La Russie sous pression internationale croissante, combats dans le nord-est de l'Ukraine

Une école du centre de Kharkiv, seconde ville de l'Ukraine, détruite à l'issue de combats entre les forces russes et ukrainiennes (Photo, AFP).
Une école du centre de Kharkiv, seconde ville de l'Ukraine, détruite à l'issue de combats entre les forces russes et ukrainiennes (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 01 mars 2022

La Russie sous pression internationale croissante, combats dans le nord-est de l'Ukraine

  • 12 membres de la mission russe à l'ONU ont reçu l'ordre des Etats-Unis, qui les accusent d'espionnage, de quitter leur territoire avant le 7 mars
  • Reconnaissance de la Crimée en tant que territoire russe, démilitarisation et «dénazification» de l'Ukraine: Vladimir Poutine a pour sa part posé ses conditions lundi à l'arrêt de l'invasion

KIEV: Enquête de la CPI, exclusion de la Coupe du monde de football, nouvelles sanctions financières: la pression s'est encore accrue lundi sur la Russie, qui a posé ses conditions pour mettre fin à la guerre en Ukraine tandis que ses forces bombardaient Kharkiv, la deuxième ville du pays.  


"Je suis convaincu qu'il existe une base raisonnable pour croire que des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité présumés ont été commis en Ukraine" depuis 2014, a déclaré le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) Karim Khan, souhaitant déclencher "aussi vite que possible" des investigations à ce sujet.


Moscou est par ailleurs sur le banc des accusés à l'Assemblée générale de l'ONU réunie en "session extraordinaire d'urgence".


"Les combats en Ukraine doivent cesser", a martelé Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies. "Trop c'est trop. Les soldats doivent retourner dans leurs casernes".


Parallèlement à cela, douze membres de la mission russe à l'ONU ont reçu l'ordre des Etats-Unis, qui les accusent d'espionnage, de quitter leur territoire avant le 7 mars. Une "démarche hostile", a réagi la Russie.


Dans ce contexte, la Turquie a interdit lundi soir le passage des détroits du Bosphore et des Dardanelles à tous les navires de guerre appartenant à des Etats "riverains ou non de la Mer noire".

Les géants de la tech s'attaquent aux médias proches du pouvoir russe

Facebook les bloque, Twitter les rend moins visibles, Microsoft les retire de sa boutique d'application; des géants de la tech ont franchi un nouveau palier lundi pour limiter l'influence de médias proches du pouvoir russe, accusés de désinformation depuis l'invasion de l'Ukraine.


Depuis le début du conflit, jeudi, ils avaient pris des initiatives mesurées pour limiter la diffusion d'informations émanant d'organes de presse affiliés au gouvernement russe.


Facebook avait notamment refusé de céder aux autorités russes qui lui demandaient de ne plus soumettre la production de ces médias au "fact-checking", ce qui lui avait valu de voir son accès limité en Russie.


Lundi, la filiale de Meta a décidé de bloquer, dans les pays de l'Union européenne, les contenus publiés par la chaîne RT (ex-Russia Today) et le site Sputnik, tous deux considérés comme des émanations du pouvoir russe.

Exigences russes, négociations
Reconnaissance de la Crimée en tant que territoire russe, démilitarisation et "dénazification" de l'Ukraine: Vladimir Poutine a pour sa part posé ses conditions lundi à l'arrêt de l'invasion au cours d'un échange avec son homologue français Emmanuel Macron, le président en exercice de l'Union européenne.


Les délégations russe et ukrainienne qui se rencontraient pour la première fois, au Bélarus, depuis le début de l'invasion jeudi sont rentrées pour "consultations dans leurs capitales" respectives, après avoir convenu vouloir un "deuxième round" de pourparlers.


Un règlement "n'est possible que si les intérêts sécuritaires légitimes de la Russie sont pris en compte sans conditions", a répété le Kremlin, ajoutant espérer que les négociations "mèneraient aux résultats espérés".


La présidence ukrainienne avait souligné, avant leur ouverture, qu'elle réclamerait "un cessez-le-feu immédiat et le retrait des troupes (russes) du territoire ukrainien".


M. Zelensky a souligné mardi que ces pourparlers avaient "lieu sur fond de bombardements et de tirs visant notre territoire (...). La synchronisation des tirs avec le processus de négociations était évidente".


Selon lui, l'Ukraine "n'a pas eu de résultat qu'elle aimerait avoir" à l'issue du premier round de discussion, mais elle a évoqué ses "contre-propositions" à celles des Russes "pour mettre fin à la guerre".

Ukraine: Zelensky appelle à interdire la Russie de «tous les ports» et «aéroports du monde»

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé mardi à interdire la Russie de "tous les ports" et "aéroports du monde" en représailles à l'invasion russe de l'Ukraine.


"Il faut fermer l'entrée pour un tel Etat dans tous les ports, tous les canaux et tous les aéroports du monde", a déclaré M. Zelensky dans une vidéo publiée sur Facebook.
Il a également appelé la communauté internationale à "considérer une fermeture totale du ciel pour les missiles, avions et hélicoptères russes".
M. Zelensky a dénoncé les bombardements russes qui ont visé le territoire ukrainien lundi, au moment où les délégations russe et ukrainienne se sont rencontrées pour la première fois, au Bélarus, depuis le début de l'invasion jeudi.
"Je pense que la Russie essaye de cette manière simple de faire pression" sur Kiev, a estimé M. Zelensky, en ajoutant: "Ne perdez pas votre temps".

Intenses combats à Kharkiv 
Le début des pourparlers a coïncidé avec d'intenses combats pour Kharkiv (nord-est), proche de la frontière russe. Plusieurs immeubles résidentiels y ont été visés lundi par des tirs de missiles russes, ainsi que dans d'autres villes du pays, faisant des blessés, a indiqué lundi soir l'agence Interfax-Ukraine citant des autorités locales.


Au moins onze personnes ont été tuées dans des bombardements russes sur des quartiers d'habitation, a indiqué le gouverneur régional, craignant des "dizaines de morts".


Un photographe de l'AFP a vu les corps sans vie de deux soldats russes devant une école en ruines, non loin du centre de cette ville de 1,4 million d'habitants.


Dans le même temps, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) signalait que les forces russes se trouvaient à proximité de la plus centrale nucléaire de Zaporizhzhia (Est), la plus grande d'Ukraine.


A Kiev, la situation semblait plus calme lundi, après un week-end sous couvre-feu. Mais beaucoup se préparaient à un nouvel assaut russe. 


La capitale était hérissée de barricades de fortune, des panneaux électroniques publics prévenaient les Russes qu'ils seraient accueillis "par des balles".


D'après le chef des armées ukrainiennes Valéri Zaloujny, l'armée russe a lancé 113 missiles tactiques contre des villes et des villages ukrainiens depuis le début de l'invasion. 


En l'absence jusqu'ici de victoire majeure de l'armée russe, Vladimir Poutine a franchi dimanche un nouveau cap dans la menace d'élargir le conflit, dont beaucoup redoutent qu'il ne devienne le plus grave en Europe depuis 1945.


Il a mis en "état spécial d'alerte" les forces nucléaires de la Russie, qui dispose du plus grand nombre d'ogives nucléaires, face aux "déclarations belliqueuses de l'Otan" et aux sanctions "illégitimes" contre son pays.


Les Etats-Unis ont toutefois affirmé lundi n'avoir détecté aucun changement "concret" dans la posture nucléaire russe.

Expulsion de diplomates russes à l'ONU: Moscou dénonce une «démarche hostile» américaine

L'ambassadeur russe aux Etats-Unis, Anatoli Antonov, a dénoncé dans la nuit de lundi à mardi une "démarche hostile" américaine, après l'annonce par Washington de l'expulsion pour "espionnage" de 12 membres de la mission diplomatique russe auprès de l'ONU.


"C'est une démarche hostile contre notre pays", a déclaré M. Antonov dans un communiqué publié sur Facebook, en ajoutant que ces actes de l'administration américaine suscitent une "déception profonde et un rejet absolu" à Moscou.


"Le gouvernement américain a de nouveau enfreint ses obligations d'assurer des conditions normales pour le fonctionnement des missions étrangères auprès de l'ONU. Les diplomates russes ont de nouveau subi le coup", a-t-il déploré.


"Les actes de Washington ne visent ni à adoucir la situation sur le scène internationale, ni à maintenir le niveau nécessaire des relations bilatérales entre deux grandes puissances qui ont une responsabilité particulière pour la paix et la sécurité internationales", a ajouté M. Antonov.

Des oligarques sanctionnés 
Lundi, le maître du Kremlin a ordonné des mesures-choc pour soutenir le rouble, qui descendait à des planchers historiques face au dollar et à l'euro après l'annonce de nouvelles sanctions économiques européennes et américaines. 


De nombreux Russes commençaient à retirer leur épargne des banques et les résidents en Russie ne pourront plus, à compter de mardi, transférer des devises hors de ses frontières. Les exportateurs russes devront convertir en roubles 80% des revenus engrangés en monnaies étrangères depuis le 1er janvier.


Auparavant, la Banque centrale de Russie avait annoncé relever à 20% son taux directeur face aux nouvelles sanctions. Les Occidentaux ont en particulier averti que des établissements russes seraient exclus du système interbancaire international Swift.


Les Etats-Unis ont en outre mis en application lundi une sanction d'une sévérité inédite contre la banque centrale russe, qui a pour effet d'"immobiliser tous les actifs" qu'elle "détient aux Etats-Unis ou qui seraient détenus où que ce soit par des personnes américaines".


La veille, les ministres européens des Affaires étrangères s'étaient aussi entendus pour bloquer les transactions de cette institution.


Poursuivant sur sa lancée, l'Union européenne a ajouté le porte-parole de Vladimir Poutine et plusieurs oligarques à sa liste noire des personnalités concernées par un gel de leurs avoirs et une interdiction de séjour.


Les Européens et leurs alliés sont prêts à prendre des sanctions supplémentaires, a fait savoir Paris, après une visioconférence ayant réuni les dirigeants français, américain, britannique, canadien, allemand, italien, japonais, polonais et roumain, ainsi que des représentants de l'UE et de l'Otan.


Le Canada va à cet égard interdire "toute importation de pétrole brut" russe, "une industrie dont le président Poutine et ses oligarques ont grandement profité".


L'ensemble des Bourses ont replongé lundi, craignant que le conflit n'alimente la flambée des prix de l'énergie et la reprise de l'inflation, tandis que le cours du blé atteignait un nouveau plus haut historique sur le marché européen.


Après de nombreuses manifestations contre l'invasion russe dans le monde ce week-end, un nouveau rassemblement s'est déroulé lundi en Allemagne: 250 000 personnes ont défilé à Cologne, transformant la parade du traditionnel Carnaval en mobilisation contre la guerre.


Autre geste fort, la Russie a été exclue de la Coupe du monde de football par son organisatrice, la Fifa, qui a suspendu les sélections nationales et des clubs russes "jusqu'à nouvel ordre".

Des terminaux du service internet Starlink d'Elon Musk sont arrivés en Ukraine

Une cargaison de terminaux du service internet par satellite Starlink d'Elon Musk est arrivée lundi en Ukraine, selon un ministre ukrainien qui en avait fait la requête au milliardaire américain face à l'invasion russe. 


Le réseau de satellites Starlink pourrait ainsi aider à apporter une connexion à internet aux zones frappées par les assauts de l'armée russe qui a envahi l'Ukraine jeudi dernier. 


"Starlink est arrivé. Merci Elon Musk", a tweeté le vice-Premier ministre ukrainien Mykhailo Fedorov en charge du secteur numérique avec une photo d'un camion transportant des terminaux Starlink. 


"Je vous en prie", a répondu le fondateur de SpaceX sur le réseau social.

                

Longues files de voitures 
Le conflit a jeté sur les routes des flots croissants d'Ukrainiens.


Depuis le début de l'offensive russe jeudi, plus de 500 000 d'entre eux ont fui vers les pays voisins, a déclaré lundi le Haut-Commissaire de l'ONU pour les réfugiés. L'UE a dit s'attendre à plus de sept millions de personnes déplacées.


La majeure partie se rend en Pologne. Mais Roumanie, Slovaquie et Hongrie --membres de l'Otan-- sont aussi concernées.


Conséquence de cet exode, de longues files de voiture patientent aux points de passage frontaliers avec la Pologne.


"On part car ça tire et on doit se cacher dans des abris, je ne veux pas traumatiser mon enfant car elle a peur", lâche Olga Kovaltchouk, une bibliothécaire, dans la gare de Lviv, une ville de l'Ouest de l'Ukraine où l'ambassade de France vient d'être transférée.


Les départs de Russie d'Occidentaux devraient aussi s'accélérer. Les Etats-Unis ont recommandé lundi à leurs ressortissants d'immédiatement quitter ce pays, après l'Italie et la Belgique.


Le bilan humain de cinq jours de conflit reste incertain. 


L'ONU a parlé lundi de 102 civils tués et de 304 blessés, mais souligné que les chiffres réels étaient "considérablement" plus élevés.


L'Ukraine a fait état lundi de 352 civils tués et 2 040 blessés depuis jeudi et affirme que des milliers de soldats russes ont péri. 


Les Russes, quant à eux, n'ont fourni aucun chiffre. 


Trump fait l'éloge d'un Premier ministre irakien en quête d'investissements

Le président américain Donald Trump écoute le Premier ministre irakien Ali al-Zaidi s'exprimer dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, à Washington, le 14 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump écoute le Premier ministre irakien Ali al-Zaidi s'exprimer dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, à Washington, le 14 juillet 2026. (AFP)
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  • Donald Trump a salué le Premier ministre irakien Ali al-Zaidi, qui promet de désarmer les groupes armés pro-iraniens d'ici fin septembre et d'ouvrir davantage l'Irak aux investissements américains
  • Bagdad cherche à renforcer son partenariat avec Washington tout en préservant son équilibre diplomatique avec l'Iran, dans un contexte de fortes tensions régionales

WASHINGTON: Donald Trump a salué mardi le leadership du Premier ministre irakien Ali al-Zaidi qui a de son côté promis de désarmer les groupes pro-iraniens présents dans le pays et s'est dit prêt à accueillir les entreprises américaines.

Parlant d'une "formidable alchimie" entre eux, le président américain a jugé que le dirigeant irakien était "un champion".

"Il a remporté une élection que beaucoup de gens n'avaient pas prévue", a-t-il affirmé devant la presse dans le Bureau ovale au côté du dirigeant irakien, insistant sur le fait qu'il l'avait "endossé".

"C'est un grand combattant, et c'est un grand admirateur des Etats-Unis", a ajouté le président américain en rappelant que le pays disposait d'énormes réserves de pétrole.

La visite du Premier ministre irakien -- son premier déplacement à l'étranger depuis sa prise de fonction en avril -- intervient en pleine reprise des affrontements entre les deux grands alliés de l'Irak, l'Iran et les Etats-Unis, dont l'opposition de longue date a fait du pays un terrain d'affrontement par procuration.

Ali al-Zaidi est arrivé lundi aux Etats-Unis pour ce déplacement d'une semaine. Il doit rencontrer également des représentants de compagnies pétrolières et des élus.

L'ex-homme d'affaires, arrivé au pouvoir avec l'appui du président américain, s'est engagé à dynamiser la fragile économie de son pays, qui dépend fortement de ses exportations de pétrole.

Il est surtout sous pression pour désarmer les groupes armés irakiens pro-iraniens, accusés d'avoir mené des centaines d'attaques sur des infrastructures américaines en Irak pendant la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par les frappes israélo-américaines contre l'Iran fin février.

"Il s'agit de ma première visite aux Etats-Unis, non pas d'un simple voyage d'agrément, mais d'une déclaration de partenariat économique", a lancé pour sa part M. Zaidi.

"Le 30 septembre, les forces américaines se retireront et les entreprises américaines s'installeront" en Irak, a-t-il dit en soulignant que le gouvernement prendrait "le monopole sur les armes".

"Après le 30 septembre, les factions n'auront plus lieu d'être (..) et nous n'autoriserons aucune entité à porter des armes en dehors de l'Etat", a-t-il dit, condition indispensable selon lui pour attirer les investissements.

- "Maintenir l'équilibre" -

Son gouvernement a donné aux groupes armés, désignés comme organisations terroristes par les Etats-Unis, jusqu'au 30 septembre pour se désarmer, date coïncidant avec le retrait d'Irak de la coalition internationale dirigée par Washington pour combattre les jihadistes.

Si Bagdad a adopté récemment une position plus favorable aux Etats-Unis, cela ne "signifie pas que l'Irak tourne le dos à l'Iran", a souligné un haut responsable irakien à l'AFP, sous couvert d'anonymat.

L'Irak "doit maintenir l'équilibre en vigueur de longue date" entre ses alliés, a-t-il déclaré.

La semaine dernière, des villes saintes chiites irakiennes ont accueilli d'immenses cortèges à l'occasion des funérailles de l'ancien guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué dans les frappes en Iran fin février.

En signe de soutien au dirigeant irakien, Washington a repris les envois de liquidités au titre des revenus pétroliers de l'Irak, gérés par la Réserve fédérale de New York depuis 2003, année de l'invasion américaine de l'Irak qui avait plongé le pays dans des années de violences.

Ces transferts de fonds avaient été suspendus plus tôt cette année pour accentuer la pression sur Bagdad afin qu'il désarme les groupes armés pro-iraniens.

Certains d'entre eux ont dit qu'ils coopéreraient avec le gouvernement irakien, mais d'autres refusent toujours de rendre les armes.

"Tant qu'il y a une guerre dans la région, ni eux ni l'Iran n'accepteront" le désarmement, a estimé le haut responsable irakien.

Ces groupes, dont la puissance politique et financière a augmenté au fil des années, demandent depuis longtemps le retrait des troupes américaines de la coalition antijihadiste, établie en 2014 pour lutter contre l'organisation Etat islamique.

- En quête d'investissements -

L'Irak tente de tourner la page de décennies de violences, mais souffre toujours d'infrastructures et de services publics défaillants et d'une corruption endémique.

"C'est un fardeau qu'il faut partager avec un partenaire stratégique. Le partenaire stratégique le plus important au monde, ce sont les Etats-Unis", a relevé M. Zaidi.

Ces derniers mois, l'Irak a conclu plusieurs accords avec des compagnies pétrolières américaines.

D'autres accords devraient être signés cette semaine à Washington, notamment l'un portant sur la création d'un fonds auquel l'Irak apportera 500.000 barils de pétrole par jour contre l'amélioration de son approvisionnement en électricité.

Pays fondateur de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), l'Irak dépend fortement de ses exportations de brut, qui représentent ordinairement 90% de ses recettes budgétaires et transitent en grande majorité par le détroit d'Ormuz, au coeur des hostilités actuelles.


Nouveaux échanges de frappes au Moyen-Orient, Washington reprend son blocus des ports iraniens

Des navires sont amarrés le long d'un quai du terminal à conteneurs de Khor Fakkan, seul port naturel en eau profonde de la région et l'un des principaux ports à conteneurs de l'émirat de Charjah, sur le golfe d'Oman, le 14 juillet 2026. (AFP)
Des navires sont amarrés le long d'un quai du terminal à conteneurs de Khor Fakkan, seul port naturel en eau profonde de la région et l'un des principaux ports à conteneurs de l'émirat de Charjah, sur le golfe d'Oman, le 14 juillet 2026. (AFP)
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  • Les États-Unis ont repris leurs frappes contre l'Iran et rétabli un blocus naval, tandis que Téhéran affirme maintenir la fermeture du détroit d'Ormuz jusqu'à la fin des attaques américaines
  • L'escalade militaire fragilise le cessez-le-feu et les efforts diplomatiques, avec des risques majeurs pour le commerce mondial de l'énergie et la sécurité régionale

TEHERAN: Les Etats-Unis ont lancé une nouvelle série de frappes contre l'Iran et réimposé un blocus de ses ports, Téhéran promettant mercredi que le détroit maritime d'Ormuz resterait fermé jusqu'à la fin des "agressions" américaines.

La reprise du blocus naval - effective depuis 20H00 GMT mardi - et l'intensification des bombardements minent les efforts diplomatiques pour rendre durable le protocole d'accord signé le 17 juin par les Etats-Unis et l'Iran, qui entérinait le cessez-le-feu conclu en avril.

L'armée américaine a achevé mardi soir "une nouvelle série de frappes" visant des "dizaines de cibles militaires" iraniennes, a déclaré le Commandement central américain (Centcom).

L'Iran, après avoir rapporté des bombardements tous azimuts sur son sol, a riposté mercredi en attaquant des installations américaines dans plusieurs pays du Golfe.

Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, ont également affirmé que le détroit d'Ormuz "resterait fermé jusqu'à ce que les Etats-Unis mettent fin à leurs actes d'agression", dans un communiqué diffusé par la télévision d'Etat iranienne.

Sans donner de détails, ils ont aussi évoqué une possible fermeture "d'autres voies d'exportation de pétrole et de gaz qui servent les intérêts des Etats-Unis et de leurs alliés".

Dans le détroit d'Ormuz et ses environs, où le trafic maritime s'est raréfié, plusieurs pétroliers ont été attaqués, faisant au moins deux morts et plusieurs blessés depuis lundi soir, selon l'Organisation maritime internationale.

Outre l'impact sur le commerce mondial d'hydrocarbures, l'ONU s'est alarmée mardi des "graves conséquences socio-économiques et humanitaires" du blocage de cette "voie de passage essentielle dont dépendent des millions de personnes" pour la nourriture, les médicaments et autres produits de première nécessité.

- Protocole "démantelé" -

Après la décision des Etats-Unis de réinstaurer un blocus naval du pays, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a estimé que Washington avait "démantelé" le protocole d'accord.

Donald Trump a, lui, renouvelé ses menaces à l'encontre de Téhéran.

"La semaine prochaine, ça va vraiment mal tourner pour eux", à moins qu'ils ne "s'assoient à la table des négociations", a-t-il déclaré sur Fox News, évoquant la possibilité de bombarder des ponts et des centrales électriques du pays.

Comme Téhéran, qui envisage de faire payer la traversée du détroit d'Ormuz, il avait assuré lundi vouloir prélever une redevance en échange de la protection de cette route maritime, au mépris du droit international et du principe de la liberté de navigation. Mais il a fait marche arrière mardi, remplaçant ce projet par "des accords de commerce et d'investissements" avec les monarchies du Golfe.

- Quatrième nuit de frappes -

Sur le terrain, l'Iran a rapporté tout au long de la journée, puis dans la nuit de mardi à mercredi, des bombardements sur son territoire notamment à Bandar Abbas et sur l'île de Qeshm - sur le détroit d'Ormuz - et dans la ville d'Ahvaz (sud-ouest).

Le Centcom américain a de son côté affirmé que des frappes avaient été menées "sur des sites de missiles et de drones iraniens, des capacités navales et des systèmes de défense côtière".

Il s'agit de la quatrième nuit de frappes américaines d'affilée. Donald Trump a envoyé la semaine dernière une notice officielle au Congrès pour signaler la reprise du conflit, déclenché le 28 février par des bombardements des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran.

Téhéran a, en retour, attaqué des installations américaines dans plusieurs monarchies du Golfe.

Le Koweït, touché mardi par des frappes iraniennes ayant blessé quatre militaires, a fait état dans la nuit de nouvelles attaques de drones. L'Iran a dit y avoir frappé le centre logistique de Mina Abdullah utilisé par l'armée américaine, selon les Gardiens iraniens.

A Bahreïn, où les sirènes d'alerte ont retenti, ces derniers ont affirmé avoir visé des installations de la marine américaine.

En Jordanie, l'armée a déclaré avoir abattu trois missiles lancés par l'Iran qui, selon la télévision d'Etat iranienne, y a mobilisé des drones contre des hangars sur la base Al-Azraq et contre une installation abritant des chasseurs F-18.

- "Pas un seul baril" -

Avec la réimposition du blocus naval, le président américain entend faire pression sur Téhéran, qui veut garder la main sur le détroit où il n'autorise qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

Durant le précédent blocus, décidé en avril en représailles au verrouillage du détroit d'Ormuz par Téhéran, l'Iran n'avait pas pu exporter "un seul baril de pétrole", selon son négociateur en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf.

L'opération avait "joué un rôle déterminant dans la conclusion du protocole d'accord", selon l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW).


Les Etats-Unis frappent l'Iran pour la troisième nuit de suite et vont rétablir le blocus des ports

Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
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  • Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna
  • Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom

TEHERAN: Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible".

Pendant une mission de cinq heures, "les forces américaines ont frappé des cibles militaires" dans plusieurs villes portuaires du sud de l'Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans la matinée.

Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna.

Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom.

"Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain", avait déclaré lundi Donald Trump dans une interview radio. Pour le président américain, les dirigeants iraniens "ne peuvent absolument rien faire contre" ces frappes.

Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont, eux, revendiqué une opération à Bahreïn - entre autres contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair.

L'armée idéologique iranienne a aussi annoncé avoir ciblé en Jordanie "des installations clé et les forces américaines sur une base aérienne jordanienne", dans un communiqué cité par l'agence Tasnim. L'armée jordanienne a annoncé pour sa part l'interception de quatre missiles iraniens.

Deux tankers attaqués 

Dans le détroit d'Ormuz, les Emirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers, tuant un membre d'équipage indien.

Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible".

Avant cela, il avait annoncé sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli.

Il entrera en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, le président américain a dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Le pétrole remonte 

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur X: "l'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours".

Donald Trump "a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz devrait être rémunéré", a-t-il ironisé, ajoutant: "20%, c'est évidemment trop. Nous serons équitables".

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les Etats-Unis de mettre en péril l'approvisionnement mondial en pétrole.

Au lendemain d'une envolée spectaculaire de plus de 9%, les cours du pétrole continuaient leur ascension dans ce contexte. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait 1,19% à 84,29 dollars vers 02H00 GMT.

Après quasiment 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d'être entériné le 17 juin par un protocole d'accord.

Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était "terminé".

La semaine dernière, le président américain a d'ailleurs envoyé une notice officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l'Iran avait repris, a confirmé la Maison Blanche à l'AFP.

Et au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l'AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.

 Protocole d'accord "en crise" 

Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, "il ne fait aucun doute" que le protocole d'accord "est en crise".

"Mais l'Iran n'a jamais été le premier à violer ses engagements", a-t-il tancé lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran à laquelle assistait l'AFP.

Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de "prévenir une escalade", a-t-il toutefois assuré.

Le protocole d'accord prévoyait la réouverture du détroit, Téhéran n'autorisant toutefois qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

"Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d'Iran le protégera", avait averti dimanche le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï.