Ukraine: les civils pris au piège à Marioupol, l'étau se resserre autour de Kiev

Capture d'écran tirée d'une vidéo publiée par le ministère russe de la Défense, montrant un char de l'armée ukrainienne détruit dans la localité de Gnutovo, près de Mariupol, Ukraine. (AFP).
Capture d'écran tirée d'une vidéo publiée par le ministère russe de la Défense, montrant un char de l'armée ukrainienne détruit dans la localité de Gnutovo, près de Mariupol, Ukraine. (AFP).
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Publié le Lundi 07 mars 2022

Ukraine: les civils pris au piège à Marioupol, l'étau se resserre autour de Kiev

  • Un troisième round de pourparlers entre l'Ukraine et la Russie est prévu pour lundi, selon un membre de la délégation ukrainienne, David Arakhamia, qui n'a pas donné plus de détails
  • Les deux sessions précédentes, à la frontière ukraino-bélarusse puis à la frontière polono-bélarusse, n'ont pas abouti à un arrêt des combats

KIEV : La population était prise au piège dimanche dans le port assiégé de Marioupol, dans le sud de l'Ukraine, où une deuxième tentative d'évacuation humanitaire a échoué, pendant que l'armée russe resserrait son étau sur la capitale Kiev.

Un troisième round de pourparlers entre l'Ukraine et la Russie est prévu pour lundi, selon un membre de la délégation ukrainienne, David Arakhamia, qui n'a pas donné plus de détails.

Les deux sessions précédentes, à la frontière ukraino-bélarusse puis à la frontière polono-bélarusse, n'ont pas abouti à un arrêt des combats, mais les parties avaient convenu de mettre en place des "couloirs humanitaires".

Mais pour la deuxième journée consécutive dimanche, la population de Marioupol, sur la mer d'Azov, qui vit un "blocus humanitaire", selon son maire Vadim Boïtchenko, a dû renoncer à l'évacuation.

"Au milieu de scènes dévastatrices de souffrances humaines, une deuxième tentative aujourd'hui de commencer à évacuer quelque 200 000 personnes de la ville a été interrompue", a indiqué le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Celle-ci devait permettre une évacuation jusqu'à Zaporojie, à environ trois heures de route. Mais "nous n'avons pas pu emprunter le couloir humanitaire en raison des bombardements russes", a dit la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk.

Le président russe Vladimir Poutine a mis l'échec des évacuations sur le compte des "nationalistes ukrainiens" qui, selon lui, ont empêché celle programmée samedi de Marioupol et de Volnovakha, une ville proche.

Une rare famille qui a pu rejoindre samedi Dnipro (centre) a raconté, sous couvert d'anonymat, être restée à l’abri dans une cave "sept jours sans chauffage, électricité, internet", manquant d'eau et de nourriture. Sur la route, a-t-elle témoigné, "il y avait des cadavres partout, des Russes et des Ukrainiens".

La chute de Marioupol serait un tournant dans l'invasion russe, lancée le 24 février. Elle permettrait la jonction entre les troupes russes en provenance de la Crimée annexée, qui ont déjà pris les ports clés de Berdiansk et de Kherson, et celles du Donbass. Ces forces consolidées pourraient ensuite remonter vers le centre et le nord de l'Ukraine.

Sur la mer Noire, c'est désormais Odessa qui préoccupe le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui accuse la Russie de "se préparer à bombarder" ce port de près d'un million d'habitants proche de la frontière moldave.

Activisme américain

Cet exode  suscitait une forte mobilisation, notamment dans les Etats voisins comme la Pologne, où le secrétaire d'État américain Antony Blinken s'est rendu samedi à la frontière avec l'Ukraine, s'y entretenant avec son homologue ukrainien Dmytro Kouleba.

"Le message du peuple ukrainien héroïque est simple: les Russes, rentrez chez vous (...) Poutine, laisse l'Ukraine tranquille. Tu ne gagneras pas la guerre", a lancé M. Kouleba.  

Il a demandé des avions et des systèmes de défense aérienne, qualifiant de "signe de faiblesse" le refus par l'Otan de mettre en place une zone d'exclusion aérienne au-dessus de son pays.

Après un crochet en Lettonie, Etat balte frontalier de la Russie, le chef d'état-major américain, le général Mark Milley, a souligné que si une telle zone était créée, "il faudrait alors qu'on y aille et qu'on combatte activement" les Russes, ce que l'Alliance atlantique ne veut pas faire.

Le président russe Vladimir Poutine a menacé de "conséquences colossales et catastrophiques non seulement pour l'Europe, mais pour le monde entier", si une telle zone était créée. La Russie considérerait comme cobelligérant tout pays tentant de l'imposer.

De plus en plus isolé sur la scène internationale, le maître du Kremlin a le même jour reçu à Moscou le chef du gouvernement israélien Naftali Bennett, premier dirigeant étranger en visite en Russie en lien avec l'invasion russe de l'Ukraine. 

Entamant une véritable médiation, M. Bennett a ensuite parlé au président ukrainien Volodymyr Zelensky, avant des entretiens à Berlin avec le chancelier allemand Olaf Scholz.

Dans le même temps, à Washington, des élus du Congrès promettaient de débloquer 10 milliards de dollars d'aide pour l'Ukraine, au cours d'un échange virtuel avec le président Zelensky.

"Nous encourageons à des négociations directes entre la Russie et l'Ukraine", a de son côté dit le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi dans une conversation téléphonique avec Antony Blinken.

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a d'ailleurs plaidé dans la presse espagnole pour que la Chine joue un rôle de médiateur.

Cette guerre et les sanctions imposées à la Russie "auront aussi un impact substantiel sur l'économie mondiale et les marchés financiers, avec des effets collatéraux pour d'autres pays", a averti le Fonds monétaire international, disant craindre des conséquences "dévastatrices".

Kiev en ligne de mire

Dans le même temps, les soldats russes se rapprochent de Kiev.

D'intenses combats ont eu lieu dans la périphérie de la capitale, selon l'administration régionale ukrainienne, notamment autour de la route menant vers Jytomyr (150 km à l'ouest de Kiev), ainsi qu'à Tcherniguiv (150 km au nord de la capitale), pilonnée depuis plusieurs jours par l'aviation russe.

Dans les faubourgs ouest de Kiev, à Irpine, "du matin au soir, tous les bâtiments voisins ont été touchés, un tank est entré. C'était effrayant, nous avons eu peur. Avant cela, nous ne pensions pas que nous allions partir", a témoigné Tetiana Vozniuchenko, 52 ans.

A 200 km au sud-ouest de la capitale, l'aéroport de Vinnytsia a été "complètement détruit" par des frappes russes, selon M. Zelensky. En matinée, Moscou avait annoncé avoir détruit l'aérodrome militaire de Starokonstantinov, à 130 km au nord-est.

Quant à Kharkiv, deuxième ville d'Ukraine située à 50 km de la frontière russe (est), elle restait la cible d'intenses bombardements qui ont touché une tour de télévision, selon le gouverneur régional Oleg Synegoubov.

Après le bombardement le 4 mars de la centrale nucléaire de Zaporojie (sud), la plus grande d'Ukraine et d'Europe, qui a fait craindre une catastrophe et fait monter d'un cran l'inquiétude des pays occidentaux, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a été informée par Kiev que la direction de la centrale était désormais sous les ordres des forces russes.

D'après les autorités ukrainiennes, seules les communications par téléphone mobile y sont encore possibles, mais de mauvaise qualité, et le chef de l'AIEA Rafael Grossi s'est dit "profondément préoccupé" par "la détérioration de la situation concernant les communications vitales entre l'autorité de régulation et la centrale".

L’armée russe, de son côté, a accusé les services de sécurité ukrainiens (SBU) et des nationalistes ukrainiens de chercher à provoquer une fuite radioactive à Kharkiv pour ensuite en accuser Moscou.

Pilonnages près de Kiev 

Le siège de Marioupol, qui avait résisté en 2014 aux assauts des unités prorusses, intervient au moment où les soldats russes se rapprochent de Kiev, rencontrant une tenace résistance et bombardant parfois des immeubles d'habitation, notamment à Tcherniguiv, à 150 km au nord de la capitale, où des dizaines de civils ont été tués ces derniers jours.

Une équipe de l'AFP qui s'est rendue sur place samedi a constaté des scènes de dévastation dans cette ville de 300 000 habitants qui se vidait de sa population, faisant craindre un destin similaire pour Kiev une fois les batteries de missiles et l'artillerie russes aux portes de la capitale.

"Il y avait des corps partout sur le sol. Ils faisaient la queue pour la pharmacie là, ici, et ils sont tous morts", a témoigné Sergeï, un survivant.

De son côté, le président Zelensky assurait que les forces ukrainiennes avaient déclenché une contre-attaque autour de Kharkiv (nord-est), la deuxième agglomération du pays, théâtre de bombardements parmi les plus intenses depuis le début de l'invasion.

L'armée russe pilonnait quant à elle toujours les alentours de Kiev, au nord-ouest et à l'est notamment. Là où, la veille encore, un supermarché et une station-service se dressaient au grand carrefour entre les villes ouvrières de Bucha et d'Irpin, proches de la capitale, il ne restait samedi que des ruines et des habitants en fuite.

Dans un hôpital du nord de Kiev, des soldats ukrainiens blessés ont raconté à l'AFP leur lutte inégale sous un déluge de feu. "On était en reconnaissance" et "on est tombés sur une colonne ennemie", a expliqué Motyka, un soldat de 29 ans touché par un éclat sur le flanc droit, qui a dû battre en retraite avec ses camarades : "On les a combattus et on a tué leurs soldats à pied, mais ils nous ont arrosés avec des tirs de mortier". 

L'exode s'intensifie

Au 11e jour de l'invasion russe de l'Ukraine, le Haut Commissaire de l'ONU aux réfugiés Filippo Grandi a estimé qu'il s'agissait de "la crise des réfugiés la plus rapide en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale".

"Plus de 1,5 million de réfugiés venant d'Ukraine ont traversé (la frontière) vers les pays voisins en 10 jours", a indiqué M. Grandi, qui s'attend à ce que le flot augmente encore au fil des jours à venir. Plus d'un million sont arrivés en Pologne, selon les garde-frontières.

A Irpine, des civils fuyaient en franchissant difficilement les décombres d'un pont détruit par l'armée ukrainienne.

Dans les gares des villes menacées par l'armée russe, la cohue régnait. "Nous envoyons nos femmes et nos enfants à Lviv, peut-être plus loin, et nous restons ici (...) C'est une situation horrible", a confié à Dnipro Andrey Kyrytchenko, un maçon de 40 ans.

Vladimir Poutine a nié dimanche "que son armée prenne des civils pour cible", lors d'un entretien avec son homologue français Emmanuel Macron.

Mais l'Organisation mondiale de la santé (OMS) "a authentifié plusieurs attaques contre des soins de santé en Ukraine, faisant plusieurs morts et des blessés", a affirmé son chef Tedros Adhanom Ghebreyesus.

"Environ huit" civils ont été tués lors d'une évacuation d'Irpine dimanche, a indiqué le maire de la ville, Oleksandr Markouchine, sur Telegram.

Moscou avait évoqué mercredi la mort de 498 soldats russes et 2 870 morts côté ukrainien. Kiev fait état dimanche de plus de 11 000 soldats russes tués, sans révéler ses propres pertes militaires. Des chiffres impossibles à vérifier de manière indépendante.

Pour sa part, l'ONU a confirmé la mort de 351 civils et plus de 700 blessés, un bilan qui est "sans doute bien plus élevé car les vérifications sont en cours".

Efforts diplomatiques

Les consultations diplomatiques se sont poursuivies tout le week-end sans succès.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a réclamé dimanche un "cessez-le-feu général urgent" à son homologue russe. La veille, le Premier ministre israélien Naftali Bennett avait proposé sa médiation.

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a plaidé pour qu'un rôle de médiateur soit joué par Pékin, qui de son côté a appelé à des négociations directes entre la Russie et l'Ukraine.

Dans son échange avec Vladimir Poutine, M. Macron a trouvé le président russe "très déterminé à atteindre ses objectifs", dont "ce qu'il appelle la +dénazification+ et la neutralisation de l'Ukraine", ainsi que la reconnaissance de l'indépendance de la Crimée et du Donbass, a indiqué la présidence française.

Le Kremlin a aussi multiplié les messages aux Occidentaux.

M. Poutine a prévenu samedi que la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de l'Ukraine - demandée par Kiev mais refusée par l'Otan - serait considérée "comme une participation au conflit armé".

Et le ministère de la Défense russe a mis en garde dimanche les pays voisins de l'Ukraine contre l'accueil d'avions de combat de Kiev qui seraient ensuite utilisés contre les forces de Moscou, ce qui pourrait être considéré "comme une implication de ces pays dans un conflit armé".

De leur côté les pays du G7 planchent sur de nouvelles sanctions contre la Russie, qui devront surtout "toucher les oligarques" qui ont "profité de Poutine", a dit dimanche le ministre allemand des Finances, Christian Lindne, dont le pays exerce actuellement la présidence du groupe des sept pays les plus industrialisés.

"Nous sommes prêts à payer un prix économique très très élevé" mais "si demain, en Allemagne ou en Europe, les lumières s'éteignent, ça ne va pas arrêter les chars", a déclaré Mme Baerbock à la chaine ZDF.

Effets des sanctions en Russie

En Russie, les effets des sanctions commencent à atteindre de plein fouet la classe moyenne.

Les entreprises étrangères continuent massivement de quitter le pays. Dernière en date: American Express a annoncé dimanche la suspension de ses opérations en Russie, emboîtant le pas aux géants américains des cartes bancaires Visa et Mastercard. Le système de paiement PayPal y a lui aussi suspendu ses services.

Le rouble s'est effondré après l'instauration des sanctions internationales contre Moscou et certaines des plus grandes banques russes ont été coupées du système interbancaire international Swift.

Les autorités russes craignent désormais l'apparition d'un marché noir alimentaire. Des chaînes de supermarché ont imposé des restrictions sur les quantités vendues à chaque individu.

Mais les voix d'opposition et les médias indépendants continuent d'être réduits au silence.

Au moins 4 600 personnes manifestant contre l'intervention militaire en Ukraine ont été arrêtées dimanche dans une cinquantaine de villes de Russie, selon l'ONG OVD-Info.

La BBC a indiqué que sa chaîne télévisée d'information internationale, BBC World News, avait cessé d'émettre dans ce pays après le tour de vis radical des autorités russes contre les médias. Le réseau social TikTok a aussi annoncé suspendre la possibilité de poster de nouvelles vidéos sur sa plateforme en Russie.

Face à un million de réfugiés ukrainiens, les Polonais répondent présents

L'afflux en quelques jours de plus d'un million de personnes ayant fui l'invasion russe de Ukraine a poussé Nicolas Kusiak - comme des milliers d'autres Polonais - à se mobiliser pour leur offrir solidarité et soutien.

Bénévoles, autorités, organisations humanitaires ou professionnelles et entreprises, ainsi que l'importante communauté ukrainienne déjà présente en Pologne proposent à ces réfugiés l'essentiel : repas, transport, et un lieu où se reposer et dormir, y compris dans leurs maisons.

Et surtout de la chaleur humaine aux enfants et aux femmes, traumatisés, souvent en pleurs, qui ont dû laisser en Ukraine leurs pères et leurs maris, mobilisables pour défendre leur pays.

"On avait ici des médecins d'Israël et de France. Je les approvisionne, je suis leur traducteur, car je comprends un peu l'ukrainien", explique Kusiak, 27 ans, installé depuis quatre jours tout près du poste-frontière de Medyka.

Polonais né en France, manager travaillant dans l'événementiel et parlant quatre langues, il avait l'intention de servir de traducteur pour éviter des malentendus avec les étrangers, après avoir vu sur internet des vidéos xénophobes mettant en garde contre l'entrée d'Arabes ou d'Africains.

Mais il a aussi apporté des tentes, des générateurs, des appareils de chauffage et de la nourriture, puis a cherché à organiser la coordination entre la police, les médecins, les pompiers qui assurent les transports et les bénévoles qui distribuent la soupe chaude.

"Tout le monde veut faire tout, mais on ne fait pas confiance à une personne privée", regrette-t-il. Mais "cela commence à s'organiser" et il doit "travailler légalement" pour la Croix-Rouge à partir de lundi.

«Des bombes partout»

La mobilisation en faveur des réfugiés est générale. On le voit par exemple à la gare centrale de Cracovie (sud) où transitent des centaines d'entre eux.

"Notre point d’accueil est vraiment rempli et nous avons beaucoup de monde tout le temps", explique à l’AFP une bénévole quadragénaire, Anna Lach. "Nous avons un local en sous-sol qui est plein en permanence et c’est pourquoi d'autres gens attendent ici de savoir s'ils peuvent rester pour la nuit".

"Mais, ajoute une autre volontaire, Maja Mazur,nous avons d’autres lieux en ville où ils peuvent s'arrêter. Ils peuvent y rester un jour ou deux avant d'aller ailleurs. Nous leur offrons quelque chose à boire, quelque chose de chaud, quelque chose à manger et un endroit où ils peuvent dormir."

Certains réfugiés veulent tout de suite continuer leur voyage vers l’ouest de l’Europe, poussés par leurs souvenirs traumatisants et souffrant de la séparation d'avec leurs proches.

"Je suis venue de Kharkiv (dans le nord-est de l'Ukraine, ndlr) avec ma famille, avec mes deux fils et mes parents", dit Anna Gimpelson, une architecte. "Mon mari est resté à Lviv (dans l'ouest, ndlr) parce qu'il est encore bon pour l'armée, donc il ne peut pas quitter le pays. Notre ville vit des moments vraiment terribles. Nous avons des bombes partout et la maison de nos voisins n'existe plus".

"Nous avons été sur la route pendant trois jours et maintenant nous allons chez un ami à Düsseldorf (en Allemagne, ndlr). Peut-être que nous allons passer un peu de temps là-bas et réfléchir à ce qu'il faudra faire ensuite", dit-elle.

Le gouvernement polonais s'attend à ce que l'afflux de réfugiés continue.

"Préparer les infrastructures pour être prêt à accueillir une nouvelle vague de réfugiés, dont on ne sait pas quelle sera l'ampleur, tel est notre principal défi aujourd'hui", a dit dimanche le ministre sans portefeuille Michal Dworczyk, le chef du cabinet du Premier ministre.

L'ONU avait annoncé que le nombre total des personnes ayant quitté l'Ukraine pour chercher refuge dans les pays voisins avait dépassé 1,5 million. Autrement dit, deux sur trois ont choisi de se rendre en Pologne.

De son côté, la branche polonaise d'Amnesty International a appelé sur Facebook à ne pas oublier les réfugies syriens ou yéménites bloqués à la frontière avec le Bélarus et mis en garde contre "l'énorme injustice" consistant en un traitement inégal des étrangers en fonction de leur nationalité.


Washington prévoit d'annoncer un accord sur le nucléaire avec Ryad 

L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars. (AP)
L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars. (AP)
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  • Le New York Times, citant deux responsables américains non identifiés, a rapporté mardi que le gouvernement avait l'intention de signer officiellement et d'annoncer l'accord avec Ryad mercredi
  • L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars

WASHINGTON: Les Etats-Unis prévoient d'annoncer mercredi un accord avec l'Arabie saoudite qui doterait le royaume d'un programme nucléaire civil, selon des médias américains.

L'annonce interviendrait alors que les Etats-Unis ont repris leur guerre contre l'Iran, un rival de Ryad, qui avait notamment été déclenchée en raison de la crainte américaine que le programme nucléaire iranien ne vise à doter le pays de la bombe atomique.

Le New York Times, citant deux responsables américains non identifiés, a rapporté mardi que le gouvernement avait l'intention de signer officiellement et d'annoncer l'accord avec Ryad mercredi.

L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars.

En effet, une clause de l'accord, qui serait valable pendant 30 ans, prévoit que des entreprises américaines construisent un complexe d'enrichissement d'uranium en Arabie saoudite, si une étude conjointe établit qu'il est justifié, a annoncé le Wall Street Journal.

Toutefois, des parlementaires américains républicains et démocrates, ainsi que des responsables israéliens, ont exprimé leur opposition à tout projet nucléaire civil en Arabie saoudite, craignant qu'il ne serve finalement à développer des armes nucléaires.

Interrogé à ce sujet mercredi à Manille, en marge d'une réunion de l'Asean, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio s'est refusé à confirmer un tel accord, renvoyant toute éventuelle annonce à la Maison Blanche.

Pressé de questions par des journalistes et visiblement un peu dans l'embarras, il a cependant assuré que les Etats-Unis "ne conclueraient jamais d'accord avec un pays dans le monde qui conduirait à un risque de prolifération" nucléaire.

Tensions régionales 

L'accord devrait être soumis au Congrès américain dans les prochains jours, mais son approbation n'est pas nécessaire pour qu'il soit entériné.

L'Arabie saoudite insiste depuis longtemps sur son droit au nucléaire civil.

Ces dernières années, Washington a cherché à intégrer tout accord concernant le nucléaire dans une stratégie plus large, qui inclurait la normalisation des relations avec Israël et la signature d'un pacte de défense.

Washington a signé un accord nucléaire en 2009 avec un voisin de l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, qui n'enrichissent toutefois pas d'uranium.

 


Le ministre américain de la Défense estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran

Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Pentagone estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran et demande 67 milliards supplémentaires
  • Des sénateurs contestent cette demande et réclament plus de transparence sur la stratégie américaine

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense a estimé mardi que la guerre en Iran a coûté jusqu'à présent 37,5 milliards de dollars aux Etats-Unis, une hausse de près de 30% par rapport au dernier chiffre de 29 milliards.

"L'estimation que nous avons à ce jour est de 37,5 milliards de dollars", a déclaré Pete Hegseth devant une commission du Sénat américain, en précisant que ce montant incluait certains coûts anticipés jusqu'à fin septembre.

Le ministre a également défendu la demande du gouvernement Trump d'une rallonge budgétaire de 67 milliards de dollars pour le Pentagone.

M. Hegseth, ainsi que le chef d'état-major de l'armée américaine, le général Dan Caine, ont affirmé que cette rallonge était "urgente" et "nécessaire".

Mais la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen a contesté cette évaluation, affirmant que le ministre disposait encore de 75 milliards de dollars non dépensés.

"Pourquoi demandez-vous au peuple américain d'assumer le coût d'une guerre qu'il ne soutient pas, au lieu de solliciter une autorisation de transfert de fonds déjà votés mais non dépensés?", a-t-elle demandé.

Selon le ministre, cet argent a été "affecté" à d'autres projets du président Donald Trump comme le "Dôme d'or américain" ou encore d'autres investissements dans l'armement.

Les fonds demandés ne prennent par ailleurs pas en compte le coût de la reconstruction des bases militaires américaines au Moyen-Orient.

D'autres sénateurs ont exprimé leur frustration, réclamant plus de détails sur la stratégie de Donald Trump afin de remporter la guerre au Moyen-Orient.

"Nous avons besoin de réponses claires et d'un discours franc", a estimé le sénateur John Kennedy, un républicain, tout en interrogeant les responsables sur ce qui se passerait si les Etats-Unis quittaient le détroit d'Ormuz.

Pete Hegseth et Dan Caine n'ont pas précisé si l'Iran imposerait des droits de passage aux navires souhaitant emprunter le détroit.


Après deux semaines d'hostilités, Trump n'en a «pas fini du tout» avec l'Iran

Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
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  • Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump
  • Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires

TEHERAN: Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale.

Alors que la République islamique resserre son étau sur le stratégique détroit d'Ormuz, ses alliés yéménites, les rebelles houthis, menacent d'entraver le trafic de l'autre côté de la péninsule arabique.

Si elle était maintenue, la menace houthie couperait l'accès aux ports d'Arabie saoudite situés sur la mer Rouge, cruciaux pour contourner le détroit d'Ormuz. Le royaume est le premier exportateur de pétrole brut au monde.

Conséquence: le prix du baril de Brent, référence internationale, a terminé la séance au-dessus de 90 dollars pour la première fois depuis début juin.

Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump.

Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires. Les Houthis tirent parti du détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement situé à son extrémité sud, que les navires doivent emprunter pour rallier le canal de Suez.

Le cabinet de sécurité maritime Vanguard Tech a identifié pour la première fois mardi deux navires ayant fait demi-tour en mer Rouge après avoir chargé du brut saoudien dans le port de Yanbu, à la suite de l'annonce houthie.

L'Iran, de son côté, verrouille toujours Ormuz, où il a ciblé ces derniers jours plusieurs navires. Téhéran riposte aussi aux frappes américaines en visant les alliés régionaux des Etats-Unis.

"Si nous partions maintenant, cela prendrait à l'Iran 20, 25 ans pour reconstruire. Mais nous n'en avons pas fini du tout", a affirmé Donald Trump depuis la Maison Blanche.

"Inquiétudes" 

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a exprimé des "inquiétudes concernant la sécurité d'approvisionnement" en pétrole, notant toutefois que des "facteurs d'amortissement" existent.

Les tensions autour d'Ormuz avaient relancé les hostilités irano-américaines le 7 juillet, faisant voler en éclats le protocole d'accord signé mi-juin en vue d'un règlement durable du conflit.

Celui-ci a commencé avec l'offensive israélo-américaine sur l'Iran le 28 février, avant un cessez-le-feu en avril.

L'Iran, qui estime faire face à une "guerre totale" de la part de Washington, a été frappé à nouveau dans la nuit de lundi à mardi, notamment à Chiraz, à près de 200 km du Golfe, et dans la province du Fars (centre), selon l'agence locale Mehr.

Donald Trump a promis de lui faire "payer le prix plusieurs fois" pour la mort de chaque soldat américain, après la mort de trois militaires en Jordanie et en Irak ces derniers jours.

Côté iranien, le dernier bilan officiel publié vendredi recense au moins 50 morts et plus de 500 blessés depuis de premières escarmouches fin juin.

Economiser l'énergie 

Ces dernières 24 heures, la Jordanie, Bahreïn, ainsi que le Koweït ont annoncé avoir essuyé des attaques de drones et de missiles iraniens.

"L'ennemi devrait se préparer à des vagues de drones et à des attaques de missiles encore plus décisives et puissantes", ont averti les Gardiens de la Révolution iraniens, une des plus puissantes armées du Moyen-Orient.

Le Koweït accuse l'Iran d'avoir attaqué des centrales électriques et sites de dessalement d'eau, des installations cruciales pour rafraîchir et alimenter en eau potable ses millions d'habitants, dans une région parmi les plus arides du monde.

Pour réduire la pression sur le réseau, un habitant, Khaled al-Badri, a expliqué à l'AFP éteindre l'air conditionné avant de quitter son domicile et couper son éclairage extérieur. "Chacun peut contribuer à nous sortir de cette période", pense-t-il.