Ukraine: Charles Michel a appelé Poutine à garantir le passage de l'aide humanitaire

Des personnes traversent un chemin improvisé sous un pont détruit en fuyant la ville d'Irpin près de Kiev, en Ukraine, le lundi 7 mars 2022. (Photo, AP)
Des personnes traversent un chemin improvisé sous un pont détruit en fuyant la ville d'Irpin près de Kiev, en Ukraine, le lundi 7 mars 2022. (Photo, AP)
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Publié le Lundi 07 mars 2022

Ukraine: Charles Michel a appelé Poutine à garantir le passage de l'aide humanitaire

Des personnes traversent un chemin improvisé sous un pont détruit en fuyant la ville d'Irpin près de Kiev, en Ukraine, le lundi 7 mars 2022. (Photo, AP)
  • Emmanuel Macron a dénoncé lundi «le cynisme moral et politique» de Vladimir Poutine qui propose des couloirs humanitaires aux habitants de plusieurs villes d'Ukraine pour «les amener en Russie»
  • Lundi, Moscou a proposé l'ouverture de six couloirs humanitaires, dont quatre allant vers le Bélarus et la Russie, une option rejetée par Kiev qui demande que les civils puissent choisir vers quel endroit se rendre

BRUXELLES/ PARIS/ MOSCOU: Le président du Conseil européen Charles Michel a annoncé lundi avoir demandé au président russe Vladimir Poutine de « cesser immédiatement les hostilités » en Ukraine et de « garantir un passage sûr de l'aide humanitaire », lors d'une conversation téléphonique. 

« L'UE condamne avec la plus grande fermeté l'agression menée par la Russie contre l'Ukraine », a indiqué sur Twitter le chef de l'institution qui représente les 27 Etats membres de l'Union. 

Macron dénonce le «cynisme moral et politique» de Poutine sur les couloirs humanitaires

Le président français Emmanuel Macron a dénoncé lundi « le cynisme moral et politique » de Vladimir Poutine qui propose des couloirs humanitaires aux habitants de plusieurs villes d'Ukraine pour « les amener en Russie ». 

Ce qui est nécessaire, « ce ne sont pas simplement des couloirs, qui sont tout de suite menacés, ce n'est pas ce discours hypocrite qui consiste à dire: ‘On va aller protéger les gens pour les amener en Russie’ », a déclaré le président dans une interview à la chaine française LCI. 

« Tout ça n'est pas sérieux, c'est du cynisme moral et politique, qui m'est insupportable », a-t-il ajouté. 

Kiev a refusé lundi les couloirs humanitaires vers le Bélarus et la Russie proposés par Moscou pour l'évacuation des civils des villes ukrainiennes de Kharkhiv, Kiev, Marioupol et Soumy, en proie à de violents combats. 

L'armée russe a affirmé que cette décision avait été prise après une »demande personnelle » d'Emmanuel Macron adressée à Vladimir Poutine lors d'un échange téléphonique dimanche, ce qu'a démenti l'Elysée. 

« La Russie plaide pour faire des couloirs humanitaires vers la Russie » mais « je ne connais pas beaucoup d'Ukrainiens qui ont envie d'aller se réfugier en Russie. C'est une hypocrisie, un artefact de communication que je réprouve », a réagi le chef de l'Etat sur LCI. 

« Il faut que les acteurs de l'humanitaire puissent intervenir, qu'il y ait des trêves complètes pour mettre en protection les femmes, les enfants, les hommes qui doivent être protégés et pouvoir les sortir de la zone de conflit », a-t-il ajouté. 

Notant que la situation « s'aggrave chaque jour » en Ukraine, Emmanuel Macron a insisté qu'il fallait »faire stopper cette guerre sans devenir nous-mêmes des belligérants » et assuré que la France et ses alliés vont « continuer de mettre la pression diplomatique pour que cette guerre s'arrête au plus vite ». 

L'une des priorités est de « nous mobiliser pour accueillir les Ukrainiens qui fuient la guerre » car « c'est notre devoir (...) nos valeurs », a-t-il ajouté, en remerciant notamment les collectivités locales souhaitant les recevoir. 

Lors de cet échange avec Vladimir Poutine, il dit aussi avoir « souligné la nécessité d'assurer la sûreté et la sécurité des installations nucléaires ». 

La Russie s'est emparée vendredi de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporojie, la plus grande d'Europe. Vladimir Poutine a assuré dimanche à son homologue français Emmanuel Macron que « la sécurité physique et nucléaire » de la centrale était assurée, selon le Kremlin. 

Le président du Conseil européen a dit par ailleurs maintenir des « contacts étroits » avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, à qui il a réaffirmé « la solidarité et l'assistance sans précédent et inébranlables » de l'UE. 

« Nous discuterons dans les prochains jours de la demande de candidature de l'Ukraine » pour rejoindre l'UE, a ajouté Charles Michel sur Twitter. 

Les Vingt-Sept sont divisés sur cette question qui devrait être évoquée lors d'un sommet des dirigeants européens prévu jeudi et vendredi à Versailles, près de Paris.

Le négociateur russe accuse l'Ukraine de bloquer les «couloirs humanitaires», un «crime de guerre»

Le représentant russe dans les pourparlers entre Moscou et Kiev a accusé l'Ukraine d'empêcher l'évacuation de civils des villes en proie aux combats, assurant que l'instauration de couloirs humanitaires sera abordée lors des négociations de lundi. 

« Les nationalistes ayant pris position dans les villes continuent d'y retenir des civils et les utilisent directement et indirectement, y compris comme bouclier humain, ce qui est bien sûr un crime de guerre », a affirmé Vladimir Medinski à la télévision publique russe. 

Une troisième session de pourparlers est prévue lundi entre les négociateurs russes et ukrainiens au Bélarus, dans une localité près de la frontière polonaise. Selon les agences de presse TASS et Belta, les négociateurs ukrainiens sont arrivés sur place vers 13H30 GMT. 

Lors de leur précédente rencontre jeudi dernier, en pleine offensive russe contre l'Ukraine, les deux parties ne s'étaient accordées que sur l'instauration de couloirs humanitaires. 

Mais toutes les tentatives pour évacuer des civils de façon coordonnée ont échoué jusqu'à présent. 

Lundi, Moscou a proposé l'ouverture de six couloirs humanitaires, dont quatre allant vers le Bélarus et la Russie, une option rejetée par Kiev qui demande que les civils puissent choisir vers quel endroit se rendre. 

Les couloirs proposés par Moscou concernaient l'évacuation des villes de Kiev, Marioupol, Kharkiv et Soumy, toutes en proie à d'intenses bombardements ayant tué des civils. 

Deux tentatives précédentes pour évacuer les populations civiles de Marioupoul, un port stratégique encerclé par les forces russes, ont également échoué, chaque camp s'accusant d'avoir violé les conditions de l'évacuation.   


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.