ONU: La guerre en Ukraine doit être arrêtée à tout prix

Le déploiement de troupes russes dans l'est de l'Ukraine a fait suite à la décision de reconnaître l'indépendance des régions séparatistes de Donetsk et de Louhansk (Photo, Reuters).
Le déploiement de troupes russes dans l'est de l'Ukraine a fait suite à la décision de reconnaître l'indépendance des régions séparatistes de Donetsk et de Louhansk (Photo, Reuters).
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Publié le Mercredi 23 février 2022

ONU: La guerre en Ukraine doit être arrêtée à tout prix

  • DiCarlo a appelé à l'arrêt immédiat des hostilités, à la protection des civils et des infrastructures civiles, et à la fin de la rhétorique incendiaire
  • Le représentant russe rejette les «revendications émotionnelles» et affirme que le rôle des troupes est de maintenir la paix dans les régions de Donetsk et Louhansk

NEW YORK: Un conflit majeur entre la Russie et l'Ukraine doit être évité à tout prix, a déclaré la secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix, Rosemary DiCarlo, lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité.
S’adressant au conseil lundi soir, DiCarlo s'est dite préoccupée par l'intensification des bombardements à Donetsk et Louhansk à la suite de la décision du président russe, Vladimir Poutine, d'envoyer des troupes russes dans les deux régions séparatistes prorusses à l'est du pays.
Les tirs d'artillerie ont fait des victimes, ciblé des infrastructures civiles et provoqué des évacuations massives.
Rappelant aux membres du Conseil de sécurité leurs responsabilités en vertu du droit international humanitaire, DiCarlo a appelé à l'arrêt immédiat des hostilités, à la protection des civils et des infrastructures civiles, et à la fin de la rhétorique incendiaire.
La responsable de l'ONU a qualifié les heures et les jours à venir de «cruciaux», et a réitéré l'engagement de l'ONU «à rester et agir en conséquence, et à demeurer pleinement opérationnelle en Ukraine, notamment dans les régions de Donetsk et Louhansk».
Le déploiement de troupes russes dans l'est de l'Ukraine a fait suite à la décision de reconnaître les régions séparatistes de Donetsk et Louhansk en tant qu'États indépendants.
Décrivant le déploiement comme une «mission de maintien de la paix», Poutine a déclaré que la décision aurait dû être prise «il y a longtemps».
Après cette annonce, l'Ukraine a demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité, présidée ce mois-ci par la Russie.
Le conflit dans l'est de l'Ukraine, qui en est maintenant à sa huitième année, place plus de 3,4 millions d'Ukrainiens dans le besoin d'une aide humanitaire urgente, selon l'ONU.
L'ambassadeur ukrainien Sergei Kyslystya a décrit la Russie comme un «virus» propagé par le Kremlin, rendant l'ONU «malade».
Il a déclaré que les frontières internationalement reconnues de l'Ukraine étaient immuables, quelles que soient les actions et les déclarations russes.
«Nous sommes sur nos terres. Nous ne devons rien à personne. Et nous ne céderons rien à personne. Nous n'avons peur de rien ni de personne.»
La représentante permanente des États-Unis auprès de l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, a mis en garde contre les conséquences «rapides et graves» en cas d’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Elle a déclaré que Poutine «testait notre détermination» et a accusé le dirigeant russe de vouloir «démontrer le fait que par la force, il pouvait faire de l'ONU une mascarade».
Thomas-Greenfield a débuté son discours en faisant référence à la Seconde Guerre mondiale, affirmant que la charte de l'ONU qui en avait résulté avait «constitué un rempart contre les pires impulsions des empires et des autocrates».
 «L'histoire nous montre que le fait de détourner le regard face à une telle hostilité aura des conséquences beaucoup plus graves. L'attaque manifeste de la Russie contre la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine n'a pas été provoquée. C'est une attaque contre le statut de l'Ukraine en tant qu'État membre de l'ONU. Cela viole un principe fondamental du droit international et va à l’encontre de notre charte», a-t-elle ajouté.
La représentante américaine a accusé Poutine de chercher à créer un prétexte pour une nouvelle invasion de l'Ukraine.
«Les conséquences de ces actes se feront sentir bien au-delà des frontières de l'Ukraine», a-t-elle déclaré.
Thomas-Greenfield a ajouté: «En ce moment, personne ne peut rester sur la touche.»
La représentante permanente du Royaume-Uni, Barbara Woodward, a déclaré: «La Russie nous a amenés au bord du gouffre. Nous l’exhortons à faire marche arrière.»
Elle a appelé le Conseil de sécurité à défendre l'intégrité territoriale de l'Ukraine et à rester uni pour condamner «cette agression contre une nation souveraine».
Cependant, le représentant permanent de la Russie, Vassily Nebenzia, qui présidait la réunion d'urgence, a rejeté ce qu'il a qualifié «d’un certain nombre de déclarations très émotionnelles, d'analyses catégoriques et de conclusions d’une grande portée».
Il a exhorté les représentants occidentaux à «revenir à la raison, à mettre de côté leurs émotions et à ne pas aggraver la situation».
Nebenzia a invoqué des accords «signés aujourd'hui par les Républiques populaires de Louhansk et de Donetsk», rappelant le fait que «le maintien de la paix sur leurs territoires sera assuré par les forces armées de la fédération de Russie».
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'est dit préoccupé par la reconnaissance de Donetsk et de Louhansk par la Russie en tant qu'États indépendants.
Il a décrit le déploiement des troupes russes comme «une violation de l'intégrité territoriale et de la souveraineté de l'Ukraine et comme étant incompatible avec les principes de la charte des Nations unies».
Guterres a appelé au «règlement pacifique du conflit, conformément aux accords de Minsk et tels qu'approuvés par le Conseil de sécurité dans la résolution 2202».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Suni Williams, l'astronaute bloquée neuf mois dans l'ISS, prend sa retraite

 L'astronaute américaine Suni Williams, dont le séjour dans l'espace initialement prévu pour durer huit jours avait duré neuf mois à cause de défaillances techniques dans le vaisseau qui devait la ramener sur Terre, a pris sa retraite fin décembre, a annoncé mardi la Nasa. (AFP)
L'astronaute américaine Suni Williams, dont le séjour dans l'espace initialement prévu pour durer huit jours avait duré neuf mois à cause de défaillances techniques dans le vaisseau qui devait la ramener sur Terre, a pris sa retraite fin décembre, a annoncé mardi la Nasa. (AFP)
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  • Les deux vétérans de l'espace avaient vu leur séjour s'éterniser en raison des problèmes détectés sur le système de propulsion du vaisseau spatial Boeing Starliner, qui effectuait avec eux son premier vol habité
  • La situation avait conduit la Nasa à décider à l'été 2024 de ramener le vaisseau de Boeing à vide sur Terre et de faire revenir les deux astronautes par l'entremise de SpaceX, l'entreprise du multimilliardaire Elon Musk

WASHINGTON: L'astronaute américaine Suni Williams, dont le séjour dans l'espace initialement prévu pour durer huit jours avait duré neuf mois à cause de défaillances techniques dans le vaisseau qui devait la ramener sur Terre, a pris sa retraite fin décembre, a annoncé mardi la Nasa.

L'astronaute était devenue célèbre avec son collègue Butch Wilmore quand leur voyage aller-retour vers la Station spatiale internationale (ISS), qui devait durer huit jours en juin 2024, s'était prolongé au-delà de neuf mois, bien plus longtemps que les rotations classiques d'environ six mois.

Les deux vétérans de l'espace avaient vu leur séjour s'éterniser en raison des problèmes détectés sur le système de propulsion du vaisseau spatial Boeing Starliner, qui effectuait avec eux son premier vol habité.

La situation avait conduit la Nasa à décider à l'été 2024 de ramener le vaisseau de Boeing à vide sur Terre et de faire revenir les deux astronautes par l'entremise de SpaceX, l'entreprise du multimilliardaire Elon Musk.

Les deux astronautes avaient pu finalement revenir sur Terre en mars 2025 après 286 jours dans l'espace.

Leur périple avait pris une tournure politique avec le retour au pouvoir du président républicain Donald Trump, ce dernier accusant son prédécesseur démocrate Joe Biden d'avoir volontairement "abandonné" les deux infortunés.

Suni Williams, 60 ans, avait rejoint la Nasa en 1998. Elle a été "une pionnière des vols spatiaux habités, façonnant l'avenir de l'exploration grâce à son leadership à bord de la station spatiale", a déclaré Jared Isaacman, directeur de la Nasa, dans un communiqué.

Suni Williams a participé à trois missions à bord de l'ISS, la première ayant eu lieu en 2006.

Au cours de sa carrière, Suni Williams a passé 608 jours dans l'espace, ce qui représente le deuxième plus long temps cumulé passé dans l'espace dans l'histoire de la Nasa, a indiqué l'agence spatiale.

Elle a également enregistré le plus long temps de sortie extravéhiculaire de toutes les femmes astronautes, soit 62 heures et 6 minutes, ce qui représente le quatrième plus long temps de tous les astronautes de la Nasa.


Les tensions au Moyen-Orient occupent le devant de la scène à Davos

Des dirigeants du monde entier, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires se rendent dans la station alpine de Davos chaque année au mois de janvier. (AFP/File Photo)
Des dirigeants du monde entier, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires se rendent dans la station alpine de Davos chaque année au mois de janvier. (AFP/File Photo)
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  • Pour sa 56e édition, la réunion annuelle du WEF devrait attirer environ 3 000 participants de plus de 130 pays
  • La délégation saoudienne, dirigée par le ministre des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, partagera les expériences réussies du Royaume dans le cadre de Vision 2030

DAVOS : Des dirigeants mondiaux, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires arrivent dans la ville suisse de Davos, recouverte de neige, pour le Forum économique mondial 2026, que les organisateurs ont qualifié de "l'un des rassemblements de plus haut niveau de l'histoire de l'événement".

La réunion de cette année, qui se tiendra du 19 au 23 janvier, abordera une série de défis géopolitiques urgents, de la guerre en Ukraine aux tensions croissantes au Moyen-Orient, où de nombreux points chauds à Gaza, au Liban et sur la mer Rouge ont ravivé les craintes d'une escalade régionale plus large.

Placé sous le thème "Un esprit de dialogue", le forum se tient à un moment de fragmentation mondiale sans précédent, d'inégalités économiques croissantes et de changements technologiques perturbateurs, offrant une plateforme pour favoriser la coopération mondiale afin de faire face aux grandes incertitudes.

Le forum de cette année devrait attirer un nombre record de participants gouvernementaux : 400 dirigeants politiques de premier plan, six dirigeants du G7, près de 850 PDG et présidents de conseils d'administration parmi les plus importants au monde, et près de 100 licornes et pionniers de la technologie de premier plan sont attendus.

Le président américain Donald Trump, le président français Emmanuel Macron, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le président égyptien Abdel Fattah El-Sisi, le président syrien Ahmad Al-Sharaa et Aziz Akhannouch, le chef du gouvernement marocain, figurent parmi les 65 chefs d'État qui participeront à cet événement de premier plan.

La délégation saoudienne, dirigée par le ministre des affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, comprendra la princesse Reema Bandar Al-Saud, ambassadrice d'Arabie saoudite aux États-Unis, Khalid Al-Falih, ministre de l'investissement, Bandar Alkhorayef, ministre de l'industrie et des ressources minérales, Ahmed Al-Khateeb, ministre du tourisme, Faisal Alibrahim, ministre de l'économie et de la planification, Abdullah Al-Swaha, ministre des communications et des technologies de l'information, et Mohammed Al-Jadaan, ministre des finances.

Les ministres engageront un dialogue avec des leaders mondiaux, tout en partageant les expériences réussies du Royaume dans le cadre de la Vision saoudienne 2030, selon un communiqué du ministère de l'économie et de la planification.

En marge du WEF, le ministère accueillera pour la deuxième année consécutive le pavillon de la Maison saoudienne, qui réunira des leaders d'opinion internationaux pour plus de 20 sessions axées sur les principales tendances et les défis qui façonnent l'économie mondiale.

Borge Brende, président-directeur général du FEM, a déclaré que la réunion de cette année serait "l'une des plus importantes", soulignant que "le dialogue n'est pas un luxe en période d'incertitude ; c'est une nécessité urgente".

Le forum mondial "offrira un espace à un mélange inégalé de dirigeants et d'innovateurs mondiaux pour dépasser les divisions, se faire une idée d'un paysage mondial en évolution rapide et proposer des solutions aux défis les plus importants et les plus pressants d'aujourd'hui et de demain", a ajouté M. Brende.


Malgré les frappes russes et le froid, Kiev danse le ska

Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
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  • Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin
  • Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage

KIEV: Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses.

C'est une "flashmob", explique-t-elle, une fête improvisée entre les habitants des immeubles environnants pour "ne pas penser aux problèmes", alors que le quartier est quotidiennement privé d'électricité pendant "17 ou 18 heures".

Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin.

Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage.

Le réseau a été rétabli depuis, mais reste extrêmement fragile et les coupures de courant font partie du quotidien des habitants de la capitale.

Ces derniers jours, le mercure flirte avec les -20 degrés, faisant chuter la température des logements, avec parfois 10 petits degrés dans les pièces.

"Les gens en ont assez de rester sans courant, de se sentir tristes", résume Olena Chvydka. "C’est une charge psychologique pour chacun".

Pour résister, Olena a organisé une fête en plein air. Platines et baffles ont été installées à 13H, quand il faisait encore -10 °C. "Maintenant, il doit faire -15 ou moins", sourit-elle.

"Invincibles" 

House, rap, ska... les styles s'enchaînent sous les doigts gelés du DJ, dont le visage dépasse à peine d'une doudoune épaisse et d'un gros bonnet.

Pieds dans la neige glacée, une femme se déhanche, auréolée de fourrure synthétique, engoncée dans une combinaison en satin bleu.

Des verres de vin chaud, des pas de danse maladroits sur la glace, des sourires sur les visages: "Les gens sont détendus ici. C’est vraiment cool", dit à l'AFP Olga Pankratova, résidente et ancienne officier des forces armées.

"Beaucoup de résidences font cela maintenant. Je suppose que c’est une question d’unité", glisse-t-elle.

"Ce genre de rassemblements apporte une forme de résistance civilisée à la force qui nous est imposée: missiles, explosions, flammes... Ça nous unit".

Un effet de mode s'est emparé de la capitale et les vidéos de soirées de ce genre fleurissent sur les réseaux sociaux.

L'ambiance tranche avec l'atmosphère de la capitale. Depuis janvier, le ronron des générateurs est devenu la bande originale des rues de Kiev, moins peuplées qu'à l'accoutumée à cause de la glace qui recouvre ses pavés.

L'Ukraine craint aussi une reprise des frappes russes sur ses infrastructures, alors que des drones de reconnaissance russes survolent Kiev en journée, alimentant les rumeurs de possibles attaques massives sur la ville.

"Peu importe à quel point on se force à faire bonne figure, cela affecte beaucoup notre état émotionnel sur le moment", confie Olga en évoquant les coupures de courant et accusant la Russie de "vouloir instiller la peur et la haine" dans la société ukrainienne.

"Les gens sont invincibles", lance pour sa part Ievgueniï, officier militaire à la retraite, qui a participé à l'organisation de la fête.

"Malgré la situation très compliquée, ils veulent tenir bon et célébrer. Et ils attendent la victoire quoi qu’il arrive", conclut-il.