de travaux, en présence du Premier ministre Sébastien Lecornu, des membres du gouvernement, des présidents des deux Chambres et ceux des commissions et groupes parlementaires.

De nombreuses personnalités de gauche sont également attendues dont l'ancien président François Hollande, qui était très proche de Lionel Jospin, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure et les anciens Premiers ministres PS Laurent Fabius, Édith Cresson ou encore Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls.

Mais sans Jean-Luc Mélenchon, qui s'est plaint jeudi de ne pas avoir été invité, ce que démentent l'Élysée et les proches de l'ancien Premier ministre. L'ancien ministre de l'Enseignement professionnel (2000-2002) a ensuite assuré avoir été invité par sms jeudi "matin", un délai trop court pour "être présent à Paris".

Le cercueil fera son entrée à 11H05 dans la cour, sur une marche funèbre, au pas du tambour. Suivront l'éloge funèbre du chef de l'État, la sonnerie "Aux Morts", une minute de silence et la Marseillaise. La garde républicaine doit interpréter la chanson de Jacques Prévert et Vladimir Kosma, "Les Feuilles mortes", que Lionel Jospin avait lui-même interprétée dans une émission télévisée en 1984.

"Le souvenir d'un homme droit, construit, au service des autres (...) un homme comme il y en a peu aujourd'hui", a déclaré aux journalistes Dominique Strauss-Kahn, son ancien ministre des Finances en arrivant aux Invalides.

Les obsèques de Lionel Jospin, décédé à l'âge de 88 ans, se dérouleront à 14H30 au cimetière parisien du Montparnasse.

Plusieurs milliers de personnes sont attendues pour cet hommage plus personnel ouvert au public, durant lequel François Hollande, à la tête du PS quand Lionel Jospin était à Matignon, Martine Aubry, son emblématique ministre du Travail, Daniel Vaillant, ex-ministre de l'Intérieur ou encore Pierre Moscovici, à l'époque chargé des Affaires européennes, prendront la parole.

A cette occasion, le PS invite chaque militant à apporter une rose et des cahiers d'hommage seront ouverts dans l'ensemble des fédérations.