La Russie sous pression internationale croissante, combats dans le nord-est de l'Ukraine

Une école du centre de Kharkiv, seconde ville de l'Ukraine, détruite à l'issue de combats entre les forces russes et ukrainiennes (Photo, AFP).
Une école du centre de Kharkiv, seconde ville de l'Ukraine, détruite à l'issue de combats entre les forces russes et ukrainiennes (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 01 mars 2022

La Russie sous pression internationale croissante, combats dans le nord-est de l'Ukraine

  • 12 membres de la mission russe à l'ONU ont reçu l'ordre des Etats-Unis, qui les accusent d'espionnage, de quitter leur territoire avant le 7 mars
  • Reconnaissance de la Crimée en tant que territoire russe, démilitarisation et «dénazification» de l'Ukraine: Vladimir Poutine a pour sa part posé ses conditions lundi à l'arrêt de l'invasion

KIEV: Enquête de la CPI, exclusion de la Coupe du monde de football, nouvelles sanctions financières: la pression s'est encore accrue lundi sur la Russie, qui a posé ses conditions pour mettre fin à la guerre en Ukraine tandis que ses forces bombardaient Kharkiv, la deuxième ville du pays.  


"Je suis convaincu qu'il existe une base raisonnable pour croire que des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité présumés ont été commis en Ukraine" depuis 2014, a déclaré le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) Karim Khan, souhaitant déclencher "aussi vite que possible" des investigations à ce sujet.


Moscou est par ailleurs sur le banc des accusés à l'Assemblée générale de l'ONU réunie en "session extraordinaire d'urgence".


"Les combats en Ukraine doivent cesser", a martelé Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies. "Trop c'est trop. Les soldats doivent retourner dans leurs casernes".


Parallèlement à cela, douze membres de la mission russe à l'ONU ont reçu l'ordre des Etats-Unis, qui les accusent d'espionnage, de quitter leur territoire avant le 7 mars. Une "démarche hostile", a réagi la Russie.


Dans ce contexte, la Turquie a interdit lundi soir le passage des détroits du Bosphore et des Dardanelles à tous les navires de guerre appartenant à des Etats "riverains ou non de la Mer noire".

Les géants de la tech s'attaquent aux médias proches du pouvoir russe

Facebook les bloque, Twitter les rend moins visibles, Microsoft les retire de sa boutique d'application; des géants de la tech ont franchi un nouveau palier lundi pour limiter l'influence de médias proches du pouvoir russe, accusés de désinformation depuis l'invasion de l'Ukraine.


Depuis le début du conflit, jeudi, ils avaient pris des initiatives mesurées pour limiter la diffusion d'informations émanant d'organes de presse affiliés au gouvernement russe.


Facebook avait notamment refusé de céder aux autorités russes qui lui demandaient de ne plus soumettre la production de ces médias au "fact-checking", ce qui lui avait valu de voir son accès limité en Russie.


Lundi, la filiale de Meta a décidé de bloquer, dans les pays de l'Union européenne, les contenus publiés par la chaîne RT (ex-Russia Today) et le site Sputnik, tous deux considérés comme des émanations du pouvoir russe.

Exigences russes, négociations
Reconnaissance de la Crimée en tant que territoire russe, démilitarisation et "dénazification" de l'Ukraine: Vladimir Poutine a pour sa part posé ses conditions lundi à l'arrêt de l'invasion au cours d'un échange avec son homologue français Emmanuel Macron, le président en exercice de l'Union européenne.


Les délégations russe et ukrainienne qui se rencontraient pour la première fois, au Bélarus, depuis le début de l'invasion jeudi sont rentrées pour "consultations dans leurs capitales" respectives, après avoir convenu vouloir un "deuxième round" de pourparlers.


Un règlement "n'est possible que si les intérêts sécuritaires légitimes de la Russie sont pris en compte sans conditions", a répété le Kremlin, ajoutant espérer que les négociations "mèneraient aux résultats espérés".


La présidence ukrainienne avait souligné, avant leur ouverture, qu'elle réclamerait "un cessez-le-feu immédiat et le retrait des troupes (russes) du territoire ukrainien".


M. Zelensky a souligné mardi que ces pourparlers avaient "lieu sur fond de bombardements et de tirs visant notre territoire (...). La synchronisation des tirs avec le processus de négociations était évidente".


Selon lui, l'Ukraine "n'a pas eu de résultat qu'elle aimerait avoir" à l'issue du premier round de discussion, mais elle a évoqué ses "contre-propositions" à celles des Russes "pour mettre fin à la guerre".

Ukraine: Zelensky appelle à interdire la Russie de «tous les ports» et «aéroports du monde»

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé mardi à interdire la Russie de "tous les ports" et "aéroports du monde" en représailles à l'invasion russe de l'Ukraine.


"Il faut fermer l'entrée pour un tel Etat dans tous les ports, tous les canaux et tous les aéroports du monde", a déclaré M. Zelensky dans une vidéo publiée sur Facebook.
Il a également appelé la communauté internationale à "considérer une fermeture totale du ciel pour les missiles, avions et hélicoptères russes".
M. Zelensky a dénoncé les bombardements russes qui ont visé le territoire ukrainien lundi, au moment où les délégations russe et ukrainienne se sont rencontrées pour la première fois, au Bélarus, depuis le début de l'invasion jeudi.
"Je pense que la Russie essaye de cette manière simple de faire pression" sur Kiev, a estimé M. Zelensky, en ajoutant: "Ne perdez pas votre temps".

Intenses combats à Kharkiv 
Le début des pourparlers a coïncidé avec d'intenses combats pour Kharkiv (nord-est), proche de la frontière russe. Plusieurs immeubles résidentiels y ont été visés lundi par des tirs de missiles russes, ainsi que dans d'autres villes du pays, faisant des blessés, a indiqué lundi soir l'agence Interfax-Ukraine citant des autorités locales.


Au moins onze personnes ont été tuées dans des bombardements russes sur des quartiers d'habitation, a indiqué le gouverneur régional, craignant des "dizaines de morts".


Un photographe de l'AFP a vu les corps sans vie de deux soldats russes devant une école en ruines, non loin du centre de cette ville de 1,4 million d'habitants.


Dans le même temps, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) signalait que les forces russes se trouvaient à proximité de la plus centrale nucléaire de Zaporizhzhia (Est), la plus grande d'Ukraine.


A Kiev, la situation semblait plus calme lundi, après un week-end sous couvre-feu. Mais beaucoup se préparaient à un nouvel assaut russe. 


La capitale était hérissée de barricades de fortune, des panneaux électroniques publics prévenaient les Russes qu'ils seraient accueillis "par des balles".


D'après le chef des armées ukrainiennes Valéri Zaloujny, l'armée russe a lancé 113 missiles tactiques contre des villes et des villages ukrainiens depuis le début de l'invasion. 


En l'absence jusqu'ici de victoire majeure de l'armée russe, Vladimir Poutine a franchi dimanche un nouveau cap dans la menace d'élargir le conflit, dont beaucoup redoutent qu'il ne devienne le plus grave en Europe depuis 1945.


Il a mis en "état spécial d'alerte" les forces nucléaires de la Russie, qui dispose du plus grand nombre d'ogives nucléaires, face aux "déclarations belliqueuses de l'Otan" et aux sanctions "illégitimes" contre son pays.


Les Etats-Unis ont toutefois affirmé lundi n'avoir détecté aucun changement "concret" dans la posture nucléaire russe.

Expulsion de diplomates russes à l'ONU: Moscou dénonce une «démarche hostile» américaine

L'ambassadeur russe aux Etats-Unis, Anatoli Antonov, a dénoncé dans la nuit de lundi à mardi une "démarche hostile" américaine, après l'annonce par Washington de l'expulsion pour "espionnage" de 12 membres de la mission diplomatique russe auprès de l'ONU.


"C'est une démarche hostile contre notre pays", a déclaré M. Antonov dans un communiqué publié sur Facebook, en ajoutant que ces actes de l'administration américaine suscitent une "déception profonde et un rejet absolu" à Moscou.


"Le gouvernement américain a de nouveau enfreint ses obligations d'assurer des conditions normales pour le fonctionnement des missions étrangères auprès de l'ONU. Les diplomates russes ont de nouveau subi le coup", a-t-il déploré.


"Les actes de Washington ne visent ni à adoucir la situation sur le scène internationale, ni à maintenir le niveau nécessaire des relations bilatérales entre deux grandes puissances qui ont une responsabilité particulière pour la paix et la sécurité internationales", a ajouté M. Antonov.

Des oligarques sanctionnés 
Lundi, le maître du Kremlin a ordonné des mesures-choc pour soutenir le rouble, qui descendait à des planchers historiques face au dollar et à l'euro après l'annonce de nouvelles sanctions économiques européennes et américaines. 


De nombreux Russes commençaient à retirer leur épargne des banques et les résidents en Russie ne pourront plus, à compter de mardi, transférer des devises hors de ses frontières. Les exportateurs russes devront convertir en roubles 80% des revenus engrangés en monnaies étrangères depuis le 1er janvier.


Auparavant, la Banque centrale de Russie avait annoncé relever à 20% son taux directeur face aux nouvelles sanctions. Les Occidentaux ont en particulier averti que des établissements russes seraient exclus du système interbancaire international Swift.


Les Etats-Unis ont en outre mis en application lundi une sanction d'une sévérité inédite contre la banque centrale russe, qui a pour effet d'"immobiliser tous les actifs" qu'elle "détient aux Etats-Unis ou qui seraient détenus où que ce soit par des personnes américaines".


La veille, les ministres européens des Affaires étrangères s'étaient aussi entendus pour bloquer les transactions de cette institution.


Poursuivant sur sa lancée, l'Union européenne a ajouté le porte-parole de Vladimir Poutine et plusieurs oligarques à sa liste noire des personnalités concernées par un gel de leurs avoirs et une interdiction de séjour.


Les Européens et leurs alliés sont prêts à prendre des sanctions supplémentaires, a fait savoir Paris, après une visioconférence ayant réuni les dirigeants français, américain, britannique, canadien, allemand, italien, japonais, polonais et roumain, ainsi que des représentants de l'UE et de l'Otan.


Le Canada va à cet égard interdire "toute importation de pétrole brut" russe, "une industrie dont le président Poutine et ses oligarques ont grandement profité".


L'ensemble des Bourses ont replongé lundi, craignant que le conflit n'alimente la flambée des prix de l'énergie et la reprise de l'inflation, tandis que le cours du blé atteignait un nouveau plus haut historique sur le marché européen.


Après de nombreuses manifestations contre l'invasion russe dans le monde ce week-end, un nouveau rassemblement s'est déroulé lundi en Allemagne: 250 000 personnes ont défilé à Cologne, transformant la parade du traditionnel Carnaval en mobilisation contre la guerre.


Autre geste fort, la Russie a été exclue de la Coupe du monde de football par son organisatrice, la Fifa, qui a suspendu les sélections nationales et des clubs russes "jusqu'à nouvel ordre".

Des terminaux du service internet Starlink d'Elon Musk sont arrivés en Ukraine

Une cargaison de terminaux du service internet par satellite Starlink d'Elon Musk est arrivée lundi en Ukraine, selon un ministre ukrainien qui en avait fait la requête au milliardaire américain face à l'invasion russe. 


Le réseau de satellites Starlink pourrait ainsi aider à apporter une connexion à internet aux zones frappées par les assauts de l'armée russe qui a envahi l'Ukraine jeudi dernier. 


"Starlink est arrivé. Merci Elon Musk", a tweeté le vice-Premier ministre ukrainien Mykhailo Fedorov en charge du secteur numérique avec une photo d'un camion transportant des terminaux Starlink. 


"Je vous en prie", a répondu le fondateur de SpaceX sur le réseau social.

                

Longues files de voitures 
Le conflit a jeté sur les routes des flots croissants d'Ukrainiens.


Depuis le début de l'offensive russe jeudi, plus de 500 000 d'entre eux ont fui vers les pays voisins, a déclaré lundi le Haut-Commissaire de l'ONU pour les réfugiés. L'UE a dit s'attendre à plus de sept millions de personnes déplacées.


La majeure partie se rend en Pologne. Mais Roumanie, Slovaquie et Hongrie --membres de l'Otan-- sont aussi concernées.


Conséquence de cet exode, de longues files de voiture patientent aux points de passage frontaliers avec la Pologne.


"On part car ça tire et on doit se cacher dans des abris, je ne veux pas traumatiser mon enfant car elle a peur", lâche Olga Kovaltchouk, une bibliothécaire, dans la gare de Lviv, une ville de l'Ouest de l'Ukraine où l'ambassade de France vient d'être transférée.


Les départs de Russie d'Occidentaux devraient aussi s'accélérer. Les Etats-Unis ont recommandé lundi à leurs ressortissants d'immédiatement quitter ce pays, après l'Italie et la Belgique.


Le bilan humain de cinq jours de conflit reste incertain. 


L'ONU a parlé lundi de 102 civils tués et de 304 blessés, mais souligné que les chiffres réels étaient "considérablement" plus élevés.


L'Ukraine a fait état lundi de 352 civils tués et 2 040 blessés depuis jeudi et affirme que des milliers de soldats russes ont péri. 


Les Russes, quant à eux, n'ont fourni aucun chiffre. 


Le G7 «uni» pour faire monter la pression sur la Russie et revenir à la stabilité au Moyen-Orient

Les dirigeants du G7, Donald Trump en tête, ont affiché leur volonté mardi lors d'un sommet à Evian d'intensifier la pression sur la Russie via des sanctions pour arrêter la guerre en Ukraine.  Les Sept - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ont également discuté avec des pays du Moyen-Orient des moyens d'accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz et du retour de la stabilité au Liban après l'accord entre Téhéran et Washington. (AFP)
Les dirigeants du G7, Donald Trump en tête, ont affiché leur volonté mardi lors d'un sommet à Evian d'intensifier la pression sur la Russie via des sanctions pour arrêter la guerre en Ukraine. Les Sept - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ont également discuté avec des pays du Moyen-Orient des moyens d'accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz et du retour de la stabilité au Liban après l'accord entre Téhéran et Washington. (AFP)
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  • Donald Trump, qui était totalement absorbé par le conflit en Iran ces dernières semaines, a aussi promis de "tout faire" pour aider à mettre fin à la guerre en Ukraine
  • Les négociations de paix sous médiation américaine sont totalement enlisées depuis le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février

EVIAN: Les dirigeants du G7, Donald Trump en tête, ont affiché leur volonté mardi lors d'un sommet à Evian d'intensifier la pression sur la Russie via des sanctions pour arrêter la guerre en Ukraine.

Les Sept - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ont également discuté avec des pays du Moyen-Orient des moyens d'accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz et du retour de la stabilité au Liban après l'accord entre Téhéran et Washington.

L'annonce la plus attendue est venue du président américain, qui a dit vouloir rétablir certaines sanctions pesant sur le pétrole russe, un temps suspendues pour contrer la flambée des cours du brut occasionnée par le conflit contre l'Iran.

"Nous serons bientôt en mesure" de les réintroduire, a-t-il assuré, alors que le trafic dans le détroit, par lequel transite un cinquième des exportations mondiales d'hydrocarbures, reprend timidement. Ces exportations constituent la principale source de financement de l'effort de guerre russe depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022.

Donald Trump, qui était totalement absorbé par le conflit en Iran ces dernières semaines, a aussi promis de "tout faire" pour aider à mettre fin à la guerre en Ukraine.

Les négociations de paix sous médiation américaine sont totalement enlisées depuis le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février.

Autant de déclarations accueillies avec soulagement par ses pairs, alors que le président américain  s'est souvent montré plus à l'écoute du Russe Vladimir Poutine que de l'Ukrainien Volodymyr Zelensky, qu'il avait accueilli avec une rudesse sans pareille en février 2025 dans le Bureau Ovale.

Zelensky félicité 

Les dirigeants du G7 sont "unis", "ils font le constat qu'il y a une dynamique sur le terrain" en faveur de l'Ukraine et sont d'accord pour "augmenter la pression" sur la Russie et livrer plus de moyens de défense antiaérienne à Kiev, avait esquissé auparavant une source diplomatique française.

Signe de sa bonne disposition, Donald Trump a aussi rencontré une vingtaine de minutes en aparté le président ukrainien et devait le revoir dans l'après-midi. Leur dernière rencontre remontait au 28 décembre aux Etats-Unis.

Le président américain l'a félicité pour la "performance" de l'armée ukrainienne sur le terrain et il a reconnu que la "dynamique" était ukrainienne, selon un participant.

"C'est formidable que tout le monde comprenne que la Russie ne va pas gagner et que nous devons faire pression sur Poutine pour qu'il mette un terme à cette guerre", s'est félicité le président ukrainien, qu'Emmanuel Macron a invité à rester jusqu'à la fin du sommet mercredi.

Multipliant les marques d'attention, le président français est allé à sa rencontre à son arrivée à l'hôtel Royal, sur les bords du Lac Léman, où se tenait cette année la grand-messe de ce club de grandes puissances industrialisées.

"Déminage" 

Le président américain, lui, aura les honneurs du château de Versailles mercredi pour un dîner. "Et Versailles, c'est pas du plaqué or, c'est du lourd", s'est-il réjoui.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé que le Royaume-Uni allait fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie.

Le chef du gouvernement canadien a fait de même avec des sanctions visant la flotte fantôme de pétroliers au service de la Russie, ses revenus énergétiques, son industrie de défense et les acteurs de la désinformation.

Et Friedrich Merz a offert un maillot de football allemand floqué à son nom au président américain, deux jours après son anniversaire.

Les dirigeants du G7 et leurs homologues d'Egypte, du Qatar et des Emirats arabes unis se sont ensuite félicités lors d'un déjeuner de l'accord irano-américain, un "très beau deal" selon une source diplomatique.

Ils ont insisté sur la "nécessité d'avoir de la visibilité sur la menace iranienne", de diversifier les routes d'approvisionnement en hydrocarbures pour réduire la dépendance au détroit d'Ormuz, cartes à l'appui, et d'un "effort multinational pour soutenir l'armée libanaise".

Les Etats-Unis nous "demandent de mettre des capacités de déminage" à disposition dans le détroit d'Ormuz, a indiqué une source européenne, précisant que des bateaux français et allemands étaient notamment mobilisés à cette fin.

Donald Trump s'était pourtant montré assez peu intéressé la veille par la mission maritime internationale mise en place par Paris et Londres pour garantir le retour à la liberté de circulation dans la région, une fois la paix revenue.

Mercredi, au dernier jour du sommet, le G7 recevra plusieurs "leaders de la tech mondiale" pour un déjeuner où il sera question de régulation, ou encore d'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ou 16 ans. Des débats qui s'annoncent tendus avec Donald Trump.


L'accord Iran-USA doit être signé vendredi dans un complexe hôtelier suisse proche de Lucerne, annonce Berne

Selon un haut responsable américain, le cadre d'accord a déjà été signé de manière électronique par le président américain Donald Trump, son vice-président JD Vance, ainsi que le président du Parlement iranien et principal négociateur Mohammad Bagher Ghalibaf. (AFP et AP)
Selon un haut responsable américain, le cadre d'accord a déjà été signé de manière électronique par le président américain Donald Trump, son vice-président JD Vance, ainsi que le président du Parlement iranien et principal négociateur Mohammad Bagher Ghalibaf. (AFP et AP)
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  • "A ce stade, cette signature est prévue le vendredi 19 juin au Bürgenstock", a indiqué le ministère, ajoutant que ce site, difficilement accessible et donc aisément sécurisable, "a été proposé par les médiateurs pakistanais et qatariens
  • Pour l'instant, "il n'est pas encore possible de fournir des informations sur le déroulement et les détails de la signature prévue", a précisé le ministère

GENEVE: L'accord noué entre les Etats-Unis et l'Iran doit être signé vendredi en Suisse dans un luxueux complexe hôtelier surplombant le lac des Quatre cantons près de Lucerne, a indiqué mardi le ministère suisse des Affaires étrangères.

"A ce stade, cette signature est prévue le vendredi 19 juin au Bürgenstock", a indiqué le ministère, ajoutant que ce site, difficilement accessible et donc aisément sécurisable, "a été proposé par les médiateurs pakistanais et qatariens, ainsi que par les Etats-Unis et l'Iran".

Pour l'instant, "il n'est pas encore possible de fournir des informations sur le déroulement et les détails de la signature prévue", a précisé le ministère.

Situé dans le petit canton de Nidwald, dans le centre de la Suisse, le complexe hôtelier du Bürgenstock est établi sur une crête montagneuse surplombant Lucerne et le lac des Quatre cantons. Il avait déjà abrité en juin 2024 une conférence de haut niveau sur la paix en Ukraine, à laquelle avait participé le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Selon un haut responsable américain, le cadre d'accord a déjà été signé de manière électronique par le président américain Donald Trump, son vice-président JD Vance, ainsi que le président du Parlement iranien et principal négociateur Mohammad Bagher Ghalibaf.

D'après Téhéran, ces deux derniers devraient mener les délégations de leurs pays pour cette signature en Suisse.

Le texte de l'accord n'a pas été rendu public, laissant planer des doutes sur des points de divergence entre les deux parties après de laborieuses négociations pour mettre fin au conflit.

Le document fait environ "une page et demie" et est "très général", a révélé sur CNN JD Vance - qui avait plus tôt évoqué la possible présence à la cérémonie de Donald Trump, actuellement au sommet du G7 du côté français du lac Léman, à Evian.


Le détroit d'Ormuz «complètement ouvert» vendredi, annonce Trump après l'accord avec l'Iran

Donald Trump a affirmé que le détroit d'Ormuz serait "complètement ouvert" vendredi, jour de la cérémonie de signature du cadre d'accord trouvé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Donald Trump a affirmé que le détroit d'Ormuz serait "complètement ouvert" vendredi, jour de la cérémonie de signature du cadre d'accord trouvé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Des médias iraniens ont annoncé dans la soirée que trois pétroliers et deux cargos transportant des marchandises avaient traversé la zone jusque-là soumise au blocus naval américain
  • "Des navires, dont certains chargés de pétrole, commencent à sortir du détroit", s'est réjoui lundi le président américain sur son réseau Truth Social. "Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots!"

TEHERAN: Donald Trump a affirmé que le détroit d'Ormuz serait "complètement ouvert" vendredi, jour de la cérémonie de signature du cadre d'accord trouvé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

"Des navires, dont certains chargés de pétrole, commencent à sortir du détroit", s'est réjoui lundi le président américain sur son réseau Truth Social. "Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots!"

Des médias iraniens ont annoncé dans la soirée que trois pétroliers et deux cargos transportant des marchandises avaient traversé la zone jusque-là soumise au blocus naval américain.

Selon un haut responsable américain, le cadre d'accord a déjà été signé de manière électronique par Donald Trump, son vice-président JD Vance, et le président du Parlement iranien et principal négociateur de Téhéran, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le texte n'a pas été rendu public, laissant planer des doutes sur des points de divergence entre les deux parties après de laborieuses négociations.

Ce document "apportera la paix dans la région", a promis lundi Donald Trump. Il a laissé entendre que le texte pourrait être publié vendredi, après sa signature à Genève, qui marquera l'ouverture d'une période de soixante jours pour conclure un accord final.

"Nous avons un passif d'engagements non tenus, non appliqués, abandonnés, tout cela est présent dans notre esprit", dans le processus de négociation et de mise en place de l'accord, a déclaré, plus circonspect, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi à la télévision d'Etat.

"En même temps, nous faisons tout ce qui est possible pour créer à travers ce processus des opportunités économiques pour notre pays", a-t-il ajouté.

Fin "définitive" de la guerre 

Les premières informations sur le contenu de l'accord sont principalement venues d'Iran. Selon sa diplomatie, il prévoit "la fin immédiate et définitive de la guerre et des opérations militaires sur les différents fronts, y compris au Liban".

Dans le très stratégique détroit d'Ormuz, l'Iran devrait facturer des frais liés aux services aux navires, plutôt qu'instaurer un péage dont les Etats-Unis ne voulaient pas, selon la même source.

"Nous nous attendons à ce que le détroit soit rouvert sans péage à long terme", a dit le vice-président américain JD Vance à CNBC lundi.

La diplomatie iranienne a aussi assuré que "la partie américaine s'était engagée" à débloquer des fonds iraniens gelés à l'étranger et à verser des réparations pour les dégâts provoqués par la guerre.

"Ils ne recevront jamais le moindre dollar du contribuable américain. Jamais", a toutefois insisté JD Vance sur Fox News.

Aucun avoir sous sanction américaine n'a été débloqué pour l'instant, selon un haut responsable américain.

Les Etats-Unis doivent également garantir qu'Israël mette fin à la guerre au Liban, a affirmé le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï.

Les affrontements entre Israël et le Hezbollah pro-iranien au Liban semblaient avoir cessé, mais une frappe israélienne a tué une personne dans le sud lundi à la mi-journée. Puis le Hezbollah a annoncé y avoir "repoussé", au moyen de roquettes et de drones, une force israélienne qui tentait d'avancer.

L'armée israélienne restera au Liban "aussi longtemps que nécessaire", comme en Syrie et à Gaza, a déclaré lundi soir le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Alors que l'accord irano-américain est largement perçu comme un échec pour Israël par la société et une grande partie de la classe politique, le Premier ministre israélien a affirmé que la guerre avait sauvé son pays de la menace d'une "destruction nucléaire".

Et annoncé qu'il comptait se présenter aux élections législatives d'ici la fin de l'année, malgré les critiques et son procès pour corruption. Âgé de 76 ans, il a gouverné le pays plus longtemps qu'aucun autre Premier ministre: plus de 18 années cumulées depuis 1996.

Négociations sur l'uranium iranien 

L'annonce d'un accord pour mettre fin à la guerre, déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes et qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, a fait chuter les prix du pétrole de près de 5% lundi. Ils se stabilisent mardi.

Les habitants de la région semblaient eux mitigés. "Le peuple iranien n'a rien gagné avec cet accord", réagit Arya, 38 ans, professeur d'anglais à Téhéran. "Les gens ne vont pas revenir à leur vie d'avant."

Au Liban, certains déplacés envisageaient timidement un retour vers le sud dans des zones non occupées par Israël. "Même s'il ne reste que des ruines, nous y planterons une tente et nous y resterons", assure Hana al-Jamma.

Les 60 jours de négociations qui doivent s'ouvrir porteront sur quatre sujets, selon le vice-ministre iranien des Affaires étrangères: la levée des sanctions contre l'Iran, le nucléaire, la "reconstruction" et "le développement économique" du pays, ainsi que "la mise en place d'un mécanisme de suivi" des engagements pris.

L'Iran cherchera "à ce que l'accord final soit soutenu par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies", a précisé sa diplomatie.

Dans des déclarations au New York Times, Donald Trump a indiqué qu'un volet des négociations concernerait l'acceptation par l'Iran d'un moratoire de vingt ans sur l'enrichissement d'uranium, laissant entendre qu'il pourrait transiger sur quinze ans.

En vertu du protocole d'accord, des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) seront par ailleurs autorisés à se rendre en Iran pour aider Téhéran à "détruire son stock d'uranium hautement enrichi", a annoncé JD Vance sur NBC News.