A la frontière de Melilla, des migrants déterminés à rejoindre l'Europe

Des migrants escaladent une corniche le long d'un sentier de montagne séparant le Maroc de la Melilla nord-africaine espagnole, près de Nador, le 4 mars 2022 (Photo, AFP).
Des migrants escaladent une corniche le long d'un sentier de montagne séparant le Maroc de la Melilla nord-africaine espagnole, près de Nador, le 4 mars 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 05 mars 2022

A la frontière de Melilla, des migrants déterminés à rejoindre l'Europe

  • Plus de 1.000 clandestins ont essayé de traverser la triple clôture, hérissée de barbelés et longue d'environ 12 km, en quête d'un avenir meilleur
  • Cette crise migratoire, sans précédent pour l'Espagne a été le point d'orgue d'une crise majeure entre Rabat et Madrid

NADOR, Maroc: "Si c'était à refaire, je le referais", lâche sans hésitation un jeune Soudanais, deux jours après avoir pris part à la plus importante tentative de passage forcé dans l'enclave espagnole de Melilla, frontière terrestre avec l’Union européenne, au nord-est du Maroc.

"Après trois mois passés dans une forêt à vivre dans des conditions inhumaines, j'ai décidé de tenter ma chance", raconte à l'AFP Mahjoub Abdellah, la silhouette fine, les traits fatigués.

Ce Soudanais longiligne de 22 ans ayant fui la guerre au Darfour a tenté mercredi de franchir la barrière frontalière vers Melilla au milieu de 2.500 migrants subsahariens, car il ne voit pas d'autres moyens de "vivre dignement" qu'en Europe.

Ce vendredi matin encore, plus de 1.000 clandestins ont essayé de traverser la triple clôture, hérissée de barbelés et longue d'environ 12 km, en quête d'un avenir meilleur.

La veille, ils étaient déjà 1.200 migrants à tenter la "boza !" (ndlr: "victoire" dans plusieurs dialectes d'Afrique de l'Ouest), le cri de joie poussé lorsqu'ils réussissent à franchir la frontière. 

«Violence»

La minuscule enclave de Melilla, tout comme celle de Ceuta, à près de 400 kilomètres plus à l'ouest, constituent les seules frontières terrestres de l'Europe avec l'Afrique.

En 48 heures, plus de 800 d'entre eux ont réussi à entrer à Mellila, contre 1.092 sur toute l'année 2021, selon les autorités espagnoles.

Des tentatives qui se sont heurtées à "la violence des forces de l'ordre marocaines et espagnoles", selon plusieurs migrants rencontrés vendredi par des journalistes de l'AFP.

Malgré une blessure à la jambe, Mahjoub, un apprenti forgeron, se dit prêt à retenter la traversée. Mais pour l'heure, il envisage de quitter la ville frontalière marocaine de Nador à la recherche de petits boulots.  

Avant de regagner le massif forestier voisin du Gourougou, devenu au fil des ans un refuge précaire pour de nombreux migrants originaires d'Afrique subsaharienne.

Au pied de la montagne, les forces de l'ordre marocaines étaient déployées vendredi le long de la clôture qui sépare Melilla de la ville de Beni Ansar, sous le regard d'une poignée de curieux.

Tandis qu'un groupe de migrants empruntaient, sous de violentes rafales et un froid glacial, les sentiers accidentés du Gourougou.

«Ouvrez les frontières»

Ahmed Mohamed, un autre Soudanais, âgé de 17 ans, a lui aussi tenté mercredi de rejoindre Melilla. 

Il ne compte plus ses coups d'essai pour passer illégalement la frontière à Melilla et Ceuta depuis son arrivée au Maroc il y a huit mois. Il est systématiquement renvoyé plus au sud, vers Casablanca ou Safi. 

"Un jour, je vais réaliser mon rêve. Chez moi, il n'y a plus aucun espoir", résume-t-il.

Comme beaucoup de ses compagnons, le jeune homme dit avoir rejoint le royaume chérifien depuis l'Algérie voisine, mais il préfère ne pas s'épancher sur son périple. 

A côté de lui, une Tchadienne d'à peine 17 ans piaffe d'impatience pour fouler le sol européen: "Ouvrez les frontières, aidez-nous. Nous en avons marre d'être pourchassés, harcelés", supplie-t-elle. 

Le jeune fille, au front tatoué, n'a pas pris part aux récentes tentatives mais elle ne reculera devant rien pour le faire.

Ces entrées massives de migrants interviennent moins d'un an après l'arrivée en mai 2021 de près de 10.000 migrants à Ceuta, dont beaucoup de mineurs, à la faveur d'un relâchement des contrôles frontaliers côté marocain.

Cette crise migratoire, sans précédent pour l'Espagne, dont le Maroc est un allié clé dans la lutte contre l'immigration clandestine, a été le point d'orgue d'une crise majeure entre Rabat et Madrid.

Celle-ci avait été provoquée par l'hospitalisation pour des "raisons humanitaires" en Espagne du chef des indépendantistes sahraouis du Front Polisario, Brahim Ghali, considéré par le Maroc comme un "criminel de guerre".


« Les Émirats arabes unis ont exploité la légitimité de la coalition », déclare le gouverneur de Hadhramout

Salam Al-Khanbashi, gouverneur de Hadhramout. (Arab News)
Salam Al-Khanbashi, gouverneur de Hadhramout. (Arab News)
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  • « Nous pensions que les Émirats arabes unis nous apporteraient leur soutien et leur aide, mais nous avons été choqués par leurs actions »
  • Les Émirats arabes unis « ont exploité la légitimité de la coalition visant à rétablir la légitimité au Yémen pour atteindre leurs propres objectifs (au Yémen) »

RIYAD: Les Émirats arabes unis « ont exploité la légitimité de la coalition visant à rétablir la légitimité au Yémen pour atteindre leurs propres objectifs (au Yémen) », a déclaré aujourd'hui Salam Al-Khanbashi, gouverneur de Hadhramout.

« Nous pensions que les Émirats arabes unis nous apporteraient leur soutien et leur aide, mais nous avons été choqués par leurs actions », a-t-il ajouté. Il a confirmé que la province souffrait de la présence de groupes armés affiliés à Aidrous Al-Zubaidi, soutenus par les Émirats arabes unis.

(En développement) 

 


Liban: l'armée israélienne dit avoir frappé des sites du Hezbollah

Israël a annoncé lundi avoir frappé des sites du Hezbollah dans plusieurs zones du sud du Liban, alors que le Liban a annoncé ce mois-ci des progrès dans le désarmement du mouvement. (AFP)
Israël a annoncé lundi avoir frappé des sites du Hezbollah dans plusieurs zones du sud du Liban, alors que le Liban a annoncé ce mois-ci des progrès dans le désarmement du mouvement. (AFP)
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  • Ces bombardements interviennent alors que l'armée libanaise a indiqué début janvier avoir achevé le désarmement du Hezbollah dans la partie du sud située entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord
  • Or les villages cités par l'Ani se situent au nord du Litani, donc hors de la zone concernée par cette première phase du désarmement.

JERUSALEM: Israël a annoncé lundi avoir frappé des sites du Hezbollah dans plusieurs zones du sud du Liban, alors que le Liban a annoncé ce mois-ci des progrès dans le désarmement du mouvement.

Malgré un cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à une guerre avec le Hezbollah, l'armée israélienne continue de mener régulièrement des frappes sur le territoire libanais, affirmant viser la formation pro-iranienne qu'il accuse de se réarmer.

"L'armée israélienne a détruit des structures militaires utilisées par le Hezbollah pour mener des exercices et des entraînements destinés aux terroristes, ainsi que pour planifier et mener des attaques contre les troupes de l'armée israélienne et les civils israéliens", détaille le communiqué militaire.

Parmi les cibles, il mentionne notamment des tunnels. L'armée n'a pas pas précisé où exactement les frappes avaient été menées dans le sud du Liban.

Peu après la publication du communiqué israélien lundi, l'agence de presse nationale libanaise Ani a rapporté "une série de frappes israéliennes" sur au moins cinq villages libanais (Ansar, Zarariyeh, Kfar Melki, Nahr al-Shita et Bousslaïa).

Ces bombardements interviennent alors que l'armée libanaise a indiqué début janvier avoir achevé le désarmement du Hezbollah dans la partie du sud située entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.

Or les villages cités par l'Ani se situent au nord du Litani, donc hors de la zone concernée par cette première phase du désarmement.

Un homme a été tué vendredi dans une frappe israélienne qui a visé une camionnette dans le sud du Liban, a annoncé le ministère de la Santé, au lendemain de raids contre des localités éloignées de la frontière avec Israël.


Le président syrien et les forces kurdes annoncent un accord de cessez-le-feu

 Le président syrien Ahmad al-Chareh a annoncé dimanche un accord avec les Kurdes syriens, prévoyant un cessez-le-feu et l'intégration de leurs puissantes forces au sein de l'Etat syrien. (AFP)
Le président syrien Ahmad al-Chareh a annoncé dimanche un accord avec les Kurdes syriens, prévoyant un cessez-le-feu et l'intégration de leurs puissantes forces au sein de l'Etat syrien. (AFP)
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  • L'accord est un coup dur pour les Kurdes qui ambitionnaient de préserver leur administration autonome, instaurée de facto depuis plus d'une décennie
  • Le texte en quatorze points publié par la présidence prévoit l'intégration des Forces démocratiques syriennes (FDS) et des forces de sécurité kurdes dans les ministères de la Défense et de l'Intérieur du pays

DAMAS: Le président syrien Ahmad al-Chareh a annoncé dimanche un accord avec les Kurdes syriens, prévoyant un cessez-le-feu et l'intégration de leurs puissantes forces au sein de l'Etat syrien, après deux jours de rapide progression de ses troupes dans les zones tenues par les Kurdes dans le nord et le nord-est du pays.

Le chef des forces kurdes de Syrie Mazloum Abdi, chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), a confirmé avoir accepté "pour que cette guerre ne devienne pas une guerre civile" que ses forces se "retirent des régions de Deir Ezzor et de Raqa vers Hassaké".

L'accord est un coup dur pour les Kurdes qui ambitionnaient de préserver leur administration autonome, instaurée de facto depuis plus d'une décennie.

Le texte en quatorze points publié par la présidence prévoit l'intégration des Forces démocratiques syriennes (FDS) et des forces de sécurité kurdes dans les ministères de la Défense et de l'Intérieur du pays.

Il stipule aussi la remise immédiate au gouvernement des provinces sous contrôle kurde et peuplées notamment d'Arabes de Deir Ezzor et Raqa, ainsi que la prise en charge par Damas des prisonniers du groupe jihadiste Etat islamique (EI) et de leurs familles détenus dans des prisons et des camps contrôlés par les Kurdes.

M. Chareh a précisé devant la presse avoir signé l'accord à distance avec Mazloum Abdi.

Selon le président, qui a annulé une visite prévue mardi à Berlin, les détails de l'accord doivent être finalisés lors de pourparlers lundi avec M. Abdi.

La France sera présente à ces pourparlers, selon l'entourage du président Emmanuel Macron.

"Je recommande un cessez-le-feu complet", a insisté le président syrien juste après une rencontre avec l'émissaire américain pour la Syrie Tom Barrack, qui s'était entretenu la veille avec M. Abdi, à Erbil en Irak.

"Tournant décisif" 

Les Etats-Unis, qui soutiennent depuis des années les combattants kurdes syriens mais sont désormais également un allié clé de Damas, ont salué l'accord, M. Barrack parlant d'un "tournant décisif, avec d'anciens adversaires privilégiant le partenariat plutôt que la division".

Avant l'offensive de l'armée syrienne, des négociations entre le pouvoir central et les Kurdes visant à intégrer leurs institutions civiles et militaires au sein de l'Etat, aux termes d'un accord conclu en mars 2025, étaient dans l'impasse.

Dans un geste apparent de bonne volonté, le président avait accordé vendredi par décret des droits nationaux inédits aux Kurdes, reconnaissant notamment le kurde comme langue officielle. Une mesure jugée insuffisante par l'administration autonome kurde du nord de la Syrie.

Le président syrien, qui a renversé Bachar al-Assad il y a plus d'un an, a insisté dimanche sur une nécessaire "souveraineté de la Syrie sur l'ensemble de son territoire".

Reprise d'un grand champ pétrolier 

L'armée a notamment repris dimanche aux forces kurdes le plus grand champ pétrolifère de Syrie, celui d'al-Omar. Les FDS avaient pris le contrôle de ce champ après en avoir expulsé l'EI en 2017.

Pendant des années, ce site avait abrité la plus grande base de la coalition internationale antijihadiste menée par les Etats-Unis, qui a aidé les FDS à combattre l'EI, finalement défait en Syrie en 2019.

A l'aube, les FDS "se sont retirées de tous les secteurs sous leur contrôle" dans l'est de la province de Deir Ezzor, peuplée en majorité d'Arabes, dont "les champs pétrolifères de al-Omar", le plus grand du pays "et al-Tanak", selon une ONG.

La minorité kurde s'était emparée pendant la guerre civile (2011-2024) de vastes territoires du nord et du nord-est de la Syrie, incluant champs pétroliers et gaziers.

La semaine dernière, les forces gouvernementales ont délogé les combattants kurdes de quartiers d'Alep, puis les ont sommés de se retirer d'une zone située entre cette ville du nord du pays et l'Euphrate, plus à l'est.

A mesure que les forces kurdes se repliaient sans opposer de véritable résistance, les troupes gouvernementales ont progressé samedi et dimanche vers l'est, où elles ont notamment pris le contrôle de la ville de Tabqa.

Après le départ des forces kurdes, des résidents de Tabqa ont déboulonné une immense statue honorant une combattante kurde tuée en 2017 par les jihadistes de l'EI, attestent des photos de l'AFP.

L'armée a poursuivi dimanche son avancée jusqu'à Raqa, dans la province éponyme, qui était la "capitale" du groupe Etat islamique avant sa défaite et où les habitants avaient souffert des pires exactions.

Selon l'agence Sana, deux civils ont été tués dimanche à Raqa par des tirs des FDS. Le correspondant de l'AFP aux abords de la ville a entendu des tirs d'armes automatiques, et indiqué que les forces gouvernementales avaient acheminé des renforts et ratissaient des quartiers de la ville.

La minorité kurde, notamment répartie entre la Turquie, la Syrie, l'Irak et l'Iran, a souffert de décennies d'oppression en Syrie, où elle est estimée à quelque deux millions de personnes, sur 20 millions d'habitants.