Le point sur la crise russo-ukrainienne

Deux Ukrainiennes posent avec le drapeau de leur pays devant la célèbre porte de Brandebourg alors qu'elle est illuminée aux couleurs du drapeau ukrainien au milieu des tensions russo-occidentales sur l'Ukraine à Berlin le 23 février 2022 (AFP)
Deux Ukrainiennes posent avec le drapeau de leur pays devant la célèbre porte de Brandebourg alors qu'elle est illuminée aux couleurs du drapeau ukrainien au milieu des tensions russo-occidentales sur l'Ukraine à Berlin le 23 février 2022 (AFP)
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Publié le Mercredi 23 février 2022

Le point sur la crise russo-ukrainienne

  • La Russie a commencé l'évacuation de son personnel diplomatique d'Ukraine et le drapeau russe ne flotte plus sur le toit de sa représentation à Kiev
  • Un sommet des dirigeants des 27 pays de l'UE se déroulera jeudi soir à Bruxelles, a annoncé le président du Conseil européen Charles Michel

PARIS: Situation sur le terrain, tractations diplomatiques, principales déclarations : le point sur la crise russo-ukrainienne.

L'Ukraine rappelle ses réservistes 

L'Ukraine a annoncé la mobilisation des réservistes de 18 à 60 ans et appelé ses ressortissants à quitter la Russie au plus vite, de crainte que Moscou ne se lance dans une escalade militaire.

Le Conseil de sécurité ukrainien a demandé d'instaurer un état d'urgence, une décision que le Parlement doit entériner dans les 48 heures.

Kiev veut des "garanties de sécurité" 

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a réclamé des "garanties de sécurité" pour son pays aux Occidentaux et à la Russie, au cours d'une conférence de presse avec ses homologues polonais Andrzej Duda et lituanien Gitanas Nauseda.

Cyberattaque contre plusieurs sites officiels ukrainiens 

Une nouvelle cyberattaque visait mercredi plusieurs sites internet officiels ukrainiens rendus inaccessibles, a annoncé un haut responsable gouvernemental. 

Le vice-Premier ministre Mykhaïlo Fiodorov a précisé que cette attaque avait commencé en fin d'après-midi, perturbant le fonctionnement des sites web de plusieurs banques et ministères.

Le monde fait face à "un moment de péril" 

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a estimé que le monde faisait face à "un moment de péril", dénonçant à nouveau les "violations" commises par Moscou à l'égard de Kiev.

Cinq millions de réfugiés possibles 

Le conflit déclenché par la Russie avec l'Ukraine pourrait se traduire par "une nouvelle crise de réfugiés" avec "jusqu'à cinq millions de personnes supplémentaires déplacées", a averti l'ambassadrice américaine à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield.

Evacuation des diplomates russes 

La Russie a commencé l'évacuation de son personnel diplomatique d'Ukraine et le drapeau russe ne flotte plus sur le toit de sa représentation à Kiev.

Moscou promet une riposte "forte" 

La Russie a promis une riposte "forte" et "douloureuse" aux sanctions américaines annoncées par Washington après la reconnaissance par Moscou des régions séparatistes d'Ukraine.

Le président russe Vladimir Poutine a insisté sur le caractère "non négociable" des intérêts et de la sécurité de son pays, vantant ses capacités militaires tout en se disant disposé à trouver des "solutions diplomatiques" dans la crise avec l'Ukraine.

Sanctions de l'UE bientôt en vigueur 

Le paquet de sanctions adopté par l'Union européenne contre la Russie après la reconnaissance par Moscou de deux entités séparatistes dans l'est de l'Ukraine entrera en vigueur dès mercredi soir ou jeudi, selon le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes.

Berlin peut se passer du gaz russe 

L'Allemagne pourra se passer à terme si nécessaire du gaz russe, dont elle dépend énormément encore aujourd'hui pour son énergie, a estimé le ministre allemand de l'Economie et du Climat, Robert Habeck.

Invasion "hautement probable" selon Londres 

La ministre britannique des Affaires étrangères, Liz Truss, a estimé "hautement probable" que Vladimir Poutine veuille envahir l'Ukraine et s'emparer de sa capitale Kiev.

Le Royaume-Uni s'est dit disposé à offrir des garanties de crédit à Kiev à hauteur de 500 millions de dollars.

Sommet spécial de l'UE jeudi 

Un sommet des dirigeants des 27 pays de l'UE se déroulera jeudi soir à Bruxelles, a annoncé le président du Conseil européen Charles Michel.

Pékin accuse Washington 

La Chine a accusé Washington de "mettre de l'huile sur le feu" en Ukraine. "Les Etats-Unis n'ont cessé de vendre des armes à l'Ukraine, augmentant les tensions, créant la panique et ils ont même exagéré le calendrier d'une guerre", a fustigé une porte-parole de la diplomatie chinoise.

Edifices aux couleurs de l'Ukraine 

L'Hôtel de Ville de Paris et la porte de Brandebourg à Berlin s'illumineront aux couleurs de l'Ukraine mercredi soir pour marquer le soutien de ces deux capitales, a annoncé la mairie de Paris.


Arrivée en Australie de proches de jihadistes du groupe EI en Syrie

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
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  • Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie
  • Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC

MELBOURNE: Un avion de Qatar Airways transportant des ressortissants australiens, des femmes et des enfants liés à des jihadistes présumés du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, est arrivé jeudi à Melbourne, a constaté un journaliste de l'AFP à l'aéroport.

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie.

Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC.

 


L'armée américaine dit avoir «neutralisé» un pétrolier ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens

Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
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  • Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti
  • Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mercredi avoir tiré sur un pétrolier battant pavillon iranien ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens imposé par Washington pour en "neutraliser le gouvernail".

"Les forces américaines opérant dans le Golfe ont fait respecter les mesures de blocus en neutralisant un pétrolier battant pavillon iranien sans cargaison qui tentait de naviguer vers un port iranien mercredi, à 9H00 heure de Washington", écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

"Après que l'équipage du Hasna n'a pas obtempéré aux avertissements répétés, les forces américaines ont neutralisé le gouvernail du pétrolier en tirant plusieurs salves" depuis un avion lancé depuis le porte-avions Abraham Lincoln, déployé dans la région, a-t-il ajouté, précisant que "le Hasna ne fait plus route vers l'Iran".

Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti.

Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau.

Si le blocus des ports iraniens se poursuit, Donald Trump a annoncé mardi la suspension de l'opération américaine "Projet Liberté", lancée juste 48 heures plus tôt pour permettre à des centaines de navires coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz, "compte tenu des grands progrès accomplis en vue d'un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens".

Mais le président américain a augmenté la pression sur l'Iran mercredi en menaçant de bombarder le pays avec une "intensité bien plus forte qu'avant" si ses dirigeants ne concluaient pas d'accord avec Washington.


Trump juge un accord « très possible» avec l'Iran, les marchés s'emballent

Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme qu’un accord de paix avec l’Iran est “très possible” après des discussions jugées positives
  • Les marchés mondiaux réagissent avec optimisme : les Bourses flambent et le pétrole chute fortement, tandis que les tensions militaires restent élevées dans le détroit d’Ormuz et au Liban

WASHINGTON: Donald Trump a jugé mercredi "très possible" un accord de paix avec l'Iran, générant une chute du pétrole et une flambée des places boursières, même s'il a de nouveau agité la menace d'une reprise des bombardements.

"Nous avons eu de très bonnes discussions dans les dernières 24 heures et il est très possible que nous passions un accord", a dit le président américain pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau ovale.

Le milliardaire républicain avait déjà évoqué dans la journée une fin de l'opération "Fureur épique" en cas d'accord, menaçant autrement l'Iran de nouveaux bombardements à "une intensité bien plus forte qu'avant", en référence à la campagne américano-israélienne menée du 28 février au cessez-le-feu du 8 avril.

Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a, lui, estimé que Washington cherchait à forcer la "reddition" de Téhéran par une "nouvelle stratégie" visant à "détruire la cohésion du pays".

Mais la République islamique s'est gardée de claquer la porte, le porte-parole de sa diplomatie, Esmaïl Baghaï, affirmant que "l'Iran examinait toujours le plan et la proposition américaine".

Fête sur les marchés

Les marchés financiers ont préféré retenir un scénario optimiste. A Tokyo, l'indice Nikkei bondissait de 5,53% peu après 04H30 GMT jeudi, et Hong Kong ou encore Shanghai évoluaient aussi dans le vert. La veille, l'euphorie avait dominé Wall Street et les Bourses européennes.

Le cours du baril de Brent a plongé mercredi de près de 8% à 101,27 dollars, loin du pic des 126 dollars atteint il y a quelques jours. Jeudi en Asie, il évoluait en très légère hausse, à 101,87 dollars.

Mardi, M. Trump avait annoncé, compte tenu des "grands progrès accomplis en vue d'un accord" avec l'Iran, la suspension de l'opération américaine lancée juste la veille pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz.

Téhéran verrouille ce passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures depuis le début de la guerre, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban.

Washington maintient son blocus des ports iraniens lancé le 13 avril, et le Pentagone a annoncé mercredi qu'un pétrolier iranien essayant de le forcer avait été "neutralisé" par un tir sur son gouvernail.

Possible signe annonciateur d'une évolution sur le terrain, le porte-avions Charles-de-Gaulle va se prépositionner dans la région du Golfe, selon les autorités françaises, au moment où la coalition montée par Londres et Paris se tient prête à sécuriser le détroit d'Ormuz après un éventuel règlement.

Le président français Emmanuel Macron a souligné mercredi "l'utilité" que cette mission multinationale aurait, dans un appel à son homologue iranien Massoud Pezeshkian, selon un message sur X.

A l'ONU, Washington et les Etats du Golfe ont préparé une résolution au Conseil de sécurité exigeant que Téhéran cesse ses attaques, révèle l'emplacement de ses mines et s'abstienne d'imposer un péage à la navigation, a annoncé le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio. Un vote devrait intervenir dans les prochains jours.

Le lancement lundi de l'opération américaine dans le détroit d'Ormuz s'est accompagné d'accrochages en mer entre Iraniens et Américains, et d'attaques contre les Emirats arabes unis imputées à l'Iran mais démenties par lui, après des semaines de calme relatif.

L'Iran a nié jeudi toute implication dans l'explosion survenue sur un cargo sud-coréen, le HMM Namu, dans le détroit lundi, via un communiqué de son ambassade à Séoul.

"Tous les scénarios"

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, dont le pays a accueilli des négociations directes jusqu'ici sans lendemain entre l'Iran et les Etats-Unis le 11 avril, a dit avoir "bon espoir" que l'actuelle dynamique aboutisse à une paix durable.

Mais en Iran, certains ne cachent pas leur lassitude.

"Que vous soyez en Iran ou non, la pression psychologique est intense. Tout le monde est déprimé et sans espoir à cause de ce jeu psychologique", confie Azadeh, une traductrice de 43 ans jointe par une journaliste de l'AFP à Paris.

Israël est "prêt à tous les scénarios" face à l'Iran, a prévenu le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Et l'armée est prête également à reprendre une opération "forte et puissante", selon son chef.

Sur le front libanais, M. Netanyahu a affirmé mercredi soir que l'armée avait visé un commandant de haut rang du Hezbollah à Beyrouth.

Un commandant du groupe pro-iranien a bien été tué dans cette frappe - la première sur la banlieue sud de la capitale depuis le cessez-le-feu du 17 avril, a indiqué à l'AFP une source proche du Hezbollah.

Le ministère de la Santé libanais a aussi recensé 11 morts dans le sud et l'est du pays dans des bombardements israéliens, malgré la trêve imposée par les Etats-Unis.

L'armée israélienne a annoncé l'interception d'une "cible aérienne suspecte" en provenance du Liban après le déclenchement de sirènes dans le nord du pays dans la nuit de mercredi à jeudi.