Le mariage précoce gâche la vie des jeunes filles dans les communautés marginalisées du Liban

Outre la sensibilisation, les associations pensent que la clé pour mettre fin au mariage des enfants est la réduction de la pauvreté et l’instauration de la sécurité économique dans les communautés vulnérables. (Shutterstock)
Outre la sensibilisation, les associations pensent que la clé pour mettre fin au mariage des enfants est la réduction de la pauvreté et l’instauration de la sécurité économique dans les communautés vulnérables. (Shutterstock)
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Publié le Jeudi 24 février 2022

Le mariage précoce gâche la vie des jeunes filles dans les communautés marginalisées du Liban

  • La pauvreté écrasante et le manque d'opportunités ont forcé de nombreuses familles à prendre des décisions désespérées
  • Le mariage des enfants est considéré par certaines communautés comme l'un des rares moyens dont elles disposent

DUBAΪ: Nadia, 14 ans, devrait être à l'école dans sa Syrie natale. Au lieu de cela, elle est mariée dans le Liban voisin à un homme qui a treize ans de plus qu’elle.

Elle a été mariée par son père, Yasser, un réfugié syrien, en échange de 8 000 dollars (la première moitié en amont et le reste de la somme lors de la signature du contrat de mariage).

«Son prétendant m'a approché lorsqu'elle allait à l’école», déclare Yasser à Arab News. «Il a promis de la traiter correctement et de m'aider à ouvrir une supérette pour améliorer mes finances. Mais il s'est révélé un menteur et un agresseur.»

Parmi les réfugiés du Liban, le sort de Nadia n'est pas rare. La pauvreté écrasante et le manque d'opportunités ont forcé de nombreuses familles à prendre des décisions désespérées: vendre leurs filles pour s'assurer un semblant de sécurité financière.

Yasser regrette sa décision. «Son mari ne la laisse pas me parler», confie-t-il. «J'ai appelé une fois. Il l'a entendue dire baba [“père”] et lui a pris le téléphone. J'ai eu l'impression qu’on m’arrachait le cœur.»

Une campagne qui vise à dénoncer le sort des enfants mariés est devenue virale sur les médias sociaux grâce à la diffusion d’une photographie extrêmement choquante: elle montre un homme d'âge moyen en train de poser avec une fille de 12 ans le jour de leur mariage. (Fourni)
Une campagne qui vise à dénoncer le sort des enfants mariés est devenue virale sur les médias sociaux grâce à la diffusion d’une photographie extrêmement choquante: elle montre un homme d'âge moyen en train de poser avec une fille de 12 ans le jour de leur mariage. (Fourni)

Outre les périls de la pauvreté en exil, les réfugiés syriens au Liban, qui représentent 1,5 million d’individus, doivent également faire face à la série de défis auxquels leur pays d'accueil se trouve confronté en raison de la crise économique dévastatrice qu’il traverse.

Si l'on ajoute à cela les effets de la pandémie de Covid-19, la paralysie politique et la violence permanente qui règne en Syrie, chacun de ces facteurs mettant en péril le retour des familles déplacées, les options, pour beaucoup, semblent réduites.

Dans un tel contexte, le mariage des enfants est considéré par certaines communautés – y compris parmi les Libanais pauvres – comme l'un des rares moyens dont elles disposent.

Reem, qui est libanaise, n'avait que 16 ans lorsqu'elle a consenti à un mariage arrangé. Elle ne s'est pas opposée à cette idée, car plusieurs de ses amis et voisins se mariaient à peu près au même moment.

L'une des principales raisons de sa décision – qui n'était, en réalité, que partiellement la sienne – reposait sur le désir d'alléger la charge financière de ses parents. Aujourd'hui, trois ans après son mariage, elle se sent piégée.

Une femme libanaise porte une pancarte lors d’une marche contre le mariage avant l'âge de 18 ans, dans la capitale du pays, Beyrouth. (AFP/File Photo)
Une femme libanaise porte une pancarte lors d’une marche contre le mariage avant l'âge de 18 ans, dans la capitale du pays, Beyrouth. (AFP/File Photo)

«J'aimerais ne jamais avoir vécu cela», confie-t-elle à Arab News. « Qu'est-ce que je savais? J'ai une fille. Où est-ce que j'irai avec elle? Je pensais que j'aidais mes parents à avoir une bouche de moins à nourrir. Maintenant, il me semble que j'en ai ajouté une.»

Au Liban et en Syrie, les enfants continuent d'être mariés sans que les gouvernements n'y prêtent attention. En vertu de la Constitution libanaise, les lois sur le statut personnel sont édictées individuellement par chaque communauté; elles combinent le droit commun et la doctrine religieuse.

Par conséquent, des questions telles que le mariage, le divorce, la garde des enfants et l'héritage sont souvent régies par des tribunaux religieux. Chacune des principales communautés préconise un âge légal différent pour le mariage: pour les catholiques, il est de 14 ans; les sunnites l'ont fixé à 18 ans et les chiites à 15 ans.

Selon la Constitution, «l'État garantit le respect du statut personnel et des intérêts religieux de la population, quelle que soit la communauté religieuse à laquelle elle appartient».

Aya Majzoub, chercheuse pour Human Rights Watch, affirme que l'impact du mariage des enfants sur les jeunes filles est «dévastateur». (Fourni)
Aya Majzoub, chercheuse pour Human Rights Watch, affirme que l'impact du mariage des enfants sur les jeunes filles est «dévastateur». (Fourni)

Les groupes de la société civile, au Liban, exhortent depuis longtemps le gouvernement à introduire une loi globale sur le statut personnel.

Selon un rapport publié par Human Rights Watch en 2017, ce serait une «mesure de bon sens» de porter sans délai l'âge minimum du mariage à 18 ans, sans aucune exception. Une telle loi a été rédigée cette même année, mais elle n'a jamais été adoptée.

«L'impact sur les filles est dévastateur», affirme Aya Majzoub, chercheuse pour HRW, à Arab News. «Elles courent un risque accru de viol conjugal, de violence domestique et risquent de connaître une série de problèmes de santé en raison de leur maternité précoce.»

«Le Parlement libanais peut contribuer à mettre fin à cette pratique. Le gouvernement et les autorités locales devraient développer des programmes pour prévenir les mariages d'enfants, notamment en procurant aux filles des informations et des réseaux de soutien ainsi qu'en sensibilisant les parents et les membres de la communauté aux effets négatifs du mariage d'enfants.»

 

EN BREF

  • 2 millions de filles de moins de 18 ans sont mariées chaque année dans le monde. (HRW)
  • On estime que 13 millions de mariages d'enfants supplémentaires auront lieu au cours des dix prochaines années en raison de la pandémie. (ONU)
  • 2030 est l'année cible de l'objectif de développement durable de l'ONU pour l'élimination du mariage avant l'âge de 18 ans.

Le nombre élevé d'enfants qui n'ont pas reçu d'éducation au Liban au cours des deux dernières années, en raison de la pandémie et de la crise économique, a augmenté les mariages prématurés, en particulier parmi les communautés de réfugiés, plus vulnérables.

Un récent rapport intitulé «Searching For Hope» («À la recherche de l'espoir»), publié par Unicef, l'agence des Nations unies pour l'enfance, a révélé que, au Liban, 31% des enfants n’étaient pas scolarisés et que le taux d'inscription dans les classes avait chuté à 43% pour l'année scolaire en cours.

Les chiffres seraient bien pires au sein des communautés de réfugiés, où, dans de nombreux cas, les enfants n'ont guère accès à l'éducation.

Les organismes d'aide ont fait des efforts pour mettre fin à la coutume du mariage des mineurs en sensibilisant les gens aux effets qu'elle a sur la vie des filles et au risque de traumatisme physique pour les préadolescentes dont le corps n'est pas suffisamment développé pour supporter les rigueurs de l'accouchement.

Kafa – un mot arabe qui signifie «ça suffit» – est une organisation non gouvernementale libanaise créée en 2005 dans le but d'éliminer toutes les formes de violence et d'exploitation liées au genre.

Outre les réformes juridiques et les campagnes actives de sensibilisation du public, les organismes d'aide pensent que la clé pour mettre fin au mariage des enfants est la réduction de la pauvreté et l’instauration d'une sécurité économique dans les communautés vulnérables. (AFP/File Photo)
Outre les réformes juridiques et les campagnes actives de sensibilisation du public, les organismes d'aide pensent que la clé pour mettre fin au mariage des enfants est la réduction de la pauvreté et l’instauration d'une sécurité économique dans les communautés vulnérables. (AFP/File Photo)

En 2016, elle a lancé une campagne pour mettre en lumière le sort des enfants mariées. Elle fournit également un soutien psychosocial aux survivantes.

La campagne est devenue virale sur les médias sociaux grâce à la diffusion d’une photographie extrêmement choquante qui montrait un homme d'âge moyen qui pose avec une fille de 12 ans le jour de leur mariage.

«Nos statistiques se basent sur les femmes maltraitées qui viennent dans notre centre. Elles montrent que 20% d'entre elles étaient en réalité des enfants mariées», signale à Arab News Céline al-Kik, responsable au centre de soutien Kafa.

«La violence et les mariages d'enfants sont liés. La loi nous permet d'intervenir et de fournir une assistance juridique lorsque la jeune fille mineure est kidnappée et lorsque ses parents s'opposent à son mariage alors que son prétendant l'a convaincue.»

Outre les réformes juridiques et les campagnes actives de sensibilisation du public, les agences d'aide pensent que la clé pour mettre fin au mariage des enfants est la réduction de la pauvreté et l’instauration de la sécurité économique dans les communautés vulnérables.

«Les familles qui subissent la crise économique au Liban ont de plus en plus souvent recours au mariage des jeunes filles pour s’adapter à l'aggravation de la crise», indique à Arab News Nana Ndeda, directrice des politiques de l’ONG Save the Children.

« Il est important de remédier de toute urgence aux raisons économiques qui poussent au mariage des enfants. Les filles qui se marient sont plus susceptibles d'abandonner l'école et ont un accès limité à un travail décent. Le mariage des enfants est une violation des droits de l'homme. »

Des jeunes filles libanaises déguisées en mariées brandissent une pancarte lors d’une marche contre le mariage avant l'âge de 18 ans, dans la capitale Beyrouth, le 2 mars 2019. (AFP/ANWAR AMRO/File Photo)
Des jeunes filles libanaises déguisées en mariées brandissent une pancarte lors d’une marche contre le mariage avant l'âge de 18 ans, dans la capitale Beyrouth, le 2 mars 2019. (AFP/ANWAR AMRO/File Photo)

Rawda Mazloum, réfugiée syrienne, fait campagne sur les questions des droits des femmes et de la violence sexiste dans les camps de la vallée de la Bekaa, dans l'est du Liban.

Elle organise des ateliers communautaires et s'associe à des organisations non gouvernementales (ONG) locales comme Kafa pour tenter de sensibiliser le public aux taux croissants de mariages d'enfants, de divorces et de violences au sein de la communauté des réfugiés syriens.

«La plus jeune fille que je connais [qui s'est mariée] n'avait que 13 ans», a déclaré Mazloum à Arab News. «Ses parents, comme les autres, avaient des difficultés. Ces filles sont souvent victimes d'abus. Elles ne sont pas conscientes de leurs droits, car ce sont encore des enfants. Elles sont victimes de l'ignorance, de la pauvreté et de la guerre.»

Alors que les crises se multiplient de part et d'autre de la frontière syro-libanaise, la lutte quotidienne pour la survie, et les décisions désespérées qui l'accompagnent ne risquent pas de prendre fin de sitôt.

Un rapport publié en 2019 par Save The Children au Liban, intitulé «No I Don't», cite la pauvreté, les conflits et le manque d'éducation comme les principaux facteurs à l'origine du mariage des enfants.

Selon un rapport publié par Human Rights Watch en 2017, ce serait une «mesure de bon sens» de relever sans délai l'âge minimum du mariage à 18 ans, sans aucune exception. (AFP/File Photo)
Selon un rapport publié par Human Rights Watch en 2017, ce serait une «mesure de bon sens» de relever sans délai l'âge minimum du mariage à 18 ans, sans aucune exception. (AFP/File Photo)

Le rapport note toutefois que le mariage des enfants peut aussi être un moyen par lequel les familles tentent de protéger leurs filles du harcèlement sexuel.

Les parents qui ont marié leurs jeunes filles disent souvent que la sécurité est une motivation essentielle. En effet, lorsque les réfugiés et les ménages appauvris vivent dans des espaces densément peuplés parmi de nombreux étrangers, le risque de harcèlement sexuel et de violence envers les filles est plus élevé.

La présence d'une figure masculine susceptible d’offrir une protection est souvent prise en considération. Dans le cas de Yasser et de sa fille Nadia, c'est pourtant le contraire qui s'est produit.

«Je pensais lui offrir une meilleure alternative, une meilleure vie. Mais il n'était pas sérieux avec elle. Il l'utilisait pour s'amuser», confie-t-il à Arab News.


Le Liban lance les travaux de réhabilitation de son second aéroport

Des membres du personnel au sol marchent près d’un avion à l’aéroport René Mouawad, dans la ville de Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar, à l’extrême nord du Liban, le 6 juin 2026. (AFP)
Des membres du personnel au sol marchent près d’un avion à l’aéroport René Mouawad, dans la ville de Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar, à l’extrême nord du Liban, le 6 juin 2026. (AFP)
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  • Le Liban a lancé les travaux de réhabilitation de son deuxième aéroport international à Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar
  • Le projet prévoit une mise en service autour de novembre 2026, avec des vols vers Istanbul et Dubaï, puis vers d’autres destinations régionales, tout en visant la création d’emplois dans le nord du Liban

BEYROUTH: Le Liban a lancé samedi les travaux de réhabilitation de son second aéroport international, situé dans le nord du pays, près de la frontière syrienne, après des années de report.

Le pays ne dispose actuellement que d'un seul aéroport, celui de Beyrouth. Le nouvel aéroport, situé à Qlaïat, dans le gouvernorat d'Akkar, à l'extrême nord du Liban et à proximité de la frontière syrienne, se trouve également près de Tripoli, grande ville à majorité sunnite du nord du pays. 

La mise en service de l'aéroport vise à créer des emplois dans le gouvernorat d'Akkar, l'un des plus pauvres du Liban.

Jusqu'ici, l'aéroport était utilisé à des fins militaires par l'armée libanaise.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam et le ministre des Transports, Fayez Rasamny, ont assisté samedi à l’ouverture de l’aéroport à des fins commerciales. 

"Aujourd'hui on passe de la promesse à la réalisation", a affirmé le ministre libanais, précisant que l'aéroport devrait commencer à être opérationnel "dans quelques semaines" pour desservir Mersin et Istanbul en Turquie mais aussi Dubaï.

Il a également évoqué, à terme, une extension du réseau vers l'Arabie saoudite, Le Caire et Athènes ainsi que des discussions en cours avec les compagnies à bas coût EasyJet, Ryanair et Pegasus, afin qu'elles le desservent.

Les travaux d'aménagement devraient durer au moins trois mois et l'aéroport pourrait être officiellement mis en service en novembre 2026, selon des médias locaux.

La société libanaise Sky Lounge, chargée du projet, a publié samedi une vidéo montrant un vol d'essai entre les aéroports de Beyrouth et de Qlaïat.

Son président-directeur général, Ziad Mnoula, a indiqué que le terminal passagers pourrait être achevé dans les "90 jours" suivant l'obtention des autorisations nécessaires. Selon lui, l'aéroport sera capable d'accueillir 114.000 passagers la première année. 

L’aéroport René Moawad, construit par l’armée française dans les années 1930 et utilisé à des fins civiles dans les années 1960, a été bombardé lors de la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah.

L’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth a continué d’assurer ses opérations sans interruption, malgré les conflits successifs entre Israël et le Hezbollah, notamment en 2023, 2024 et depuis le 2 mars, confirmant son rôle central dans la continuité des liaisons aériennes du pays.


L’Arabie saoudite mène la condamnation arabe des attaques de l’Iran contre Bahreïn et le Koweït

Le ministère a déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour protéger leur sécurité. (KSAMOFA)
Le ministère a déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour protéger leur sécurité. (KSAMOFA)
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  • Les deux pays du Golfe ont intercepté sept missiles tirés par l’Iran samedi

RIYAD : Le ministère des Affaires étrangères de l’Saudi Arabia a condamné samedi les attaques de l’Iran contre l’Bahrain et le Kuwait.

Les deux pays du Golfe ont intercepté sept missiles tirés par l’Iran samedi.

Dans une déclaration publiée sur X, le ministère saoudien des Affaires étrangères a affirmé que les agressions iraniennes représentent une menace pour la sécurité régionale et internationale.

« Les attaques continues de l’Iran compromettent les efforts internationaux visant à rétablir la sécurité », indique le communiqué.

Le ministère a également déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour garantir leur sécurité.

« Les attaques continues de l’Iran signifient une nouvelle escalade », a ajouté le ministère.

L’échange de frappes intervient alors que l’administration Trump accentue la pression sur l’Iran afin de parvenir à un accord pour mettre fin au conflit.

La Jordan a également condamné samedi ces attaques, les qualifiant de violation de la souveraineté des deux pays et de menace pour la sécurité et la stabilité régionales.

Le ministère des Affaires étrangères a réaffirmé la pleine solidarité de la Jordanie avec Bahreïn et le Koweït, ainsi que son soutien aux mesures prises pour protéger leur sécurité et leur intégrité territoriale. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée libanaise annonce la mort de plusieurs militaires dans une frappe israélienne

Des habitants inspectent les dégâts sur le site d’une frappe israélienne survenue la veille dans la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 5 juin 2026. Des frappes israéliennes menées durant la nuit sur la ville de Tyr ont fait sept morts, a indiqué à l’AFP une source de la défense civile libanaise, malgré le cessez-le-feu en vigueur dans la guerre entre Israël et Hezbollah. (Photo : Kawnat HAJU / AFP)
Des habitants inspectent les dégâts sur le site d’une frappe israélienne survenue la veille dans la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 5 juin 2026. Des frappes israéliennes menées durant la nuit sur la ville de Tyr ont fait sept morts, a indiqué à l’AFP une source de la défense civile libanaise, malgré le cessez-le-feu en vigueur dans la guerre entre Israël et Hezbollah. (Photo : Kawnat HAJU / AFP)
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  • L’armée libanaise annonce la mort de plusieurs soldats, dont un officier, dans une frappe israélienne visant un véhicule militaire dans le sud du Liban malgré le cessez-le-feu annoncé cette semaine
  • Les combats se poursuivent entre Israël et le Hezbollah, tandis que l’armée israélienne a appelé à l’évacuation de plusieurs villages du sud et de l’est du Liban avant de nouvelles frappes

BEYROUTH: L'armée libanaise a annoncé samedi la mort de plusieurs de ses membres dans une frappe israélienne dans le sud du pays, malgré le cessez-le-feu théoriquement en vigueur.

"Plusieurs militaires, dont un officier", ont été tués "dans une attaque israélienne brutale" ayant ciblé un véhicule militaire sur la route entre Khardali et Nabatiyé, a indiqué l'armée dans un communiqué.

Sollicitée par l'AFP, l'armée israélienne a indiqué vérifier ces informations.

Mercredi, à l'issue d'une quatrième session de négociations entre le Liban et Israël à Washington, un nouvel accord de cessez-le-feu avait été annoncé, la trêve en vigueur à partir du 17 avril n'ayant jamais été respectée.

L'accord prévoit un cessez-le-feu conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah et un maintien à ce stade des tirs et opérations de l'armée israélienne dans le sud du Liban.

Mais le Hezbollah a rejeté cet accord, comme le précédent.

Sur le terrain, les affrontements se poursuivent.

L'armée israélienne a de nouveau appelé samedi à l'évacuation de cinq villages dans le sud et l'est du Liban en prévision de frappes contre le Hezbollah.

"Vous devez évacuer immédiatement vos domiciles et vous déplacer au nord du fleuve Zahrani", a affirmé Avichay Adraee, un porte-parole militaire arabophone, sur son compte Telegram.

Le Hezbollah a relancé les hostilités avec Israël début mars, en visant le sol israélien pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei dans l'offensive israélo-américaine sur Téhéran.

Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait plus de 3.560 morts depuis le début de la guerre, selon le dernier bilan des autorités. Côté israélien, 27 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban, d'après l'armée.