Nouvelle attaque de masse contre les forces de l'ordre dans le nord-ouest du Nigeria: 19 morts

Une carte montre le village de Kanya, dans le district de Danko-Wasagu, dans l'État de Kebbi, où des hommes armés ont tué 13 soldats. (Graphique, AFP)
Une carte montre le village de Kanya, dans le district de Danko-Wasagu, dans l'État de Kebbi, où des hommes armés ont tué 13 soldats. (Graphique, AFP)
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Publié le Mercredi 09 mars 2022

Nouvelle attaque de masse contre les forces de l'ordre dans le nord-ouest du Nigeria: 19 morts

Une carte montre le village de Kanya, dans le district de Danko-Wasagu, dans l'État de Kebbi, où des hommes armés ont tué 13 soldats. (Graphique, AFP)
  • L'attaque s'est déroulée mardi dans le village de Kanya, dans l'Etat de Kebbi frontalier du Niger
  • Au moins 57 membres d'une milice d'auto-défense avaient été tués à quelques kilomètres de là, près du village de Sakaba, dans le district de Zuru

KANO: Des hommes armés ont tué 13 soldats, cinq policiers et un milicien local lors d'une bataille rangée dans le nord-ouest du Nigeria, où une cinquantaine de miliciens avaient déjà été tués lundi lors d'une attaque similaire de  « bandits » locaux a-t-on appris mercredi auprès des services de sécurité.  

L'attaque s'est déroulée mardi dans le village de Kanya, dans l'Etat de Kebbi frontalier du Niger. Lundi, au moins 57 membres d'une milice d'auto-défense avaient été tués à quelques kilomètres de là, près du village de Sakaba, dans le district de Zuru. 

Selon des témoins, des centaines de « bandits » ont envahi Kanya mardi soir dans le district de Danko-Wasagu et ont affronté durant plus de trois heures un contingent de policiers et soldats. « Ils sont arrivés sur environ 200 motos, à trois par moto », a affirmé à l'AFP un résident, Musa Arkiza.  

« Il y a eu 19 morts - 13 soldats, cinq policiers et un milicien », a indiqué sous couvert d'anonymat un membre des services de sécurité, en ajoutant que huit autres personnes, dont quatre soldats avaient été blessés et conduits à l'hôpital.  

« La bataille rangée a été très intense et a duré plus de trois heures, les terroristes ont eu le dessus grâce à leur nombre », a-t-il ajouté.  

Des gangsters à moto  

« On pense que ce sont les mêmes bandits que ceux qui ont tué les miliciens » lundi à Sakaba, a estimé Musa Arkiza.  

« Ils ont traversé la rivière et encerclé Kanya, attaquant le personnel de sécurité depuis trois directions », a-t-il ajouté. 

Un chef communautaire a déclaré de son côté que le gang avait déclenché son attaque vers 16H00 GMT et qu'elle avait duré jusqu'à 19H00 GMT. 

« Les bandits n'ont pas attaqué les habitants qui étaient restés chez eux pendant l'attaque », a ajouté ce chef s'exprimant sous couvert d'anonymat pour des raisons de sécurité. 

Ni l'armée, ni la police n'ont répondu aux sollicitations de l'AFP.  

Le nord-ouest et le centre du Nigeria sont depuis plusieurs années la proie de multiples gangs de « bandits » qui pillent les villages, enlèvent des gens contre rançons et sèment la terreur parmi la population. 

Mais récemment les attaques se sont intensifiées malgré des tentatives des militaires de déloger les « bandits » de leurs bases. 

Le président Muhammadu Buhari a appelé en janvier à une répression plus dure de l'armée contre les gangs, désignés désormais comme « terroristes » par le gouvernement. 

L'ancien général, âgé de 79 ans, est très critiqué pour son incapacité à enrayer l'insécurité généralisée dans le pays.  

Outre la lutte contre le banditisme, l'armée nigériane est déployée sur de multiples fronts, notamment dans le nord-est en proie à une insurrection djihadiste depuis plus de dix ans et dans le sud-est agité par des mouvements séparatistes. 

Selon des analystes, les possibles alliances entre les bandits et les djihadistes du nord-est sont une source d'inquiétude croissante. 

Depuis la fin de l'année 2020, les gangs criminels ont commencé à prendre pour cible des écoles, enlevant plus de 1 400 élèves et suscitant une indignation internationale. La plupart ont pu être libérés depuis mais des centaines restent aux mains de leurs ravisseurs. 

Face à la multiplication des attaques, de nombreuses milices d'auto-défense se sont constituées contre ces « bandits », mais certaines ont été bannies de plusieurs Etats après des accusations d'abus et d'exécutions extrajudiciaires 


Les Etats-Unis frappent l'Iran pour la troisième nuit de suite et vont rétablir le blocus des ports

Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
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  • Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna
  • Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom

TEHERAN: Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible".

Pendant une mission de cinq heures, "les forces américaines ont frappé des cibles militaires" dans plusieurs villes portuaires du sud de l'Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans la matinée.

Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna.

Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom.

"Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain", avait déclaré lundi Donald Trump dans une interview radio. Pour le président américain, les dirigeants iraniens "ne peuvent absolument rien faire contre" ces frappes.

Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont, eux, revendiqué une opération à Bahreïn - entre autres contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair.

L'armée idéologique iranienne a aussi annoncé avoir ciblé en Jordanie "des installations clé et les forces américaines sur une base aérienne jordanienne", dans un communiqué cité par l'agence Tasnim. L'armée jordanienne a annoncé pour sa part l'interception de quatre missiles iraniens.

Deux tankers attaqués 

Dans le détroit d'Ormuz, les Emirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers, tuant un membre d'équipage indien.

Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible".

Avant cela, il avait annoncé sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli.

Il entrera en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, le président américain a dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Le pétrole remonte 

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur X: "l'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours".

Donald Trump "a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz devrait être rémunéré", a-t-il ironisé, ajoutant: "20%, c'est évidemment trop. Nous serons équitables".

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les Etats-Unis de mettre en péril l'approvisionnement mondial en pétrole.

Au lendemain d'une envolée spectaculaire de plus de 9%, les cours du pétrole continuaient leur ascension dans ce contexte. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait 1,19% à 84,29 dollars vers 02H00 GMT.

Après quasiment 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d'être entériné le 17 juin par un protocole d'accord.

Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était "terminé".

La semaine dernière, le président américain a d'ailleurs envoyé une notice officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l'Iran avait repris, a confirmé la Maison Blanche à l'AFP.

Et au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l'AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.

 Protocole d'accord "en crise" 

Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, "il ne fait aucun doute" que le protocole d'accord "est en crise".

"Mais l'Iran n'a jamais été le premier à violer ses engagements", a-t-il tancé lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran à laquelle assistait l'AFP.

Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de "prévenir une escalade", a-t-il toutefois assuré.

Le protocole d'accord prévoyait la réouverture du détroit, Téhéran n'autorisant toutefois qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

"Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d'Iran le protégera", avait averti dimanche le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.